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LE
BIBLIOPHILE
BELGE
Bruxelles. — Fr. Gobbaerts, imprimeur du Roi, rue de la Limite, 21.
o
LE
Bibliojïljile
"BELGE
BULLETIN MENSUEL
PUBLIÉ
SOUS LES AUSPICES DE LA SOCIÉTÉ
DES
BIBLIOPHILES DE BELGIQUE
Douzième année.
THEODO. MARTIN
^BRUXELLES
Chez Fr. J. OLIVIER, Libraire
II, T^e des T^aroissiens
MDCCCLXXVII
^ •
I REdlL BIMIP
BOURGMESTRES DE LIEGE
Le Recueil héraldique des bourgmestres de la noble cité de
Liège est un des livres les plus répandus et les plus estimés dans
l'antique ville de saint Lambert : il ne s'y trouve pas seulement
sur les rayons de toute bonne bibliothèque, on le rencontre
encore chez la plupart des vieilles familles liégeoises, d'origine
patricienne ou bourgeoise.
Ce n'est guère que depuis dix ans que l'on connaît le véritable
auteur, Louis Abry, de cet ouvrage intéressant; jusque là il
avait été universellement attribué à l'avocat Loyens, qui n'en fut
que l'éditeur. Nous avons exposé dans le Bibliophile belge |i) ce
fait étrange, inexplicable, d'un écrivain qui se vit, pour ainsi dire
de son vivant, dépouillé de la propriété de son œuvre. En effet,
le Recueil héraldique était imprimé, sauf les pièces préliminaires
(i) Voyei\e Bibliophile belge, 1867, p. 170.
ToHi zu.
et les tables, lorsque Louis Abry mourut, le 18 juillet 1720;
le 14 août suivant, le Conseil de la cité, dans une assemblée où
siégeaient soixante-six personnes des plus considérées de la ville,
décernait publiquement à « Fauteur dudit Recueil » une médaille
d'or portant cette inscription :
Leglœ DonVM CIVI sYo LoYens (1).
Celui qui fut, d'une façon si singulière, l'objet de cette récom-
pense civique, eut soin de faire reproduire la médaille, sous ses
deux faces, au dernier feuillet du livre (2).
Quoi qu'il en soit, le Recueil fit fortune : outre le véritable
intérêt historique qu'il présente, il flattait l'amour-propre des
membres du Magistrat dont il donnait les armoiries et les généa-
logies ; aussi fut-il largement subsidié par la ville, qui souscrivit,
en outre, à vingt-quatre exemplaires (au prix de 5 florins) des-
tinés aux bourgmestres et aux conseillers. En somme, au double
point de vue de l'honneur et de l'argent, l'avocat Loyens fit une
excellente afifaire.
Il nous apprend lui-même que l'accueil fait à ce livre l'engagea
à continuer 5on Recueil héraldique (3). On trouve, en efifet, dans
(1) On lit dans les comptes de la cité : 1719. « Payé au sieur Duvivier,
graveur, pour la médaille d'or présentée au sieur advocat Loyens pour la
recognoissance du livre héraldique, et la gravure d'icelle, 284 fis. » — 1720.
« Au sieur Loyens, pour payer la façon et fournir le reste de l'or de la médaille
que la ville lui a fait présent, 200 fis. » (Voy. Bullelin de V Institut
archéol. liégeois, VII, SgS.)
(2) Voyez le Recueil héraldique, page 58i . La suite de l'inscription, que cette
médaille porte au centre, est toutefois moins explicite : Obfastos consulares
publico datos, ex S. C.
(3) Voyez Continuation du recueil héraldique, page 1 .
3
presque tous les exemplaires de cet ouvrage, vingt feuillets por-
tant une pagination spéciale, avec ce titre : Continuation du
recueil héraldique, avec un petit traité des mahais de la cité
de Liège (i). Cette continuation, qui concerne la magistrature
de r^janée 1720, neut pas de suite. Loyens mourut-il en 1721 ?
Fut-il autrement empêché de poursuivre son entreprise? Je
rignore.
Toujours est-il que, pour le moment, il ne fut plus question
de continuer le Recueil héraldique. Mais, afin de perpétuer le
souvenir des magistratures subséquentes, le Conseil de la cité fit
représenter, par la sculpture ou par la peinture, à Thôtel de ville,
les blasons géminés des nouveaux bourgmestres élus chaque
année au mois de septembre; ce furent d'abord des groupes
sculptés qui ornèrent les endroits les plus apparents du vesti-
bule (2) ; plus tard, à mesure que Tespace devenait plus restreint,
ce n'étaient plus que des peintures, qui envahirent bientôt les
moindres places disponibles de l'édifice. En moins de cinquante
ans, tout était occupé et, en 1767, l'on ne trouva plus d'endroit
convenable pour faire figurer les armes des barons Vander
Heyden et de Hayme, élus le 29 septembre.
(1) Dans mon exemplaire, qui est celui de Simon-Joseph Abry, fils de l'au-
teur (sa signature se trouve sur le titre), la carte des mahais est suivie d'un
faSum intitulé : Transaàion faite par MM. les bourgmestres... touchant le
procès intenté par le syndic des areines contre les maîtres de la fosse délie
Cave. M. deTheux, dans sa. Bibliographie liégeoise, tome I, p. 212, ne men-
tionne pas cet opuscule comme devant faire partie du recueil. x
(2) 14 septembre 1764 : c< Le Conseil ordonne au rentier de payer 40 florins
au sculpteur Vivroux pour les armes des seigneurs bourgmestres dans le
vestibule de l'hôtel de ville, et à Gérard, 3o fis., pour les avoir peints et dorés. »
(Heg. aux reces de la cité de Liège, 1761 à 1765, fol. 222.^
Le Conseil décida alors, par recès (décision) du 20 juin 1768,
qu un album spécial serait ouvert à' l'effet dy représenter par la
peinture, sur des feuillets en parchemin, les armoiries de tous
les bourgmestres qui avaient administré la cité depuis la clôture
du Recueil héraldique, c'est-à-dire depuis 1720.
Voici le texte de ce recès :
« Comme les armoiries des seigneurs bourgmestres, qu'on est
en coutume de faire sculpter et peindre chaque année dans les
vestibules et autres places de l'hôtel de ville, coûtent considéra-
blement à la cité, et que celles j déjà placées, occupant toutes les
places qui pouvoient être propres à cet usage, il faudroit, si on
devoit continuer, couper dans les tapisseries, peintures et sculp-
tures, ce qui ne pourroit se faire sans beaucoup de fraix et sans
gâter des ouvrages de grand prix ; outre que des armoiries mul-
tipliées et placées les unes sur les autres ne pourroient autrement
que de faire un très-mauvais efifet : le Conseil, pour mettre fin à
ces dépenses et prévenir tous inconvénients, ordonne que les
armoiries des seigneurs bourgmestres élus depuis 1720 soient
peintes dans un livre en parchemin, dans lequel les armoiries des
seigneurs bourgmestres à élir seront égallement peintes chaque
année, sans qu'on puisse en placer aucunes, en peinture, sculp-
ture ni autrement, dans les vestibules et autres places de l'hôtel
de ville (i). »
En conséquence, on s'entendit avec le peintre Racle qui s'en-
gagea à reproduire quatre armoiries sur chaque feuillet, au prix
de 1 2 florins ; on lui donna, en outre, 5 florins pour l'achat du
parchemin. Au mois de septembre. Racle avait terminé sa
besogne, et le receveur de la cité lui comptait 36o florins ; le sieur
(1) Registre aux reces, ^t 1765 à 1768, fol. 246 v®.
5
CoUin reçut 60 florins pour avoir écrit les noms et titres des
bourgmestres sous leur blason respeftif (i).
Cet album, qui était autrefois conservé au grand-greffe de la
cité, existe encore.
C'est un grand volume in-folio piano, de 88 feuillets .de par-
chemin, mesurant 60 centimètres en largeur et 5o en hauteur.
Un côté seulement des feuillets a été utilisé. Chaque page peinte
ou écrite est encadrée d'ornements divers, de couleurs et de des-
sins variés, souvent entremêlés de fleurs, et quelquefois d'inseftes
ailés.
Le verso du premier feuillet représente le péron de Liège,
entièrement doré ; quatre anges soutiennent, suspendus à des
guirlandes, deux médaillons rouges où on lit les lettres L et G.
Le verso des feuillets 2, 8, 29, 5i, 61, yS et 87 est consacré
tout entier aux armoiries respeftives des princes-évêques J.-C. de
Bavière, de Bergh, J.-Th. de Bavière, d'Oultremont, de Vel-
bruck, de Hensbrouck et de Méan. En regard, c'est-à-dire au
reâo du feuillet qui suit chacun de ces blasons, on trouve les
huit quartiers respeftifs de chaque prince et un texte relatant son
éle£lion.
Trente-six autres feuillets portent, également au verso, les
armoiries des deux bourgmestres de deux années, c'est-à-dire
quatre blasons. Au verso du feuillet 4®, figurent les armoiries
des bourgmestres de 1720 et 1721 : ce sont les premiers; au
verso du feuillet 85, celles des bourgmestres de 1791 et 1792 ; ce
sont les derniers. En face (au refto de chaque feuillet qui suit) se
»
lit le texte relatif à la rénovation magistrale des deux années
(1) Recès des i5 avril, 6 juin, 14 et 16 septembre 1768. (Registre do lySS à
1768, fol. 224 yo, 240, 253 yo, 260,)
correspondantes, avec les noms des présidents, des conseillers,
des élus, etc. (i).
Les feuillets 32 vo et 43 v® se distinguent en ce qu'ils ont un
blason de plus que les autres, par suite du remplacement, pen-
dant les années 1744 et lySy, de deux bourgmestres morts dans
l'exercice de leurs fondions.
Le feuillet 81 v^ offre une autre particularité : en-dessous des
armoiries des deux bourgmestres de 1788, sont peintes, dans de
petits médaillons ou écussons ovales, les armoiries des vingt con-
seillers de cette année, avec cette note : Ces armes ont été faites
aux frais de messeigneurs les conseillers.
Les feuillets 83 v© et 84 r^ sont entièrement bâtonnés; ils se
rapportent aux deux bourgmestres régents et aux deux bourg-
mestres corégents « nommés à la dignité magistrale par le peuple,
à la suite de l'heureuse révolution du 18 août 1789. » Le Magis-
trat issu de la révolution s'était, en effet, empressé de faire
peindre ses armoiries dans le registre officiel ; mais un des pre-
miers soins de la Commission impériale, après la rentrée du
prince-évêque, fut de se faire apporter « le grand livre en vélin qui
repose dans les archives de l'hôtel de ville et de faire rayer, can-
celler et bâtonner sous ses yeux les armes des révolutionnaires,
afin qu'il ne restât aucun vestige de cette magistrature intruse (2). »
(1) Il paraît évident que les feuillets, non reliés lorsqu'on y a peint les armoi-
ries, étaient destinés à être réunis en volume, de façon à présenter les blasons
au reélo de chacun. Mais lorsque Ophoven eut écrit des textes sur de nouveaux
feuillets, il a, en les intercalant dans les anciens, adopté la disposition que je
viens d'indiquer, afin de mettre les textes en regard des armoiries des bourg-
mestres auxquels ils se rapportent.
(2) HiNNisDAEL, le Chapitre de Véglise Saint-Lambert à Liège, tome V.
(Manuscrit appartenant à M. X. de Theuz.)
.
Il est étonnant, et en même temps fort heureux, que, dans ces
temps de troubles et de haines, on n ait pas arraché et déchiré ces
deux feuillets, mais qu'on se soit contenté de barrer très-pro-
prement à Tencre, en se servant d une règle, les deux pages
odieuses. La Commission impériale exigea toutefois, au bas du
texte révolutionnaire, l'insertion de cette note :
« L'exécution décernée par les sentences de la supérieure
Chambre impériale, en date des 27 août et 4 décembre 1789,
contre les insurgés liégeois, aiant été arrettée par différens événe-
meps et eu le succès désiré par les secours généreux du nouveau
chef de l'empire, Sa Majesté Impériale Léopold II, comme duc
de Bourgoigne, dont les trouppes auxiliatrices sont entrées dans
la cité de Liège le 12 janvier 1791 (les membres de la régence
rebelle et intruse de la cité, dont les principaux chefs s'étoient
déjà enfuis en suivant l'impulsion de leur mauvaise conscience,
aiant été démis de leurs places conformément aux sentences sus-
dites, et le Magistrat légitime, qui avoit été expulsé par les
rebelles, remis et restitué dans ses fondions en vertu des mêmes
sentences), la Commission impériale chargée de cette exécution
a fait biffer le faux narré cy-dessus, repréhensible tant par les
monumens de la révolte qu'il devoit transmettre à la postérité,
qu'à cause des tirades et calomnies audacieusement osés contre
les évêques et princes prédécesseurs de la aérénissime maison de
Bavière contre le légitime prince-évêque aéluellement régnant
et le tribunal suprême de l'Empire.
« Donné à Liège, le 27 de juillet 1791.
« Par ordonnance de la commission impériale. (Signé) Lem-
MEN (i). »
(1) Voyez Bibliothèque de Vuniversité de Liège; catalogue des manuscrits,
8
C*est sur les feuillets encore détachés de cet album que Racle
peignit chaque année les armes des deux nouveaux bourgmestres,
jusqu'à sa mort, arrivée vers 1775.
Le peintre Hanson fut désigné pour le remplacer ; le 21 août
1776, il reçut 12 florins « pour avoir peint les armes de la
présente et de la précédente régence, à la grande satisfaction
du Magistrat (1) ; » le 19 septembre de Tannée suivante,
on lui paya 8 florins pour l'encadrement d'un feuillet, et
autant pour les blasons des bourgmestres qui venaient d'être
élus (2).
Cependant ce registre, quelque beau qu'il fût, ne pouvait tenir
lieu d'un livre imprimé. C'est ce que comprit le procureur général
et syndic Ophoven, qui forma, en 1779, le projet de continuer le
Recueil héraldique (3), en utilisant à cet effet le manuscrit con-
servé au grand-greffe. Mais, pour cela, il fallait avant tout com-
pléter ce dernier, en y ajoutant toute espèce de renseignements
à l'instar du livre d'Abry, notamment les généalogies des bourg-
mestres, les noms des présidents et des délégués aux éle£tions, la
liste des conseillers, etc. Ophoven offrit d'abord au Conseil de se
1875, no 854, page 562. Il est très-tâcheux que l^administration communale
actuelle n*ait pas trouvé d'autre registre à offrir à la signature de l'ambassade
marocaine, le 3 juillet 1876. Heureusement, le feuillet de garde seul a servi à
cet usage.
(1) Reg. auxreces, 1775 "à 1777, fol. 140.
(2) Reg, aux reces, 1777 à 1778, fol. 64 v®. On remarquera que chaque
blason, payé précédemment 3 fis., en coûte présentement 4.
(3) Ophoven est aussi l'auteur d'un manuscrit avec armoiries, intitulé
Recueil historique et généalogique des régents ou mambours du pays de
Liège, dédié au prince de Rohan, qui fut élu mambour de la principauté
le 14 septembre 1790. Ce manuscrit appartient à M. de Theux.
charger de cette besogne à raison de 25 florins la feuille • or
comme, depuis 1720, cinquante- neuf régences s'étaient succédées
à Liège, la dépense totale eut été de 1,475 florins. Les députés du
Conseil acceptèrent ces propositions ; mais le chiffre parut sans
doute un peu élevé au Conseil même, qui les repoussa. Nous
devons supposer qu'Ophoven rabattit alors de ses prétentions, et
s'engagea à faire exécuter le travail par son fils Henri, pour une
somme de 800 florins. Il accompagna cette offre, le 28 mai, de
la supplique suivante :
« Messieurs les Bourgmestres et Conseil de la
NOBLE CITÉ DE LiÉGE,
« Lorsque le très-humble soussigné est convenu, avec Mes-
sieurs les députés, parmi vingt-cinq florins pour chaque feuille,
qui contiendra, outre les noms des deux seigneurs présidents à
Téleftion, des six dénommés et des vingt conseillers, les généa-
logies des quatre bourgmestres : il avoit en vue de rendre l'ou-
vrage reposant à votre grand-greffe, aussi util qu'il est beau ; et
comme cela ne lui coûtoit que les peines de son fils, il espéroit se
dédomager des grands fraix qu'il sera obligé de faire pour l'im-
pression de cet ouvrage et pour la gravure de 122 armoiries
ornées de leur cimiers, supports et couronnes telles que les
feuilles le portent aujourd'huy (i).
« Vos Seigneuries pensent peut-être que le premier volume
n'a rien coûté à la ville, sinon une médaille d'or : mais c'est une
erreur; outre 1,600 florins que le Magistrat de l'an 1778 (2) a
donné au sieur Abry, héraut d'armes, monsieur l'avocat Loyens
(1) La continuation d'Ophoven, de 172031779, contient 129 blasons; mais
ils ne sont accompagnés d*aucun ornement extérieur de Técu.
(2) Lisez : 1718.
10
en a reçu plus de 900 florins, ainsi qu il est aisé de le vérifier par
les registres aux comptes (i).
« Peut-être vos Seigneuries diront-elles que 825 (2) florins que
coûtera cet ouvrage, est une dépense pour la ville : cela est vrai ;
mais aussi cet ouvrage, outre qu'il transmettra aux siècles à
venir les noms des seigneurs bourgmestres et de messieurs les
conseillers qui ont gouverné cette cité, il deviendra aussi util aux
descendans de ces familles consulaires, qui y trouveront leurs
généalogies, dont ils pouront avoir besoin un jour.
« Le seigneur bourgmestre de Hayme de Bomal a aggréé ces
raisons, et en conséquence il s'est rendu samedi dernier au greffe
où il a déclaré qu'il consentoit que, pendant son absence, vos
Seigneuries finiroient cette affaire. »
Signé: « Le sindic Ophoven (3). »
(1) Voici les postes que j*ai relevés dans les comptes de la cité, touchant les
subsides accordés par la ville pour le Recueil héraldique : en 1717, fis. 60 pour
papier et copie ; en 1718, fis 200 « pour faire achever le Recueil héraldique ; »
en 1719, fis 245 à Gramme (imprimeur), pour le livre héraldique et le correc-
teur ; en 1721, fis. 120 à Gramme pour 24 exemplaires du livre héraldique
livrés à MM. les bourgmestres et conseil. Le conseil partagea aussi, peut-être
même supporta seul les frais des plans de Thôtel de ville dont le volume est
orné; il paya : en 1716, fis. 760 au sieur Sarto, ingénieur, pour ses dessins de
ITiôtel de ville; en 1719, aux sieurs Duvivier, graveur, et Léonard, 827 fîs.
pour dessins et gravure du plan de la maison de ville ; la même année, 3i6 fis.
à Léonard pour le papier et impression du plan de la maison de ville;
en 1721, fis. 20 à G. Duvivier pour avoir gravé les armes des bourgmestres
sur la première feuille du plan de Thôtel de ville ; la même année, 97 fis.
à J. Fontaine pour avoir imprimé cent exemplaires de Thôtel de ville.
Total : 2010 fis.
(2) Lisez : 800.
(3) Recès de la cité, 1778 à 1780, fol. 87 v«.
Il
Le projet du syndic fut agréé le 4 juin, àTunanimité des mem-
bres du Conseil, et trois jours après, le receveur de la cité paya
un à-compte de 3oo florins (1) ; le 18 septembre, Ophoven, ayant
terminé sa tâche, reçut 5oo florins destinés à parfaire la somme
convenue; le Conseil accordait en outre deux louis à son fils
« en récompense des soins qu'il s'est donné à perfectionner cet
ouvrage et pour l'encourager à faire des progrès dans les beaux-
arts (2). »
Cette besogne achevée, Ophoven travailla aftivement à l'œuvre
qu'il comptait livrer au public ; au mois de septembre, il présenta
au Magistrat la dédicace de son livre, et reçut une « rémunéra-
tion » de dix louis, à condition de présenter un exemplaire à
chaque membre du Conseil (3); le 22 septembre de Tannée sui-
vante, on lui accorda une nouvelle subvention de 100 florins
« pour continuer l'ouvrage qu'il a entrepris (4). »
(1) Recesde la cité, 1778 à 1780, fol. 88 v®.
(2) c< Attendu que notre syndic Ophoven a entièrement achevé la continua-
tion du Recueil héraldique jusqu'à cejourd*hui, sur les feuilles de vailin lui
délivrées au grand- greffe (en conformité de sa suplique présentée le 28 mai
dernier et autres mémoires délivrés auparavant en suite de, l'autorisation et
convention du 4 juin suivant), pour être ledit ouvrage joint avec les feuilles
contenantes les armes des seigneurs bourgmaistres élus après le Recueil
héraldique (1720), reposantes au grand-greffe, etc. {Registre aux recès, 1778
à 1780, fol. 140 vo.)
(3) Vu la lettre dédicatoire présentée au magistrat par le syndic au sujet de
la continuation du Recueil héraldique qu'il a entreprise pendant la régence
précédente, auquel il aurait ajouté, depuis l'an 1720, les noms des seigneurs
conseillers privés de S. Â. qui ont présidé aux élections magistrales, ceux des
seigneurs nommés à chaque magistrature et qui ont échus au sort.... »
(Registre aux recès, 1778 à 1780, fol. 247 v®.)
(4) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. gS v».
12
Ce ne fut toutefois qu'au mois de juin 1782 que le manuscrit
fut prêt pour l'impression; Ophoven le soumit au Magistrat qui
le renvoya à l'examen du conseiller Piron, chargé de prendre
aussi « les arrangements convenables pour la gravure des armes
et impression de ce Recueil, qui devra être dédié au Magistrat
régent, et faire rapport (1). »
Ce rapport fut favorable, et le 9 août, le Conseil, « voulant
seconder cette entreprise aussi utile que nécessaire (sic), et par-
venir à l'impression de cet ouvrage, » décide de faire à Ophoven
une avance de 2,000 florins, avec lesquels il devra entreprendre à
ses risques et périls la publication du Recueil, sous la surveillance
du bourgmestre de Bourguignon et du conseiller Piron. Le fond
de l'ouvrage, les biens du syndic, sa propre personne devaient
servir de caution pour le remboursement, dans l'espace d'une
année, de la somme prêtée (2). Il fut stipulé, en outre, le 23 du
même mois, quele conseiller Piron, dépositaire des 2,000 florins,
payerait l'imprimeur; que tous les exemplaires de l'ouvrage
seraient déposés à l'hôtel de ville; qu'on en remettrait cent à la
fois à Ophoven pour les vendre et en verser le produit à la caisse
communale jusqu'au complet remboursement, qui devait être '
efFe£hié avant le i^r septembre 1783 (3).
Aussitôt qu'Ophoven eut connaissance de ces conditions, il
protesta, et, le 3o août, il refusa en plein Conseil de s'y soumet-
tre. Le contrat fut annulé séance tenante, et le Magistrat ordonna
que le registre sur vélin, relié en maroquin (qui servait sans doute
de guide pour les armoiries et avait été confié au syndic) fût rap-
(i) Registre anx recès, 1780 à 1785, fol. 111 v».
(2) Ibidem, fol. 122.
(3) Ibidem, fol. i25 yo.
i3
porté dans les trois jours à la bibliothèque de la ville ou au grand-
greffe de la cité. Cette ordonnance fut renouvelée le 14 sep-
tembre (i).
Cependant Ophoven, ayant rompu avec la cité, ne savait où
se procurer de largent pour imprimer son livre. Ne voyant aucun
moyen de sortir d^embarras, il vint à résipiscence au bout de trois
mois, et présenta à la ville, à Feffet d'entrer en accommodement,
un mémoire que nous ne possédons malheureusement pas ; tout
ce que Von en sait, est qu'il demandait un prêt de 2,000 florins
remboursables avant le i^r septembre 178 3; qu'il consentait à
fournir, comme gage, cinq cents exemplaires (2) de l'ouvrage ; que
l'impression de celui-ci devait être achevée avant le i«r mars. Ces
conditions furent acceptées le 25 novembre 1782 (3), et il semble
qu'Ophoven n'eût plus qu'à livrer son manuscrit à l'imprimeur,
lequel n'était autre que son neveu, le sieur Bourguignon. Il n'en
fut rien cependant, car le 3o mai 1783, ce manuscrit était encore
entre les mains du « censeur des livres » et recevait Vimpri-
matur.
Le 14 avril précédent, l'auteur avait été, nous ne savons pour-
quoi, appelé à comparaître en séance du Conseil; tout ce que les
recès nous permettent de deviner, est que le receveur de la ville
reçut défense de lui avancer plus de 200 florins sur les 2,000
qu'on lui avait promis (4).
(1) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. 126 v« et i33 v®.
(2) Peut-on conclure de là que l'ouvrage ne fut tiré qu'à 5oo exemplaires?
Nous ne le pensons pas, car s'il en eût été ainsi, 34 exemplaires seulement
auraient circulé dans le public en cinq années. Voy. plus loin le recès du
19 septembre 1788.
(3) Registre aux recès, 1780 à 1785, fol. 166 v®.
(4) Ibidem, fol. 202, 202 v».
l,a condition du contrat relative à la date où le livre devait être
achevé, n'ayant pu être remplie, il était nécessaire de prendre de
nouveaux arrangements. C'est pourquoi nous retrouvons, le
28 juin, Ophoven, accompagné de son neveu, à la séance du
Conseil. Là il fut stipulé que les 925 florins qui restaient
à payer (i) seraient remis à Bourguignon; que celui-ci déposerait
au greffe, avant le 10 août, cinq cents exemplaires complets delà
continuation du Recueil héraldique, en garantie du rembourse-
ment des 2,000 florins prêtés ; qu'Ophoven, « pour achever la
totalité de l'impression des tailles-douces, » abandonnerait à son
neveu les deux tiers de ses appointements de syndic, à échoir le
25 janvier 1784 (2).
La continuation du Recueil héraldique, comprenant 248 pages,
fut effeflivement imprimée et livrée au public dans le courant
de 1783; elle contenait même la magistrature de cette année et
les faits qui se passèrent à Liège jusque dans le mois de mai. De
ce côté, Bourguignon et Ophoven se trouvaient donc à peu près
en règle. Mais le i^r septembre et l'année entière passèrent sans
que le remboursement des 2,000 florins prêtés par la ville fut
opéré. On prit patience pendant une bonne partie de 1784 ; mais
le 19 juillet et le 9 août de cette année arrivèrent deux invitations
à s'exécuter dans la huitaine, « sinon sera agit pour faire vendre
les exemplaires du Recueil reposants à l'hôtel de ville (3). » Les
choses traînèrent encore pendant plus de deux ans, et enfin, le
18 septembre 1786, Ophoven ayant déclaré qu'il ne pouvait s'ac-
quitter de sa dette, le Conseil déclara que les cinq cents exem-
(1) Ophoven n'avait donc encore reçu que loyS fis. comme avance.
(2) Registre aux recès, 1780 à lySS, fol. 229 v®.
{3)/W</em, i783ài785, fol. 120, i25.
i5
plaires de son livre étaient sa propriété ; il en fut donné un
à chaque membre du Magistrat ; les autres devaient être dis-
tribués en prix, chaque année, aux étudiants du Grand collège
(Jésuites).
Ce fut l'occasion, pour Tadministration communale, de faire
preuve de délicatesse et de générosité : ayant calculé qu'au
prix de 5 florins (auquel se vendait l'exemplaire) le fonds qu'elle
possédait représentait une somme de 25oo florins, c'est-à-dire
supérieure de 5oo florins au montant de sa créance, elle ordonna
au receveur de la cité de verser cet excédant entre les mains du
sieur Ophoven pour l'engager à continuer son œuvre (i).
Il ne paraît pas, toutefois, que le syndic se soit occupé immé-
diatement de poursuivre son livre. Ce ne fut même, semble-t-il,
que sur l'ordre exprès du Magistrat qu'il fit paraître, après deux
ans, les pages 249 à 284 (9 feuilles in-folio) du Recueil, relatives
aux magistratures des années 1782 (suite) à 1787 inclus. En effet,
le 19 septembre 1788, le conseil de la cité approuva et fit payer
à Ophoven un état de 932 florins « pour avoir fait imprimer,
aux ordres du Magistrat, neuf feuilles d'ajoutés à la continuation
du Recueil héraldique, selon la convention, pour compléter
466 exemplaires restant à la ville (2). »
Le conseiller Ansiaux ayant été chargé d'examiner cet état,
profita de l'occasion pour déclarer « qu'il serait d'avis, pour reti-
rer une partie de la dépense que cet objet a occasionné, d'inviter
nos successeurs à remplacer par des exemplaires de cet ouvrage
une partie des prix que l'on est dans la coutume de distribuer
aux étudiants du Grand collège, ne fusse que pour une centaine
(1) Registre aux reces, 1785 à 1788, fol. gS.
(2) Ibidem, 1788 à 1789, fol. 33 yo.
i6
de florins par an. » Ainsi donc, cette mesure n'avait pas été
prise, malgré le recès du 18 septembre J786.
Les pages 249 à 284, tirées sans doute à pareil nombre que
la continuation même, furent distribuées en feuilles ; aussi s'en
perdit-il un grand nombre ; elles devinrent tellement rares que
de nos jours « une vingtaine à peine d'exeitiplaires d'Ophoven les
renferment, et que leur simple présence augmente d'une centaine
de francs la valeur du volume (i). » Désireux de rendre service à
.l'histoire du pays de Liège, et voulant être agréable aux biblio-
philes, un amateur fit réimprimer en 1862, à cent exemplaires, les
précieux feuillets, avec un soin capable de satisfaire les plus
difficiles. « Le format, la pagination et l'orthographe de l'édition
primitive ont été conservés ; le texte a été réimprimé page par
page et ligne pour ligne, avec des caraâères analogues, sur du
papier fait à la main en 181 5, parfaitement identique; les
blasons ont été gravés en taille-douce, suivant le procédé employé
pour l'ouvrage original (2). » Notre scrupuleux bibliophile ne
s'est permis qu'une innovation, à savoir : de joindre aux feuillets
réimprimés un titre qui permît aux possesseurs d'exemplaires
déjà reliés, d'en faire une partie distincte.
Il eut été dommage de s'arrêter en si beau chemin. C'est ce que
comprit M. X. de Theux, qui s'imposa la tâche de compléter
enfin cette œuvre intéressante, et de mener le Recueil héraldique
jusqu'en 1794^
Il fit imprimer en i863, chez Carmane, quinze feuilles (y com-
pris un titre et une table des noms de famille) se rapportant aux
magistratures des années 1788 à 1794 ; cette troisième Conti-
(1) Prospe6his de la réimpression des feuilles 249 à 284, en 1862.
(2) Prospeftus cité.
'7
nuation est exécutée sur le même plan que les précédentes, dont
elle suit la pagination (pages 285 à 342); même format, même
papier, même genre de gravure. C'est une œuvre vraiment
utile et, malgré les difficultés qu'elle présentait, parfaitement
réussie.
L'intention du Magistrat était, du reste, de ne pas abandonner
en route cette publication patriotique. On trouve, en effet, dans
les recès de la cité, une résolution du 7 août 1789, ainsi conçue :
« Le conseil est d'avis de faire continuer et d'ajouter la feuille de
la présente régence au Recueil héraldique, au prix de cinq sous
la feuille, pour compléter le nombre qui restera encore à l'hôtel
de ville (i). » Mais la révolution ne permit pas de donner suite
à ce projet : le 18 du même mois, à 9 heures du matin, le peuple
envahit l'hôtel de ville, déposa les bourgmestres et brisa leurs
écussons.
Avant de terminer cette notice, je dois dire que la continua-
tion du Recueil héraldique n'empêcha pas le Magistrat de tenir
au courant l'album commencé par Racle ; on y ajouta régulière-
ment chaque année les blasons des deux bourgmestres, jusqu'en
1792. Nous avons recueilli, dans les registres aux recès de la cité,
quelques résolutions qui se rapportent à cet objet. Le 18 sep-
tembre 1784, le Conseil approuva un état de 1 19 florins Brabant
(y compris 42 florins pour les régences précédentes) présenté par
Ophoven fils, pour avoir peint les armoiries des bourgmestres
de 1781 à 1783, et celles du prince (2). Le 23 septembre 1786, le
Conseil vota à Ophoven père une somme de 19 florins, pour avoir
écrit sur quatre feuilles de vélin (non compris les cadres) du grand
(1) Registre aux recès, 1788 à 1789, fol. i3o v®.
(2) Ibidem, 1783 à 1785, fol. i58 yo.
Tome zn.
i8
livre relié en maroquin, les généalogies des bourgmestres, depuis
1780 jusqu'à ce moment, avec celle de Son Altesse (i). Le
22 septembre de Tannée suivante, Henri Ophoven recevait
3o florins pour les armoiries des bourgmestres nouvellement
élus (2). Enfin, le 20 septembre 1788, on lui payait 24 florins
pour le même objet (3). C'est la dernière mention contenue
dans les registres aux recès (4).
S. BORMANS.
(1) Registre aux recès, ijSb à 1788, fol. io3 v^. — La reliure primitive en
maroquin est aujourd'hui remplacée par une vulgaire couverture en toile rouge
chagrinée. C'est regrettable.
(2) Ibidem, fol. 21 5.
(3) lindem, 1788 à 1789, fol. 38 vo.
(4) En 1792, le S3mdic Ophoven fut vi6time d'un fâcheux événement. Des
paroles imprudentes lui étaient échappées, sans doute, contre le Magistrat, et il
fut mis en prison. Mais il ne tarda pas à être relâché après rétraâation.
(Reg. aux recès, 1791a 1792, fol. 139 vo, 141 vo.)
'9
LE PEINTRE GRAVEUR
DES PAYS-BAS
AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i)
KAISER
KAISER, /. W.
1. Débâcle du Rhin.
L. 0,224. H. o,i35.
A gauche, la terre ferme, des maisons et un débarcadère, des
bestiaux et des personnes sauvées y débarquent ; le restant de la
planche est occupé par les eaux et la glace ; on y voit quelques
maisons au loin. Marqué au milieu du bas, N^ 1. — (Cette plan-
che forme le n<> 1 duWaterrarnp dQ i855. Elle est d'après un dessin
deJ. Pelgrom.)
(1) Suite. Voir les volumes précédents, passim.
20
2. Rupture de la Grebbendijk près de Opheusden.
L. o,2i5. H. 0,127.
A droite, un chemin et des arbres. Au fond, un village avec
clocher pointu.
Marqué au-dessous, n^ i3. — Dans le Waterramp y sous ce
numéro.
MARI TEN KATE
1. Endignement de la rupture à Speet.
L. 0,240. H. 0,144*
Au fond, au milieu de la planche, se voit la rupture ; des tra-
vailleurs cherchent à l'endiguer, au moyen de travaux circulaires.
Signé, au bas de la gauche : Mari ten Kate fe. Marquée du
n^ 11. — Cette planche est à sa place dans le Waterramp
de i855.
2. Vue de la rupture de la digne de la Meuse à Poederoijen.
L. o,2i3. H. 0,125.
Un homme sur la digue rompue, fait avec son chapeau signe
à une barquette ; au fond, on voit un village inondé. Porte le
no 23 du Waterramp.
21
3. Maison de paysans merveiUensement préservéeà Âltenaar.
près d'Elst.
L. 0,237. H« 0,143.
La maison est à droite. Elle a été protégée par des arbres entre
lesquels les glaces sont venues s'accumuler.
Signé, au bas de la droite : Mari ten Kate.
Marqué du n^ 24 du Waterramp.
VANDER KEELEN
1. Le menuisier. (Pièce en ovale.)
T. c. L. 0,070. H. 0,098.
Un menuisier à son établi, entouré d'outils, examine une scie
à main.
2. Le blessé.
L. 0,110. H. 0,148. t
Un guerrier blessé, assis au pied d*un mur ruiné, près d'un
sapin, est occupé à se bander la jambe. Il est tourné vers la
droite ; son épée est à ses pieds.
I
22
VANDER KELLEN Senior
VâNDEB EELLEN Senior, David.
1. La vieille.
L. 0,090. H. 0,100.
Une vieille femme aveugle, vue de face.
\^ état. — Avant le travail, à la pointe sèche.
2« état. — Avec celui-ci.
2. Le mendiant.
L. 0,097. H. 0,125.
Un mendiant debout, le chapeau à la main, et s*appuyant sur
une canne, à la porte d'une église ; à ses pieds est assise une;
petite fille, près de laquelle est un panier.
3. Le dessinateur on portrait de Van Rykelijkhuizen.
L. 0,095. H. 0,121.
Un homme portant sous le bras un portefeuille, le cou entouré
d'une écharpe à carreaux, se dirige en pleine campagne, vers la
gauche, où se voient dans le lointain deux tours et un moulin.
Signé, au haut de la droite : V. D. K.f.
23
4. Le paysage an ohasseor.
L* o,o83. H* 0,093.
A gauche, une ferme près d'une mare d*eau avec quelques
arbres ; à droite, deux arbres, au pied desquels s'avance le chas-
seur, suivi de son chien.
leï" état. — Avant la reprise des ombres, la mare d'eau est
presque blanche ; rare, six épreuves seulement ont été tirées.
2« état. — Avec les travaux ajoutés, la pièce poussée au noir.
5. La femme à la porte de la fenne.
L. 0,112. H. o,o85.
Une paysanne qui a puisé de l'eau à une mare, s'en retourne
vers la ferme qui est à droite et devant laquelle on voit deux
arbres, entre lesquels est assis un homme.
6. Le paysage au champ de blé.
L. 0,112. H. o,o85.
T. c. L. 0,100. H. 0,072.
A gauche, un champ de blé avec les gerbes formées ; en arrière,
une ferme entourée de grands arbres ; à droite, des collines.
icr état. — Avant l'ombre, au-devant de la ferme, et la reprise
des montagnes ; très-rare, il n'y a que trois épreuves de cet état.
2« état. — La planche terminée ; elle est également rare, la
planche ayant été grattée après un tirage de six épreuves.
24
VANDER KELLEN
VÂNDES EELLEN Junior, D.
1. Intérienr de l'église Sainte-Gertrude à Utreoht.
L. 0,227. H. 0,188.
Vue de cette église, où s'étaient réfugiés les inondés de i855.
On en voit deux travées, habitées par des femmes et des enfants.
A droite, on introduit un enfant que reçoit un homme armé d'un
balai.
Signé de ce côté : D.v. d. KeL
Cette planche, marquée n^ 7, au milieu du bas, est la septième
du Waterramp àe, i855.
KIERS
:ii:^în
, ^.
1. Aocnmnlation de glaces devant Ârnhem.
^ . L. 0,237. H. 0,140.
A gauche, on voit Arnhem, précédée d'une allée d'arbres,
devant celle-ci, un entassement de glaces. A droite, quelques
maisons presque sous l'eau .
Signé, au bas de la droite, sur un glaçon : P, K. Marqué
25
au-dessous de la planche, à gauche : J. F. T., et au milieu,
no 2.
Cette eau forte, d'après le dessin de J. F. Tack, est la
deuxième du Waterramp de i855.
KRUSEMAN
ERUSEMÂN C.
1. Sept études de têtes.
L. o,ii3. H. 0,094.
Cette planche, qui porte au haut^ à gauche, n^ i, comprend
sept études de tête : à gauche, au-dessus, trois têtes de femme,
au-dessous, une tête couchée; au milieu, un homme revêtu d'un
bonnet, au haut, à droite, une tête de vieillard, vers le haut du
buste, au bas à droite, une tête d'enfant de profil.
Signé, au bas de ce côté : C. Kruseman, 1818.
2. Six études.
L. 0,080. H. o,o5i.
A gauche, d'abord une tête de femme, au-dessous, un profil
d'homme, au milieu, une tête de jeune homme, vu de face et
coiffé d'une toque à plume ; à gauche, un homme à collerette ;
au-dessous de ces deux figures^ deux légers croquis de femmes.
26
Signé, dans le coin de droite, en haut et perpendiculairement :
C. Krusemany 1818. (La date à rebours.)
. 3. Portrait de l'artiste.
L. 0,160. H. Of2oo.
Il est vu de face, la tête couverte d'un béret, le manteau relevé
sur Tépaule. Le travail est grisâtre et terne.
Kruseman a également lithographie :
10 Trois études d'après nature, une tête d'Arabe et deux
Italiennes. Ces sujets sont réunis sur une même pierre.
20 Le portrait d'Henriette Sontag (1827).
KUHNEN
EUHNEN, Louis.
1. Vae de la Wartbourg.
L. ? H. ?
T. c. L. 0,079. H. 0,107.
Le château de Wartbourg, vue du bas de la montagne.
i^ état. — Avant le nom.
2« état — Avec celui-ci.
27
2. Lisière de bois.
L. 0,100. H. 0,121.
T. c. L. o,094j. H. 0,114.
A gauche est le bois terminé par de gros arbres et bordé d'un
chemin ; au fond de celui-ci on voit une croix devant laquelle est
un promeneur. A droite, un arbre élancé et feuillu.
Signé au bas de la gauche, dans le terrain : L. Kuhnenft.
VAN KUYCK
VAN EUTGE, L., né à Anvers, le 4 août 1821, y décédé le
4 juillet 1871.
1. Tètes de chèvres.
L. 0,118. H. 0,084.
Deux têtes de chèvres que Ton pourrait, en termes héraldiques,
dire affrontées.
i®*" état. — Avant le fond, les reprises dans les ombres et le
nom.
2e état. — Retravaillé avec le fond et signé au bas delà gauche :
i. Van Kuyck, 1862,
28
2. Tètes de veaux.
L. 0,118. H. 0,084.
L*une est vue presque de profil, à gauche; Tautre des 3/4 à
droite.
!«*' état. — Avant le fond, les reprises et le nom.
2« état. — Retravaillé dans les ombres, avec le fond et le nom
au bas de la gauche : Van Kujrck, 1862.
KUyTENBROUWER dit MARTINUS
KUTTBNBROUWER, Martin, dit Martinus.
1. L*étang.
L. 0,160. H. 0,097.
Un vaste étang occupe la majeure partie de cette pièce ; au fond,
des montagnes, à gauche, un groupe d'arbres, à droite une pointe
de bois et en avant de celle-ci, un ilôt avec quelques arbres
presque dépouillés.
Signé au bas de la gauche : Kuytenbrouwerf.^ 1845,
2. Le coup de vent.
L. o,3oo. H. 0,320.
T. c. L. 0,262. H. 0,195.
Dans un paysage orageux et pluvieux, on voit à gauche une
29
f
femme qui s*enfuit. Au milieu de la planche, un arbre se rompt
SOUS l'elEFort de la tempête et tombe dans les eaux agitées.
icr état. — Avant le travail de roulette.
2® état. — Ébarbé avec le travail de roulette.
3. Le chemin entre les deux tonffes d'arbres.
L. 0,225. H. 0,148.
T. c. L. 0,204. H. 0,139.
A gauche, un bouquet de quatre ou cinq arbres, puis un chemin
sur lequel il y a deux personnages, un berger et une bergère.
A droite deux arbres élancés.
i«r état. — Argentin avant les travaux à la pointe sèche dans le
ciel.
Signé au bas de la droite : Kujrtenbroujperf., 1845.
2^ état. — La planche retravaillée : au milieu des deux per-
sonnages, il y a un chariot, des deux côtés des buissons succè-
dent aux deux groupes d'arbres. Quelques changements dans le
fonds, enfin un ciel à la pointe sèche. Même signature.
4. Les condottieri.
L. 0,177. H. 0,257.
T. c. L. 0,1 32. H. 0,173^.
En face d'un rocher à pic couronné d'arbustes, au pied d'un
chêne, se trouvent quelques guerriers.
Signé au bas de la droite ; Mart. Kuytenbrouiper, i85o.
C'est le no 11 de la fête artistique de cette année.
3o
5 à 35. ILLUSTRATIONS DU VOYAGE EN ARDENNE
PUBLIÉ PAR V. JOLY (l).
5. Frontispice.
L. o,325. H. 0,236.
(Tous les cuivres ont cette dimension.)
Au haut, un paysage où l'on voit un sanglier, un renard et un
cerf avec sa biche, au bas à gauche une scène rustique avec un
chasseur, au milieu deux moutons, à droite les voyageurs passant
devant une ferme : Viftor Jcdy, en marchand de peaux de lapins
et Martinus avec ses insignes de dessinateur.
Signé au bas : Mart^. A. Kuytenbrouwer^ en gothique. On
lit, au milieu du frontispice, en lettres ornées : Tournée pitto-
resque dans les Ardennes.
6. Vne de Booillon, prise de la rente de Sedan.
T. c. L. o,3oo. H. o,2i4«
La citadelle et la ville occupent la gauche, la Meuse la droite.
Au fond on voit un pont. Au bas de la gauche sont les armes de
Bouillon.
Sous la droite, dans les exemplaires ordinaires, on lit Findi-
cation, I, io6.
(i) Les Ardennes, par Viftor Joly, illustré de 3o planches à Teau-forte,
gravures sur bois, lithographies, etc., par Martinus A. Kuytenbrouwer .
Bruxelles, J. Van Buggenhoudt, 1854.
3i
7. L'attaqne dn château (1137).
Au bas du roc, dans le camp, on voit passer, au milieu des
tentes, la châsse de Saint-Lambert.
Signé au bas de la droite : Marten. A. Kuytenbrouwer (Lu 3),
au milieu : Bruxelles, Impr. Seghers et Bouwens.
8. La cour des corps de garde.
T. c. L. 0.284. H. 0,198 à 0,175.
Au fond on voit une tour, un pont, puis en avant deux corps de
garde ; devant celui de gauche, il y a deux hommes, un officier
parle à Fun d'eux. Au premier plan, deux guerriers, lun Farque-
buse sur Tépaule, Tautre assis sur un tambour auprès de diverses
pièces d'armement.
Sous le bas de la droite, on voit dans les exemplaires ordi-
naires, les chiffres L 11 5.
9. Quatre vues différentes.
10 TOUR D'AUTRICHE.
L. o,i55. H. o,i35.
Tour hexagonale entre divers corps de bâtiment dans une cour
servant de parc d'artillerie.
Elle occupe le haut du cuivre, à gauche.
2© TOUR DE L'HORLOGE.
L. o,i55. H. o,i35.
Elle est carrée et précède une tour semi-circulaire par laquelle
elle est dominée.
I
32
3® SIÈGE DE GODEFROID.
Sous un encadrement en ogive on voit une sorte de caveau
avec une étroite fenêtre ; deux personnages s'y trouvent, celui de
droite observe la campagne.
Au milieu du bas, un cartouche architeftural avec armoiries et
la date i55i ; puis, dans un autre encadrement en ogive :
40 LES OUBLIETTES.
On voit, dans une sorte de cachot, un moine et un soudart
éclairés par une lanterne accroupis auprès d'une sorte de puits
qui se ferme par une grille que le moine tient soulevée.
Dans le coin de droite, au bas : I. 116. (Ex. ordinaires).
10. Le monlin à eau.
T. c. L. 0,296 H. 0,206.
A gauche une ferme avec un moulin, une femme est à la porte,
un faucheur chargé d'herbe traverse à gué le cours d'eau. Le
fonds est boisé.
Signé dans l'eau, à droite : Mart^* A. Kuytenbroutper, i85o,
et au-dessous, à gauche : Bruxelles, Imp. Seghers et Bouwens,
(1. 134).
Il y a de cette planche comme des autres, un état avant l'indi-
cation du volume et de la page.
11. Les quatre villages d*Oar, Aile, Hozéve et Gherière
I. OUR. — Quelques maisons, en avant d'un bois ; à gauche,
une barquette montée par deux personnes et vers laquelle accourt
un petit paysan.
33
»
2. ALLE. — Dans un fond, auprès de trois collines qui for-
ment autant de vallées,' on voit le village, dont les toits fument,
et son église.
3. MozÈVE. — Au fond, un cours d'eau au pied d'une mon-
tagne : vers la gauche, le clocher de Téglise.
4. CheriÈRE. — Le village est dans une plaine au pied de
rochers escarpés.
Ces quatre sujets en médaillons ovales sont entourés d'orne-
ments au trait. Au milieu un piéton consulte un indicateur
portant les différents noms.
Signé au bas de la gauche \ M, A. K,
12. Dohan.
Un cirque de montagnes dans le lointain : au fond de celui-ci
est le village baigné à droite par un cours d'eau. Au premier
plan à gauche les armoiries. Au-dessus de celles-ci on lit Dohan
Signé, à droite des armoiries, dans la planche: Marf* A. Kuy-
tenbvQuwer, Au bas de la droite, il y a : I, 216 (1).
13. La roche percée.
Sous un arceau, on voit, à droite, la roche percée ; des deux
côtés, il y a un personnage, à gauche un chasseur, à droite un
pêcheur. Sous le chasseur, on lit la date i853 ; sous le pêcheur,
le nom Martinus, et, plus bas, I, 223.
(1) Il existe de toutes ces estampes des épreuves d'un état antérieur à Tindi-
cation du tome et de la page.
Tome xn. 3
34
14. La grotte ou l'oratoire de Saint-Bemaole.
Sujet à trois compartiments : au milieu est l'oratoire, grotte
sauvage dans laquelle on voit le saint ; à droite, la légende de la
pièce de monnaie ; à gauche, celle des Danois et de la châsse de
Saint-Remacle.
Signé, au bas du milieu : Mart. A. Kuytenbrouwer^ cufforV,
1849, et sous la droite, I, 227.
15. La vanne et les brouillards de la Semoy.
Au fond, un rideau de montagnes à moitié cachées par le
brouillard. Au bas, la Semoy et, à la rive, deux moulins. Dans le
lit de la rivière, une sorte de vanne ou de barrage. Au premier
plan des saules et de grandes herbes. I, 239.
16. Hortehan.
Au milieu d'un village dominé, au fond, par des montagnes, on
voit un lavoir et un troupeau de bœufs conduit par un jeune
pâtre qui sonne du cor.
Signé, au bas de la gauche : Kuytenbroujper, dans le terrain.
Au bas de la droite, en marge, il y a : I, 243.
17. Buines de l'église romane d'Orval.
Elles représentent des pans de murs et des arceaux et, vers la
droite, trois petites fenêtres cintrées, surmontées d'une rosace
romane.
Signé, au bas de la gauche : Martinus^ 1854. Adroite, II, 34.
35
18. La tour, du rocher au chftteau d'Ârdennes.
La tour sur le plateau de droite, dominant la pente du rocher
qui descend vers la rivière, tandis qu'à gauche, s'élèvent d'autres
rochers presque à pic. Marqué, à droite, II, 121.
19. Vue d'Esch sur la Sure.
A gauche, au premier plan, la route, une chapelle et un rocher ;
au milieu, un pont ; en arrière, le village dominé d'abord par
son église, puis par les ruines d'un château fort. A droite,
des croupes rocailleuses. Sur le seuil de la chapelle, on lit
M. A K.f. à rebours. Sous la droite, on voit : II, i8o.
20. Ruines du château de Bourscheid.
Elles occupent le sommet d'une montagne, dominant à droite
le cours de la Sure. Ce sont des construftions grandioses et Jort
ruinées.
Signé, au bas de la droite : Martinus, 1854 ; puis au-dessous
II, 191.
21. Bestes de la frise de la cheminée du salon
des Bourscheid-Metternich.
/
Au milieu d'autres débris, entre des pignons et le restant d'une
croisée qui laissent apercevoir au fond la vallée de la Sure, on
voit la frise brisée en trois morceaux.
Signé, sous la droite : Martinus, i852.
36
i«r état. — Avant Findication du volume et de la page.
2« état. — Avec cette indication précédant la signature II, 194
22. Solitude en Ârdenne.
A droite et à gauche, des arbres de la plus belle venue ; au
milieu, un rocher. Sous les arbres de droite, un cerf et sa
biche.
Signé, au coin de gauche, dans le terrain : Martinus. Sous
celui de droite, on voit II, 21 5.
23. Vue du oMteau de Beaufort.
Il occupe le milieu de la planche : à gauche, des rochers ; au
premier plan, à droite, de Feau. Marqué au bas de la droite
II, 216.
24. Vue des ruines de la salle des comtes au château
de Vianden.
Au fond, à droite, on voit les fenêtres byzantines en arcades
trilobées ; au milieu, il y a un passage en plein cintre, et au bas,
à gauche, on voit une salle soutenue par des piliers. Sous le
coin de droite, on lit : II, 241. Martinus, i855.
25. Le château de Vianden, vu du perron.
Le perron est placé vers le milieu de la planche ; on y arrive
par un plan incliné ; un chasseur passe sur le chemin qui est
devant le château.
Signé, à droite, au bas, dans le terrain : Martinus, et, sous la
droite, II, 242.
26. Le donjon de Falkenstein.
Il est au second plan, domine à gauche un chemin et d^ux
habitations modernes. A droite, il y a une croix surmontant une
fontaine où une jeune paysanne va puiser de Teau.
Signé, au bas de la droite : Martinns, i855. II, 25 1.
27. Boines du château de Brandebourg.
Quelques murailles parallèles percées de fenêtres. Au premier
plan, une mare.
Signé, au bas de la droite : Martinus, II, 257.
28. Intérieur des ruines du château de Feltz (La Bochette).
A droite, un puits avec ses engrenages ; à gauche, une arcade ;
au fond,' les bâtiments avec leurs mille fenêtres et arceaux, le
tout entremêlé de ronces.
Signé à gauche, en bas, sur une pierre : Martinus, i855. Sous
la droite, on lit : II, 261.
Il y a des épreuves avant cette indication.
29. Entrée du château de HoUenfeltz
A gauche, une sorte de chapelle, au milieu, une porte sur-
38
montée d*armoiries, qui permet de voir deux autres portes. Dans
la cour» en avant du château, est une femme tenant une que-
nouille.
Signé, au bas de la gauche : MarttnuSy 1854.
i«' état. — Avec la barbe, avant Tindication du volume et de la
page.
a« état. — Avec cette indication II, 271.
30. Vue de la salle des draperies (Grotte de Han).
A droite, on voit les draperies formées de stalagmites et de
stalactites ; à gauche est le groupe appelé le tombeau de Maxi-
milien.
Signé au bas de la droite : Martinus, et plus bas : II, 276.
31. Vue du gouffre de Belvaux.
La roche forme deux arcades, sous celle de droite coule la
Lesse. Sous le coin de droite, on lit : II, 280. \
32. La sortie de la grotte de Han.
On voit des roches percées de fentes verticales et couvertes de
végétation.
Signé au bas de la gauche : Martinus. Sous la droite on lit :
II, 280.
39
33. Autre vue de grotte.
Une partie est en plein jour, et à droite il y a quatre moines.
II, 281.
84. Vue du chftteau de Hontaigle.
Au sommet d'une côte escarpée, on voit les ruines du château.
Au pied de la montage, il y a trois saules, un à gauche, et deux à
droite.
Signé, dans Teau, au coin de gauche : Martinus. Marqué sous
la droite II, 281.
Il y a des épreuves avant cette indication.
40
LA BIBLIOTHEQUE DE MATHIAS CORVIN.
On sait que le sultan Abdul-Hamid vient de restituer à
l'université de Pesth une partie de la célèbre bibliothèque
provenant du roi Mathias. Ce prince, ami des lettres et des
livres, avait fondé, en 1467, une université où il se proposait
d'admettre 40,000 étudiants, et en vue de laquelle il avait réuni
une bibliothèque considérable qui ne comptait pas moins de
5o,ooo volumes, la plupart des manuscrits, tous reliés en velours
bleu, enrichis de ciselures d'or et d'argent aux armes du roi.
Trois cents copistes et peintres étaient, dit-on, attachés en
permanence à la Bibliothèque dotée d'une subvention annuelle
de 33,000 ducats. Le roi n'épargnait rien d'ailleurs pour acquérir
à tout prix ces volumes précieux que les savants grecs avaient
sauvés du pillage de Constantinople par les Turcs. Dès 1470, il
y avait adjoint une imprimerie privée, placée sous la direflion de
Ladislas Gereb, prévôt de Bude. Un des plus beaux spécimens
des ateliers royaux de la Corvina est le fameux Missale romanum
que Marie de Hongrie, veuve de Louis II, apporta à Bruxelles,
où on le montre toujours parmi les joyaux de la Bibliothèque
de Bourgogne. Le florentin Attavanti y travailla cinq années
entières aux miniatures, parmi lesquelles figurent les portraits
du roi, df sa femme et de son fils. Après la mort de Mathias
Corvin, ce précieux trésor fut fort négligé, et des centaines de
volumes s'éparpillèrent aux quatre vents du ciel : le restant fut
emporté à Constantinople, où le feu et l'humidité des caves du
vieux sérail achevèrent l'œuvre de dévastation. Et cependant,
Soliman le Magnifique, qui ordonna le transport de ces collée-
41
tions et de bien d'autres objets d'art arrachés aux palais et aux
églises de la Hongrie, Soliman, disons-nous, n'était pas un
barbare comme le furent ses successeurs. Mais il dut compter
avec le fanatisme religieux de son peuple. Ce ne fut qu'une
centaine d'années après la conquête de la Hongrie qu'on connut,
en ce pays, la destinée de tant de trésors. Quelques volumes
oubliés dans une tour furent rachetés à grand prix par le célèbre
antiquaire et diplomate flamand Busbecq: ils figurent aujourd'hui
à la bibliothèque impériale de Vienne. Les Hongrois firent
dès lors beaucoup de démarches pour recouvrer au moins une
J)artie de l'ancienne Corvina, mais elles n'eurent aucun résultat.
Le cardinal Pazman offrit, dit-on, 200,000 florins pour la rançon
de ces reliques si chères de l'époque la plus brillante de l'histoire
hongroise. Les Turcs refusèrent et les livres restèrent à l'abandon
dans un coin du garde-meuble de l'empire absolument inacces-
sible aux étrangers : aussi, les appréciations varient-elles consi-
dérablement : quelques voyageurs ou diplomates les ont estimés,
par oui-dire, à plusieurs milliers de volumes, tandis que d'autres
assurent qu'il n'y en a plus qu'un nombre insignifiant. Ce qu'on
sait mieux et à peu près exaftement, c'est qu'il existe 38 manus-
crits de premier ordre dans les bibliothèques de Londres,
Bruxelles (1), Paris (2), Wolfenbuttel, Florence, Venise, Rome
et Besançon, plus 363 autres de moindre importance et plus ou
moins authentiques, disséminés dans toute l'Europe. La Hongrie
elle-même n'en possédait, jusqu'à ce jour, qu'un fort petit
nombre : 2 à l'académie des sciences, 7 au musée de Pesth et
1 au chapitre de Raab.
Aussi feint-on d'y regarder, comme un a£le de haute courtoi-
sie, la munificence non désintéressée du sultan. Son présent se
compose de trente-cinq manuscrit? complets, dont voici l'énu-
mération assez vague :
4»
1 Vitruvius Candidus.
2 Âristoteles — Âegidius Romanus.
3 Traité du mouvement.
4 Suetonius : Imperatores.
5 Grammaire latine.
6 Plutarque : Vie d'Aristide.
7 M3rthologia.
8 Albertus Magnus : de Mineralibus.
9 Aelius Spartianus. — Aemilius
Probus.
10 Grammaire.
1 1 Terentii Comoediae.
12 Simon Pannoniensis : Sanationes.
i3 Pompeius Trogus.
14 Gicero.
i5 Piinius secundus : Panegyricon.
16 Traité de Chirurgie.
17 Caesar : de Bello gallico et hispa-
nico.
18 Scriptores Augustae historiae.
19 Clementinus.
20 Simon Pannoniensis : Synonymi.
21 Spéculum humanae salvationis.
22 Theophrasti Historia plantarum.
23 Tertullianus contra Mardonem,
24 Tadtus.
25 Silius Italicus.
36 Eusebius: Prseparatio evangelica.
27 Bible manuscrite du ziii^ siècle.
28 Livre religieux.
29 Quintus Curtius : Alexander.
30 Dante : Divina Commedia.
3i Politique d'Aristote.
32 Eusebius. Chronicon, transi. Hie-
ronymi.
33 Historiographus.
34 Livre de navigation.
35 Cicero in Verrem.
La perle de cette collection est la Divina Commedia, de
40 centimètres de hauteur sur 3o de large, épaisse de 8 centi-
mètres ; c'est, selon toute apparence, Fœuvre d'un artiste florentin,
peut-être Attavanti lui-même. Les initiales et les miniatures sont
de toute beauté et d'une admirable fraîcheur, malgré leurs quatre
siècles d'existence. Une partie des volumes sont reliés en velours
violet ou en soie, les autres en maroquin rouge avec agrafes en
or et en argent. Ils portent tous sur le titre les armes des
Hunnyades, un corbeau, et celles de la Hongrie.
Inutile d'ajouter que le fonds de la Corvina à Constantinople
n'est pas épuisé par cet envoi II y reste encore des monceaux
de manuscrits bien plus précieux que ceux-là, sans doute, et la
Porte rendrait certainement tin fort grand service à la science, si
elle mettait ces trésors à la portée des érudits de l'Europe.
43
CHRONIQUE.
Au moment que ces lignes paraissent, commence à Paris
(i6 avril) la vente des dessins et des gravures de la collec-
tion Didot, une des plus importantes qu'on ait jamais vues.
M. An^broise Didot n était pas un simple colleftionneur : c'était
aussi un artiste de goût, que n'eût pas séduit la pièce la plus rare
si elle n'avait été en même temps la plus belle. Son œuvre de
Rembrandt est le plus complet qui ait jamais été mis en vente,
il surpasse même celui de Verstolk de Soelen, qui passait en
Hollande pour une merveille depuis un siècle. Il y a là des
gravures uniques, et en grand nombre, qu'on ne rencontre que
dans les cabinets publics de premier ordre, Amsterdam, Londres*
Paris, Vienne: La Pièce de cent florins, splendide épreuve
sur papier du Japon, ÏEcce Homo, le Bourgmestre Six,
Ephràim Bonus, Des cent neuf cuivres de Durer, de Bartsch,
M. Didot en possédait cent huit, et il ne lui manque qu'une
douzaine de bois des 270 connus : au surplus toutes épreuves
merveilleuses. Martin Schoen et Lucas de Leide sont dignement
représentés. L'école italienne l'est peut-être moins bien en com-
paraison des autres. Cent neuf dessins originaux de grands
maîtres, Holbein, Lucas de Leide, Rembrandt, Durer (un admi-
rable portrait de sa mère) le cèdent à peine en importance à la
colle£lion des estampes. Il faut citer aussi la colleâion des por-
traits historiques qui formait, à la mort de M. Didot, la galerie
privée la plus importante et la plus intéressante qui existât. La
44
Bibliothèque royale trouverait là Foccasion d'enrichir son cabinet
déjà si remarquable et il faut espérer qu'elle ne la laissera pas
échapper.
L'écrivain Salomon Hirzel a légué, à l'Université de Leipzig,
sa riche coUeftion d'éditions et de manuscrits de Goethe : elle
comprend 400 manuscrits originaux et 60 vol. in-40 formés
d'extraits de publications relatives à l'auteur de Faiist
La bibliothèque du célèbre professeur Tischendorf vient d'être
achetée pour le Free church Collège de Glascow.
Voici quelques prix de la vente Emm. Martin, qui a eu lieu au
mois de février : Heures de Rouen, de Vostre, sur vélin, 1 , 1 5o fr .
— Galerie du Palais-Royal, 3 vol. in-f>, épr. avant la lettre et
eaux-fortes, 4,000 fr. — Galerie de Florence (1789-1814), 4 vol.
in-f<>, épreuves avant la lettre, 5oo pièces ajoutées, 1,400 fr. —
Les dessins originaux ont péri dans l'incendie du Louvre
allumé par les pétroleurs de la commune. — Anacréon, trad.
de Moutonnet, 1773, in-40, figg. d'Eisen, gr. papier de Hollande,
reliure de Derome, 2,i5o fr. — Horatius, Londres, 1733, 2 vol.,
texte gravé, 58o fr. — Satires deJuvénal, trad. Dussault, 1770,
2 vol., reliure de Derome, 2,35o fr. — La Henriade, de Didot,
1790, i,oo5 fr. à cause des figures ajoutées. ~ Fables de Dorât,
J
45
177^» 3,6oo fr. pour les vignettes de Marillier. — Les saisons de
Saint-Lambert, 1796. in-fo, i,25o fr. — Chansons de Laborde^
4 vol., 6,400 fr. — Molière, de 1734, 6 vol. in-40, non rogné,
(très-rare en cette condition), 3, 000 fr. — VHeptaméron de
Marguerite de Navarre, 1792, 3 vol. in-80, en papier fort,
reliure de Cape, 900 fr. — Rabelais, 1823, 9 vol. in-S^, gr papier
de Chine, figures ajoutées, i,ï5o fr. — La Fontaine, Psyché,
Didot, an III, gr. av. la lettre et eaux-fortes (très-rares), 1,100 fr.
— Fénelon, Télémaque, 1785, 2 vol. in-40, nombreuses figures,
entre autres 24 dessins originaux de Le Barbier qui n'ont point
été gravés, 8,100 fr. — Montesquieu, Le Temple de Gnide,
1772, états rares des fig. d*Eisen, reliure de Derome, 7,900 fr.
— Gil'Blas, en 6 vol. in-i8 (1798), un des deux imprimés sur
vélin, 1,000 fr. — Manon Lescaut, 1753, 2 vol. in-12, 6,5oo fr.
— Paul et Virginie, de Curmer, i838, sur pap. de Chine, fig.
ajoutées, 1,100 fr. — Le Voltaire de Beuchot, 71 vol., 2, 120 fig.
ajoutées, 11,000 fr. — Les Classiques de Lefebvre, 75 vol.,
reliure de Cape, figures ajoutées en grand nombre, aussi 1 1 ,000 fr.
— hes Lettres à Emilie, 1809, 6 vol., Cape, 12 dessins originaux
et figures ajoutées, 2,3o5 fr. — Les tableaux historiques de la
Révolution, 1 791-1804, avant la lettre, épreuves ajoutées, eaux-
fortes, et surtout complètes, c'est-à-dire avec les deux textes, le
premier rédigé dans le style et l'esprit des plus beaux jours de
1793, le second fortement modifié sous l'empire. — On voit, par
cet aperçu sommaire, que la bibliomanie n'est pas morte : il est
permis de regretter seulement que sa faveur se porte sur des
objets si futiles. Les 686 numéros de la vente ont produit
197,200 fr.
46
PIERRE SCHOEFFER DE GERNSHEIM.
Monsieur A. Helbig, qui a tant et si bien fait pour compléter
la liste des produits typographiques de Pierre Schoeffer, à
Mayence, a négligé de prendre note des numéros 17 et 18, aux
pages 323 et 324 du Catalogus librorum sœculo XV^ impresso^
rum quotquot in Bibliotheca Regia Hagana asservantur, Edidit
J. G. Holtrop (Hagae Comitum, Mart. Nyhoff, i856, in-80).
Cette circonstance, très-bien explicable du reste, me donne le
plaisir de pouvoir appeler son attention sur deux éditions de
Schoeffer qui manquent encore à sa liste et qui n'invalident en
aucune manière les conclusions tirées par lui à la page 3oo du
Bibliophile belge, onzième année, récemment complétée.
Le no 17, Aesopi Fabulae, metricè, cum glossa Seb. Brant,
imprimé vers 1497, in-folio, a 74 feuillets (1), à 44 lignes longues
par page pleine, des signatures mais pas de chiffres ni de
réclames. La grande quantité de gravures sur bois, d'un réalisme
quelquefois fort piquant, ajoute au charme du volume. Les types
sont les mêmes qui ont servi à imprimer le Hortus Sanitatis
de 1485.
Le no 18 est un de ces minces opuscules, imprimés en alle-
mand; il ne compte que 18 feuillets et doit avoir été publié
(1) Notre exemplaire est incomplet de la fin.
47
en 1498 par ordre, ou du moins aux frais de Jean comte de
Nassau. Le titre porte : Ordeninge der ^weyer atnpte Siegen
und Dillenburch.
De plus amples détails bibliographiques sur ces deux incuna
blés ont été donnés par M. Holtrop et par moi dans le catalogue
cité.
M. F. A. S. Campbell.
La Haye, 16 avril 1877.
LE 400e ANNIVERSAIRE DE CAXTON
ET DE L'IMPRIMERIE EN ANGLETERRE.
Les Anglais se préparent à célébrer au mois de juin la qua-
trième centenaire de ce grand événement : il y aura à cette
occasion une grande exposition d'antiquités, de reliques et de
curiosités typographiques au musée de South Kensington. Cette
exposition, qui sera ouverte du 1 1 au 23 juin (i), réunira tous les
objets appartenant aux diverses branches de Timprimerie,
matériel, procédés, produits, la technique et Tart. On parle déjà
(1) Les renseignements sur lesquels on se fonde pour arriver à donner une
date approximative ont été fournis par Caxton lui-même. On les a relevés dans
les observations qui forment comme le prologue et Tépîlogue des livres
imprimés par lui. Son premier ouvrage portant une date authentique d'im-
pression, The Dictes and Sayinges ofthe Philosopher s, fut publié en 1477 •
« Enprynted by me, William Caxton, at Westmestre, theyere ofour Lord
m.cccc.l.xxvij. » Adoptant donc cette année comme celle de la date que Ton
cherchait, il a été résolu qu'une fête en commémoration de cet important
événement sercdt organisée pour le mois de juin prochain.
48
d*une série de gmvures sur bois et de vignettes provenant de
diverses coUeftions privées qui fera sensation parmi les amateurs
et les connaisseurs. Ce sera comme un tableau historique de la
gravure sur bois, depuis ses origines jusqu^à nos jours, accom-
pagné des chefs-d'œuvre de Tart de Durer, de Cranach, de
Burgmayer et de toute notre école des Pays-Bas : on y verra des
impressions en couleurs du XV!» siècle, produites au moyen de
blocs découpés suivant les contours d'un dessin tracé d'avance
et chargés d'encres de couleurs diverses, art illustré par les
travaux de Hugo de Carpi, d'Andreani, de NicoUetto, d'An-
toine de Trente; puis, viendra. la lithographie avec toutes ses
modifications, depuis Senefelder jusqu'à nos contemporains.
Tous les pays tiendront à honneur de se faire représenter à cette
grande solennité bibliotechnique. Chose triste à dire, dans la
patrie des Thierry Martens et des Plantin, il ne se trouve plus
aujourd'hui un imprimeur qui ait en soi letoffe d'un délégué à
la hauteur de cette mission. Le métier et la politique ont tout
envahi et stérilisé l'art. Il n'est pas question d'apprentissage, non
pas littéraire, mais simplement professionnel : un déclassé
quelconque qui n'a pas trouvé à s'utiliser dans les charbons ou
la photographie, s'établit imprimeur, fait rouler une presse,
la fait gémir plutôt, raccole quelques compositeurs d'occasion
qui reprennent volontiers l'alêne ou la serpe lorsque l'imprimerie
chôme. Aussi lorsque le savant et sympathique W. Blades fait
appel à tous les typographes qui peuvent concourir à augmenter
la splendeur de cette exhibition, nous ne pouvons que nous
renfermer dans un silence honteux et supposer avec bienveil-
lance qu'il n'a pas eu l'intention de faire une épigramme contre
nos imprimeurs belges.
J. P.
UN ÉCRIT INCONNU
BRUHEZIUS OU VAN BRUHEXEN.
Bccdetièvre, Ulysse Capitaine, et quelques autres biographes
avaient signalé Bruhezius comme étant l'auteur du premier
ouvrage spécialement écrit sur les eaux de Spa. Malheureuse-
ment aucun de ceux qui avaient mentionné cette particularité
ne connaissait l'œuvre en question et ce fut vainement que Capi-
taine chercha à découvrir l'opuscule du savant médecin.
Bruhezius s'était occupé non-seulement des eaux de Spa,
mais aussi de celles d'Aix-la-Chapelle; cela suffisait pour provo-
quer des recherches non moins ardentes de la part des biblio-
graphes aixois. Deux médecins, notamment, MM. Lersch et
Strater, mis en éveil par l'indication d'Ulysse Capitaine, dans une
élude sur Spa au XVI^ siècle (i), se livrèrent à de patientes inves-
tigations qui ont enfin .été couronnées de succès. Ils ont réussi
à retrouver en Hollande le rarissime ouvrage de Bruhezius et
5o
en ont fait prendre une copie fort exafte pour la bibliothèque de
la ville d'Aix-la-Chapelle.
Grâce à M. Lersch, nous sommes mis à même aujourd'hui
de juger de l'écrit du médecm brugeois. Hâtons-nous de dire que
nous n'espérions pas trouver dans Bruhezius des renseigne
ments d'un extrême intérêt ou complètement neufs sur notre
ville d'eaux au XVI^ siècle. Comme dans la plupart des traités
balnéologiques de l'époque, notre auteur se livre à des digres-
sions scientifiques, à des dissertations dont on ne peut tirer
aucun profit. Quoi qu'il en soit, nous nous estimons fort heu-
reux de connaître autrement que par ouï-dire l'écrit, premier
en date, qui ait paru sur nos sources minérales.
Il consiste en deux lettres que Bruhezius adressait à un
savant de ses amis, et dont, paraît-il, il fut pris plusieurs copies
avant leur impression. Cette correspondance n'était point des-
tinée à la publicité et si elle fut imprimée, ce fut contrairement à
la volonté formelle de l'auteur. La préface ou l'avant-propos,
dont l'imprimeur anversois jugea bon de faire précéder ces deux
épîtres, ne nous apprend pas le motif pour lequel Bruhezius
tenait à laisser son œuvre inédite.
Elle est intitulée comme suit :
D. Pe. BruhEZII de Thermarum aquisgranensium viribus,
causa ac legitimo usu, epistolae duae, scriptae anno MDL, in
quibus etiam acidarum aquarum ultra Leodium existentium
facultas et sumendi ratio explicantur. Antwerpiae. Excudebat
Joannes Lceus, anno MDL V, cum gratia etprivilegio.
Ce curieux opuscule est daté des calendes d'août 1 55o et forme
un petit in-8o de 97 pages. Il débute ainsi que nous l'avons dit,
par un avant-propos : Typographus Leâori, Après quoi vient
la première lettre qui traite exclusivement des eaux d'Aix. Elle
est intitulée : Petrus Bruhezius Sauvagio Sua, S, Z).
J
5i
La rareté de cet écrit nous a suggéré Tidée de reproduire ici
la seconde lettre qui a rapport aux eaux de Spa.
Qu'il nous soit permis, auparavant, d'ajouter quelques mots
concernant Tauteur.
* Les bibliographes ne sont pas d'accord sur le nom même de
Bruhezius. Chenu, dans sa Bibliographie balnéologiqueVappéUe
VanBruhesen, etGrossen, dsinsl^Bibliotheca hydrographica, le
nomme Bauhesius et Bruhezius, Aoni il semble faire deux auteurs.
Nous renverrons pour la biographie à Foppens, Bibliotheca
belgica, et à Van der Aa, Biographisch Woordenboek der
Nederlanden, M. E. Rousseau, dans la Patria Belgica^ a
donné, au courant de son histoire des sciences physiques, mathé-
matiques et naturelles, quelques renseignements intéressants
sur notre auteur. On trouve une couple de lettres de Bruhezius,
écrites vers i55o. dans les/. Femelii ConsiL Med,y 1664, mais
qui ne nous apprennent rien sur lui.
Enfin M. le dofteur Lersch, médecin-inspe£leur des bains
d'Aix-la-Chapelle, a fait connaître Bruhezius, à ses conci-
toyens dans un article très-intéressant publié dans la Curliste,
d'Aix-la-Chapelle et de Borcette. Cet article nécessairement
écourté a été reproduit avec de nouveaux développements sous
le titre de Bruhezius redivivus^ dans une brochure intitulée :
Aufstà^e aus der Aachen^ Burtscheider Curliste vom Jakre
1872, von D' Lersch,
ALBIN BODY.
î)2
Epistolae primae finis :
Sed ecce dum epislolam tuam relego, aliquid comperio prae-
termissum. Rogas si quid compertum habeam de aquis acidis
quae ultra Leodium in marchionatu Francemontano existant,
communicare velim ; hasce profeélo non vidi, sed ud satis
curiose consuevi de huiusmodi rébus inquirere, spero me
earundem vires aclegitimum usum ex eorum qui illas (sine uUo
tamen medici indicio) biberunt, aliosque sic bibentes viderunt,
relatu bona fide communicaturum. Sunt hae frigidae aélu, lotio-
nibus incommodae et acidae : unde passim nomen Germanibus
Zuerenboerriy quasi acidas aquas dixeris, acceperunt. Prorum-
punt e ferratorum montium ac rupium cavernis, in valle quae
pagum valde amoenum Spae nomine compledlitur ac locis
campisque aliquot vicinis, ubi ferri ingens copia eruitur. Fons
in ipso pago Spae incolis in potum quotidianum recipitur : sed
aquas habet parum medicamentosas. Hisce viribus pares aut
non multo superiores sunt aquae vicini fontis Sanfti Joannis
aut Sar difti. Utrasque translationem absque ut corrumpantur,
aliis melius admittere affirmant : Omnium saluberrimae sunt
fontis Sauenir vocati, qui ab jam diélo pago dimidio miliari
abest : scaturiuntque e montis utcunque excelsi medio, ita ut
ad multos passus ascendere potaturi cogantur : qui sane labor
admodum est utilis aegrotantibus : nam corporis motu vis aquae
diuretica et purgatrix citius ad operationem deducitur, id quod,
omisso divini Hippocratis oraculo, frequens illic experientia
comprobat. Habent hae sulphuris plurimum, unde et si aftu
frigidissimae sint, calefaciunl tamen evidenter : eisdem solis
quasi pinguedo quaedam vel spuma supernatat a sulphure vel
alia quapiam re metallica, vel minerali sublata, quae chartae
illita, aureo colore perfefte ungit. Quae in campis et vallibus
quibusdam humilioribus sunt, cum periculo bibuntur, vel
quod noxam aliquam ab argento vivo aut minera aliqua venenata
trahant, vel quod aliae aquae sordidae in illarum alveos reci-
piantur. Nam quotiescunque hoc postremum priori bus quas
53
dlxl salutaribus fontlbus ob ingentem pluviam accidit, omnino
ad fundum usque exhauriendi simt, quo aquae de novo scatu-
rientes consuetam medelam potoribus melius adferre queant.
Quando autem, ut jam dixi, a ferro praecipuas vires trahant,
manifestum est eas cum primis salutares esse coeliacis, dysenteri-
cis, choiera morbo laborantibus, stomacho dissolutis, hydrope
praesertim sicca ac e praegresso calore nata laborantibus, adus-
tis, bilîosis, lienosis, atque venarum ad hepar aut lienem perti-
nentium obstruftionem habentibus, potissimum si ea fuerit
ex biliosis aut adustis aut varie mixtis humoribus : id quod hinc
manifeste evadit, quod Dioscorides sic affe6lis exhibeat vinum
aut aquam in qua ferrum candens sit restindum. Et Galenus
nona de compositione pharm. part., splenicis exhibet aquam
aut (si non febricitent) vinum in quo ignitum ferrum saepe sit
extinftum. Et Aè'tius : Convenientissimum (inquit) spleni in
scirrhum indurato remedium existit : ferrum in aqua, aut vino,
aut posca extindum. Ibidem ait : multos ex ordine dies exhi-
bendam esse hanc aquam aut poscam, vel si non febrictent,
vinum : ferrum autem sit (inquit) stomoma (hoc est quod instru-
menti alicuius formam sit adeptum)^ Ipsius autem stomomatis
ferri squama, quam in fabrilibus officinis ferrum dum ignitur ac
malleo tunditur abjicit, postea agrestioribus hominibus utiliter
exhibetur : praeclare enim haec splenem liquefacit, utpote quae
consumendi facultatem praestat. Haec Aëtius. Quae quum
praesens memoria suppeditaret, hic addere volui, quo bonorum
testimonia tui citra negotium ob oculos posita haberent : Tute
alia multa hue speftantia adjicere poteris, quale est hoc Plinia-
num : Tungri, civitas Galliae, fontem habet insignem, plurimis
buUis stillantem, ferruginei saporis, quod îpsum nonnisi in fine
potus intelligitur : purgat hic corpora, tertianas febres discutit
calculorumque vitia. Eadem aqua igné admoto turbida fit, ad
postremum rubescit. Haec Plinius. Cuius authoritate permotus
hune fontem olim studiose quaesivi, tandem in coliiculo extra
civitatem, triplo quam olim fuit nunc minorem versus septen-
trionem repperi habetque aquas rubescentes, ferruginei sapo-
ris et coloris : quarum potu vulgus etiam hodie ait febres
54
abigi. (Ibidem Plinius agit de medicatarum aquarum vtribus).
Sed ut nunc ad aqiias acidas recurrat calamus, ego e multis
inaudii plurimos passim harum aquarum ad multos ex ordine
dies continuato potu, a commemoratis paulo ante malis, quibus
quasi contabescentes diu coUuâati eatenus essent, perfeâe fuisse
libérâtes : imbeciliiores tamen in ipso aquarum usu sive pota-
tione interdum pereunt : unde vulgo aiunt aegros ab illarum usu
vel perfeilam sanitatem consequi, vel omnino mortem obire,
quod posterius accidere arbitror ob hominum dementiam, qui-
busvis temperaturis et morbis hasce imperantium (siquidem
senibus, frigidis et humidis, similiterque afFeflis noxiae sunt) :
aut symptomata intervenientia mitigare non potentium ; vel ob
nimîam imbecillitatem, quod serius, scilicet quum jam despe-
rata salus est, remedium quaeritent, idque nuUo adhibito
medico, in aliis, qui opportuna posset praescr ibère et incom-
moda intervenientia arcere : horum intérim infelix eventus
remédia alioqui salutaria damnare nequit.
Jam vero si eaedem aquae sulphuris et bituminis forte plu-
rimi participes fuerint, id quod omnino existimo, ad ea utiles
erunt quae supra de istorum viribus ex Dioscoride et Galeno
recensui. Et manifestum est eas afifatim movere urinas, menses
ac alvum ; neque hic vulgo, iudici iniquissimo, credendum, quod
putat sulphur intus sumptum exitio esse : nam Galenus aliique
fréquenter id exhibent, ut et bitumen, cuius ac scyllae atque
sulphuris vivi, singulorum obolum cum aceto mulso pro dosi
Galenus dédit in dyspnoea. Multis autem coniefturis adducor ut
credam aquas istas a bitumine non multo minus virium, quam
a ferro et sulphure sumpsisse : colorem siquidem ferrugineum
non habent : ad haec carbonum fossilium ut ferri ingens passim
in eo mundi traélu copia visitur ; facultas quoque urinas ac menses
movendi bitumini insigniter inest, ut et hisce aquis : quae forte
vim etiam contra serpentum morsus et venena obtinent. Nam
iniefta in eas rana aut bufo animam illico evomit. At de hisce
satis.
In ipso autem aquarum usu haec observentur primum : Etsi
aquae fontis Savenir aliis omnibus praestent et sint dulciores,
5î)
fit tamen ut quidam ex harum, nonnuUi ex aliarum potu citius
et melius convalescant. Eligantur itaque affeâui praesenti ac
constitutioni magis convenientes, quod ex ipso eventu quisque
edicere débet.
Ante Maium et post Augustum in usum non recipiantur,
eo quod aqua pluvia e montibus vicinis cum sordibus affluente
vicientur. Primis diebus non hauriantur affatim, postquam
vero ventriculus et palatum eisdem assueverint, id quod paucis
diebus accidit, liberalius ad o£lo, decem vel duodecim ad sum-
mum libras ingerantur, prout scilicet natura cuiusque id ferre
ac ad aâum deducere potest.
Si autem vel ob quantitatem nimiam vel naturae imbecilli-
tatem aut magnas obstrufliones per alvum aut vesicam non
exonerentur, statim clystere eluantur.
Si quoque humor obstruâionum causa ob tenacitatem vel
frigiditatem efflagitaverit incisionem, assidue ea per id tempus
quo aquae bibuntur procuranda est.
Humores quoque interdum convenienti pharmaco vacuentur,
praesertim per principia, et sub ipsarum aquarum usum, quo
scilicet liberius per venas iam reseratas ferri queant.
Sumantur fere aftu frigidae, recens e viva scaturigine haustae,
quas sic promptius operationem suam exercere asserunt : nihil
tamen impedit easdem propinare calidas, aut cinnamomo aliove
aromate correélas, ventriculis praesertim frigidis, nauseabundis
aut vomiturientibus : qui intérim sic resupinati roborentur
pipere, gingibere condito similibusque. Tepefaftas improbo,
quod omnia tepida aut foris admota aut intus sumpta ventriculi
vires dejiciant.
Bibantur mane ieiuno ventriculo ad odavam e ta prandio (quod
tenue esto) ad quartam horam : atque perpetuo subsequatur
duarum vel trium horarum ieiunium : Imbecilliores si semel
duntaxat per diem hauserint, sat erit.
Corpus a sumptione, quoad fieri potest moveatur, quo copiose
alvus et vesica sese exonèrent; quod vero fit dum potatio est
bene cessura. *
Continuatur vero potatio ad quatuor, quinque vel sex hebdo-
madas, ad exigentiam scilicet morborum.
56
Universa viâus ratio instituatur pro eo quo corpus affligitur
affe£lu. Atque hic repctantur, quae de convalescentium et senum
viflu supra in médium attulimus, ceu omnino hic usui futura.
Memineris tamen cibos concoâu faciles prompte corruptioni
itidem obnoxios esse, ac proinde non convenire biliosis quibus-
dam constitutionibus, quibus tamen aquas hasce acidas cum-
primis salutares esse iam diximus. Sed iam huius prolixitatis
me piget pudetque. In eo candore nostra accipies : quo libenter
etsi admodum tumultuarie communicavimus. Iterum vale.
Brugis ipsis calendis Augusti.
Anno i55o.
Tuus Bruhezius.
^7
LE PEINTRE GRAVEUR
DES PAYS-BAS
AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i)
LAMBERTS
6BRRIT LAMBERTS.
1. Le chantier de radoub.
L. o,i35. H. Ojioi.
T. c. L. 0,120. H. o,o85.
A droite deux petites construdions en planches, auprès
desquelles il y a un bâtiment que Ton radoube et un autre qui
est à la voile.
Signé au coin de gauche dans Teau : G. L.
(1) Suite* Voir les volumes précédents, passim.
58
2. Le pécheur dans la nacelle.
L. 0,190. H. o,i33.
T. c. L. o,i63. H. o,io5.
A gauche des construâions bordant un canal, au fond un
moulin et un pont. En avant des constructions est un pêcheur
dans une nacelle.
Signé sur une construAion : G. L., 1810.
i«' état. — Avant le ciel et diverses ombres.
2« état. — Avec le ciel et des travaux dans les ombres.
■Wi^M^^^^r^
LAMBRICHS
IiAMBBIGHS,
1. La pauvresse.
L. 0,106. H. 0,127.
T. c. L. 0,074. H. 0,106.
Une pauvre femme enveloppée d'une châle et allant vers la
gauche. Au fond, on voit une église ; la campagne est couverte de
neige.
Signé au bas de la droite : JE*. L., 55.
j
59
LAMME
LAMMfi, P. J.
1. La lecture.
L. 0,126. H. 0,178.
Marge en haut 0,017, au bas o,oo3.
Dans une salle gothique, éclairée à droite par une croisée, se
rouve un homqie assis à une table et lisant.
Signé au bas de la droite : P. /. Lamme.
Il a aussi lithographie à la plume un dessin de Rembrandt,
La Cène, appartenant à M. W. Baartz.
2. Le peintre romantique.
L. 0,113. H. o,i65.
Marge du bas, o,025.
Dans un atelier excentrique, on voit un peintre revêtu d*un
costume moyen âge, assis devant son tableau, à ses pieds sont
des morceaux d armures.
Dans la marge du bas il y a quelques griffonnements.
6o
LAMORINIERE
LAMORINIÈRE, François,
1. Forât de Fontainebleau.
L. 0,224. H. 0,162.
Des taillis entre lesquels passent deux vaches et un vacher.
i«f état. — Eau-forte pure, les vaches et le vacher au trait, le
premier plan fort peu fait.
2« état. — Le premier plan retravaillé. L'arbre de gauche est
repris ainsi que le fond.
3« état. — La planche est terminée et poussée plus loin.
Cette planche a été effacée et est fort rare.
1^'*. Reproduotion d'une esquisse peinte.
L. 0,070. H. o,io3.
Z, Vue prise dans la Flandre orientale.
L. 0,120. H. o,o85.
A gauche une ferme, au fond le village, à droite un verger. Le
premier plan à gauche est occupé par de Teau.
i®*" état. — Avant le ciel, le nom et divers travaux dans les
ombres.
2C état. — Avec le ciel et le nom au haut du ciel à gauche :
F. L., 2 (ce chiffre à rebours).
3« état. — Les ombres poussées au noir, les arbres du verger
repris en noir.
6i
3. Les bords de la Meuse, rochers.
L. 0,110. H. 0,080.
Des pointes de roches blanchâtres coupent une terrasse boisée.
ler état. — Avant le nom, d un ton argentin.
2e état. — Avec les reprises dans les ombres, la côte est d un
travail inégal, avant le nom.
3e état. — Avec le nom, la côte est couverte d un travail serré
et uniforme.
Signé en haut de la droite : F. L., 3.
4. Ferme aux environs de Schilde.
L. 0,080. H. ojiOv
On voit la ferme au milieu de la planche, en avant de celle-là
il y a un arbre.
i^r état. — Avant le nom et avant le ciel.
2^ état. — Avec un ciel éclairci au brunissoir et traité à la
pointe sèche.
Signé dans le coin de gauche en haut : F. L., 4.
5. Vue prise aux environs d*Anvers*
L. 0,110, H. 0,080.
Dans une campagne plate bornée par un rideau d'arbres et
quelques construélions, on 'voit un homme qui s avance sur un
chemin.
i^^ état. — Avant le ciel et le nom, le coin de droite en bas est
blanc.
62
2« état. — Avec le nom et le ciel. La planche est terminée.
Signé en haut de la droite : F. L., 5.
6. Lisière de bois (Laroche).
«
L. o,o8o. H. o,iio.
La lisière du bois est au fond, quelques arbres isolés sont
au-devant ; au milieu il y a un chemin.
i^ état. * — Avant le ciel et le nom.
2* état. — Avec le ciel et le nom, au haut à gauche : F, L.,6,
3« état. — Remordu et poussé au noir, le haut des troncs est
tout noirci.
7. Les bords de la Lienne près de Rahier.
L. 0,140. H. 0,090.
Au fond et des deux côtés, des montagnes ; la rivière coule à
droite au pied de la montagne.
i^' état. — Inachevé, le bas au premier plan et le côté droit de
la montagne, au bas, sont blancs.
2« état. — Les parties inachevées, travaillées à la pointe sèche,
sont grisâtres ; avant le nom et le pêcheur.
3« état. — Avec le nom au haut à droite : F. L., 7, et le
pêcheur, mais avant le ciel.
4« état. — Avec le ciel.
8. Llnondation dans les polders.
L. 0,140. H. 0,090.
A rhorizon un village, quelques arbres dans les prairies
inondées.
i
63
i*** état. — Avant le ciel et le nom.
2* état. — Avec le nom en haut à gauche : F. L., 8, et le ciel.
9. Les deux fermes (Flandre orientale).
L. o,ii5. H. o,o8o.
Deux fermes vues par le pignon et Tune à côté de Tautre.
i«r état. — Avant le nom et avant que la planche eût été
nettoyée.
10. Les bords de rÂmblève près de Targnon.
L. o,i3o. H. o,o8o.
A droite, un bouquet d*arbres ; dans le lit de TAmblève, de
grosses pierres ; au fond des collines.
i«' état. — Avant le ciel et la reprise; la planche n'est pas
nettoyée.
2« état. — Avant le ciel et le nom, mais la planche nettoyée
et reprise. Les montagnes du fond blanches.
3« état. — Avec le ciel, le nom et les travaux.
Signé au haut à gauche : F. L., lo.
11. Vne prise en Gampine.
L. o,i5o. H. 0,100.
Un chemin va du milieu du premier plan, vers le fond, où
Ion voit des buissons et deux chaumières.
i*' état. — Avant le ciel et le nom, ainsi que de nombreux
travaux.
04
t
2« état. — Avec le ciel, le nom et les arbres du second plan .
Signé au haut à droite : F. L., 1 1.
3« état. — Avec un homme esquissé légèrement sur le chemin.
12. Anciens glacis d'Anvers.
L. 0,070. H. o,ii5.
Quatre peupliers, un à gauche et trois à droite ; au milieu on
voit une chapelle.
!«' état. - Avant le nom et le ciel.
2* état — Avec le ciel et le nom, au haut à droite \F, L., 12.
13. Sur les hauteurs (Ardennes).
L. 0,110. H. 0,160.
L'horizon est terminé par une barrière, au delà quelques som-
mets d'arbres, en dedans deux arbres et un passant.
Signé au haut à gauche : F, L,
i«r état. — Avant la teinte sur les arbres et sur le terrain.
2« état. — Le ciel est retravaillé, il y a une teinte sur les
arbres et sur le terrain.
3« état. — La teinte est portée sur certaines parties du ciel.
14. Le crépuscule, vue prise à Hastières.
L. o,io5. H. o,i5o.
Un vallon encaissé et ombragé avec un ruisseau au milieu.
1er état. — Avant le nom et le ciel.
2e état* — Avec le nom et le ciel. Au haut à gauche, on lit :
F,L.
65
3e état. — Les arbres qui, dans l'état précédent, se confon-
daient avec le ciel ressortent ici en noir, mais il y a des crevés
dans les troncs.
4« état. — Les troncs sont remordus ; il y a des parties assom-
bries dans les buissons au pied des arbres,
15. Sur les hauteurs près de Dinant.
L. o,22o. H. o,ogo.
Morsure énergique, deux collines en pente douce, au fond
une silhouette d arbres, un ciel rudimentaire.
Signé au haut, à gauche : F, L., i5.
»
16. Le château de Montplaisir (bords de rÂmblève,
clair de lune).
L. 0,220. H. o,i65.
Le château domine une côte couverte d'arbres,
i^r état. — Avant le ciel.
2^ état. — Avec le ciel, avant les travaux sur le cours d eau.
3« état. — Avec les travaux sur le cours d'eau, la planche est
achevée.
17. Vieilles maisons en Ardenne.
L. 0,220. H. 0,090.
Elles occupent le milieu de la planche et sont construites en
planches.
Signé au haut, à droite : /^, L., 17.
ler état. — Avant le ciel.
2^ état. — Avec celui-ci, les travaux du fond renforcés.
Tome xii. . 5
66
18. Ancien ohâteau-ferme près d'Anvers.
L. 0,110. H. o,i65.
A gauche un hangar, au fond le château, au pignon flamand
et à tourelle hexagonale.
i^^ état. — Avant le ciel et le nom.
2« état. — Avec le ciel et le nom ; au haut, à gauche F. L, 18.
3« état. — Avec les ombres renforcées, le toit du hangar est
noirci, sur les bords.
4« état. — Ces défauts sont éclaircis au brumissoir.
19. La chapelle près de Stoumont (Ardennes).
L. 0,220. H. 0,170.
En avant de la lisière d'un bois qui occupe le fond de la
planche, on voit une petite chapelle et quelques troncs isolés.
i^r état. — Avant le ciel,
2« état. — Avec celui-ci. Le coin de droite en bas est blanc
dans ces deux états.
20. Vue prise en Angleterre.
L. 0,200. H. o,i53.
Une femme chargée d*un fagot longe un cours d'eau près de
quatre grands arbres,
i®»" état. — Avant le nom.
2« état. — Avec le nom, au haut, à gauche : F. L. 12. •
67
21. Hokoy, village en Ârdenne.
L. o,i65. H. 0,220.
Au fond un village, à droite un parc, à gauche deux grands
arbres.
i*"" état. — Avant le ciel.
2« état. — Avec le ciel.
22. Vue prise en Angleterre.
L. o,i65. H. 0,1 lo.
23. Vue prise en Angleterre*
L. o,220. H. 0,170,
LAUTENBERGER
LAUTENBERGER, F., de Mayence, est élève de L. Van Kuyck.
1. La chevrette et les deux pigeons.
L. 0,162. H. 0,111.
Une chevrette est couchée tournée vers la droite, au devant
d'un panier sur lequel roucoulent deux pigeons ; dans un plat
posé par terre on voit un rat.
Signé, au bas de la gauche : F. L., et, au bas de la droite :
Juni 64.
68
i«r état. — Eau-forte primitive avec traces de pointe sèche au
front, au cou et à la patte de devant de la chevrette.
2« état. — Quelques lumières enlevées au front, sous l'œil,
à Tépaule, la pointe sèche ébarbée.
3^ état. — La planche terminée, les lumières enlevées sur les
pigeons et sur toute la chèvre.
2. La taupe.
L. o,iio. H. o,i6i.
Une taupe morte, entourée d'inseftes, est suspendue à une
branche d'arbre ; on lit, au bas sur un écriteau, mais à rebours :
Mort aux taupes.
3îgné au bas de la droite, à rebours, dans le fond : F. L., 64.
LAUTERS
LÂUTERS, Paul, est né le 16 juillet 1806, à Bruxelles, il y
est mort en novembre 1876. Il avait été élève de Malaise et a
travaillé comme peîtitre, aqua-foniste et lithographe.
1. Derniers moments du comte d^Egmont dans la maison
dite BrOOd-Huys (d'après Van Rooy).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,118. H. 0,137.
Egmont, assis dans un fauteuil, devant une table supportant
69
un crucifix, est assisté par un prélat ; à gauche, dans le fond,
deux soudards.
Signé, dans le bas de la planche : P. Lauters scup. (sic) i836.
et dans la marge on lit : Van Roojr pinxt, — Lauters sculp, —
École royale de gravure, à Bruxelles.
Salon de i836,par Alvin. p. 38.
2. Dévouement des magistrats et des citoyens d*An?ers
(d'après De Braekeleer).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,175. H. 0,118.
La scène, qui représente un combat acharné, se passe au
milieu d'une place entourée de vieilles maisons et au fond de
laquelle on voit la tour d'Anvers. A gauche les Espagnols, à
droite le groupe des Anversois.
Signé, au bas de la gauche : P. Lauters sculp. i836.
Dans la marge on lit : De Braekeleer pinxt, — Lauters sculp,
— Ecole royale, etc. Page 67 du compte rendu d' Alvin.
3. Un militaire s*arrêtant pour boire devant un cabaret
de village (d'après H. Denobele).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,148. H. 0,121.
Un militaire assis sur un banc, son équipement à ses pieds,
reçoit à boire d une femme ; il y a deux autres personnages : un
paysan assis et un gamin coiffé du shako du militaire.
Signé, au bas delà gauche, dans le terrain : P. Lauters , i836.
Dans la marge il y a : //. Denobele pinxt, — P. Lauters
sculp, — École royale, etc. Salon d'Alvin, p. 92.
70
4. Massacre des magistrats de Louvain (d après H. Leys).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,157. W- o»>*6.
L^eau-forte représente la scène du massacre au pied de 1 esca
lier de l'hôtel de ville.
Signe', dans le bas, vers la droite : P. Lauters, i836.
Dans la marge, on lit : Leyspinxt, — Lauters sculp. — École
royale, etc. Salon d'Alvin, p. 117.
5. Hiver, intérieur de bois (d après L. P. Verwée).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,173. H. 0,126.
Un homme à cheval, suivi de trois chiens, va passer au travers
d'un bois dépouillé de feuillage.
Signé, au bas de la droite, dans Teau : P, Lauters, i836. Ins-
criptions comme sur les précédentes planches P. i35 du Salon
d'Alvin.
6. Halte militaire (daprès Bellangé).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. o,i63. H. 0,125.
Au devant d'une chaumière est arrêté un groupe de cavaliers
montés et démontés qui s'entretiennent avec les paysans et les
. enfants ; à droite, sur le chemin, on voit la tête du convoi.
Signé, au bas de la gauche : P, Lauters sculp,, 1837.
Dans la marge les inscriptions ordinaires. P. 201 du Salon
d'Alvin.
71
7. Une kermesse aux environs d'Anvers
(d'après Eugène Deblock).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. o,i58. H. 0,118.
La scène représente une danse en plein air ; à la porte du caba-
ret deux couples sont surtout remarquables.
Signé, au bas de la gauche dans une mare d*eau : P. Lauters
i836. Salon, p. 248.
8. Convoi de ohevaux de tontes raoes attaqué par des loups,
dans une forêt de Pologne (d'après Eugène Verboeckhoven).
L. 0,175. H. 0,276.
T. c. L. 0,181. H. 0,124.
Au premier plan d'une gorge escarpée, un cheval est tombé
sous les morsures des loups, les autres s'effrayent et se cabrent,
une partie des gardiens fuient.
Signé, au bas de la planche, vers le milieu : P. Lauters
sculp,y 1837.
Dans la marge les incriptions ordinaires. Salon d'Alvin,
p. 379.
9. Paysage (d'après Huysmans).
L. 0,267. H. 0,186.
T. c. L. o,i65. H. 0,116.
Cette eau-forte reproduit le n^ 209 du musée de Bruxelles. Site
très-accidenté ; à droite, un escarpement de rochers et de terrains
sablonneux ; à gauche, un groupe d'arbres dont les cimes touchent
72
au cadre ; dans le fond, un pont avec des navires ; vers la droite,
un groupe de personnages.
Signé, dans le terrain, au bas delà droite : P. L., i835.
10. Nooit te vreden (Jamais en paix).
L. 0,102. H. o,i68.
T. c. L. o,o88. H. o,i38.
Une sentinelle battant la semelle pour se réchauffer, en pleine
campagne. Au fond on voit le restant du cordon.
Signé, au bas de la gauche : P. L. en monogramme, dans la
marge on lit : Noordstar-Noot te Vreden, 1842.
i«r état. — L'eau-forte est grise et a peu mordu, il n'y a sur la
crosse du fusil qu'une taille perpendiculaire, la jambe gauche
n'est pas fortement chargée d'ombre. Les herbes du bas de la
planche sont plus finement étudiées que dans le 2^ état.
2^ état. — Remordu et retravaillé, l'effet est augmenté, mais
la planche est devenue beaucoup plus dure.
Cette planche a paru dans l'année 1842 du Noordstar,
tome !«*".
11. Environs de Bruxelles.
L. o,25o. H. 0,181.
T. c. L. 0,235. H. o,i63.
■
Cette planche gravée pour l'album de la fête artistique du
5 janvier i85o, dont elle forme le n«> i3, représente l'entrée d'une
ancienne ferme, entourée d'arbres et de buissons ; une femme, la
tête chargée d'un paquet d'herbes, se dirige vers cette ferme, sur
la porte de laquelle on lit : C. L. Au haut à gauche, dans le ciel,
il y a le monogramme P, L, traversé par une ancre.
73
12. Primes amours.
L. 0,164. H. 0,240.
T. c. L. o,i35. H. 0,200.
Sous une allée éclairée par le soleil, une jeune fille surprend
un jeune homme en lui couvrant les yeux de ses deux mains.
Signé dans la planche, au bas de la gauche : P. Lauters, et
dans la marge : Paul Lauters del, et sculp, — Primes amours,
— J. BouwenSy imp, Brux,
Cette eau-forte se trouve à la page 58 de la 2^ édition de la
légende d'Ulenspiegel, par Ch. De Coster.
LAVAERTS
LÂVÂERTS, Ad., de Malines.
1. La ohaamière.
L. 0,092. M. 0,128.
■
T. c. L. 0,074. H. 0,096.
Une chaumière assez ruinée, au pied d'un bouquet d'arbres
élancés.
I®' état. — Eau-forte pure, avant le nom et la reprise dans
Tarbre.
2e état. — Avec le nom, au bas de la gauche : Ad, Lavaerts
fecit et deL
74
LAUWERS
LAUWBRS, Frans, Ânversois.
t
1. Mater dolorosa.
(Planche ovale) L. 0,173. H. o,2i5.
Gravé d après le tableau de H. De Caisne.
Voyez dans la Vlaamsche Schooi, p. 85, de 1871
75
ALMANACHS BELGES
Moi aussi, j*ai le faible des almanachs et puisque d'autres,
au grand jour, avouent leurs faiblesses, pourquoi cacher plus
longtemps les miennes? Je possède des almanachs; j'ai même
sur mes rayons une rareté du genre, c'est YAlmanach national
de France de Tan IV. On n'en connaissait que quatre exem-
plaires. La coUedion complète de VAlmanach royal de France
se compose de 176 volumes, et un exemplaire de Tan IV vaut à
lui seul le prix des 175 autres volumes de l'ouvrage, quoique les
colleftionneurs payent couramment 25 francs les premières
années.
Si la possession de ÏAlmanach national de l'an IV ne suffi-
sait pas à me justifier du crime de colle£lionneur d'almanachs, je
rappellerais qu'en Amérique, Abraham Lincoln^ qui était avocat,
avant de devenir président des États-Unis, gagna un jour sa
cause dans un procès capital, sans même plaider, et rien qu'en
exhibant un petit almanach. Un jeune Yankee, accusé d'assas-
sinat, allait être condamné d'après le dire des témoins qui tous
prétendaient l'avoir parfaitement vu accomplir le meurtre à la
faveur d'un beau clair de lune. Les témoins entendus, Lincoln,
pour toute plaidoirie, se contenta de faire passer sous les yeux
des jurés un almanach qui indiquait que, le jour du crime, la
lune s'était levée trois heures après la perpétration de l'assas-
sinat : le client de Lincoln fut absous, grâce à un almanach.
Paix donc aux collectionneurs d'almanachs, et comme suite
76
au savant travail de M. Douret, et sous le même titre qui a
abrité ses recherches, je citerai de
BRUXELLES :
1694. L Incomparable Almanach de Pasquin et
de Marfore pour ratifiée MDCXCIV contenant des
observations astronomiques, historiques, politiques el
morales et des prédirions admirables sur les affaires
du monde, traduites de l'italien : le tout compris dans
des entretiens divertissans, accompagné de ce qui
peut être utile aux habitants de ce pays.
Se vend à Bruxelles, che{ Jean Léonard, libraire-
imprimeur, rue de la Cour, 1694.
« Avis important au leâeur, — On avertit le public que
Y Almanach de Milan, pour cette année, a été contrefait sous le
nom de J. Léonard, nonobstant le privilège que le libraire a de
le pouvoir seul imprimer en ce pays. C'est pourquoi il avertit
un chacun que Talmanach contrefait n*est pas semblable à
celui de son impression; on le pourra reconnaître :
« 10 Par le papier qui n'est pas si grand ni si beau que celui
de rimpression dudit libraire ;
« 2° L'almanach contrefait n'a pas de catalogue de livres au
commencement, ni à la fin un traité de cuisine qu'on trouve dans
la véritable impression ; la fausse étant remplie de bagatelles
tirées d'autres almanachs et des choses qui ont été mises dans
Y Almanach de Milan de Tannée passée 1693. »
\S Incomparable Almanach de Pasquin et de Marfore nous
prouve qu'aux Pays-Bas, avant 1694, il existait un privilège
11
oftroyé à un libraire pour la publication des almanachs ; que
cet almanach officiel et patroné était XAlmanach de Milan,
Quoique XAlmanach royal français date de 1 699, nous possédons
dans notre coUeftion un almanach ou calendrier pour Tan-
née 1694, imprimé à Paris, du même format que 1*^4 /manac A
royal àt 1699, publié par le même éditeur, Laurent d'Houry,
revêtu dun privilège du Roi, en date du 16 mars 1679, et anté-
rieur par conséquent de cinq ans à Y Almanach royal. Nous tenons
ces deux almanachs de 1694, belge et français, comme d'insignes
raretés. UAlmanach de Milan, publié bien antérieurement
à 1693, à Bruxelles, par Jean Léonard, serait-il antérieur à la
publication de Laurent d'Houry qui existait incontestablement
en 1679, d'après la date d'o6lroi du privilège royal? Il serait cer-
tainement intéressant de trancher cette question, et nous laissons
à de plus raffinés que nous le soin de la décider.
1768. Almanach de Milan, pour Vannée bissex-
tile MDCCLXVIII ou le Pescheur fidèle .
Observations.
Delà Création du monde, 5717.
De l'Incarnation, 1768.
De la Corredlion Gregor., 186.
A Bruxelles, chei Jean Léonard, libraire, rue de
la Madeleine montant à la Cour, avec privilège ,
Extrait du Privilège : « La Cour a permis et consenti, permet
et consent par cette que Jean Léonard, à l'exclusion de tous
autres, pourra imprimer ce livre intitulé Almanach de Milan ou
le Pêcheur fidèle, comme il se voit plus amplement es lettres
patentes données à Bruxelles, le 22 mars 1752. »
78-
Le privilège accordé ici, en 1752, ne peut être que le renou-
vellement d'un plus ancien puisque, en 1694, le fameux Aima-
nach de Milan existait déjà en vertu d'un privilège antérieur.
Mais le Jean Léonard de 1768 est-il le même que le Jean
Léonard de 1694? Dans ce cas, le bonhomme serait presque un
centenaire. En tout cas, si les deux ne font pas un, ils sont pro-
bablement père et fils. Les vieux registres de corporations
pourraient seuls nous le dire.
1790. Le Chansonnier patriotique des Pays-Bas,
contenant un choix des meilleurs morceaux qui ont
paru depuis 1787 a 178g.
Aux dépens du patriotisme , 1 790.
Hymnes à Vander Noot , au baron Vander Haegen , à
Vander Mersch. — Comme gravure, la Caricature de larmèe
de la Lune.
Pas de nom d'imprimeur.
1790. Étrennes Belgiques, pour tan ijgo, avec tes
Étrennes de 1788 et le Poisson d* Avril de 1789. 1 790.
Pas de nom d'imprimeur.
1791 . Almanach de Milan, pour Vannée de N. S.
J. C. M.DCC.XCI ou le Pêcheur fidèle .
A Bruxelles, et se vend à Lille, che{ Léonard
Danel, imprimeur-libraire, sur la Grand'place.
Avec permission.
Les douze mois de Tannée sont gratifiés chacun d un dessin
suf bois, signé : P. Lesueur. Le type de ces gravures est de
79
beaucoup antérieur à Tannée 1791 ; elles semblent faites au com-
mencement du XVI II« siècle, et si elles étaient Tœuvre de
P. Lesueur, graveur sur bois, à Rouen, elles seraient dignes
d'être recherchées par les amateurs de gravures. Rouen, à cette
époque, exportait beaucoup de papiers peints pour le brochage
et la reliure, et il ne serait pas impossible que les éditeurs
bruxellois de cette époque aient commandé à Rouen les bois
de leurs illustrations. En tout cas, ces gravures, à cause du sujet,
ne sauraient trouver place dans les collerions des Anglais.
1791. Almanach des Trépassés, pour Tanné 1791,
contenant des chansons nouvelles sur de vieilles
choses et des pièces fugitives sur les affaires du temps
passé ; enrichi d'estampes en taille-douce relatives à
des circonstances très-rudes. Pour servir de Mémento
aux Belges.
A Andoy, au quartier général, et se vend à V armée
des croisés che{ tous les imprimeurs du Congrès,
Cet almanach est attribué à E. J. Dinne.
1793. Universelen Almanak der stad Brussel
Eerste Jaer 1793. Tôt Brussel, by A.J. D.de Braec-
kenier Drukker en Boek-Verkooper op de Visschers-
Zenne.
Almanach curieux, parce que son existence n aura pas été de
bien longue durée. Nous y voyons que les portes de la ville
s'ouvraient à 6 heures en hiver et à 3 heures en été, pour se
fermer à 5 heures et à 9 heures.
8o
1798. Vingt'troisième recueil d'arriettes des Opé-
ras et autres chansons connues pour la présente année.
A ThèbeSy chei les enfans d'Amphton, Calendrier
pour Tan VII de la République française.
A Bruxelles, che{ Ad. Stapleaux, imprimeur-
libraire, rue du Capitole, ci-devant rue de la Mag-
delaine, n^ 407 .
Cest le calendrier républicain avec ses 6 jours complémen-
taires. Et dire que nous avions tous oublié que la rue de la
Madeleine s'était appelée rue du Capitole !
1800. Almanach de poche pour la présente année
mêlé d'ariettes contenant les tables pour la monnaie
décimale en livres tournois, en argent courant de
Brabant et en argent de change de Brabant ainsi que
celles pour la conversion de l'argent de Brabant en
celui de France et de celui de France en celui de
Brabant.
A Bruxelles, che^G. Huyghe, imprimeur-libraire.
Marché aux fromages.
Cette grande utilité a dû se débiter assez bien : on y trouve,
outre tous les tarifs cités plus haut, Tannuaire pour les fêtes
nationales de Tan VIII; un double almanach mentionnant la
concordance des jours républicains avec les jours sous leur
ancienne dénomination et de plus un calendrier grégorien avec
les noms des saints proscrits : quant au format, il est mignon à
mettre dans la poche du gilet ; ce format long et étroit d'une
forme monastique à faire rager les républicains.
8i
1802. Étrenne Mignonne de Liège, pour Van X,
à Liège, che{I. A. Latour, Imprimeur-Libraire, sur
lepont d'Isle.
Ce petit volume contient la liste de tous les fonâionnaires
de l'époque, et parmi eux, beaucoup de noms connus, dont les
descendants existent encore. On peut dire de ce livre que c'eàt
un petit indiscret.
i8o6» Gerieflyke Nieuw-Jaers Gif te ofte Aima-
nach poor f Jaer ons heere MDCCCVI.
Tweede Jaer van t' fransch Keyzerryk.
TAntwerpen by H. P, Vander Hey op den hoek
van de Schrynjverkerstraet .
1811. Le Télégraphe lyrique ou choix des plus
jolies chansons. Almanach pour Tan 181 1, contenant
un calendirier ayant plusieurs Saints pour chaque
jour de l'année d'après le martyrologe romain et
autres choses curieuses et utiles. Bruxelles, L. Pou-
blon, Grand'place, n^ 840.
1814. Le Cadeau du Jour de Van. Recueil choisi
d'ariettes et romances. Calendrier pour l'an de
grâce 1814. Se vend à Paris, che^ les marchands de
nouveautés ; à Bruxelles, che^ la V^ Lemaire, libraire.
Malgré l'adresse de Paris, c'est un ouvrage bruxellois.
1824. Almanach National pour Vannée 1824,
Tome xn. 6
82
4* année, à Bruxelles, che{ J. B. Dupon, impri-
meur-libraire près du poids de la Ville.
On nous demandera maintenant pourquoi nous n'avons pas
cité le Calendrier de la Cour. C'est que cet almanach à lui tout
seul vaut un chapitre, et que nous craignons de prendre, dans
le Bibliophile, l'espace réservé à des travaux plus sérieux. Nous
réserverons donc pour plus tard YAlmanach de la Cour, V Al-
manach royal de 1842 de Belgique, YAlmanach de Gotha,
ï Almanach royal de France, et toute la série des grands alma-
nachs historiques depuis Louis XIII.
C'est beaucoup et c'est peut-être trop d'almanachs.
Bon DE ViNCK D'ORP.
SUR LE
CERCLE ARTISTIQUE ET LITTÉRAIRE
DE BRUXELLES
Le souvenir de Torigine du Cercle est bien près de se perdre ;
M. Louis Hymans, page i6o de ses Types et silhouettes, le fait
naître dans les salons de Bériot. La vérité est que sa première
installation, qui date du mois de janvier 1844, eut lieu au café
des Boulevards, place des Nations, sur le territoire de Saint-
Josse-ten-Noode, d'abord dans les deux salons latéraux du rez-
de-chaussée du café, puis dans les grands salons du premier
étage.
Les sociétaires eurent l'avantage d'entendre de bonne musique,
faite sous la direâion de Ch. de Bériot, président du Cercle,
succédant en cette qualité à Eug. Simonis, le sculpteur.
Les littérateurs organisèrent des séances de le£lure et de
déclamation; il suffira de mentionner une le£lure faite par le vieux
Raoul, Fauteur de la Traduâion en vers français des trois
satiriques latins.
Les amateurs de journaux eurent à leur disposition le Journal
des Débats, V Illustration, Y Indépendance belge, la Revue des
Deux-Mondes, la Galette musicale belge.
Les peintres, les dessinateurs, les graveurs faisaient bande à
part ; il y avait parmi eux des loustics croquant le portrait, la
84
charge de quelques-uns des membres. Ainsi fut faite la charge
d'Altmeyer, dans laquelle on crut trouver de la ressemblance
avec Voltaire.
Edouard Smits posa à son tour. Ceux qui ont connu mon
honorable prédécesseur pour la statistique générale, au ministère
de rintérieur, se rappelleront sa face caraflérisée par ce di£lon
populaire : « Le bourgogne rougit la trogne. » Uartiiste, dessi-
nant au crayon noir comme d'habitude, retourna son porte-
crayon et fit le nez en rouge. L'œuvre étant exhibée, elle fut
accueillie par une bruyante hilarité; le héros de la plaisanterie
ne fut pas le dernier à en rire. Le vrai portrait de Smits, peintre
lui même, se trouve en tête de ses Œuvres poétiques, Bruxelles,
1847, ^ ^ol* îï^"8°-
Deux ans après sa fondation, le Cercle artistique et littéraire,
dans lequel la Société polyharmonique s'était déjà fusionnée, au
mois d'o£lobre 1844, alla s'établir dans l'hôtel de Bériot, où un
Français, M. Lemercier, ouvrit, le 14 avril 1846, un cours de
physiologie humaine et comparée à l'usage des gens du monde,
fait à l'aide des modèles artificiels du douleur Auzoux. Il y eut
des séances du jour pour les dames, et du soir pour les hommes.
Ces démonstrations d'anatomie plastique excitèrent un vif
intérêt dans les deux auditoires.
L'un des membres fondateurs du Cercle artistique et littéraire,
je cessai d'en faire partie lorsqu'il entra en ville, aux Galeries
Saint-Hubert. Jusque-là la société composant le cercle était
moins mêlée qu'elle ne l'est aujourd'hui ; on ne jouait pas aux
cartes. Bref, lelément intelleéluel y dominait davantage. C'est là
que je conçus l'idée de ma Noblesse artiste et lettrée, ouvrage
dont M. Auguste Scheler, bibliothécaire du Roi, a rendu compte,
en 1864, dans le Bulletin du Bibliophile belge.
Xavier Heuschling.
CONTRIBUTION
A LA
BIBLIOGRAPHIE MOLIERESQUE
J*ai fait hommage à la Bibliothèque royale, il y a quelque
temps, d*un livret assez insignifiant dont voici le titre :
L'Avare de Molière où, comme étant absolument
nécessaire pour faciliter la prononciation du fran-
cois, I les e e/ h muets^ les consonnes qui ne se pro-
noncent pas, sont en caradère italique; II, etc., & un
discours sur la prononciation françoise, par M. L .
B., avocat au parlement de Paris & professeur de
langues modernes à l'académie de Heath, dans la
province d'York. — Paris, Leclercq, 1752.
«
C'est un bouquin dans toute l'acception du mot, mais il
emprunte un intérêt de curiosité à cette particularité que Tau*
teur, à qui il a appartenu, a écrit sur les gardes la note résignée
qui suit :
« Ce petit ouvrage fini, je comptois le faire imprimer à York sous mes
yeux. L'imprimeur me parla en ami, et me dit qu'il lui falloit faire faire une
fonte de caractères qui ne lui serviroient peut-être jamais, et que cela me
coûteroit beaucoup, me conseillant de l'envoyer à Paris. Je suivis son avis.
On m'a fait payer cinq louis d'or pour corriger la presse : l'ayant reçu de
Paris, j'y trouvay tant de fautes d'impression que j'avois grande envie de le
86
jetter au feu ; mais comme il m'a voit coûté beaucoup d'argent pour Timpres-
sion, le papier, la correâion de la presse, les droits payez, la voiture, outre
mon travail, j'ai pris le parti de faire un errata qui est presque aussi long que
louvrage. Il y en a eu une autre édition qui a été bientôt vendue; il ne me
reste que 4 ou 5 exemplaires de la première édition. »
La dédicace à Madame (Anne Kepel), fille du comte d*Albe-
marie, ambassadeur d'Angleterre en France, est signée De
BOISSY.
M. P. Lacroix (Bibliographie moliéresque, n^ i38) cite ce
livre et l'attribue à Laus DE BoiSSY. Quérard et Barbier le
prêtent de leur côté à LE Bret, mais ce dernier n'a jamais été
avocat au Parlement ni professeur en Angleterre ; et quant à
Tautre, il y a une petite difficulté : c'est que la première édition
du livre en question est de 175 1 et que Laus de Boissy n'était
né que quatre ans auparavant, en 1747. Il est superflu de mettre
le leâeur en garde contre la tentation de confondre LAUS de
Boissy avec Louis DE BoiSSY. On fait appel à tous les Molié-
ristes pour résoudre cette énigme.
J. P.
ANALECTES TYPOGRAPHIQUES
Nous livrons aux analystes de la bibliographie un fragment de
fac-similé d*une ordonnance monétaire datée du 26 août 1499,
provenant d'un atelier de Louvain ou d'Anvers, selon toute
apparence : la pièce, petit in-folio, est imprimé d'un seul côté,
sur deux colonnes. Nous n'avons pu en identifier le caraftère
tout à fait typique avec aucun de ceux de Holtrop : le style par-
ticulier des capitales, le type (régulier) allongé et étroit des
minuscules ne se rencontrent dans aucun des calques si fidèles
de l'habile bibliographe hollandais. Si quelque chercheur plus
subtil que nous a l'heur de reconnaître l'imprimeur de ce
document et la ville où il exerçait son art, nous serons enchantés
d'accueillir sa communication. Le fragment reproduit ici est
Vincipit et la moitié de la première colonncdu placard. Le papier
ne porte aucune marque.
Le Hambourgeois Henning Conradinus ou Cunradinus, né
à Hambourg en 1 538, mort le 8 oftobre 1 590, corefteur du
Johanneum depuis 1575 jusqu'en 1584, et vicaire de la cathé-
drale de Hambourg, poëte couronné par l'empereur Rodolphe,
a laissé un recueil de poésies latines intitulé : Henningii
CUNRADINI Hamburgensis P. L. Caes. Poemata, Antea nun-
quam in lucetn édita (avec cette épigraphe : Horat. art. Poè't.
omne tulit punélum, qui, etc.) Rostochii, Litteris Reusnerianis,
88
anno 1607, în-80, 16 ff., n. chiffr. et 349 pp. ; on lit aux pages
179, 254 et 264-265, les pièces suivantes, inconnues, sans cloute,
en Belgique, où je ne pense pas que le livre existe :
ADVENTUS DUCIS
ALBANI IN Belgicum (i568).
HesperIIs VeLoX ALbanVs CVrrIt ab VnDIs
QVI DVCIbVs BeLgIs sVstVLIt ense CapVt.
De vendit» ECCLESIIS
IN Belgico.
Non satis est Latii fîirias aequare tyranni.
Et premere innocuos viq3 doloq5 viros.
Quin sacra jam vulgo prostant venalia Christi.
Est levis errantes prodere ludus oves.
Heu pudor, heu pietas, verbi vis luce recepta,
Omnia in antiquum degenerare chaos !
De CAROLO V, ROMANORUM
IMPERATORE.
Caesareum fulvo jun6lum diademate scepi.
Cum cessit fato, Carole dive, tibi,
Addita tune fuerat nîveis Viâoria pennis,
Ut cornes hsec san6him clauderet aima latus.
Submisere tibi pulchrum mox lilia florem,
CaptaqS te leni Caesare Roma fuit
Non fatis Europae, non Africa viâa ; nec ultra
Jam tellus Asiae, Turcaq^ pulsus erat :
Quin ea quœ nobis obvertit America plantas.
Et fortunatis littora fluminibus :
Cannibalesq3 truces agnoscunt jura potentis
Caesaris, et dominae mitia sceptra manus.
Quatuor imperij tanti bis lustra fuerunt,
Quae utsenij tempora grata ..ui.
Tune sceptnim fratri dédit, imperiiqS coronam,
Optans sic placidum mortis obire diem.
Feu F.-L. Hoffmann.
AIGAR ET MAURIN
FRAGMENTS
DUNE CHANSON DE GESTE PROVENÇALE INCONNUE
PRÉFACE-
Lorsque, l'an dernier, j'insérai dans ce recueil le fragment
épique intitulé le Roi Gormond, dont la Bibliothèque royale de
Bruxelles venait d'acquérir le manuscrit original et qui, bien
que publié dès i835, par M. de Reifienberg, appelait une nou-
velle révision, je ne me doutais pas que l'occasion me serait
sitôt offerte de gratifier les explorateurs de l'ancienne littérature
française d'une nouvelle trouvaille tout aussi digne de solliciter
leur intérêt et leur sagacité. Elle m'a semblé trop précieuse
pour que je la leur livrasse autrement que sous sa forme
authentique, à peu près toute brute, sans coup de lime ni
retouche.
C'est aux hommes experts en la matière, aux provençalistes
de profession, qu'incombera la tâche de la travailler et de la
reproduire, monde et pure, sur le marché littéraire, ainsi que
celle d'élucider les diverses questions scientiâques qu'elle sou-
ToMB «11. 7
90
lève. Peu versé dans le maniement des textes en langue d'oc et
péne'tré du sentiment de mon insuffisance, surtout en présence
d'un manuscrit qui ne brille ni parTexaftitude dans la reproduc-
tion, ni par la pureté des formes grammaticales, j'ai cru devoir
m'efifacer devant les maîtres et me borner au rôle d'un simple
fournisseur de matière première. Je ne prétends qu'à un seul
mérite : celui d'avoir consacré bon nombre de mes heures de
loisir à une transcription rigoureusement exafte.
C'est à la bienveillante attention de M. Ferd. Vanderhaeghen
de Gand, dont la réputation comme bibliothécaire et comme
bibliographe n'est surpassée que par l'affeaion cordiale qu'il
inspire à ses amis, c'est à son goût distingué pour les choses de
l'art et de la science, que je dois d'être mis en état de présenter
aux romanistes une pièce de valeur.
Quand, il y a quelques mois, ce zélé et fécond travailleur
m'adressa, pour mon esbattement, les deux vastes feuillets de
vélin dont il avait soigneusement dégarni les ais d'une vieille
reliure de son dépôt, je ne me promettais d'abord que le modeste
plaisir d'y découvrir quelque fragment plus ou moins intéressant
de l'une ou l'autre des compositions poétiques françaises, mises
en circulation dans le cours du moyen âge. Mais dès les pre-
miers regards scrutateurs jetés sur les parchemins, je vis sans
peine que je n'avais pas affaire à un texte de langue d'oil, mais à
l'œuvre d'un troubadour ; de plus, que cette œuvre appartenait,
non pas au genre lyrique, abondamment représenté dans la
littérature du Midi, mais à un genre que nous ne connaissons
de près que par trois ou quatre spécimens au plus, celui des
romans épiques.
Le fait que je me trouvais en face d'un manuscrit provençal,
langue à laquelle je n'avais voué jusqu'ici qu'une étude acces-
soire, me fit un instant reculer devant la besogne de déchiffrer
91
les quatorze cents vers qui s'alignaient en vingt-quatre colonnes
sous mes yeux ; mais je m'encourageai bientôt à la pensée que
l'honneur d'avoir enrichi le répertoire épique des Provençaux
d'une pièce inconnue, valait bien un sacrifice de temps et de
labeur. En me mettant à l'œuvre, je comptais sur les hommes
spéciaux qui compléteraient mon travail de simple transcripteur,
en soumettant à leur critique exercée le texte que je leur aurais
offert et en examinant les divers côtés par lesquels il me semble
propre à éveiller leur curiosité.
Le poème dont mon fragment est extrait, est-il réellement
inconnu ? Existe-t-il quelque part, en entier ou en partie, en
français ou en provençal ? Ou, du moins, en connaît-on quelque
mention, quelque allusion ?
Faiblement préparé pour ce genre d'études, je m'impose toute
réserve sur ces points et j'attends patiemment le jugement des
savants. Ge qui, provisoîreriient, entretient mon illusion — si
illusion il y a — d'avoir publié du nouveau, c'est que tous les
auteurs à ma portée que j'ai consultés à ce sujet, sans négliger
les poèmes didaftiques de Guiraut de Cabreira et de Guiraut de
Calenson, ne contiennent aucune indication qui puisse m'en-
gager à y renoncer.
Le sujet traité dans les quarante-cinq tirades dont se compo-
sent les deux fragments que je publie, se rapporte aux démêlés
d'un roi anglais Aigar (Edgar) et de son fils avec un groupe de
barons français, parmi lesquels un vieux comte Maurin joue le
principal rôle ; démêlés suscités, paraît-il, par le refus du roi de
faire droit aux prétentions de Falque, son parent par alliance.
Les noms de personnes et de lieux abondent, mais ils ne m'of-
frent aucun secours pour fixer le terrain où se cféroule Taftion,
voire même le cycle auquel le poème doit être rattaché.
Le texte provençal est fortement entremêlé de formes fran-
92
çaises, mais l'exainen attentif des rimes, généralement correftes,
ne permet pas de douter qu elles ne soient imputables à Tincurie
du copiste et que le poème n'ait été composé en provençal.
Aune exception près (vers 1293) (1), on peut aisément redresser
toutes les licences du copiste français, sans vicier ni la mesure,
ni la grammaire. C'est encore au scribe qu'il faut attribuer
certains vices de grammaire (comme los pour las), ainsi que
certaines particularités d'orthographe (telles que olbret, vers 522 ;
redoltent, vers 709 ; sorbre pour sobre, vers 753, etc.).
Je pense bien aussi que sa négligence a tout autant que mon
ignorance contribué à multiplier les passages dont l'intelligence
m'a échappé et où la divination m'a fait défaut. Je le soupçonne
d'avoir passé sur des vers entiers, aussi bien qu'il s'est permis de
supprimer des syllabes et des mots.
.L'écriture est, en ce qui concerne nos feuillets, d'un caraftère
net et régulier, mais l'encre y a des teintes variées, et plusieurs
colonnes sont écrites en lettres moins serrées et plus fortes que
les autres. Le fac-similé qui accompagne ces pages permettra
aux connaisseurs d'apprécier l'époque du manuscrit, qu'ils ne
placeront guère, je pense, en deçà du premier tiers duxive siècle.
Les initiales des tirades sont fleuronnées et coloriées alternati-
vement en rouge, bleu et vert.
Grâce au soin avec lequel le décollement a été opéré, mes
feuillets n'offrent de véritables difficultés à la lefture que pour
un petit nombre d'endroits, plus ou moins entamés par l'effet
(1) Le texte port^omme premier hémistiche non aveit femme; impossible
de corriger par avie qui fausserait la mesure ; il faut donc admettre ici, bien
que le fait soit isolé en ce qui concerne mes fragments, un no élidé et écrire
n'avie femme.
93
de la colle et que remploi de la loupe a été insuffisant à faire
déchiffrer complètement.
Les deux feuilles de parchemin qui font Tobjet de ce travail,
recouvraient Tintérieur des deux ais d'un volume in-folio,
intitulé : Hier. Grati Bonon. Responsorum Liber primus a
D. Andréa ab Exea recognitus. Lugduni, 1 544, fol. (Bibl. de
Gand, Jurispr., n® loSy). Déployées, elles forment deux carrés
longs, mesurant en largeur (correspondant à la hauteur de la
reliure) 40 centimètres, et en hauteur (largeur de la reliure)
28 V« à 29 centimètres. Chaque face de largeur présente cinq
colonnes de vers intadles et la moitié ou un tiers d'une
sixième; c'est cette mutilation d'un des côtés de chacune des
feuilles qui a causé l'état tronqué des vers de nos colonnes 3,
4, 9 et 10.
En superposant l'un sur l'autre les deux carrés et en les pliant
par le milieu et dans leur pli primitif, je fus heureux de décou-
vrir qu'ils formaient quatre feuillets d'un même cahier, et que
plies in-40, ils donnaient deux fois une suite ininterrompue de
quatre pages à trois colonnes, soit de douze colonnes. L'étendue
de la lacune existante entre les quatre premières et les quatre
dernières pages dépend du nombre de feuillets dont se compo-
sait le cahier et du rang qu'occupaient les nôtres dans le cahier.
Elle ne peut, toutefois, dépasser le montant de huit de nos pages,
soit environ 1,440 vers.
J'ai, à raison de cette lacune, divisé notre texte en deux par-
ties, comprenant : l'une, les colonnes 1-12 (vers 1-725); l'autre,
les colonnes 13-24 (vers 726-1442).
Cependant, une difficulté se présentait. Suivant la manière de
plier les deux feuilles superposées en dedans ou en dehors.
Tordre de succession à donner aux deux parties devenait diffé-
rent. Le texte devait décider sur ce point ; mais malheureusement,
94
il n'était pas aisé de démêler les rapports d*antériorité ou de
postériorité des faits relatés dans les deux parties, et je n'ai pu
lever mes doutes à ce sujet qu'après avoir fait une méprise.
D'après une vague impression, j'avais attribué la priorité à notre
deuxième partie et je préparais mon travail pour l'impression dans
cet ordre, quand je m'aperçus qu'Alerant le Baiver, mort au
cours de ce que je prenais pour la première partie, reparaissait
dans la seconde. Cette circonstance me fixa et détermina
l'ordre respe£lif sous lequel je présente les deux divisions de mon
texte.
J'ai promis une transcription authentique, sans aucune
retouche ; j'entends par là une reprodudlion non pas paléogra-
phique, mais rigoureusement exadle. Cette exadlitude ne devait
pas m'interdire la résolution des signes abréviatifs, qui n'offrent
rien de particulier, ni l'emploi de l'apostrophe, du tréma et de la
cédille, ni la ponctuation — tout ledleur sait que les erreurs
commises de ce chef sont à charge de l'éditeur et n'altèrent pas
la vérité du texte, — mais elle m'imposait une scrupuleuse con-
servation des formes, quelque vicieuses ou suspeftes qu'elles
fussent (i).
Les sic, largement prodigués, ont pour but de me prémunir
contre le reproche d'étourderie ou d'ignorance ; les italiques, de
distinguer les lettres, mots ou groupes de mots dont je ne
garantis pas la bonne leélure ; les points marquent les passages
illisibles. Les quelques mots entre crochets se trahissent d'eux-
mêmes comme des bouche-trous de mon cru.
(i) Je me suis quelquefois écarté de cette règle, surtout en ce qui touche la
division des mots, mais j'ai eu soin de Tindiquer en note. J'ai peut-être eu tort
d'avoir conservé les i =7 et les « = v.
95
Attendant moi-même, pour l'intelligence d'un bon nombre de
passages, la lumière de la science d'autrui, on comprendra que
je renonce à toute tentative de commentaire; aussi mes notes
n ont-elles d autre visée que de faciliter la tâche aux philologues
qui se sentiront disposés à soumettre les fragments à une étude
approfondie. C est dans cette intention aussi que j'ai composé
la table des lieux et des personnes, ainsi que celle des rimes.
A. SCHELER.
Bruxelles, juillet 1877.
96
PREMIERE PARTIE.
(Col. i) Ke d un ellais en ac dos abatus.
Point Fortunet e uenc los sais menus.
Van s'en ferir li iouenes el canus,
Per los blîzons passent lo fers agus,
5 E peills osbers se sentent as cors nus,
Fraignent les (sic) astes, mais non es uns mogus.
Maurins s'en passe e claime els confondus,
Ke cel sol es en sele remasus :
« Ai, reis Aigars, uoelz (sic) com es erobus,
10 « Oi nep, oi fils o catent fest cregus,
(( E non sai dont, kanc plais non fo sobus,
« Mais molt er pros quant sera recongus,
« Tos tos afars te ietera a lus. »
Lo socors broce el caples es tengus.
II
i5 Fors es li caples que tenent li baron.
Draugue de Saure poig al socors Folcon.
4. Lo p. los, cp. 722, 736.
6. Non, équivaut à no en (n'en); je n'ai pas plus ici que dans de nom-
breux passages, marqué ce non complexe par un signe diacritique. Il en est
de même des autres formes enclitiques.
8. Ms. soles (en un mot).
10. Catent; 390 et 732, catenc; 863, captenc.
i3. Ms. alus (en un mot).
i3. Jeter a lus, mettre au clair, faire venir à fin.
Df oalrœarif oanof ar iDf gfpubliffrr t
Drn jfjEui-D.if!) U(in aufluOio intiacr/ffii»
3nDfn icrffrn rgout
i^ioin ffuurro
jFiiiii- fitiiirra
jffuin* Quurra
jfjFiUi' riKurra
un-nufgror-jni'ïî
iiMinfr(raf-jfui&'
jFjrjHjiiMiiiticrd
rjFjfiii jftuufre
ii)'nnr0ulDrui|ff
ui'3-niifiinlDfii
11.1 iiDiirii.iiit
ffm thiIKTO
iiiniifijf jfuiti'fl.
11.1 iiDiiniaut
lil'lhiitrro
rruilhiiifrci
oiriTor tBi
^gulom oitra
Drn pl)û9 QuiDrn
Dm .iDDnro gulor
DmouIDruiiDir
Dm 0ulDm irru
Oru)tit;rImudrrl;iIt
cra orotm r|7.îri
Dr l)«ilur
Dr oif rriiDf rlm
Dr fruitlimo
om ulmirrlKii itoUrI
Dmtimnmaiiobrl
Dr ^i)l(ir m UinniDrrlr
OriioDclmmrrorm
Dr i^aliir ni UinniDrrlr
DraiiQrlottcii
driyattir
DniriMOi^giiloruinDr
97
i
El fils del rei faic son tor per canp bon,
K'Aimont apele amie e conpagnon,
De Mirasuaus, lo fil al comte Aimon,
20 Un soldader de cel autre reion :
« Se uassaus es e fres, conquer ton don. »
Cel uenc broçant entrels rens a bandon,
Enmi la presse uait iostar a bandon,
Fer le en Tescut, u a d aur un lion,
25 K'enmei lo pis tôt lo fer li repon.
Kant Taste fraig, non renlarrere (sic) en l'arçon.
E lo coms Draugue ferit si lui el son
«
Ke plane s'aste Tabatet el sablon;
Prent lo cauau balçan de Quarrion
3o E lo donet son fraire en guiardon ;
Aitant la force p.. ms el gonfanon.
E li reiau poignent ab esporon,
E mainent los deser el prat Franon,
O lor sont bones los barres el buisson
35 E li arcer el seruent el poon
Ke tengut n'anc (sic) cen cauaus qui son bon.
Mil cauaillers essire borel ponzon,
K'il lor dara, s'el uen a raençon,
Mil liures d'aur, n'i aura mans (sic) mangon,
17. Faic, sic ; les c et les t sont bien distincts dans le ms. — Canp bon, sic
aussi 296; p. cambon (dérivé usuel de camp)? Cp. Gormond, 292 ckampon,
et 274 par is [t] campon.
23. Bandon, répété du v. préc, est sans doute un lapsus p. Folcon.
26. Renlarrere est une forme corrompue, d'ailleurs trop longue d'une
syllabe ; non farrere ? d'un verbe areirar, faire reculer, rejeter?
28. Le scribe avait mis d'abord en l'arçon p. el sablon ; il corrige en repas-
sant sur les traits primitifs.
34. Le masc. los près de substantifs féminins se présente plusieurs fois«
cp. '86 ; v. 77 los anstes, 83 los uignes, etc.
36. Un ami propose de corriger : Ke rengat uant con.
37. £stre (hormis) Borel Pon:çon f II pourrait bien y avoir après ce vers
une lacune.
98
40 El fils del rei del tornar s es somon,
Renias s'en uai a tote sa prison.
III
IVlauris s'en uai el prat ioste el navei,
E cil s'en uant tuit reniât e estrei.
Ce dis Sicars : « Maurin, créés en mei ;
45 « Hui a trente ans que auges autal lei
« Ke ia tosés ans de uos non folei ;
« Molt o fet mal uils bon d'aital agrei.
« Perte auas (sic) fête e non sabes per kei :
« Ki fet bataille c on a force non uei,
5o « Desconfis es per raison e per drei. »
É li réial caualcent a esplei.
Desos Peride al moste[r] sant Elei,
Es herberias la nuit el fils del rei,
L'abes Guillelme lor doneit lo conrei ;
35 Ni trais osberc ni desçant (sic) son baldi'e[i]
Tros al matin que lo iors lor parei
Kel mes .... mil .... galei,
E ab un gonfanon frei
Sos es roide passare lo rabei.
60 Cil lo persiguent e cadus , . . . co crei,
(Col. 2) Li coms Maurins lor renge lo tornei,
Er i poc far cel qui er non i fei.
49. Le sens réclame on sa force.
52. Ms. moste santé lei.
54. Guillelme, abrégé par Guill (Il étant barré du haut).
55. Descantp. desceint.
59. Sos es roide, sic ; faudrait- il lire Sos Esroide?
62. La faute J70C p. pot revient souvent.
99
IV
Lo rabei passent e mesclent los torneis.
E poc i far cel qui ben es après,
65 K'a Maurin ioig lo coms Tiebaus de Blés,
E ab Bertran Berengers li Daneis,
E ab Draugon Manigos d'Espaneis,
E ab Folcon Rainers de Looneis ;
Entre rens poins qui d'armes es certes ;
70 Ben i estant e Normant et Frances.
Enmi la presse, lai o sont plus espes,
Joins a Sicar Milaues lo Galeis ;
Tant grans se donent per los escus d'Orles
Ke tôt se trauquent los ausbers tioncs.
75 Lui el cauau a tôt Sicar ius mes,
Ben li estere sel cauau non caies.
Fraignent los anstes e ronpont li aurfres
E auit dire per conte, que ueirs es,
Ans que socors partis nis remanes,
80 N'i ac cagus per ueir.lx.e treis,
Tal mil cauaus i ant caniat e près,
K un sols non torne a lestable dont es.
Lo torneis mescle sos los uignes Austent.
Lo coms Maurins lai cadele sa gent,
85 E li arcer e borzeis e seruent
Tenont los barres els fossas ausiment
64. Ben = be en.
77. Ms. aur/res, de même io3o.
78. Auit, sic p. aui.
79. Socors paraît fautif p. Vestors.
lOO
£1 fils del rei fai un enuaiement ;
Per lo boscau intret laïns peignent
E uait ferir Bertran qui lo deffent.
90 L'escut li trauque e losberc li content,
E Faste fraig, per quel el non descent.
Bertrans fer lui el bon cauau mouent,
Per mei le cap que tôt lo fer i fent,
Kel gonfanons deuant lo (sic) iels li pent,
95 Aiço l'essorbe per quei s'en torne lent.
Cil feit son tôr e is d'entr'eus corent,
E a s'espade abat Milon d'Aiglent,
E prent per fran lo ros liar d'Agent.
El coms Maurins lo uenc aconsegent ;
100 El bon destrer lo refer maintenent,
Tros al boscau Ten menet enpaignent
E met lo ios al derrer passament.
Puis a Fortun s en gabe e s'en content :
» Estort uos ai d'aiqueste soradent,
io5 (( Se li legves tener un an uertent,
« Ne uos ni eu n'i aurem garriment. »
E Fortunés, com la rason entent,
Escot lo cap e de corre s'estent.
El fils del rei, quant a terre se sent
87. Plus loin (264) envaiment.
90. Content est clairement écrit ; mais ne faut-il pas concent {= conscindit) ?
ou coissentf Cp. le composé desconcendre dans Gormond, yi : la blanche
broine desconcendre (car c'est bien ainsi qu*il £aut lire, et je suis heureux d'avoir
l'occasion de réparer la bévue que j'ai commise en voulant réparer celle de
M. de Rei£Fenberg). Raynouard signale plusieurs exemples d'escoissendre
= ital. scoscenderCy mais il néglige coissendre, bien qu'il se présente dans
le roman de Jaufre (Lex. Rom. I, 1 146, y.3) : E sos bli:(auts es coissendut:^,
95. Ms. les sorbe,
101. Ms, en paignant.
104. Pour soradent, voy. le Glossaire de la chanson de la Croisade des
Albigeois (éd. Meyer) sous sobredens.
io5. Le V dans legves (licuisset) est mis en surcharge. C'est, outre celui de
uip (825), le seul v que je trouve dans mon ms.
101
I lo Mohtel el ros, per tant ac cor dolent.
De son socors non pot cobrar nient,
Meis iame a terre incols d'aige pendent,
Kel trais la sele el frain el garniment,
Non la uol perdre por mil liure d'argent.
1 1 5 Gel torne al renc e dis as seus rient :
« Perdut i ai mais auque m*esteut gent
Lo
O
Ben debent estre
120 Entresaignat sont tuit e conoissant {sic),
(Col. 3) E las do. . . Etfaitsos. .
A las 140 E ac de los.
Laissent. . . Mil cauaus.
Cascun. ... Renias se. .
125 Non es Mors e na.
VI
VII
Q
uant. . . .
Aiqui. . . .
E los enso. . .
Ab los. . . .
i3o E tantca. . .
Dont so. . . .
E de uois. . .
Tant ca. . . .
Cil eseisce. . .
i35 Ben gaaig. . .
.XV. eau. . . .
Nonsen. . . .
Mais non sa. .
Lo fil de. . .
145 El coms. . . .
Al canp. . . .
Noi ac gar. . . .
Que seut no. . .
U frain u. . . .
i5o Arbercg. . . .
E Maurins. . . .
Totloga. . . .
La de nul. . . .
Mais los a. . . .
i55 Tàu cent. . . .
Tos li sord. . . .
112. Incols, quid? faut-il Wteju (p. jus = jos) cols? Col (colline) se pré-
sente 483.
102
Edesarmen VIII
Enmi
Trais acons. . . . 170 v^edis M. . . .
160 EdonFolcon. . . . Noil sen. . . .
EdonDrau Nostre cauaus. . .
Maurin. ... E nostre engin . . .
D'aikest. . . Ai, dis Mau. . . .
Eu uos en. . . . lyS Parens al no. . . .
i65 Oeuoel. . . . Cui lo mo
Persegem. . . . Kaus sorbre. . . .
Kar ben sa Si non li . . .
Ce dis Sicar .... Ce dis Mau. . . .
Kar non a 180 Trôs does pi. . . .
La col, 4 (vv. 181-240^ constituant le verso de la col. 3 et
comme celle-ci mutilée sur le côté dans toute sa longueur, ne
laisse plus voir que les lettres finales de ces vers. Ces finales
indiquent des tirades en us et en ent. Celle en us continue la
tirade VIII et celle en ent (IX) se poursuit à la col, 5
IX (suite),
(Col. 5) Jb fet son ban criar iradement
Corn vl\ remaigne de .xv. ans tros a cent,
Neïs li monge non retiegne seruent,
Ke trei cent mile sont a pié conbatent,
245 E cauailler uint miller ausiment ;
El trap reiau sor la riuere estent,
Tote Tautre os enuîron lui porprent.
Quant dui message uingrent al rei corent,
Ki de son fil li disent son talent,
25o Lo uasselage e son contenement,
Tal iauc n'a reis que tôt en troble el sent ;
243. Il faudrait retiegnent.
25 1. JjMc(joie) ; dejoi 853 et dejau 1045 (avec plaisir, ardeur).
io3
Is contre lui en un mul d'Aguilent.
Tal mil de Tost lai uant ab lui peignent,
Ke tuit sont d'els cobeitos e dolent,
255 Car lor partirs de lor torniament,
Los astes fraites, li escut d*aur puigent (pingent ?^,
El blanc osberc e li elme luisent,
Frait e fendut per grans cops maintenent,
Et il nafrat e falsat e sanglent,
260 E lor cauaus uant per lo canp murent.
E non muert uns c'on aiqui non li rent ;^
Tal mil de Tost n ant près auillament, :
Tros a tier die, ce sap mon essient.
En perparant tant fort enuaïment
265 K en plorerant maire e fil e parent.
El reis acol son fil aliegrament,
Beiset los iés e la boce en rient.
Ab sa maisnade libre el bore a prezent ,
Ke li cauau non couinunt al uent.
270 Al trap reiau lo paire el fils descent ;
Lo reis lo fai desarmar sei ueient :
« M oit as bel cors e escabit e gent,
« E t es ben près del premer ardiment,
« Ane tant pros hom non fo de ton iouent ! »
275 Aitant Bos intre e Bernar de Clarvent.
X
Ijos e Bernar s intrent, li compaignon :
« Dex uos saut, reis, e tos ceaus d'environ,
« Vostre parêns Falc uos met a rason,
« Cui uos fesés couent d'ista reion,
280 « Auent. ij. comtes qu'aici en queste ost son,
« Mais el disent toi (sic) lo mal e lo bon.
a Un fil aués, e non sap dont se fon,
« Cui autrias uostre terre a bandon ;
104
« SU Ten consent tant longe teneison
285 « E puis li quier, ben Taura per bricon ;
u Mais fai Ten drei, o uos diias que non,
« Que s'en aurés desfiance esomon. »
Lo reis consire iras ans que mot son,
Mais SOS fils parle a guise de fric on.
290 (( Enquer non uei son couent, non son don,
« Tant com lo reis calcera esporon,
« Ni eu ni el n'i aurem ia mason,
« Mais el me serye e port mon gonfanon,
« El reis el creisse aisi com son baron,
.295 « Ke s el li bause a guise de félon,
« E eu rencontre en plan ni en canp bon,
« Tôt lo reiame métrai a deuison,
« En nostres lances portarem Tespison
« Com tôt lun lais, o tôt Tenport per son ;
3oo « la non n'er lais d escut ni de baston,
(Col. 6) « Ni puis sa mort non auram contenchon.
XI
— « Oeigner », dis Bos, « nos en uolem tornar
« A don Falcon qui uos {sic) fais raisonar ;
« Respondés nos aitant con cuidés far,
3o5 « K'a uostre fil non saben ren parlar,
(( Ni messagers non deu en cort causar ;
« Mais poisses er tornas oltre la mar,
« Pos er don Falc uos hom e uostre bar ;
« E sel volés fais couens autreiar,
3 10 « Non n'i a plus mais sanor abaissar
« E ac (sic) tos iors seruir e aiudar,
289. Ms./ricon,
294. Ms. aisi.
307. Poisses, forme frgjicïaét de poichas, poissas; ici conjonction, après que.
io5
« Kar son ranc ten e sos plais afiar,
« Kant uos uoldrez enuers lui adreçar,
« Non pot per home faillir ne guerriar,
3i5 « Mais sel uolés per cestui abaissar,
« Tant quen cuidas de sos plais engaflar,
a Sel fos rix hom, pogre sei oblidar,
« Mais paubres es, ce dis, al rei causar,
« Nos lassera las uius deseritar. »
320 — « Bos », dis lo reis, « pos mais non uels estar
<( Kalques noueles deis de la cort portar. »
Trait son gant destre e fait son fil leuar :
« Eu dons ma terre, seguentre mon finar
(( E lo seruice, que non ti aus uedar,
325 « E non retenc citât per coronar,
« Ni tor, ni sale, ni donion, ni caslar,
a Ni abaie que eu aie a gardar,
« Ni duc, ni comte, ni uiscomte, ni par,
(c Ke tos nos face lo saigrement iurar
33o (( E as prebos, que non puisse bausar. »
Cel près lo don e baiset lo soUar.
« Seigner », dis Bos, « nos uedem lo donar,
Kar aiquis plais non fai gins a celar,
a Taus mil n'a ci tos a gris e a uar,
335 (( Ki tuit entendent de Falcon mal menar ;
« Nos en irem e sadrem li contar,
tt Ke non uolés bien estance mandar,
a Ni plait d'amor, ni per dreit enseignar,
(( Ni pars ni fils qui son couent ant par,
340 « Dis hui enant uos pos en lui fidar,
« Irem nos em, e Damlisdex (sic) uos gar ! »
A Fuis del trat (sic) uant el cauau montar.
319. On peut aussi lire uuis; je présume qu*il faut tos vins.
329. Nos p. nols,
336. Le sens veut sabrem.
338. Bien estance, p. benestansa.
339. Ant par fautif p. ampar.
342. Trat p. trap, aussi 714.
Tome xii. 8
io6
XII
Vant s'en andui per un[sl cemins ferras.
Desos Peride en la ribere els pras
345 Trobent Falcon com es contramontas,
E don Maurin e Sicart sont delas.
« Bos », dis don Faic, « ios noues me diias,
d E sans mentir, si com es la uertas. »
— « Per ma fei, segnre, non er ia mos canias ;
35o « Lo paire els fils uimes ensens iostas,
a E ob grant ost e ob homes assas,
« Ben aesmas a .xx. mile d'armas,
E d'altre gent a tant lo reis mandas
« Ke per sanblance es feire o grans marchas.
355 « Nos fezem clam, mais pauc nos fo preizas,
a Lo uostres dreis lai fo ben rasonas,
« Lo meu ueiant fui reiames donas,
a K'anc non remas ni casteaus ne (sic) citas,
« Ni abaïe, ni tors, ni fermetas ;
36o « De tôt ensems en fo sos fils casas.
(Col. 7) « Gel près lo don, e uos fus manechas
« K'al premer loc u serés encontras
a Ke uos ni el ia des i^ls non ueias,
« Tos lo reiames uos ère abandonas,
365 « A uostres lances er lo dreis essegas,
« U tôt Taures, u tôt laura en pas. »
E Falc respont : « Dex en sie laudas,
« Eu non sui dont del tôt deseritas,
« En aventure sui del anor tornas ;
35o. Ms. ui mes, — 363. Vos veias ?
365. Essegas ; je prends ce mot p. lat. exaequatus, au sens de Tall. ausge-
glichen. Nous retrouverons le verbe essegar, avec une acception analogue,
au V. 733. Le correspondant français serait essiver (cp. dessiver, Enfances
Ogier, 7257, notes).
1
I
I
i
j
107
370 « Se Dex me salue ma vie e mon solas
« E mon ardit e mos mans e mos bras,
« Enquer n'ara tôt mon dreît, se Deu plas,
« E aiquel plait qui m'en er destinas. »
Point le cauau, qui uait tost e uias ;
375 Quatre arpens s'es de la terre eslaissas
E fu allègres com ère fu iras.
XIII
Talc tras sa resne sos l'ombre d'un albar,
Sicart apele per cossel demandar,
E Sicars broce lo destrer balçan uar,
38o Ço es Lirons qu'aués auit nomar,
Ki fu noris en forés sans baillar.
Dont lo .iii. breque lo annarent enblar,
E Salapans li fes la {sic) brac nodar.
Al rei de Nubie l'enmane per conprar,
385 Des mile de bezans l'en fet dar,
A la reigine l'enuiet per annar ;
Maurins l'annet per proece acatar.
En isle Fade, quant i uenc arberiar,
Det li la dosne, quel tenie molt car,
390 Per son catenc e per s'onor cobrar,
E el Sicart, qui nel uolt puis basar (sfc),
Kar lo uit grant e bon per caualiar.
E Bertrans poins Abstruget lo nauar.
Tant bons cauaus non auit hom nomar,
372. Le sens appelle n'araL
378. Les mots cossel demandar sont transposés dans le ms.
383. Cette histoire du cheval de Sicart ne m'est pas claire du tout ; cependant
je ne fais pas erreur, je pense, en prenant Salapans pour un personnage.
384. Vers trop long ; lisez rei Nubie ou plutôt rei de Nube.
385. Vers trop court.
391. Basar ^ns doute p. lasar, laissar.
'
io8
395 E lo coms Draugue lo fal roin de Bar,
Neguns de corre mot non Fause sonar ;
El pros Renelmes lo brun Eliazar,
Corteis cauaus e de corre e d anblar ;
E Ascelins Cobeitos lo liar,
400 Folque de Saure Talferant d'oltremar,
Kel coms Maurins lai gaiegnet, li bar,
Kant a Rodans fu al tornei mesclar,
Lo Maur de Tir en auint desraucar
En terre sece qu'anc pas non poc leuar;
405 Folcon donet quant non li pot uedar,
Kel seus fo mors a Peride al intrar
De .XXX. lances maintenant sans lançar.
El coms Maurins fes Fortun eslaissar.
Ane non fo beste qui au lui pos annar,
410 Aitaus peruis es greus a ajostar,
Quant le perdra, Maurins de mort se gar.
Ere sont set per lo conseil donar.
« Segner », dis Falc, « eu uoel a uos palar (sic) y
« La deffiance a fet araisonar,
415 « E dei ben mai ma guerre comenchar. »
Folque respont : « Annem los encalchar,
« En las herberies per terme d'abeurar,
« E nos siem cent a Tespreonar (sic),
« E uos a mil annas uos enbuissar,
420 « .Kels fils del rei es leus a traginar. »
(Col. 8) — « Cenbeaus de nuis es malz a encalcar, »
Ce dis Maurins, « laissem aiço estar,
Kel reis set ben sos os entregaitar ;
tt E lo matin, quant uira lo ior clar,
425 « Fera per Tost tos sos graisles sonar,
« En uostres terres interra herbreiar,
I
395. Rofn, mot curieux; serait-il apparenté au néerl. ruin, cheval hongre
(notez toutefois que celui-ci est monosyllabique) ; ou y a-t-il un lapsus du
scribe p. rocin f
109
« E a Peride uenra per torneiar.
« Annem nos em (sic) garnir e adobar,
« Los elms brunir e los osbers breiar,
43o « Toschar las lances e los astes dreçar,
« E los cauaus ab aure conredar,
« K'al premer ial lor toldrem lo maniar ;
« Eu ai uegut reial rote aiostar,
« Ki uenc cantant e puis plore al tornar. »
435 Ce dis Si«ars : « Mils lo poriam far ;
« Ki a celât nos sabrie guidar,
« Si poriem ollre celé ost passar,
<( Lai non ac home qui puisse armes portar,
« Kel reis ac tôt ab sei quant pot menar ;
440 « Gent nos estere un càstel laironar,
« A las maisnade Falcon pogues estar,
« Enmi lor terre per Tonor gueroiar. »
— « Eu sai », dis Falc, « o podem faidiar ;
« Al (sic) castelans non cuit que ren s*i gar,
445 (c E es mos dreis, s'en i podie intrar,
« Kel reis donet ma maire a mariar,
« Pos li bauset, que nol li uol laissar. »
Ce dis Sicars : « Annem los essaiar,
« E el remaignent per la terre gardar ;
45o « Fazem la coce e siem andui par,
a Ke mal deit traire pros hom per gaiegnar. »
— a Segner », dis Falc, « non fai mais a tarzar. »
Aiquest consseil ant fremat per celar.
43i. Aure (avre) = havre (d'où haveron), = ail. haber? L'accent s'oppose
à rétymologie avéna.
432. Jal = gal^ coq, chant du coq? Cp. 460 : quant fu iaus canSj et 1 igS,
al premer tau cantar.
438. 39 Ac p. at; sic passim.
442. La forme gueroiar {oi p. ei) est conforme au ms., de même 474, 475,
et ailleurs. Aux vers 314 et 735, nous trouvons guerriar.
110
XIV
Lo consaus part quant solaus fu colchans.
455 El coms Maurins uai erberiar abans,
Draugues e Folques e Sicars Talemans
E lor conpaigne, qui sont bones e grans,
Mil e set cens ab elms reflambeians ;
E Bos los guide per los uals des Karrans,
460 Al port d'Aissent las aut quant fu iaus cans,
Aikes passet lo ponteners Joans ,
Del port d'Aissen d'aiqui en tros al Lans
E doe ligues de dreis cemins errans ;
Lo Fars lo clau, une aiguë perillans,
465 Tôt en rodont corne solaus uirans,
E entre dois est lo uaus de Brians.
E li anfrun e los aces trenchans,
Ki per bataille la debent costumans
E ab es lances com es leuas li bans,
470 Segues uias non er entraus durans
Mil cauaillers a ben laïns intrans,
Ki ant maisnades e moillers e enfans,
Cauaus e armes e saluages talans,
Ke lo plus uils es fers e guerroians.
475 Li dui castel ant guerroiat cent ans ,
Per la costume ki es de neufsans {sic) ;
Cadune naus lor deit .iij. cens bezans.
455. Ms. aucà, mais Xa initial est sous-pointé.
461. Le premier mot est écrit par aiks flanqué d'un crochet.
463. Le ms. a bien e (c'est-à-dire le signe habituel de la conjonction et) ;
le sens réclame a.
466. Dois, mauvaise orthographe p. Dos,
467-470. Ces quatre vers sont aussi faciles à la lecture qu'impénétrables
pour le sens. Le v. 467, s'il ne représente pas deux ou trois vers du ms.
original, doit peut-être être corrigé a lor aces,
476. Lisez de neuf cens ans»
III
Deman er fins ans lo soleil leuans,
K'a Falcon er iustise e aclinans,
480 Rix n'ert li segnre qui aura a comans
(Col. 9) L'anor al rei pogra . . .
A Peride n'er Maur ...
De sobrel col les descend . . .
Ke çai uendront ....
485 E lo reis n'er e iras e p[esansj
Tos li er iauc uers ....
Er en en (sic) ert guerre e . . .
XV
Uait s'en Sicars e . . . .
E Bos los guide per . . .
490 Al Lans los ac en la . . .
Aiqui s'enbuissent el uer . .
Lo castel uirent qu'anc
Aut siet en rauque la ... .
E ios al peu la sale el p ....
495 Los canbres uoltes els . . . »
E la capele el bore de sa . . .
E tos es claus sans pon ....
Jos el uermel ac maior ....
De uauassor qui sont . . .
5oo Ab grant solers claus d . . .
Mais en ost sont tuit per
E bas lonc Taigue el tor . .
Ben .iiii. mile a
L aiguë del Far los cl ... .
5o5 La mars i uenc .iii
Ki fait son tor del la
Per kei li orne sont tuit ....
Et al seigner uei molt
Lo iors esclaire permi le . .
5 10 Sicars demande Boso [n] . . .
112
Signer, dis Bos, non ....
Ke chàins sont mei ....
Mostre s'enseigne e en . . . .
Quant la uerrés sus en ... .
5i5 Intrar pores per los ....
La'ins uai Falcs e hor
E SOS la cape cascuns ....
L'osberc e Telme e res[cut] . . .
Venc a la porte si que re . . . .
5 20 Soau apele, le porter ....
E el quant aut son uer ....
Olbret la porte sans
E Bos quant intre permi ....
Manace el gendre que ....
525 Vers lau e porte ....
Son conpaignon ap . . . .
Ki la posterne olbr
E Bos s en monte sus . . .
Gete la lance e . . . .
53o E Sicars intre ....
Tuit sont en terre per
E tui (sic) li home ....
Père ni lance
Ne nus Tautre non a . . .
535 Mais prender
E Bos lor uai per ....
Annas Falcon
E uos seigner nan . .
E sabés tuit quel reis ....
540 De uostre aueir ni per ....
Le verso de col. 9, notre col. 10, ne laisse plus voir que les
522. Ce / parasite de olbret Couvrit), que nous avons déjà remarqué dans
dois (466), se représente dans olbrade (ouvrée), 641 ; redoltent, 709 ; redoltans,
996.
ii3
fins de vers; nous les donnons ici rangés sur deux colonnes.
(COL.io) . .entent
. .me rendent
. .esfendent
. .uaïment
545 . .esgarent
. .ensement
XVI
570
575
. .alques aiostas
. .li es donas 58o
i .nus seignoras
55o . . .seus guerrias
. .sontensanbleenpas
. .s mandas
. .si afinas 585
. .ment d'amistas
555 . . .cars menbras
. .s coronas
. .ar los feltas
. . los cauals corsas 590
. .rei uias
56o . . .rs es canias
. .lor iretas
. .si lor plas
. .ns er casas 595
. .erem assas
565 . . .es amas
. .laus fil leuas
. .sant German es pras
. .nbels trias 600
. .e d'armas
(Col. 1 1). Aut o lo reis, anc non fo tant iras
. .barnas « rei »
(mot de renvoi),
. .garde es montas
. .rnei aficas
. .repairas
. .re e fossas
. .fors ietas
. d*ardised*essaia$
. .coce aduras
. .entresegnas
. .demandas
. .que laias
. .trobas
. .ndre adalmas
. .taigne nas
. .neis es mesclas
. .en e en pas
. .desraucas
. .engolas
. .entaillas
. .ssages intras
. .e abrieuas
. .ab unes las
. .e contas
. .mos celas
. .s uos es enblas
. .caualias
. .ors esdairas
. .tor puias
. .iètas
. .e forças
. .desiretas.
114
Mandet son fil quis per ces desramas ;
E cel lo fai, qui gent es ensegnas.
Assas i laisse des mors e des nafras,
6o5 Des cauaillers a des cauals selas
Ab grans saietes e a dars enpenas.
Ki ac perdut, s'ac perdut ses iuras ;
Ke al rei es tos ses afars canias.
Ans que sse {sic) sie une ligue eslonias,
6 10 A Maurin comte es messages passas,
Ki dis l'afar coment essie (sic) annas,
Sin es Maurins ab los seus alegras,
Kel reis saura ans que sie arbreias.
XVII
U ait s'ent lo reis parmi unes calçades (sic),
6i 5 Per els harbers tome la os irade,
E SOS fils mane Farrer garde reniade.
Mil cauaillers de conpaigne triade.
Trestot lo ior a s'ost contre gaitade,
Desci al seir que Ior fail la iornade.
620 El gaut en est larreregarde intrade ;
Maurins lo sec con uit Taure baissade,
A escarit a .v. cens de maisnade
Kel sap cauzis de fort conpaigne ausade,
Tos de Peride e d'Eisse sa contrade,
625 Ki sont a Fost a mige nuit passade.
Lai fes Maurins lo coms une bofade,
K*en Fost al rei es intras a celade.
614. Lisez une calçade; je m'aperçois d'ailleurs que Vs du substantif est
sous-pointé.
618. Ms. contre gaitade,
620. Escarir, choisir, trier; a escarit, d'élite. Cp. 1182; voy. Diez, I, 871
(sous schiera) et le Gloss de la Croisade des Albigeois (éd. Meyer).
ii5
.V. sont au lui de conpaigne priuade :
Folque e Renelmes e Pons de Pierelade,
63o E Alerans lo Baiuers d'isle Fade,
Ki uai ob els une ensegne enlachade.
Lo trap reiau conuc a Tesclair^tde
Ke li carboncle fan entor per la prade.
Li mil Ingles ant l'autre nuit ueillade,
635 Cui fu al seir la gaite comandade ;
Endurmi sont per prat a la rosade
E ac cascuns s'ace las lui pausade.
Quant Maurins uit Teskergaite colcade.
Al leit del rei ac sa lance lançade,
640 Lo cobretor trencet e la felçade,
Ki fo de porpre e de samit olbrade,
El prat las lui n*a mes une braçade.
Kant uit lo reis lonf (sic) sei Taste passade,
Guide per ueir que sa mors seit parlade ;
645 Tos nus cobret son escut e s'espade.
Lo (sic) camberlenc saillent a la mesclade ;
Folque el feri Oelin de Belnade,
El tos Renelmes Molet de Ual Penade
E Pons Begon d'oltre la mar salade,
65o E Alerans ac s'e[n]seigne baissade,
El pes (sic) Beraut ac sa lance fremade,
Mort lo crabente arre en la coirade.
Des camberlens ant la cambre librade,
Katre en ant mors, frans de bone linade.
655 E ob aitant es lor gens adunade ;
El cap de l'ost fant lor esporonade,
Metenît lo foc a la lune colcade
E fant lor graisles sonar a la menade,
Come si fus grans bataille iurade.
640. Felçade = ftessade, couverture, voy. Rayn., III, 325.
652. A rre ; lisez arrer ?
658. Menaie, = maisnade.
ii6
660 Maurins s en is e ac sa gent iostade ;
(Col. 12). Corteisement Ta la nuit cadelade,
E sans mazans con coie a laironade,
Abans que Tos se sie ramenbrade.
Lo fils del rei ac sa broigne endossade,
665 Son elm laçât e s'enseigne fermade,
Una conpaigne en es ab lui cobrade ;
Dreit uers Peride encalcent per Testrade ;
Aiquele terre ac Maurins obliade,
Ke uers lo Lans a sa resne uirade ;
670 Al port d'Eissent er a Taube esclairade.
XVIII
Lo fils del rei encalce per fadie,
Mais as seus lu e tornas e gaudie
E sans coniat coms lo rei non desfie«
E sunt .iii. cent tuit en une parie ;
675 Cent n'i remainent, qui cuident far bauzie,
A don Ponçon, uiscomte de Tubie,
Ki ac al Lans tor e sale e lestie
E par las rues par tôt erbergerie,
E ni ac home de lui casas non sie.
680 Cel los retenc e sa moillers negie,
E donet lor son aueir sans faillie,
Destrers lor done e palefreis d'U[n]grie,
Aur e argent e altre manantie ;
Trestote Fos es par els esbaldie.
662. Ma^atty bruit, tumulte.
663. Ms. sen seigne ; de même 707.
672. Je soupçonne qu'il y a entre tornas e et gaudie une liaison fortuite
amenée par quelque omission de vers.
673. Coms n*est pas certain ; on peut aussi lire coins.
Çi'j'j, Lestie^ mot curieux, sans doute p. lesdie, dér. de les4a = leuda ;
voy. Rayn., IV, 61 et Diez, II, 358. — 679. Non n'i ac home?
117
685 El coms Maurins uers por[t]d'Eissent embrie,
L'autre conpaigne encontre e [n] mi sa uie,
Non n'i ac un que non bais e non rie,
A obs Falcon los ferme e los plaidie ;
Bertran apele qui Fescac lor deuie
690 Kel trais la nuit de Tost ab Tesclarzie ;
Aisin la raube lor a Bertrans partie.
Grant aueir done e promet e afie,
Fai los iurar sorbre sant leremie,
En dreit Falcon tostans mas seignorie,
695 E ab son oes se de lui de faillie.
Lo Far lor passe lo ponteners Garsie,
Dessos lo Lans en la prade florie
Sont aiostat ab altre conpaignie.
Tote la gens es encontre els issie,
700 Eis li enfrun qui sont plan de felnie,
En sont uint mile dont la (sic) uals es garnie.
El coms d'aueir e d'annor les conuie,
Assas ac Falsc (sic) a cui face fulie
De cauaillers, e sans mot de mentie,
705 Ben sont .iii. mile de fort conpaigne ardlè,
E cascuns d'els ac sa broigne uestie.
Son elm laçât e s'enseigne fremie ;
Tant par se fient en lor cauaillerie
K'il ne redoltent c'on rien los desconfie ;
710 Proc uirant Tost en tros qu'à merques die {sic),
XIX
Al ben {sic) matin, quant Talbe pert el tron,
Lo reis fai motes e sont ben de saison ;
690. Trais (de même, i23i), au v. 377, tras,
701. Il faut sans doute B^ii sont p. Ensont, cp. 705.
707» Fremie est-il un participe féminin ou un présent indicatif. Dans les
eux cas, il m'embarrasse ; fremie serait-il = baulie t
"^^^^ Proc, p. prop ou prof.
ii8
Cent graisie cornent per tote Tost en son
E sont cueillit li trat el pauillon,
715 Auent la messe de Tabat Nevelon,
E puis apele Galeron e Saiison,
L*uns es sos cas e drus de la mason,
E l'autre fils a conestable Odon.
« Per lo reiame poignes ab esporon,
720 « Mon rere ban fant cridar abandon. . . .
DEUXIEME PARTIE.
XX {suite),
(Col. 1 3) « Ane tant grans plais non fu tant leus a far,
« Mais lo maiors deuem premers menar,
« A sa niebode lo fazem essegar,
« Con son parent non desiretar.
730 « Com eu uenie per lo péril de mar,
« En isle Fade me fest Deec arribar.
« Lai li fezie mon catenc âfiar
a E baillet m'en un son dru bacelar,
« Ces Alerans qu'aués auit nomar,
735 « Ab taus uint mile per l'anor guerfiar;
« Tos lo sorderes sab ben torneis mesclar ;
« Tant com mos cor pora armes portar,
a Non aurai reis ribere ni cachar,
714. Trat, cp. 342.
728. C'est plutôt mebode qu'on lit; toutefois niebode est plus probable
(cp. V. 797), bien que la bonne forme provençale soit neboda. Ce n'est pas la
seule fois que mon texte se permet la diphthongaisoh de e,
729. Vers incomplet ; je suppose qu'il faut intercaler deu après non.
732. Ms. afiar,
736. Sorderes est fautif p. sorders, cp., 917, li sorder: le mot est, je pense,
== solder (mercenaire).
119
« Tros el reiame li face deuisar
740 « E par mi loc partir e meitiar,
« Comte per comte e duc per duc lassar,
« E saigrement contre o autre iurar,
« Citât per altre e castel per son par,
« E Falcon face sos couens autriar,
745 « Ki pos sa mort lo ueiem coronar
« E pos Bernart Viane ad acuitar
a Ke son linage lo uimes achatar.
« E de meus plais non ac mais a tarzar,
« Redem mon feu qu'eu li achatar,
750 « Sel m'a penac (sic) et m'a fet trabellar,
« A mos feus creistre e ab aueir donar
« Me pot ben l'ire tote del cor getar,
a E s'aiço non, trôs qu'ai sorbredurar
« Auem la guerre c'uns non pot desmesclar ;
755 « Pos serem mort entre mei e Aigar,
« Vos e Bertrans en pores pro trobar. »
Lo fils del rei s'en enquet a irar.
Mais non o poc a sa guise menar.
« Per Deu, Maurin, ben l'ai auït contar,
760 « Que uostre orguels non poc om deportar,
« Orgueil en guerre et orgueil en gabar,
« En tota ren uos fai orguels sorbrar ;
(( la eu non muire tros eu (sic) face abaissar,
« Si ferai eu, si Dex o mi lais far. »
740. La préposition per est d'habitude donnée en abrégé (la queue du p
étant barrée) ; rarement elle est écrite en plein soit par per (741, per comte,
y^Sf per altre), soit par /?jr (comme ici, 019, 972). — Raynouuard a meitadar^
mais non pas meitiar. — 742. Contre autre ?
745. Ki est bien dans le ms.
749. Vers trop court ; il manque un mot (voil ?) dans le second hémistiche.
753. Ms. sai co, — Notez sorbre p. sobre; p. 762, sorbrar; i025, corbre-
tures, etc.
757. Enquet (cp. 793, 1194), de enquar (lat. inchoare), commencer;
voy. Diez, II, 286.
120
XXI
765 Lo fils del rei parlet com aïros :
(( Per Deu, Maurin, ben es gaillars et pros,
(( Saibes de guerre e d'afar trabillos,
(( E uers lo rei fel e contralios ;
« Vostres fiances ne (sic) li ualent un tros,
770 « Non li tengés saigrement ni somos ;
« Si uos per force li fais d'un roine dos,
tt Ben es de lui segner e cabaillos.
« Kar non uos menbre de n*Alaric lo ros
Ki ère coms rix e mirauillos
775 « E fu pendus, kar fu trop orguillos,
« E fes el rei quant en fu poderos.
« Vos es de guerre e d*ardit coboitos,
tt De caualcar fers et uolenteros,
« Mais ans un an uos en uira si blos,
780 « K'en remandrant ist assaut perillos,
« E a Peride serés tant encombros,
(( K*eu tenrai siège e serés escos,
(i Tros a marcé uos liberrés a nos,
(( K'eu sui tozés e uos es plus dios,
785 « E serés mais pesans e nouillos. »
(Col. 14) — « Dex », dis Maurins, « com parle ben kis tos,
« Cauailler fort (sic), se d'auol lin non fos ! »
Aitant Sicars n'aduis per Taigue ios
771. Roine, forme francisée de reine ou re^e (royaume) ; cp., v. 777,
coboitos p. cobeitos.
782. Complétez le vers en lisant e vos serés escos. — Le participe escos
(de escodre) doit signifier ici, non pas comme le plus souvent (cp. v. 1422),
secouru, repris à Tennemi, mais soit expulsé, soit dépouillé (voy. ma note.
Trouvères belges, p. 345, à propos de garbe scose).
785. Nouillos = nuallosiyoy, Rayn. IV, 844, et Diez, II, 387); ici flasque,
mou.
787. Fort, lisez /or^, comme 1091. — Se p. si est exceptionnel.
121
Los près qu*el solue en uint bateaus coitos.
790 Cel los en maine e uai s'ent pesanços,
El e Maurins non partent amoros.
XXII
Lo fil del rei es tornas a son paire,
L'orgueil Maurin o enquet a retraire :
a Per ma fei, segnre, Maurins es bobenchaire,
795 a De uostre anor uos cuide tôt fors traire,
« E del reiame uol dos parties faire,
« Kel deuisaz ab la fille ton fraire,
« E Falque er reis e non targeret gaire,
« E de Viane coms Bernars Tordubaire ;
800 a A tota gent Tauem cridar e braire :
« Ki rei desfai, que ben es enperaire.
« A uostres comtes es taus espauentaire,
« Corne senglars entre lebrers a l'aire,
(( Kel plus ardis ab lui non s'auze traire,
8o5 « Tant sans los prent con lonbars son conpaire ;
tt E uos meens es tant Falc guerroiare (sic)
« K*anc non tolgues ni castel ni repaire,
« Ans uos toit el lo Lans et Bel Veiaire
a El port d'Eissent el castel de sant Caire;
810 « E a Peride serai puis osteiaire,
a Ke de bataille non mi er contrestaire;
« Mandas grant ost e sias lars donaire,
« E eu serai guerries (sic) e caualiaire,
fc Fazem li blance, si li auen (sic) fet uaire,
8i5 tt K'al cap de Fan non sie taus gabaire. »
799. Ordubaire est un lapsus du scribe p. adubaire, arbitre (voy. Rayn
sous adobador).
806. Meensf lisez meeus, forme variée de meteis, meteus, même.
Tome vi* ^
122
XXIII
Q'
'uant aut lo reis la solte de uertat,
Molt n*a lo cor pesanços e irat,
Mais non er ia conogut ni parlât,
K*el non uol perdre de sos comtes lo grat.
820 (( Per ma fei, fils, ben aués plaidiat
« Quant per lor près sont li nostre librat.
« Eu e Maurin auem molt guerroiat,
« Ane parlement non ui mais aiostat,
« Dis mile homes del mils de mon régnât
825 « Erent tuit uiv quant d*aiço fu mesclat,
« Ki puis sont mort, e li altre sont nat,
« Des que Maurins a auques lo pecat.
« Mais si Deu plas, per uos serant ueniat. »
Fait demar lo prior e Tabat,
83o E il repairent, que hui ant repairat;
Cascuns caualie un cras mur soiomat,
E cascuns porte un girfalcon mudat ;
Un palefrei ant de grudes cariât ;
Gent sont uestit e sont ben conredat,
835 Bliaus de paile, cemise de cendat.
Cakes ben fêtes, dont son estreit calçat.
Un mantel gris ac cascuns afublat,
Denant lo rei sont ius iambe-atterrat.
Se dis lo reis : a Tos uos es auaniat,
840 a Kanc k*auias quesut ni demandât,
Ke per Maurin serés quit (sic) clamât ;
824. Mile est p. mila ; cela excuse l'irrégularité de la césure.
827. Le sens réclame De que.
829. Le sens et la mesure appellent demandar p. demar, — Le prieur don
il s'agit doit être Brun (voy; 891), et Tabbé, son frère Beraut (859).
839. Je tiens avanjat pour fautif; avantat f
841. Lisez quîte.
123
(( Ici uos soil, sans engin recelât,
« De quanc qu'avés ne pleuit ne iurat. »
Trais de sa borse ,i. besant reondat ;
845 Rent li per solte, car si ère ostaiat,
(Col. i5). E ac .vii. comtes, qui auant autreiat
Ke Velauent lor aduis enselat
E lo uairet d'Aquillant Fabrieuat ;
Lor blans osbers et lor elmes gemat
85o Lor sunt rendut, cui que fuissent donat ;
Escus e lances, aiço lor es caniat
Altretant bon, que non es sordoiat.
E il andui se sunt de ioi armât.
E quant il s'arment, sunt ades raisonat,
855 De per lo rei lo grant plait présentât :
(c Se uolias estar en ma feltat,
« Kascun de uos darie une citât
« E cent castels de cui fuissiés casât. »
Ce dis Beraus : « Trop i aués tarsat,
860 « Kan d'oi annant (sic) estes afianchat,
« N'augras bon plait s*en auguissiés parlât,
« Pos per Maurin en soit e aquitat
« De son captenc anfrenc e adurat ;
a Tôt nostre aluet nos aués abaissât,
865 « Mais si nos uiure podem un an passât,
« Ja non irés del gaaig al marchât. »
— « Dex », dist lo reis, « molt i fai grant foldat
« Cil qui nurrist lo basto ab ques bat ;
« Le ior qu'en fos rendus près e liât,
870 « Vos deugras essre ab las forces leuat,
« Mais s'en ia mais n'auie poestat,
845. Vers obscur ; à qui se rapporte le pronom li f
847. Ms. keuelauent: je prends Velavent pour le nom du cheval.
862. Je remarque qu'entre soit et aquitat, il y a un espace disproportionné,
au milieu duquel une autre main a tracé le e. — En p. «m.
863. Anfrenc est bien écrit ainsi.
869. Je pense qu'jl faut quem (que me)yb/jf rendut.
124
« Per uostre dan m'aurias chastiat. »
Aitant montarent e uant s*ent sens coniat ;
A esporons sunt al pont aualat.
875 L'autre abat ant, Francon, deschaenat,
E tuit li monge sont fors des saz (la^ ?) ietat ;
Lor bon cauau e lor osbers safrat
Lor sont rendut, mais greu sont aiostat.
A tôt s'en uant e sont aseûrat,
880 Desci qu'ai Lans, o ant lo port passât.
Kant Franques uit Beraut contremontat.
Son dreit segner (sic) e son ami priuat,
Descent a pié e uenc a lui per prat,
Rent li la croce e ac lo enclinat :
885 « Ici uos rent tôt quant m'aués donat,
« E rent bon grat, non i ai afolat
Obédience ni autre a uoluntat,
a Ke en Tenclaustre torneraî al mandat,
(c A Rocelaure dins le mur batellat. »
890 E Auliuns gorpi son priorat
Brun son segner^ cui Tauie baillât.
Escos lor libre un calant enionchat.
En que il sont tuit ensens assegat,
Al pei del Lans sont al mur arribat.
XXIV
895 Ëscos los guide en Taigue per grauer
E tome s'en, el e seu mariner;
E els s'en intrent per le bore osteler,
Dedins les murs del Lans en un uerger,
890. Ms. E au li uns, je fais des trois derniers mots, un peu à l*aventure,
le nom propre du personnage qui tenait le priorat de Brun pendant la cap-
tivité de celui-ci.
893. Assegat = assis.
*
125
O Maurins parle ab lo son fil Garner.
900 Kant uît Beraut, son abat dreiturer,
Leuet uers lui e baiset lo primer,
E puis Brunet ab lo talent léger ;
Asses las lui e marcés lo refer,
Ke anc non forent traitor ne [sic) baufer,
905 Nels plais del rei non uolgrent escolter.
(Col. 16) Pello Francon tornet son consier.
Abat deffait l'apelent per gaber :
« Kant uos laissas traginar cell *autrer,
« Erent sor uos tal .vii. cent cauailler,
910 « Ki tuit montauent per uostre messager,
« Hui non aués nis un sol conpagner,
« E es grans dels d'aital gonfanoner
« Ki lo matin poc mandar un miller
« E al mei di non mais son escuier. »
915 Trait son gant destre e a Francon profer :
« Menbrant uos doig sorbre Faigue de Cler,
« La tors es aute e sunt grant li sorder
« El pans el uins e la chars el celer,
« E a tos iors .iiii. cent estager,
920 « Tuit bons per guerre e d'armes présenter ;
a Vos portas congés mais cil en sont sorbrer,
« K'a totes coches se fan contar dobler,
« Cent per dos cens se metent uolunter,
« E par la rue sont bien dez (sic) mile arcer,
925 « Ki seruent aus de boiure e de manger,
« E per Terberge lonc la riue de mer,
« Kar non arie torment ni destorber,
« Lai sont mes braiues e lai mi egecer (^/c),
904. Baufer est-il le même mot que bofar (bourdeur), iio5, ou une
mauvaise lecture p. bauser (trompeur)?
906. Consier, pensée, attention, cp. 1101. — 909. Sos vos ?
921. Congé est assez lisible, mais je ne sais qu'en faire; gracieusement?
Vous êtes de gracieux maintien ?
928. Je ne comprends nullement le mot egecer.
126
« E cent goerig trestuit saluage e fer,
93o « E mil polan qui tuit serant corser ;
« Lai se solient anar mi (miei?) soldader ;
« Tôt uos o don quite sans encombrer,
« Ke tant seruise m'aués fait bon et cer.
— tt Seigner », dis Franque, « iamais once nonquer
935 « Ni d'altre aueir uaillant .i. sol dener,
« Mais sol mon cors e armes e destrer,
tt K'obedir uueil Tanor de mon mester. »
L*abes leuet de génois en Tonbre [r]
E près lo don e lo gant ab aur mer.
940 Francon demande per non de bobancer.
Ce dis Maurin : « Uimas uos cuit disner
Per los ostaus si com es compaigner. »
A pars, lai chantent cil iogler,
E ab dis pe . . abler.
945 . de laitras lai bruit a baratrer.
... los dis, ni a ioc/ementer.
Tant estreit naissent ni coignut lo desrer,
Frais remasent li priuat conseiller.
XXV
Cl uerdier sos un auliu foillut
950 Parlet Maurins, e sont ab lui soi drut.
« Seigner », dis el, « ben nos es auengut,
« K'a grant dolor auem lo rei uencut
E grant aueir cobrat e retengut,
« K*a tos iors iermes .xxx. mile a escut.
g32. Vo de tôt est enlevé par une piqûre.
943-948. Je comprends trop peu ce passage, fort malmené par l'efTet de la
colle, pour savoir si ces vers font encore partie du discours de Maurin.
949. Auliu = oliu, olivier ou champ d*oliviers.
954. Ce futur iermes est remarquable.
J
127
955 a Er caualiem a Tubie a saubut,
« Ans que li comte sient aperchobut,
« Podem aueir .viii. sors siège tengut;
tt Com m'aurias onrat e erobut
« S'eu SOS .... . auraî^a fort iagut ;
960 « Per tôt tendent li grant e lî menut,
« Mei per puiat e lui per descendut,
« E s'en fas tant que en sa terre mut,
tt Lai nurant tuit mi uenador barbut^ ^
« Per la forest escoltarei (sic) mon rut
965 « Ke pos ma mort sera dit e cregut ;
(Col. 17) « Kant a Tubie aurai mon trap tendut,
« Tuit li repaire mi serant sens rendut,
« Si Fauc auie, Montros e Feragut,
« Grant part aurie del règne conquesut ;
970 « Per un bastart d'altre terre uengut
« Cuidarent estre tuit en pas remasut,
« E per sa lance que nussent atendut,
« Nos los dotem, mais non o ant uaigut
« Con nos auem lo Lans per els perdut ;
975 « Anceis ueiram lo rei si confondut
« Tornera s'ent en la terre dun fut ;
Tal sunt par lui en orgueil encregut
« Ki par mes mains en seront tuit pendut. »
Aiquel consseil ant bien tuit entendut ;
980 Auquant lo laudent e auquant n'estant mut»
Mais taus l'autrie cui sera car uendut.
957. SorSy lapsus du scribe p. iors.
958. La forme habituelle est ereubut, notre forme avec o s*est présentée
V. 9, et revient 1092. — 960. Ms. Per tôt en rient.
963. On peut au besoin aussi lire mirant \ le plus probable est de lire
uenrant,
967. Sens, ensemble.
972: Nussent est clairement écrit.
973. Vi de uaigut est un peu effacé ; le mot paraît représenter vegut, forme
secondaire p. de ve:(ut. Mieux vaudrait uaigut,
977. Par est écrit en toutes lettres.
128
XXVI
Oeguentre lui parlet sos fils Bertrans,
Leuet en pez e tenc pleias ses gans :
« Aiques consels es proece e bobans
985 « E es corages c'onques non fo tant grans,
a E si ben sap[s] que i agre tos dans
« E ke lai perdes mil cauals alferrans,
« Per tôt aiço non laissar que n*i ans,
a Kar retrait er d*ui cest ior en cent ans
990 « Al rei Aigart e ab sos eritans,
tt Kel coms Maurins, pos fu uils e ferrans,
a Jac sorbre lui e tent sa terre a pans,
(c Tu as tos tans guerroiat ab engans
« E fais encontres e assaus perillans,
995 « Mais caualiaires fos taus et guerrians
a K'enquer en es uers tos sens redoltans ;
« E deis ben essre ryc ber d*aichi enans,
« E faces ost e que siugues los mans,
« E pos pausar de paines e d*afans;
1000 « Ke tant as homes e nebos e enfans,
a Si a Tubie pos esser ostoians,
« K*es set iornade chai es uergers dauans,
« Reis en er Fauques, o eu tos fils Bertrans,
« E lo plus frans n*er iras e pesans,
ioo5 « E lo reiames per tôt mirauillans ;
« E quant orés que trametra sos mans
« Per aiostar Ior Ingleis abs Normans
« E tu t'en tomes a Peride o al Lans,
« Garnissem nos de fais et de sanblans,
988. Ans, ailles; cette forme avec s est remarquable; cp., demans, 1011
Voy. Diez, Gramm. (éd. franc.), II, 167.
996. Redoltans, sens passif, redouté.
1010. Sor s= surgit.
129
1010 « Car si sa force nos sor e mal talans
« Ke el nos segue, ia plus ien non demans,
« S*el de bataille .ij. iors i est pausans. »
Aiquels consels non sera mais tardans,
Si ol consent lo Baiuers Alerans.
1025
{Col. i8)
XXVII
10 1 5 C^eguentre parle Renelmes li cortes :
« Maurins ac dit tôt aiço que mils es,
« Trop bon consseil, si trop greu non fu près ;
(( Anuit estam as ostaus des borzeis,
« E lo matin cornent li graisle espes,
1020 a E port le segne (sic) Alerant li marces,
« E anuit sient .c. message trames
E lo matin cornent li graisle espes .
E port Vensegne Alerans li marques
E anuit sient .c. message trames
Per aiostar las naus d'aiquest paies,
E passent Guir as pors de Marmones
E armem nos es pras del camp Gresles.
Aiqui paresce qui bons cauaillers es ;
Face entresains as dras sarazines,
E corbretures e gonfanons d'aurfres,
Ke bons uassaus a sos armes pares,
« E port cascuns does lances u treis,
tt Ke .iiij. iors durera li torneis.
lou. Jen^=z gent.
1014. 01 est-il admissible? Ne faut-il pas lo ? ou ois = o los (= o lor) î
1020. Ms. lesegne,
1022-1024. Ces trois vers sont une répétition négligente des trois précé-
dents ; ils nous donnent la preuve de la nonchalance avec laquelle notre scribe
maniait orthographiquement et grammaticalement le texte qu'il copiait. Le
V. 1023 présente sur 1020 trois variantes, dont deux avantageuses : lensegne
p. lesegne, Alerans p. Alerant, marques p. marces.
io3o
i3o
« Dreit a Tubie nos en guit lo naues,
io35 « Desos le port Garin lo Landones ;
« SI est lo reis, sie tant fort reques
« Ke ne li uaillent ni Normant ni Engles,
« Ke per la porte intrem, mais ben li pes;
tt Pos herbreiem es uergers Godafires
1040 « Entre le mur el ualat el defeis,
« E estem lai .xv, iors u un meis.
« E quant uirant que serant sorbrepres,
« Si manderant los Irlàns els Gales
« Per nos combatre, que iras er lo reis,
1045 • E nos de iau combatons nos ab eis,
« Ke sans bataille non uirame conques. »
XXVIII
Deguentre parle Ascelines li fris,
La caire ac brune e ac perclar lo uis,
Grans per espaules e per range escabis,
io5o E ac uestit un bliaut de samis,
E fun calchas estreit d*un paile bis
E afublas d'un tiret e de gris :
(c Bon conseil done, Maurins, lo coms marcis,
u Se le segués e ia non s*en partis !
io55 « Mouem de chai ans que sie midis,
tt Pos caualcem a Tubie la cis ;
« El torneis sie fors e fers e escis,
E aempras per nos a sorbrequis ;
1047. FriSt jeune (fric) ou frison?
io53. Tiret, nom d*un vêtement; serait-ce le primitif de notre mot tirètaine T
Ce dernier pourrait bien avoir produit dans la bouche des Anglais la forme
tartan. L*origine de tiret ne serait-elle pas Tyr f ^
loSy. Escis de esquiu (v. fr. eschiu), difficile ou terrible.
io58. Aempras := a:(empras, de ad-imperare, mander ; a sorbrequis, avec
outrecuidance (cp. sorbrepensas, 1 147).
i3i
« Pos arbreiam (sic) al moster san Eudis
1060 « E estem lai en ost sorbr'els set dys;
« E se Deus puis de perde nos garis,
« Del retornar sui molt uolentadis,
(( Ke lo reis es rix hom nominatis,
(( E cobrara la gens de son pais,
io65 « E non poc essre quel reis ia sie aisis;
a Ans d'un ostau sia fort la espris,
a Er el tos temps uergoignas e onis. »
Diient li autre : « Asselin, bien o dis. »
XXIX
beguentre lui parlet Tabès Berars,
1070 Dis son talant con pros e con gâillars :
« Cavaliar poc (sic) Maurins, mais non o tars,
« Ke las os sont parties per .c. pars,
« Mânes taus geldes, si pros ies ni ausars,
(( Ki (sic) non remaigne ars ni lance ni dars,
1075 a Kel reis es tos fel e ros e gaignars,
(( E SOS fils sap de guerriar grans pars,
u S'el s'ert retrais desci aices lonbars,
(( Ke mais a force non caces en sos iars,
a Desci el fu cregus li fils bastars,
1080 (( Cil qui nol laue, de parlar es coars. )>
Tuit o autreient mais lo uescomps Sicars.
XXX
beguentre parle Draugue Taperçobus :
a Maurins, caualge e garde non o mus,
io65. Le premier / de aisis est surmonté d un petit archet, qui me faisait
d*abord lire assis (un s long, au lieu d'un i).
1066. Corrigez : si a tort l'a espris,
io83. Mus, 2« ps. prés. subj. de mudar, mu^ar (changer, empêcher)? .
l32
« Ke lo reis es mermas et confondus,
io85 « E seu uassau ant lor cauals perdus
(Col. 19) « E l'autre aueir que çai es remasus;
« Abans que sie amendas e rendus,
« Ni el de ren cobras e reuengus,
a las sorbre lui e despoille tos nus ;
1090 « En longes terres er lo blasmes sabus,
« E sorbrel rei ias Maurins lo canus ;
« Se ben i pers, si sera erobus. »
XXXI
oeguentre lui parlet Folques dos moz :
<f Maurins, caualge, u non sies ia pros,
1095 « Er en pos moure grant ire e grant coros,
Maine ta gelde els boriois els noos,
« Ki lor enpirent e les fons et les pos,
« E tu erberges es uerdiers de sos
« E laisse corre tos fils e tos nebos,
1 100 « Ke pechoas n'ert bons castels e ros. »
Autrias fore se fos auis per tos,
Mais el er raus e ac pauque la uos.
XXXII
Oeguentre parle Alerans li Baiuers,
Li pros, li saibes, lo bons confanoners,
I to5 Ki onc non fo bofars ni trop parlers :
1096. Noo5, quid?
1098. Il n^est pas sans intérêt de noter que 17 de verdier fait syllabe, de
même pi. h., 949. La forme verger paraît en rime, v. 1271 .
1 io3-i 104. Le scribe avait donné aux mots-rimes de ces deux premiers vers
de la tirade la finale iers^ mais il s^est ravisé et a sous-pointé Vu
i33
a  don Sicart es tos mos consiers,
« Kel es de cor saibes e conseillers
(( E en bataille ardis e faisenders ;
« Croire (sic) lo deu de conseil uns enpers.
1 1 lo « Se lui plogues (sic) que lui non lau esters,
« Bon ueder fire de Tubie els clocers,
« El torneis fos lo retors uolunters,
« Ke lo reis es fors hom e bons guerrers,
« E SOS fils tant de maltalant légers,
1 1 15 « Ke manderant de cap lor ostelers,
« E a breu ior uiram los arengers ;
a E nos aiqui en els aiquel grauers
« Sient armât a lei de cauaillers
« E fazem rancz de geldes e d'arcers
1 120 « Ke ia del Lans non ueient los terrers,
« Kant dins de nos aura cent es destrers. »
Dient li autre : « Ben o dist (sic) lo Baiuers. n
XXXIII
Des quant Sicars los a tos escoltas,
De maltalent es sus en pes leuas :
1125 tt Àhi, Maurin, com es mal conseillas,
« De tos consaus tles en louent tornas,
« Kar tuit te dient, Maurin, car caualias !
« El non se gardent si es sens o foldas,
« Car s'eu en fuisse cregus ne escoltas,
ii3o « Espiessem, car grans es li régnas,
Un des rix bors o de las fors citas,
E fuissem i ans c'om en fos selas,
(c E pre'issem aur e argent assas
« E mus e mules e destrers soiornas,
II 35 E uair e gris e bons pailes pelas,
1 1 1 1. Notez remploi de eh p. los^ aussi plusieurs fois el p. lo.
134
« De quei tu fuisses rix hom e assazas ;
« Una grant part de tos ambars paias,
« Kar se tu uas a Tubie e i ias,
« La o lo reis est (sic) desconfis tomas,
1 140 « Tu Tas iurat fiances e feltas,
u E uie e membre que ia nol prenias,
E ki met siège, si nos non adiuuas,
« D'aiqui enant seras 30s pariuras,
« E ai pauor que Dex f en sie iras,
1 145 tt Ke non es dreis quel reis sie aseias,
(Col. 20) « Mais tant f esforce ta maie uoluntas
a E tos orguels e tos sorbrepensas,
« Ke tu iras, ia mos non er canias,
« E eu ab tei, ia soit ce que non plas ;
1 1 5o « S'eu remanie, ferie que maluas,
Mais lent irai uersquant uenrai uias,
« Ke lo reis es rix hom enpoestas,
« E cobrarant soi home de tos las,
« E er de cap sos rerebans cridas,
1 1 55 « Que non remaigne hom uis de feme nas ;
(( E SOS fils es tant pros e tant membras
« K'uns non parra tro se sie uenias ;
« E si perdes, ia non serai blasmas,
« Ne del gaiaig non uol esser laudas,
1160 « Que li gramaire dient e li clerias
K'orguels non chai desci qu'es aus montas ;
4n Mais a tant es d'omes apoderas
« Ke tos iors n as .xxx. mile d*armas ;
« la non garras ni esteras en pas
1 165 « Desci en sies a mesure tornas,
« A does mile qu*en as de tos casas. »
Lo consaus part, que Sicars n'es forzas ;
Tro a tierc ior en er alcuns iras.
1137. ambars doit être fautif p. lomhars.
1147. ^s* sorbre pensas.
1160. U gramaire, les seyants.
1164. Ms,empas.
i
r
i35
XXXIV
Li consaus part e il uant arberiar,
1 170 E al matin fant les graisles sonar.
E Maurins fait al Lans son ban cridar^
E si el fai, non poc aueir restar.
Falcon comande sa ost a cadelar
E a Bosun lo premiers a guidar.
1 175 Sos le castel passent al pont del Far,
El camp Gresleis lonc la ribe de Clar.
Aiqui uiras tant bon uassaus (sic) armar,
Tant blanc hosberc e tant elme làçar,
E tante iupe uestir e afublar,
1 180 Faites (sic) de paile e de gris e de uar.
Maurins los renge, qui es rix hom e bar ;
Mil n'a premers escarit fet triar,
Ki a Tubie lor irant Tassant far ;
E Alerans (sic) fait Tensegne portar,
1 185 Per dreit sa dogne qui lor aut caleniar I
•v. mile elmes fet seguentr'els annar
E sa bataille a présent cauàlcar.
El fils del rei, a la maisnade Aigar,
Estait de nuit sor la ribe de mar,
1 190 O en las naus fet son castel fermar
As nautoners, que non laissent desfar
Ki a son siège se puisse recobrar,
E a la lune, al premer iau cantantar (sic),
Dreit uers Tubie s'en enquet a annar.
1 174. Lo p. tos.
1 184. Lisez aierant, c*e8t un datif.
11 85. Je ne comprends pas sa dogne; il faut, je suppose, s'adogne, qui,
toutefois, ne donne pas un sens très-clair ; serait-ce un subjonctif (à forme non
inchoative) de adontir ou adonir, déshonorer, honnir f — Aut,^= aille, n*est
pas du provençal ; corrigez donc ant.
i36
1 195 Ans ior se met en les aies gesmar.
El reis Aigars comencet a parlar :
« Franches maisnade, tant uos uoldrai prouar
Ke m'aiudés ques honte a ueniar,
« L'ost m'aués fait quem deués per mandar,
1200 « Mos soldaders uos uolrai apelar,
^ « Per mon aueir que m'annés aiudar,
« Si en uos met costume d*amendar,
(c Eu serai lars de mon aueir donar,
« Tôt mon tresaur uos uoeil abandonar,
i2o5 « L'aur e l'argent uos ferai aportar,
(Col. 21) « El uair e gris els pailes despleiar. »
E el respondent : « Bon es a essaiar. »
Aitant uenc Ior Ganiel lo iuglar,
Ki uit la nuit Maurin Guire passar
12 10 A tant grant ost que non la pot esmar ;
Tant a cochât son palefrei liar
Ke mors cadet a las noues contar.
« Deus », dis lo reis, a tant uos dei aorar,
« Don, per los tors que t*ai fet, non laissar
121 5 « Uorguel Maurin ke nol fece abaîssar,
i< E lo meu drec sabeir e demostrar. »
Atant descent corent sei adobar,
Coche en er faite, non o quer mes celar.
XXXV
1ns en las aies de la forest d'Armite
1220 Sont descendut en Tessart d'un ermite,
Ki Ior dis messe sagrete e benedite ;
Non i ac un s'aumosne n'i aufizte (sic) ;
1195. Gesmar, quid ? un nom propre ou un verbe î — 1197. Corr. proiar.
1198. Ques, sic p. qtteste.
1222. Auflj^te m'est aussi énigmatique qu'au vers suivant sacarite{sa carite t
ou s*acarite ? s'agit-il d'eucharistie ?).
]
i3y
Lai penitencent e parant sacarite ;
Taus s'es confes qui pert le ior la uite ;
1225 Al rei non nuis, pos sa terre en aquite.
XXXVI
ins ens (sic) las aies sarment tuit apresente,
Aiqui uiras tant obre cobinente
D'osbers e d'elmes e d'altre uestimente.
Lo reis los renge a la bone esciente ;
i23o Ab un poncel d'une aiguete corente,
Trais son cenbel sans gab que lai om sente.
Sos fils lai passe premers, caire riente,
A tal ardit que ren non Tespauente,
E sunt ab lui tuit menbrat mil e . xxx. ;
1235 Oh {sic) Alerant penra ancui contente.
E l'autre escale manie dus d'Aiguilente
El Landoneis el palain d'Artente,
E sunt .V. mile ab elmes senes mente.
E lo reis mane altre gent conessente
1240 Dune conpaigne e forte e conbatente ;
Fore del bore caualiet a paruente,
En la ribere es d'una lègue gente.
S aiço es cause e Deus la Ior consente,
Ensegne blance n'ert uermelle e sanglente,
1 245 E plorera maire e sor e parente
E de Ior drus per altre ben uolente ;
L une conpaigne n'er irade e dolente,
E laltre rice, anorade e manente.
1 24 1 . Ms. aparvente.
1242. Il est difficile de méconnaître une lacune après ce vers.
1 243 Ms. 5^1 co.
1244. Ms. blance uert.
Tome xii. 10
i38
XXXVII
El camp Greîsleis, lonc la ribe de Claire,
12S0 Viras Maurin tant gente escale faire.
Els primers guide Bos e Folcers lo laire,
E Alerans los cadele, el poignaire,
E l'autre escale e Beraus, Bruns sos fraire,
El coms Bertrans, qu'es de coche enperaire,
1255 E sab de guerre e molt es debonaire,
E a man destre uai Bec de sant Ylaire»
A quatre cens de Monteblanc repaire,
Ki sont tuit blanc, li fil come li paire,
E sunt, le ior qu'el naissent de lor maire,
1260 Blanc lo caual, c'un sol non i ac uaire;
Ensaignes blances de porpre de Monchaire,
Pauque conpaigne, mais non es obelaire,
Ço es aiquele qui non fuit anc gaire ;
Franque es d'aiquels segner e capdelaire,
1265 Cui los donet Maurins lo bons donaire ;
;COL. 22) Ab lui Sicart e Enriz de sant Daire,
Vit la bataile que non la poc desfaire,
Kar uengut sunt a lanchar e a traire ;
Sin ac coart, molt s'en uoldrie raire.
XXXVIII
1270 Lo camps Gresleis non es estrans senters,
Ans es ribere de pras e de uergers.
Cels dechai guide Maurins lo bons guerrers,
El reis los altres, qui es fors batenters.
1253. Il faut évidemment déplacer e et lire Beraus e Bruns.
1260. Ac p. a, comme souvent.
1 262. Obelaire, quid ? faut-il lire bel aire, à l'air joyeux ?
J
i39
Cascuns cenbels es de mil cauallers,
1275 E en cascun a doe mile arcers;
L*os Maurin guide Alerans lo Baiuers.
E de lai uenc lo fils del rei premers ;
Baissent los (sic) lances els gonfanons enters,
Vant se ferir per escus de quarters ;
1280 Li cop puissent des bons gonfanoners,
K'el fils del rei n es sanglens li baigers {sic)
Del sansdel pis ki deuale tos clers,
E lo sons cops fu fers e sobrancers,
K*anc Aleran non ual osbers doblers,
1285 Parmi Fescine non pas oltre Tacers,
Mort lo crabente entre paus auliuers;
Grans es la perte els dams els destorbers,
Ab oés (sic) Maurin e ab tos sos maisners;
En isle Fade n*ac grant doels e pleners
1290 Per la reigine e per set .c. millers.
luon de Resnes la iete mort Folcers,
Dont estral rei libras gran3 enconbrers,
Non aueit feme ni non laisse eriters,
Mais de sos armes ère bons faisenders,
1295 De cent castels ben acrec sos enpers,
Vant sei ferir Bos del Lans e Miuers,
Andui s'abatent des bons cauuaus corsers ;
Sonnent li graile e mesclent li caplers,
Nol poc suirir coars ni lauzengers.
XXXIX
i3oo t n la ribere Claire del camp Gresleis
Viras mesclar un fort estor espes ;
1280. Ce vers ne se joint ni au précédent ni au suivant; il y a ici, comme
ailleurs, à présumer une lacune.
1281. Baigers, lisez bragers (brayer).
1 293. Cette forme française aueit est embarrassante (voy. la préface).
140
La non efange (?) ei;contres ni torneis ;
Fraignent los astes per escus quartereis,
Ronpent ensegnes de pailes e d'aufres {sic)j
i3o5 Falsentlas lances los osbers tiones,
Trencent los elmes li bon brant uianes, ^
Tal cent n'i caient ab oses de corues.
Mort e nafrat dans ren non sap o ses,
As uis sab hon con force lor pares,..
i3io Labes Beraus, lo prios Bruns ab es,
El coms Bertrans e Folque Tespanes,
E sunt .V. mil sans conte de Bordeis ;
E de la uenc Garin lo Landones
E d'Aguilant li pros dus, li cortes ;
1 3i 5 Baissent las lances e uant ferir mânes,
Ben lîï aura que de mors que de près.
XL
Entre Bertrant e lo duc d'Aguilent
Se uant ferir andui de maltalent,
Ke do., falssent li osberc iaserent,
1 320 E Bertrans n'a lo gonfanon sanglent,
El dus la plage non presere nient,
Mais aiço prese que estre grat descent.
Folque lai ioig ab lo marcis d'Artent,
E Beraus Tabès al Landones s'atent,
(Col. 28.) E Bruns sos fraire lo Leoneis perprent,
Fraignent los hastes per grans cops maintenent,
Ab les espades fièrent espessement,
E ab aiques n'aiostent tal .vii. cent
1 307. On peut lire aussi Coivès.
i3io. Ms. bruns abes; corrigez ab eis (cum ipso), cp. v. 1045.
i323. Uo de Folque n*est pas très -net. cependant le mot est plus probable
ici que Falque (voy. i3ii).
141
Cuns n'i coignuc amie ne ben uoeillent ;
i33o Ki trobe mort, ni fraire ni parent,
Nol met en plait de son confessament,
Mais poig enant per penre ueniament,
Ercascuns d*aus ab sei medesement,
D'aital péril com eisse a gariment.
i335 Lo trauerser los socorent poignent :
Cil de Monblanc e li uermeil d^Artent.
XLI
ils canps Gresles, desos los puis pelas,
Ec uos los blans els uermels aiostas.
Ode el uermels a sos homes guidas,
1340 Katre cens elmes de Mont uermeil ietas,
Tos de castel e sos homes priuas,
Ki ant uermeilles las caires e las fas,
Los iels uermaus e los (sic) mans e los bras,
£ es uermaus cascuns, des pos fu nas,
1345 E ant uermaus cauaus entresegnas,
Osbers uermaus e de uermaus safras,
Jupas uermeilles de pailes entaillas,
Espades chaintes a pons uermals damas,
Escus uermels e de uermeil boclas,
i35o Elmes uermels ant en lor caps lâchas,
E ensegnetes uermeilles de cendas.
Odes, lor sengnre, s*ere hui matin uanas,
K'anc non fui ne non fu encalchas,
Hom ère al rei e pleuis e iuras,
i355 Mais per sa coche non sera ia mandas.
Non li dec os ne seruic€ taillas,
i333. Il doit y avoir une lacune après ce vers.
1346-49. En quatre vers, trois formes : vermaus, vermals, vermels.
i352. Ms. nanas.
i356. Dec (dut); on peut aussi lire det,îotmç. incorrecte : le sens recom-
mande le présent, donc deu.
142
Mais sil reis es uencus ne uergoignas,
O ac perdut o es arrer tornas,
Kant el lo sap, el deman es uenias,
1 36o O per bataille quant es sos bans cridas,
E seu mesage que ia sie uenias,
Quant il o auent, si s*arment per palas
E ant socors tost e ben e en pas.
la per lo rei non sera uns renias,
i365 K'ab lor talent uont (sic) per camps e per pras,
O lor seigner los mane com lui plas,
Odes penners de son elme enbronchas,
E cil Testraignent as flans e as costas.
1370 E de lai Franc, lo derrer des abas,
Mane los blans que Maurins Tac donas ;
Baissent las lances els gonfanons frainias,
Vant sei ferir per escus coloras ;
Andui s'abatent des destrers soiornas,
E li socors esporone d'ans las ;
1375 D'aiqueste part fu Monblans escridas,
E délai fo Mont uermgjiis essauças;
Cil sont uermeil corne feus en for ias,
E cist sont blanc corne neis sorbre glas.
Ec uos los blans ab los uermaus iostas,
i38o Aiquis estors es fors e aduras.
XLII
»
Lai o s^encontrent li blanc et li uermeil,
Fraignent los astes mantenent li donzel,
Ab lor espades adurent lo tornel,
(Col. 24) Ke sont trenchat elm e col e cabel.
i385 E kant s'abatent, partent sei per caumel,
1377. Ms. enforias ('en un mot).
ï385. Caumel, champ de chaume, cp. v. 1400 (où je trouve caumil).
'43
Pos se cotnbatent sol a sol a parel ;
De son segner a cascuns ques coreil
Ke cent n'i morent fors Simon de Canpel,
K'anc uns non ac ni garde ni peruel
iSgo Essre (sic) la lande e Terbe et le solel,
Ki Tobs lor agre uns des signors dorel
Ki lor donere a lor anemes conseil.
XLIII
Des quant s'encontrent li uermeil e li blanc,
D*aitant pauc d'ornes tal estor non uis anc.
iSpS Andui s'abatent, Ode el uermaus e Franc ;
Pos se detrencent los pis, los (sic) uentre el flanc
E pet e poig, de coi sunt clop e manc.
Tal cent n'i caient c'uns non es en son banc
Per négligence, car non es quis estanc ;
1400 Tôt lo caumil (sic) uiras uermeil de sanc.
XLIV
Q«
|uant li blanc uirent que Franc es abatus,
E li uermel que Odes es cagus,
Vant sei ferir mantenant péls escus,
E ab lor brans de lor espades nus, ^
1405 Trencent lor caires d'elmes e d'agus,
Tal cent n'i caient c'uns non er raïmus,
*
i386. Ms. aparel,
i38g, Pervel, subst. de pervegliar, faire la garde; manque dans Ray-
nouard.
iSgi . Ne feut-il pas plutôt K'il obs ? Dorel, quid ? cCOrel ?
1394. Ms. Dai tant,
1405. Le second hémistiche delmes e dagus est impossible et d'ailleurs
trop court d'une syllabe.
144
Grans er li dois quant cis plais er sobus
De las uermeilles, que lai perdent lor drus,
E de las blances qui i rant molt perdus.
1410 Maurins caualiee sa bataille adus,
E délai es lo reis Aigars uengus.
Baissent los lances els gonfanons uosus,
Lor blisons trencent, lor osbers mau menus.
Tant fort Tenpains Maurins lo uiels canus
1415 K*ansdos los caingles el poitrail es ronpus,
E per la crope n'es lo fus descendus,
Mais tos en pes remas en la palus,
Ere fu tos cobras e retengus.
Aiquest estor es molt ben conbatus,
1420 Non er a onte Maurins hui mais uencus.
XLV
Qt
uant li reial uirent quel reis fu ios,
Per sa maisnade fu durement escos ;
Lai iambe-a-terre Mile, lo dus d'Auros,..
El reis cobreit el liart balçant ros.
1425 Pos uiras faire tant cop mirauillos.
Tant blanc hosberc e tant elme treros,
E tant donzel desrocat uergoignos,
Tant aste fraite dont uant uers cel li tros.
^ Parmi la presse uai Bertrans pesanços,
1430 S'espade traite qui fo al rei n'Anfos ;
Des treis iaus bers a mânes mors los dos
E il n'ant mort Austreget Tengignbs.
1412. Le premier s de uosus n*est pas net ; ce peut être un /.
1423. Il y a, paraît-il, une lacune après ce vers ; cp. v. 1431, où il est parlé de
treis bers.
1426. Treros =z transruptus ? Ou terros, souillé de terre?
1431. Ms., iausbers; ne sachant que faire de iaus, y je corrigerais par
ians= gens.
145
E Sicars uenc sus en Liron brios,
E uait ferir Rater de Mont Simos,
1435 Un conestable de la cort cabaillos ;
Mort le crabente el prat qui fo erbos.
Pos dis Maurin dos mos contrarios :
« Viels beubancers, sobrancers, orguillos,
« Ancui serés uencus e uergoignos ;
V 1440 (( Mal o fet uiels qui creit conseil de tos,
I « De grant riceses n'esdeuenc sbfraitos ;
« Ki les lor uei uenir pausas e pros
1441. Ms. nés deuenc.
146
TABLE
DES
NOMS DE PERSONNES ET DE CHEVAUX
Abstruget, Austreget, cheval de
Bertran, SgS, 1432.
Aguilant; voy. Aiguilante.
AiGAR, Edgard, roi d'Angleterre, 9,
755, 990, 1188, 1195, 1411. — Son
fils, qui joue un des principaux
rôles dans le récit, n'est jamais
nommé par son nom.
Aiguilante (duc d'), chef dans Tarmée
d'Aigar, i236, i3i4 {Aguilant),
i3i7;848(i4^«i7/a«0-
AiMOMT (Edmond) de Mirasvaus, fils
du comte Aimon, 19.
Alaric lo ros, un riche comte pendu
• pour son orgueil ; mentionné, 773.
Alerant lo Baivers, chevalier et
gonfiEuionnier de la suite de Mau-
rin, 63o {cTisle Fade), 65o, 734,
1014, 1020, iio3, 1184, 1235, 1252,
1275, 1284 (tué par le fils du roi).
Anfos, le roi Alphonse, mentionné
comme ayant possédé Tépée de
Bertran, 1430.
A(iuiLLANT, prob. le même person-
nage qu'Aiguilante, 848.
Artente (le paladin d'), chef dans
l'armée d'Aigar , 1 23 1 , 1 323 (i4 rtent).
AscELiN ou Ascelinet, chef dans l'ar-
mée de Maurin, 399, 1047.
AuuuN, nom d'un ecclésiastique (f),
890
Bec de SantYlaire, chef des Blancs,
1256.
Begon, chambellan d'Aigar, tué par
Pons, 649.
Berart, abbé, 1069 ; me paraît être
le même personnage que l'abbé
Beraut.
Beraut, abbé, frère de Brun ; com-
bat dans l'armée de Maurin, 859,
881,900, 1253, i3io, 1324.
Beraut, chambellan d'Aigar, tué par
Alerant, 65o.
Berenger lo Daneis, 66 (adversaire
de Bertran).
Bernart de Clarvent, chevalier du
parti de Maurin, 275, 276, 746, 799.
Bertran, le comte, fils du comte
Maurin, 66, 89, 92, 393, 689, 691,
756, 982, ioo3, 1253, i3ii, i3i7,
1429.
Bos (rég. Boson), 275, 276, 3o2, 32o,
147
332, 347^ 4^9' 4^9' 5»o» 5ii, 523,
528, 536, 1174, i25i, 1296 (Bos del
Lans).
Brun (aussi Brunet), prieur, frère de
Tabbé Beraut; du parti de Maurin,
891, 902, 1253, i3io, i325.
CoBEiTos, cheval d'Ascelin, 399.
Draugue de Saure (cas régime Drau-
gon), 16, 27 (lo coms), 68, 161, 395,
456, 1082.
Eliasar, cheval de Renelme, 397.
Enri de Sant Daire, chevalier dans
Tarmée de Maurin, 1266.
Escos, un pontonnier, 892, 895.
Falc, Fauques (rég. Falcon), parent
par alliance du roi Aigar et dont
les prétentions paraissent avoir sus-
cité la guerre entre le roi et le con^te
Maurin, 278, 3o3, 3o8, 335, 345,
347, 4i3, 441, 443, 452, 5i6, 537,
688, 7p3, 744, 798, ioo3, 1173.
FoLCER lo lairej chef dans Tarmée de
Maurin, i25i, 1291. Peut-être iden-
tique avec Folque.
FoLCiUE (rég. Folcon), frère de Drau-
gue (3o), 16, 68, 160, 400 {Folque de
Saure), 405, 416, 456, 629, 647,
1093, i3n (tespanes).
FoKTun.Fortunet, cheval de Maurin,
2, io3, 408.
Franc ou Franque (rég. Francon),
abbé, prend part aux exploits de
Maurin, fait prisonnier par Aigar,
puis délivré et combattant de nou-
veau contre lui, 875, 881, 906,
934, 940, 1264, 1370, 1395, 1402.
Galeron, homme et familier d'Aigar,
716.
Ganiel, jongleur, 1208.
Garin le Landones (io35), ou le
Landoneis tout court, chef dans
Tarmée d'Aigar, 1237, i3i3, i323.
Garner, fils de Maunn, 899.
Garsie, pontonnier, 696.
Guillelme, abbé du parti du roi,
54.
IvoN de Resnes, chevalier d' Aigar,
tué par Folcer, 1291.
JoAN (lo pontener), 461.
Leoneis (lo)f i325 ; ce personnage
n'est pas autrement dénommé dans
nos fragments; probablement le
même que Rainer de Looneis.
LiRON, le cheval de Sicart, 38o,
1433.
Manigot dEspaneis, 67 (adversaire
de Draugon).
Maur de Tir [lo), pers. incidemment
mentionné, 4o3.
Maurin, le comte, le personnage prin-
cipal du récit; je me dispense
d'indiquer les 57 passages où il est
nommé. Ce nom, quand il n'est pas
écrit en toutes lettres, est rendu
par Maur. (avec une barre sur w),
ou MR, ou M.
MiLAvÈs lo Galeis, 72 (adversaire de
Sicart).
Miles lo dus dAuros, vient au
secours du roi Aigar, 1423.
MiLON dAiglant, tué par Bertran,
96.
I4B
MivERs, chevalier d*Aigar, se bat
contre Bos, 1296.
MoLET de Val Penade, chambellan
d*Aigar, tué par Renelme, 648.
MoNTEL, cheval du fils du roi Aigar,
110.
Nevelon, abbé dans l'armée d'Aigar,
7i5.
Nubie (lo rei de), 884 (mentionné
incidemment).
Ode, homme du roi, chef des Rouges,
iSSg, i352, 1367, ^395, 1402.
Odon, connétable d'Aigar, 718, peut-
être le même que le précédent.
Oelin de Belnade, chambellan d'Ai-
gar, tué par Folque, 647.
PoNçoN, viscomte de Tubie, grand
seigneur au Lans, 676.
Pons (Ponson) de Piereiade, cheva-
lier de la suite de Maurin, 629,
649.
Rainer de Laoneis, 69 (adversaire de
Folque). Voy» aussi Leoneis.
Rater de Mont Simos, un conestable
de la cour du roi, tué par Sicart,
1434.
Renelme, un des chefs d*armée de
Maurin, 397, 629, 648, ioi5.
Salapan, personnage non défini et
incidemment nommé, 3o3.
Sanson, fils d'Odon, connétable d'Ai-
gar, 716.
Sicart, chef d'année et conseiller de
Maurin, 44, 72, 346, 378, 436,
448, 456 (avec répithète « Tale-
tnans »), 5io, 53o, 788, 1081 (lo
« vescoms\ 1106, ii23, 1167, 1266.
Simon deCanpel, i388.
SoAU, portier d'un castel, 5 20.
Thiebaut de Blets, le comte, 65
(combat avec Maurin).
Vêla VENT, nom de cheval, 847.
TABLE
DES
NOMS DE LIEUX ET DES NOMS ETHNIQUES
AissENT (le port d'), 460, 4^62{Aissen) ; Artent {li vermeil d"), i33i5. Il s'agit de
aussi Eissent, 670, 685, 809. la troupe des Rouges, commandés
Armite (la forêt d'), 1219. par Ode ; je ne sais si Artent est
149
ici réellement un nom de pays ou
s'il désigne un seigneur (le duc
d*Artent, cité plus haut ?).
AusTENT, 83 {les vignes A .)
Bar {h /al roïn dé)^ SgS.
BelVeiaire, 808.
Brians, vallée entre la Far et la ville
de Lans, 466.
Clar, Cler, Claire, rivière, 916, 1176,
1249, i^ûo.
CoRvès (oses de), iSoy.
EissE, localité du pays de Maurin,
probablement identique avec Ais-
sant, 624.
EissENT = Âissent.
Fade (risle), 388, 63o, 731, 1289.
Far (/o), rivière qui coule autour de la
ville de Lans, 464, 5o4, 696, 1175.
Fauc, localité du domaine du roi,
968.
Feragut, localité du domaine du roi,
968.
Franges, 70, les Français sous le dra-
peau du comte Maurin, opposés
aux Normands (et Anglais) com-
battant sous Aigar.
Franon, 33, le nom d'un pré.
Gales (Gallois), 1043.
G0DAFREIS {les vergers), 1039.
Greslès {le champ), 1027, 1176 (lonc
la ribe de Clar), 1249 (Greisleis),
1270, i3oo, 1337.
GuiR, GuiRE, une rivière, 1026, 1210.
Inglès , Anglais au service du roi
Aigar, 634, 1007 {Ingleis), 1037
{Engles).
Irlans (Irlandais), 1043.
Karrans {los uals des), 459.
Lans (lo), ville importante dans le
récit, 462, 490, 669, 677, 697,
808, 880, 894, 898, 974, 1008,
1120, 1171, 1296; cette ville paraît
située entre Péride et Tubie.
Marmonès {les ports dé), 1026.
Menbrant (Monbrant), nom d'un châ-
teau donné par Maurin à Franque,
916.
MiRASVAUs, 19 {Aimont de M.).
MoNCHAiRE {porpre de), 1 261 .
Monteblanc ou Monblanc, le pays
des Blancs, 1257, i336, 1375.
MoNTRos, localité du domaine du
roi, 968.
MoNTVERMEiL, i34o, 1376 ; le pays
des Rouges.
NORMANT, 70, 1007, 1037.
Peride, ville, pays du comte Maurin,
52, 344, 406, 427, 482, 624, 667,
781, 810, 1008.
QuARRioN, 29 {cheval de Qu.).
RocELAURE, nom du cloître de l'abbé
Franque, 889.
RoDANS, localité où Maurin gagna le
cheval de Folque, 402.
San Eudis(/o moster), 1059.
Sant Caire {lo casteldé), 809.
Sant Elei {lo moster de), 52.
Saure, 16 (Draugue de S,), 400 {Fol-
que de S.).
Tubie, ville où réside le roi Aigar,
955, 966, 1001, 1034, io56, 1111,
ii38, ii83, 1194.
Ungrie {palejrei d), 682.
Vf ANE, 746, 799.
i5o
TABLE DES RIMES
é
MASCULINES.
Es, eis, 4, 27, 39.
Ane, 43.
Ans, 14, 26.
Ar, 11, i3, 20, 34.
Ars, 29.
As, 12, 16, 33, 41.
Is, 28.
0», 2, 10, 19.
Os, 21, 3i, 45.
Us, 1, 8,3o,44.
£7^ 25.
Ai, 23.
FÉMININES.
Ei, 3.
Ade, 17.
£/, «7, 42.
^ire, 22, 37.
Ent, 5, 9, i5, 40.
Ente, 36.
Er, 24.
/^, 18.
£r5, 32, 38.
Jte, 35.
Les rimes des tirades 6 et
7 sont inconnues.
ADDITIONS AUX NOTES
Dans le cours de Timpression, j'ai reçu de précieuses indica-
tions d'un savant romaniste allemand, aux lumières duquel
j'avais eu recours ; plusieurs d'entre elles ont trouvé place dans
les notes du texte; quelques-unes, arrivées trop tard, seront
consignées ici :
12. Retengust
33. Desci ou de for f
329. Non ou nolsface ?
742-43. Ces vers doivent peut-être être transposés.
776. El rei ; peut-être un lapsus p. desrei, derrei.
i3i
782. L'insertion de non, au lieu de 1^05, donnerait un excellent sens :« Vous
ne serez pas délivré, jusqu'à ce que...
839. Conjecture p. auantajat. ai (ou er) autriat.
843. Il y a à supposer, après ce vers, une lacune, où se trouverait l'indi-
cation de Tun des deux prisonniers, présentant un besant au roi pour sa
rançon ; le pronom /i (845) se rapporterait ainsi au roi.
926. Â transférer devant 924 ?
928. Braine, jeune vache ; voy. Carpentier sous brana.
929. Gorris, porc, diminut. du subst. qui a donné le fr. goret,
1012. 01 est du dialecte poitevin, = prov. o (fr. le) ; on pourrait aussi le
prendre pour oil = o + ^''
1048. Peut-être preclar^ qu'on trouve daus Boèce, 170.
io52. On trouve fréquemment le pluriel tires comme nom d'une étoffe.
iio5. Befars f
1137. Ambars, embarquements; voy. Rayn. sous embarc.
1149. Mieux vaudrait nom (ne me) .
1262. Obelaire tient au vfr. hobeler; cp. le subst. hobelet^ dans la
Chronique de Benoit.
1273. Bestencers, au lieu de batenters ?
1293. Non aveit peut sans difficulté se convertir en non avia, ce dernier
mot se présentant souvent comme bissyblabique.
1367. Premiers (p. penners) ?
1431. Des reiaus bers, au lieu des Des treis iausbers ?
l52
LE PEINTRE GRAVEUR
DES PAYS-BAS
AU DIX-NEUVIÈME SIÈCLE (i)
LEGROS
LEGROS, Sauveur, est né à Versailles, eA 1754, il décéda à
Enghien, le i5 mars 1834. ^- Fi'éd. Hillemacher a publié le
catalogue de son œuvre en appendice à un curieux volume sur
la vie et les œuvres de Sauveur Legros, par Loumyer. Nous ne
faisons que le reproduire à peu prés textuellement, non sans
remercier M. Hillemacher de la gracieuse autorisation qu'il
nous en a oftroyée.
1. Portrait de Sauveur Legros.
C. H. 0,114. L. 0,100.
Vu de face, en buste, coiffé d'un chapeau à larges bords.
On lit au bas à gauche ; 5. Le Gros, se ipsum deL et sculp.
(i) Suite. Voir les volumes précédents, passim.
i53
2. Portrait de Sauveur Legros.
H. 0,137. L. 0,090.
Dans un médaillon ombré, presque de face, coiffé à poudre, le
cou nu.
Dans la marge à gauche : François pinxit, à droite : Le Gros
sculpsit, 7786 (?).
3. Portrait du marne.
H. o,o85. Lk 0,066.
Buste des trois quarts à gauche ; coiffé à faces, habit à revers
de peluche ouverts sur le collet.
Signé L. G. à Tangle inférieur gauche.
4. Portrait de Sauveur Legros en femme.
H. o,i3i L. o,og3.
Il est travesti en femme, coiffé d'un bonnet blanc et porte un
fichu sur sa poitrine.
5. Portrait de madame Legros.
H. o,ii3. L. 0,090.
Coiffée d*un bonnet blanc, que traverse un ruban, les épaules
couvertes d'un fichu ; ovale, au pointillé.
Dans la marge à gauche, on lit : Le Gros ad vivum del, et
sculpsit, 1789.
icr état. — Inachevé, le pointillé seulement entamé.
2e. état. — La planche terminée et le pointillé fini.
Tome xii. 11
i54
6. Emile Legros.
L. 0,099. H. 0,084.
Enfant à côté d'un chien couché sur un fauteuil et qui lui
lèche la figure.
Signé au bas de la gauche : L. G.
i7. Portrait du même, ovale.
H. 0,117. L. 0,082.
Legros est vu de profil, appuyé contre un meuble que sur-
monte un vase. Il tient, de la main droite, sa pipe, et, de la
gauche, un livre. On lit au-dessus de l'ovale, à droite : 5. Le
Gros, et, à gauche, 1800.
8. Portrait du même et de Soliman.
H. 0,120. L. 0,088.
Le personnage est debout et s'appuye, de la main droite,
contre une chaise sur laquelle est assis un vieillard à barbe
blanche, coiffé d'un haut bonnet à poils et couvert d'une robe
fourrée. Ce vieillard est un Turc du nom de Soliman.
Signé à gauche dans la marge : 5. Le Gros,
9. Joseph IL
H. 0,145. L. o,io5.
L'empereur Joseph II, en habit blanc, décoré de ses ordres et
tenant une lettre ouverte.
Quatre vers sous le buste : Son droit éteint , etc.
i55
10. Le prince de Ligne.
H. i35. L. 117.
Le feld maréchal prince de Ligne, en buste, de trois quarts à
droite; au-dessous on lit : S, A. le prince de Ligne, à droite,
contre le trait circulaire : Le Gros ; à gauche : 1792.
11. Le prince de Ligne.
T, c. H. 0,090. L. 0,078.
Des trois quarts à gauche, dans un ovale, le fonds en légère
grisaille.
12. Le prince de Ligne.
L. 0,045. H. 0,087.
Portrait en pied, de profil, à gauche, gravé au simple trait ;
ayant un habit à revers et les mains croisées derrière le dos.
Signé, dans la marge, à droite : L, G,
13. La princesse de Ligne.
H. 0,164. L. 0,123.
En buste de trois quarts à droite ; au devant de la coiffure
élevée une rose ; dans la marge, on lit : Le Gros deL et sculpsit,
— A gauche et à droite : 164.
i56
14. La princesse de Ligne.
H. o,o63. L. o,o5o.
Représentée en pied, elle est coiffée d'un chapeau, a le corps
tourné vers la droite et s*appuye des deux mains sur le dossier
d*une chaise.
15. L'abbé DeliUe.
H. 0,107. L* o»o77.
En buste dans un ovale ombré, la tête tournée de trois quarts
à droite, et vêtu d'un habit noir. Sous Tovale on lit : L'abbé
Delille, Contre Tovale à gauche : Le gros, et à droite : 1792.
16. Henri Joseph Van der Noot.
H. 0,067. L* o»o55.
Il est vu en buste dans un ovale ombré, le cou nu, la chemise
rabattue sur les épaules.
Au-dessous : H. Vander Noot, en majuscules.
17. Titre.
H. 0,217. L* o»*?^.
Une pierre ruinée, ombragée d'arbustes, sur laquelle on lit
rinscription : Recueil de Gravures à Veau-forte diaprés les
dessins de différents maîtres, par S, Le Gros, amateur 1789. 1
Dans la marge on lit, à gauche : O. Le May ; à droite : L, G,
157
18. Diane et GalUsto.
H. 0,180. L. 0,283.
La déesse est représentée au milieu de ses nymphes décou-
vrant la grossesse de Callisto dont les nymphes écartent les
voiles.
Dans la marge on lit à gauche : Jos. François; à droite :
Legros, 1789.
i«f état. — Inachevé, avant les travaux de l'éclaircie, dans
le ciel de la forêt.
2e état. — Avec les travaux de Téclaircie, et des ombres ajou-
tées sur divers personnages.
19. Les folâtres jeux.
H. 0,134. L. 0,12g.
Sept nymphes couchées dans diverses attitudes, à Tombre de
grands arbres; un carquois et des oiseaux morts au premier
plan ; sur les terrains, à gauche, on lit : F. Boucher, à droite :
Legros.
20. La puissance de Tamour.
H. 0,184. L. 0,159.
Deux femmes nues soutenant un amour qui se retient à leurs
cheveux; ovale dans un carré» angle inférieur de gauche :
Bouchardon ; à droite : Le Gros, 1788.
i58
21. Le jugement de Paris.
H. 0,128. L. 0,127.
Vénus accot^pagnée de l'Amour reçoit la pomme du berger, à
la confusion de Junon et de Minerve. François pinxit. Legros,
dans le terrain, à gauche et à droite.
22. L'enfant couché.
H. 0,098. L. 0,080.
Un enfant reposant sur une draperie à gauche, de profil ; au
pointillé.
Signé F. Flamand, à gauche, et, à droite : Le Gros.
23. Sainte Oertrude.
H. 0,109. ^' 0,061.
Cette pièce représente la terre cuite d'Huygens qui surmonte
la fontaine de Sainte-Gertrude à Ixelles, lez- Bruxelles. La sainte
tient d'une main un bâton pastoral et de l'autre un rat. Sous la
niche on lit : 5. Gertrudo (sic).
24. Le poste avancé.
H. 0,097. ^- 0*129.
A l'entrée d'un bois, un gros de cavalerie, dont les deux
officiers causent à pied, leurs chevaux étant tenus en main. On
lit dans les terrains à gauche : Langendyk inv. et à droite :
Le Gros, 1792.
i59
25. Le goutteux.
H. 0,077. L. o,i58.
Un homme trainant dans une brouette un personnage aux
jambes empaquetées et tenant un parasol.
Signé L. G. au bas à gauche.
26. La carte de Legros.
H. 0,069. L- Ojoyi-
Deux amours dont l'un tient les grelots de la folie au-dessus
d'un cartouche entouré de fleurs sur lequel est écrit en majus-
cules : M. Le Gros,
Signé au-dessous, en petits caraéléres à gauche : Legros et à
droite : 1790.
i«r état. — Avant le nom.
2® état. — • Avec le nom sur le cartouche et des ombres sur le
papier déroulé.
27. Carte de Madame Sneessens.
* H. 0,078. L. 0,080.
Un cercle de branchages et d'instruments aratoires entoure le
nom de Madame Sneessens ; et au-dessous, en petits cara£lères,
à gauche : De Wailly inv. et à droite ; Le Gros seul.
i*»" état. — Avant le nom.
2e état. — Avec le nom sur le cartouche.
i6o
28. Carte de W^ de Walokiers
H. o,o56. L. 0,080.
Sur une pierre reposent entourés de feuillages, une lyre, des
flûtes et un livre de musique ouvert. On lit sur l'épaisseur de la
pierre en caractères majuscules : — Mademoiselle de Walckiers.
29. La sainte famille d'après Rembrandt.
H. 0,140. L. 0,174.
Joseph et Marie assis auprès du berceau, la Vierge lit dans un
livre, la lumière éclaire vivement le berceau.
On lit dans la marge, allant de gauche à droite : Rembrandt
pinx. Dédié â mon ancien élève en 1791. Le Gros.
30. Le repos.
H. 0,120. L. 0,088.
Un oriental, coiffé d'un bonnet à poils, est assis à une fenêtre
et regarde dans un jardin. Un pot de fleurs est sur Tappui d'une
fenêtre. A terre il y a des pantouffles.
Signé dans la marge à gauche : S. Legros f.
31. L'hospitalité.
H. o,io5. L. 0,089.
Un vieillard assis dans un fauteuil est déchaussé par un enfant,
tandis qu'un autre prépare le lit.
Signé, dans la marge inférieure, à gauche : Rembrandt del.y à
droite : Le Gros se.
i6i
32. — 33. Deux gueux (d'après Rembrandt).
H. 0,084. L. o,o5i.
Un gueux coiffé, d*un bonnet élevé, appuyé sur un bâton,
tourné à gauche et avançant une main.
Signé Rembrandt/., au bas, à gauche; au haut : L, G,
H. o,o5g. L. o,o5i.
Un gueux coiffé également d*un bonnet élevé et tourné de
profil, à gauche ; ayant un sabre court au côté.
On lit au coin gauche, en haut : Rembrandt /. et au côté
opposé : L. G. 1789.
34. Le cabaret (d'après Ostade).
H. 0,182. L. 0,154.
Des buveurs entourent une table, l'un tenant un verre, l'autre
un pot, un troisième des cartes ; quatre autres personnes sont
également dans la salle.
On lit à l'angle inférieur gauche Ostade, et en haut, du même
côté : L. G.
35. Le bénédicité (d'après Ostade).
H. 0,084. '"• OjOyS.
Une famille d'artisans s'apprête à prendre son repas. Copie
de la pièce de Bartsch, n» 34.
Signe au bas : L. G.
l62
36. Les ftimeurs (d après Ostade)
H. 0,077. L. 0,060.
Copie du même; i3, catalogue de Bartsch.
Signé L. G.
37. Le gueux debout (daprés Ostade)..
H. 0,087. ^' Oio56.
Copie de la pièce n» 21, de Bartsch.
38. Portrait d*un Turc.
H. 0,120. L. 0,087.
Tête d'oriental, le portrait de Soliman, cité dans la pièce 8.
39 A 42 MENDIANTS.
39. Mendiant (d'après Vandevelde).
H. 0,094. L. o,o53.
Un personnage coiffé d'un bonnet, vêtu de culottes en
lambeaux, les bras croisés, se dirigeant vers la gauche.
On lit au bas du côté gauche : A. Vandevelde, et à Tangle
supérieur droit : L. G:
40. Mendiant (d'après Saftleven).
H. 0,126. L. 0,077.
Un homme de profil, à droite, coiffé d'un chapeau à plumes,
i63
se tenant appuyé des deux mains contre une longue perche.
On lit au bas de la gauche : Sactléven (sic); à droite : L. G.
41. Mendiant.
H. 0,089. L- 0.067.
Un homme coilFé d'une casquette fourrée dont les attaches
sont pendantes, debout de face^ s appuie des deux mains sur un
bâton qu'il tient derrière lui.
42. Mendiant.
H. 0,108. L. 0,057.
Il est coiffé d'un bonnet et couvert d'une houppelande, a
les pieds chaussés de lourds souliers, est vu de dos et s'appuie
sur un bâton.
Signé à l'angle supérieur de droite : L, G
43. Le paysan.
T. c. H. 0,077. L" 0)04^-
Coiffé d'un chapeau, les mains dans les poches de son pour-
point, il est tourné de trois quarts à gauche; lavis d'aqua-tinta.
Signé au haut à droite : L. G.
44. Le centenaire.
H. 0,092. L. 0,086.
Un vieillard assis de profil, à gauche, sur un tertre.
164
On lit dans la marge : Vieillard de Bruxelles^ âgé de
lîo ans 1789; adroite : O. Lemqy; à gauche, dans la marge à
rebours : L. G.
45. L*âne (d'après Van Bloerner).
H. 0^146. L. 0,162.
Un âne, tête tourné vers la droite et regardant le spedateur.
46. Le chien épagneul.
H. 0,154. L. 0,193.
Un chien épagneul couché, le corps dirigé à gauche, et regar-
dant en face.
On lit au bas à gauche : O. Lemajr deL, à droite : Le Gros,
1789.
47. Le chien de garde.
H. 0.121. L. o,i38.
Un chien tourné de trois quarts à gauche, il regarde vers le
fond.
Signé à 1 angle supérieur droit : L. G.
48. Les chevaux (daprès Wouwermans).
H. 0,128. L. 0,181.
Deux chevaux mettant en émoi les villageois; au premier
plan, un petit paysan tombe à terre, un personnage tire un
cheval par une longe.
i65
On lit dans les terrains à gauche : Woun/ermans, et à droite :
Le Gros.
49. Le convoi.
H. 0,064. L. 0,170.
Deux voitures suivant le même chemin, un personnage assis,
au haut du premier chariot.
On lit au haut, à gauche : Théaulon inv. et dans un carré,
adroite : Dédié à M, A. Théaulon par ses admirateurs de
Bruxelles, Dèscheppere père, maisonavit, Coquereau arbravit.
Le Gros tachavit, de Scheppere fils scripsit, Bruxelles
2Q janvier i8o5.
50* Les cavaliers^
H. 0,100. L. 0,066.
Deux hommes sont arrêtés, Tun à cheval, l'autre préparant les
étriers de sa monture ; son bâton est à terre près de lui.
Signé au bas de la marge à droite : L, G,; k gauche, on lit :
P, Verhaes.
51. Le troupeau.
H. 0,114. L. 0,175.
Un troupeau composé de plusieurs moutons et d*un bouc
couché à Tombre sur la gauche, une vache blanche au milieu.
Sur le terrain, on lit : H. Rocs, à gauche; Le Gros 1789, à
droite.
i66
52. Le passage du gué.
H. 0,098. L. 0.149.
Une vache et deux moutons traversent un gué; on lit dans la
marge : Ommeganck, à gauche et à droite : Le Gros,
i«r état. — Avant le ciel.
2« état. — JAvec le ciel.
53. Le passage du gué.
H. 0,077. L. o,ii3.
Copie du sujet précédent, avec suppression d*un mouton, du
ciel et des fonds.
54. Marine (d'après Backhuysen).
H. 0,124. ^* 0,210.
Plusieurs barques à voiles ; la plus importante est au premier
plan. Le fond forme rivage, avec une tour carrée.
Signé L. G. à Fangle supérieur gauche. Dans la marge, on
lit : Backhuysen y à gauche; à droite : Le Gros,
55. Marine (d'après Vandevelde).
H. o,i35. L. 0,206.
Un vaisseau de haut bord entouré de barques, dans Tune
déciles deux pêcheurs jetant leurs filets.
Signé à l'angle supérieur gauche : L, G. — Dans la marge
inférieure, on lit G, Vandevelde et Le Gros de gauche à droite.
167
56. Marine (d après O. Lemay).
H. 0,124. L. 0,189.
 droite, un grand rocher ; un pêcheur, portant ses filets, se
dirige vers la gauche ; il y a plusieurs voiles sur la mer.
Signé à gauche en haut : L. G. Dans la marge, on lit : O, Le
May,
57. 2« Marine (d'après O. Lemay).
H. 0,124. L* 0,189.
Bordant la mer on voit un rempart à droite. Un personnage
monté sur une vache, une femme portant un fardeau traverse
un gué.
Dans la marge inférieure on lit : O. L. M. et Le Gros, 1788.
58. Le pont à la croix.
H. 0,125. L. 0,174.
Une langue de terre s'avançant dans une rivière, sur laquelle
on voit un homme et un mouton. Sur la rive opposée, un bâti-
ment carré porté sur un rocher ; l'on y voit deux soupiraux
voûtés où s'engouffre le cours d'eau; et plus loin un pont
supportant une croix.
Signé au bas de la gauche, dans les eaux, L. G.
59. Le troupeau traversant le gué.
H. 0,171. L. o,i38.
Un troupeau de quatre bœufs, dirigé par un berger monté sur
i68
Tun d'eux, traverse un gué sous un groupe de roches surmontées
de beaux arbres.
Signé au bas O. Le May et Legros, 1788.
60. Les pêcheurs.
H. o,i5o. L. 0,133.
Deux personnages dans une barque pèchent, au premier plan
d'un cours d'eau bordé de deux chaumières : au fond il y a un
pont de bois que traverse une femme.
Signé O. Le May et Le Gros, dans la marge du bas.
61. Effet d*hiyer.
H. 0,108. L. 0,143.
Une rivière glacée où se Voient des patineurs ; la rivière est
bordée de chaumières, et au fond un homme chargé de ramée
traverse un pont.
Signé dans la marge : M Meyer et Le Gros.
62. Paysage (d'après J. de Grave).
T. c. H. 0,102. L. 0,146.
Un château situé au bord de la mer ; un homme sur la plage
considère un vaisseau, et, au premier plan, il y a, près d'un fût de
colonne, deux personnage^.
Signé /. de Grave et Le Gros, 1789, dans la marge.
169
63. Ruines.
H. 0,087. L. 0,119.
Un vieux mur, accosté d'un escalier, se trouve au bord de la
mer qui le baigne ; au premier plan deux barques dont Tune
supporte une tente.
64. Marine (d'après Backhuysen).
T. c. H. 0,079. ^' o>ii3.
Une barque à voile est à sec au premier plan, entourée de
plusieurs personnes ; et sur la mer différentes barques à voile.
Signé à Tangle supérieur : L. G.
65. Marine (d'après Pillement).
H. 0,082. L. 0^123.
Une barque montée de deux personnes aborde une rive
rocheuse.
Signé dans les eaux à droite : Pillement,
66. Marine (d'après Van Goyen).
T. c. H. 0,071. L. 0,125.
Un rivage escarpé où deux personnages portant des bâtons
sont à gauche. Une fabrique à pignons et à deux cheminées se
trouve à droite.
Signé dans la marge : Van Gqyeriy à gauche, et au haut à
•Iroite t L, G,
Tome xii. 12
y
170
67. La marine an môle.
H. 0,057. L. 0,095.
Un petit môle avançant en mer et le long duquel on voit
diverses personnes. Il y en a deux dans une barque ; une autre
barque est échouée, et au fond à droite sur la rive opposée se
trouve un clocher élevé et un moulin.
Signé à Tangle supérieur : L.G.
68. Marine.
T. c. H. o,o56. L. 0,080.
Deux barques. Tune ayant une grande voile triangulaire,
montées par trois individus chacune; Thorizon est bordé d*abres.
La pièce est lavée d'eau-forte.
Signé à Tangle supérieur gauche : L. G.
L La visite.
H. o,i53. L. 0,227.
Un homme vient sur Fescalier d'un manoir rustique recevoir
une dame et son cavalier, dont les montures sont gardées par
deux hommes assis.
Signé à l'angle supérieur gauche : L. G.
70. Étnde de troncs de chêne.
H. o,i53. L. 0,200.
Trois hommes et leur chien sont au pied du tronc principal.
Signé à l'angle de gauche en haut : L. G.
171
71. Étude de tronc de saule.
H. o,i5o. L. o,i33.
A côté du saule, on voit une branche coupée.
Signé sur le terrain, à gauche : Le Gros del, \
72. Les arbres dépouillés.
H. 0,1 52. L. o,2oo.
Des arbres dépouillés de feuillage entrecroisent leurs bran-
ches ; au pied du plus gros sont trois chasseurs et leurs chiens.
Signé au haut à gauche : L. G.
73. Les raines (d'après Roos).
H. o,i8o. L. 0,137.
Sur une terrasse se voit une dame qui considère des ruines au
premier plan ; sur le mur à gauche, on lit : H. Roos, à Fangle
supérieur gauche : L. G.
74. La cascade.
H. o,i58. L. 0,126.
Une chute d*eau tombe de rochers entremêlés d*arbres ; deux
personnages la considèrent en tournant le dos au spectateur.
Signé au bas : L, G. dans le terrain.
172
76. La charrette (par Wagner).
H. 0,146. L. 0,191.
Un cheval attelé à une charrette chargée gravit une côte, un
homme pousse à la roue, un autre le soutient à la tête. Une
femme porte un panier sur le dos en avant de la charrette. Au
fond on voit un cavalier qui chemine.
Signé dans la marge : Wagner et Le Gros,
76. Le paysage à réminence.
H. o,i3o. L. o,i35.
Au milieu du sujet une colline, à gauche un petit courant, à
droite dans les airs un arbre sur un fond de verdure ; un homme
portant un bâton se dirige vers le fond.
Signé au haut à gauche : L. G, inv,
77. Paysage (d'après Van Heil).
H. 0,127. L. 0,193.
Un homme, assis sur un cheval chargé, traverse un chemin
vers le speâateur. On voit au fond deux clochers entourés de
massifs d'arbres.
Signé, dans les terrains, D. Van Heil, à gauche. Le Gros,
1790, à droite :
78. Le torrent (d'après Molitor).
H. 0,128. L. 0,175.
Un torrent roulant au milieu des rochers; au premier plan, un
173
homme dresse un tronc d'arbre, tandis qu'une femme et un
enfant traversent un pont de bois.
Sur un rocher, on lit : Molitorinv,
79. Le bouvier.
H. 0,127. L. 0,175.
Un bouvier conduit sur un pont en pilotis un troupeau de
trois bœufs. Un homme est assis, au premier plan, sur un tertre.
80. La porte de bois.
H. 0,125. L. 0,173.
«Un bloc de maçonnerie carré, auquel est attenant un mur
fermé par une porte de lattis de bois, çntouré d'arbres. En
avant deux hommes assis, ayant prés d'eux des bœufs.
Signé en bas : L. G,
81. La oonversation.
H. o,w3. L. 0,173.
Dans un paysage où Ton voit des rochers et des arbres,, il y a
deux hommes assis, au premier plan, occupés à converser ; à
gauche on voit, au deuxième plan, une chaumière.
Signé à droite en bas : L. G.
82. Le marais.
H. 0,121. L. 0,149.
Un petit marais entouré de feuillages, à droite il y a un gros
arbre et des herbes aquatiques.
174
83. La grotte (daprès Molitor).
H. 0,116. L. 0,173.
Des personnages pénètrent dans une grotte sombre sous une
colline ; à droite, la route indiquée par quelques arbres.
Dans la marge on lit : Molitor inv. Le Gros.
84. Le ehemin oreux.
H. o,ii5. L. 0,173.
Un bœuf et deux moutons sont dans un chemin creux, con-
duits par un homme qui cause avec une personne assise sous un
arbre, auprès d*un tronc dépouillé.
Signé à Tangle supérieur droit : L. G. 1799.
85. Le bouleau.
H. o,n6. L. 0,170.
Près d'une chaumière s'élève un tronc de bouleau ; sur une route
à droite, marche un homme portant un bâton.
Signé : L. G. 1799, à Fangle supérieur gauche.
i««^ état. — Inachevé, avant l'effet .
2^ état. — La planche poussée au noir, les nuages complète-
ment ombrés.
86. Le berger.
H. 0,121. L. o,i5o.
Au-dessous d'un rocher, à gauche, se trouve un troupeau de
175
bœufs et de chèvres, gardé par un berger endormi, appuyé sur
son bâton; le chien est endormi à côté de lui.
On lit dans la marge : Ov Lemay, et L. G., au haut de la
gauche.
87. Ruine du jardin de M. le vibomte de Walkiérs.
T. c. H. 0,117. ^* o»»6o.
Un mur ruiné soutenu par des arcades est au milieu de la
planche ; de Tarcade du milieu s*écoule une cascade descendant
à travers des rochers; à gauche, deux dames, dont Tune
assise et tenant un parasol, cause avec un homme. Des moutons
sont couchés épars sur la pelouse.
On lit dans la marge : Ruines du jardin de M. le vicomte de
Walckiers, 1789.
Signé, à gauche dans le terrain : L. G., sculp, ,* sur le mur, U
y a les initiales O. L. M,
*
i^^ état. — Inachevé.
2« état. — Avec l'effet complet.
88. La bergerie^
H. o,ii5. L. o,i5o.
Un troupeau sort d'une bergerie, à côté, des laboureurs diri-
gent une charrue traînée par des boeufs ; au premier plan, il y
a des moutons. Effet de pluie à Thorizon.
Dans la marge on lit : H. Meyer, Le Gros^ 1790.
i«r état. — Le bouquet d'arbres faible.
2e état. — Avec des travaux ajoutés sur le bouquet d'arbres,
au-dessus de Ja maison.
176
89. Le mausolée (d'après Asselyn).
H. 0,112. L. 0,160.
Des cavaliers s*arrétent au pied d*un mausolée, Fun d'eux
descendu de cheval flatte un chien; à Thorizon, il y a une
montagne.
Signé, dans les eaux et sur le terrain : 7. Asseiyn, dans les
terrains : Le Gros, 1790.
90. Le couvreur.
T. c. Ff- 0,109. L. 0,146.
Ui^ homme, monté sur une échelle, travaille au toit dune
chaumière ; auprès de Féchelle, il y a des bottes de paille ; un
petit garçon, assis à côté d'une brouette, joue avec un chien.
On lit à Tangle inférieur de gauche : Le Gros inv. se.
91, Le voiturin.
T. c. H. o,ioo< L. o,i5q.
Sur une route, un homme conduit un vpiturin vers le fond du
sujet. Un autre homme portant une gaule sur Tépaule, marche en
sens contraire.
Signé à l'angle supérieur gauche : L. G.
98. L'hôtellerie (d'après Mansvelt).
H. 0,096. L. o,i35.
Une hôtellerie devant laquelle il y a deux cavaliers, dont l'un
177
monte à cheval, au bord de la route. Du côté droit, trois
hommes sont au pied d'un monticule, surmonté d'un bouquet
d'arbres.
Signé dans la marge : 7. 7. Mansvelt inv. et Le Gros, dans le
terrain à droite.
93. Ruines.
H. 0,095. L. 0,148.
Un pan de mur semi-circulaire, percé de trois fenêtres, au
pied duquel est un soupirail. Il y a un petit escalier en pierres.
Signé au haut à droite : L, G,
94. Ruines.
H' 0,092. L. o,i53.
Une charrette est placée, brancards contre terre, près d'un
soupirail : à côté de celui-ci un vase sur un piédestal ; trois
personnages, l'un assis, animent le site.
Signé au haut à droite : L. G. inv.
95. Ruines.
H. 0,092. L. o,i38.
Une ruine au bord d*une route sur laquelle un homme dirige
un cheval chargé de foin.
Signé au haut à gauche : Le Gros, 181 5
17»
96. Raines.
H. o,og6. L. 0,116.
Une grande ruine devant laquelle chemine un troupeau de
quatre vaches, conduit par deux hommes.
Signé au haut à droite : L. G.
97. Le ravin.
H. 0,087. L. o,i3o.
Un groupe d*arbres est sur le côté le plus élevé.
On lit au haut : Rechtberger inv.
98. L*indioatenr.
H. 0,086. L. 0,133.
Sur le talus d'un chemin bordé, d'un côté, par quelques
arbustes, et, de l'autre, par un tronc dépouillé, deux personnages
sont debout, et l'un d'eux montre à l'autre un poteau indicateur
de la route.
Sur un tronc gisant à terre, on lit : L. G.
99. Les chaumières.
H. o,o83. L. o,i5o.
Au centre, des chaumières ; à gauche, l-horizon ; à droite, une
colonne.
Signé à langle inférieur droit : Le Gros, 1789.
179
100. La rivière.
H. 0,082. L. 0,107.
Au fond, dans la direâion du speâateur, coule une rivière, sur
la rive gauche de laquelle on voit des ruines ; la droite est
occupée par un massif d*arbres, dont deux se détachent au bord
de Teau.
101. La cour de ferme.
T. c. H. 0,077. L- 0,114.
Dans rintérieur d'une cour, fermée par des bâtiments assez
élégants, se trouve un homme tenant à la main un bâton et qui
conduit un troupeau, composé d un âne, deux chèvres, et une
douzaine de moutons.
Signé dans le ciel : L, G,
102. L'attelage.
H. 0,072. L. 0,149.
Un attelage de deux chevaux, sur Fun desquels est assis le
conduâeur, qui conduit dans un chemin menant dans un bas
fond, une charrette de foin.
Sijgné dans le terrain à gauche : L. G,
103. Vue d'une porte de ville.
H. 0,070. L. 0,120.
Vue extérieure de la porte d'une ville. Deux hommes en sor-
^
180
tent, Fun d'eux est sur un cheval bâté qui porte deux paniers ;
un personnage assis sur un tertre les regarde passer.
Signé au bas à droite : L. G.
104. La ville au bord de l'ean.
H. 0,061. L. o,i35.
Au bord de Feau des fabriques qui représentent la ville;
derrière une maison élevée, on voit un dôme ; des personnes
attablées devant une porte auprès d une femme occupée à filer.
Signé au bas à gauche : L. G.
105. Chaumière (d'après Pillement).
T. c. H. 0,062. L. 0,078.
Une chaumière auprès de laquelle il y a une sorte de niche.
Sur la gauche du devant se trouve un petit étang.
Signé dans la marge ; Pillement et Le GroSy de gauche à
droite.
106. Croquis.
H. 0,064. ^' 0,098.
Sur un cours d'eau vogue une barque ; à gauche, il y a de la
verdure.
Signé au haut à droite ; L. G.
107. Titre.
H. 0,066. L. 0,089.
Des animaux couchés au bas d*une toile tendue sur laquelle
i8i
on lit : Suite de douane petits sujets de paysage inventés et
gravés à Veau-forte, par S, Le Gros, 1796.
108. Le torrent.
H. o,o65. L. 0,089.
Entre deux rochers s'échappe le torrent ; il précipite ses eaux
dans un]ac,au bord duquel sont assis, à Tombre d'un grand arbre,
deux hommes et un chien.
109. La tour.
H. o,o65. L. 0,088.
Une vieille tour contre laquelle est adossée une chaumière.
Deux individus causent dans un petit sentier voisin.
Signé au bas : L. G. inv,, dans le sol.
110. Sous bois.
H. 0,066. L. 0,088.
Dans répaisseur d'un bois, on voit un pan de muraille orné
de bas-reliefs, duquel se détache en vigueur un personnage
portant un vase.
111. Les travaux ohampètres.
H. 0,064. L. 0,089.
Dans un paysage, des individus : Fun monte à un pigeonnier
placé sur un pieu, l'autre brouette du fumier, un troisième
a tendu du linge sur des cordes suspendues aux arbres du fond.
l82
112. Intérieur rustique.
H. o,o65. L. 0,088.
Dans la cour d^une maison de campagne, deux individus cau-
sent assis par terre, près d'une porte ouverte. On aperçoit une
charrette sur un plan plus éloigné.
Signé au haut à gauche : L, G, inv.
113. La route.
H. o,o63. L. 0,088.
Sur une route encaissée chemine un homme à cheval, accom-
pagné d*un piéton qui porte un fardeau suspendu à un bâton.
Un troisième individu, à gauche, est assis au pied d'un rocher
portant l'inscription : L. G., inv,
114. Ruines.
H. o,o63. L. 0,088.
Des ruines entremêlées d'arbres ; à droite, on voit une route ,
une femme appuie de ce côté un panier sur un gros arbre placé
à terre.
115. Le lac.
H. o,o65. L. 0,088.
Un lac dans lequel s avance, au premier plan, un monticule
surmonté d'un arbre dépouillé ; près de la rive est une barque à
voile triangulaire, et un cheval prend terre, tandis qu'un homme
vient au devant de lui.
Signé au haut à droite : L, G. inv.
i83
116. La cascade.
H. o,o63. L. 0,088.
A gauche, une chute d*eau. Deux hommes causent ; Tun d'eux
est appuyé contre un arbre, il porte une perche.
117. Le pêcheur.
H. o,o63. L. 0,086.
Un pêcheur tend sa ligne en se retenant de Tautre main à un
arbre; s ur le bord opposé de Feau est une maison de paysan.
118. Effet de nuit.
' H. 0,066. L. 0,089.
Un homme monté sur une barque la dirige le long du bord
d'un étang, où la lune éclaire, au travers des arbres, une
maison.
119. Paysage à la tour carrée.
H. 0,064. L. 0,087.
Une tour carrée à laquelle on arrive par un pont de bois sus-
pendu en Tair et correspondant à un rocher. Au premier plan, il
y a deux personnes.
120. La porteuse de sarments.
H. o,o65. L. 0,045.
A gauche, sont des arbres élevés; une femme porte des
sarments ; au fond, des hangars à toits pointus.
Signé au haut à gauche : L, G., en hauteur.
i84
121. Le rocher.
H. 0,064. ^- 0,044.
Un rocher à côté duquel s'élève un arbre. Un personnage
assis se détache en effet vigoureux du même côté.
Signé à droite : L. G.
m
122. La route.
H. 0,054. L. 0,074.
Sur une route bordée de ruines élevées, on voit deux hommes
précédés d*un chien qui jappe.
Signé : L. G.
123. Le temple.
H. 0,048. L. 0,070.
Vue intérieure d'un temple jonché de ruines ; sur le piédestal
d'une statue, à droite, se lit : L. G.
124. Effet d*orage.
H. 0,045. L. 0,074.
Au bord d'un étang se trouvent trois arbres.
Signé dans la marge : Le Gros, Copie du paysage aux trois
arbres de Rembrandt.
125. Pêcheurs.
H 0,043. L. o,o56.
Du haut d'un puisard sur pilotis où se tiennent trois hommes,
i85
l'un d*eiix laisse filer un engin ; une petite barque montée par
deux hommes est à la droite.
Signé au haut à gauche : L, G.
126. La ferme.
H. o,o32. L. 0,079.
Devant une maison de paysan sont arrêtées deux charrettes
couvertes, un homme est au milieu du chemin.
Signé : L. G.
127. Le village an bord de la rivière.
H. o,o3i. L. 0,092.
La rivière est au premier plan ; au fond, le village, où Ton voit,
à gauche, un édifice carré, et, à droite, un clocher.
Signé au haut à gauche : L. G.
128. Paysage (d'après Molyn).
H. 0,034. L. 0^092.
Dans la campagne, on voit causer, à droite, deux person-
nages, Tun assis, Tautre debout.
Signé dans la marge : Molyn, dans les ciels : L. G.
129. Ruines (daprès Moreau).
H. o,o3i. L. 0,092.
Deux individus, accompagnés d*un chien, examinent des
ruines.
i3
i86
Signé dans la marge à gauche^: Moreau, et, dans le ciel, du
même côté : L, G,
130. Les chaumières.
H. o,o3o. L. 0,075.
Plusieurs chaumières se tenant; devant Tune d'elles, une
femme agenouillée écure des baquets.
131. Maison de campagne.
H. 0,027. L. 0,082.
Une maison de campagne située au bord de Teau. Trois per-
sonnes se promènent en barque. Un petit clocher étroit s'élève
au-dessus du château.
Signé au haut à gauche, dans l'angle : L, G,
132. La muraille aux deux tours.
H. 0,028. L. o,o65.
Une muraille, à droite, flanquée de deux tours. A gauche,
une campagne et deux hommes assis qui causent ensemble au
premier plan.
Signé au haut à gauche : L. G.
i87
NECROLOGIE
La Belgique vient de perdre un de ses travailleurs d'art les
plus distingués, dont la destinée utile et étrange ne doit point
passer inaperçue.
Charles De Brou était né à Bruxelles en 1 8 1 1 . Daas sa jeunesse
une gageure imprudente lui brisa les reins : il avait, pour prou-
ver sa force, parié de soulever une poutre énorme. Il y réussit,
mais il y laissa sinon la vie, du moins les ressorts qui la font
mouvoir. On dut le mettre au lit... il y resta vingt-deux ans!
Ce long et cruel supplice fut adouci dans la mesure du possible
par une sollicitude princière qui, depuis le jour du fatal accident
arrivé à De Brou jusqu'à l'heure de sa mort, n'a pas cessé un
seul instant de se manifester par les prévenances les plus déli-
cates et les plus intelligentes. Je n'insisterai plus sur cet admi-
rable détail : il y a des œuvres que Dieu seul doit connaître et
bénir.
Cloué sur son lit de douleur, De Brou qui avait reçu une
éducation distinguée et qui s'était voué à Tétude des arts, eut
bien vite trouvé ce qu'il lui fallait pour passer le temps et trom-
per ses souffrances. La peinture, la gravure, la bibliographie et
l'iconographie furent ses anges consolateurs. La vie active du
corps lui étant interdite, il développa dans une large mesure la
vie de l'intelligence. Il s'occupa d'abord avec passion des peintres
gothiques et de leurs œuvres ; il parvint dans cette partie à un
i88
degré de science analytique que peu d'hommes ont eu en partage.
On lui envoyait les œuvres qu'il ne pouvait aller voir, il les
comparait patiemment entre elles et finit par acquérir dans
Tétude des vieux maîtres une notoriété reconnue de l'Europe
entière. Il déploya la même ardeur dans l'étude des gravures
anciennes et dans la connaissance des livres. Il a admirablement
copié quelques chefs-d'œuvre de l'art flamand en peinture et
en gravure; il a reproduit, d'une pointe irréprochable, les
plus belles miniatures des manuscrits de la bibliothèque de
Bourgogne.
Un ami commun me transmet à ce sujet quelques détails que
je suis heureux de transcrire ici :
« Ce n'était pas seulement un bon peintre, un excellent
graveur, mais c'était avant tout un iconophile vraiment extraor-
dinaire. Il m'est arrivé plus de vingt fois de lui demander son
avis sur des planches inconnues ou mal déterminées ; jamais son
ta6t, son érudition n'ont été mis en défaut. Et puis, les livres
du quinzième siècle ! quel vaste trésor de connaissances
n avait-il pas amassé pendant ces longues années de réclusion,
de souffrances et de méditations! Il touchait à toutes les ques-
tions de date, d'origine, avec une main sûre et un aplomb inouï.
Dans les bons moments nous avions formé des projets de publi-
cations intéressantes destinées à répandre la connaissance des
gravures anciennes et de leurs auteurs. Un de ses derniers tra-
vaux fut une étude malheureusement inachevée sur l'œuvre dç
Fr. Hogenbergh, connue sous le titre de : « L'entrée de Charles-
Quint et son couronnement comme empereur romain, à Bologne
en i53o. «Jusqu'à présent cette œuvre de Hogenbergh est impar-
faitement connue ; De Brou entreprit d'en déterminer les divers
états et tous les changements apportés à ces planches curieuses.
Les notes prises sur sept états bien déterminés sont là. Espérons
i89
qu'un jour un homme capable s occupera de mettre ce travail en
lumière.
« Un autre travail de De Brou, également inachevé, est l'his-
toire de Robert Péril, le graveur sur bois qui a publié, à Anvers,,
plusieurs planches très-curieuses et très-rares. Le chevalier Léon
de Burbure avait déjà consacré à ce graveur une notice dans les
Bulletins de V Académie, mais cela ne suffisait pas : la maison
d'Arenberg avait dans ses collerions les éléments nécessaires
pour compléter le traVail de Thonorable académicien. »
D'autres travaux, en quantité considérable, sont là et témoi-
gnent de la science et de Taélivité de cet homme qui, un jour,
grâce à des soins touchants et après vingt-deux ans, se leva de
son lit et se mit de nouveau à sourire à la vie. Il avait près de
soixante ans ! Ce fut comme une aurore nouvelle, il marcha tout
étonné et vacillant comme un enfant à ses premiers pas ; il sortit,
se mêla à la circulation humaine et prit pied dans une existence
aftive où il étonna et charma tout le monde par son érudition et
un caraftère d'une douceur d'autant moins compréhensible que,
alité pendant près d'une existence d'homme, on pouvait s'attendre
à une aigreur qui eût été du reste très-excusable.
Son aftivité ne se démentit pas; déjà conservateur des collec-
tions artistiques de la maison d'Arenberg, il fut nommé membre
correspondant de la Commission royale des monuments, puis
membre de la Commission directrice des musées royaux, puisL
membre de la Société royale belge de numismatique. Partout il
se multiplia et répandit les trésors de son intelligence et de son
savoir. Le musée royal des antiques surtout, où sa nouvelle vie
s'était concentrée, lui doit une bonne partie de sa splendeur
actuelle. Il a publié une quantité considérable de notices dans
nos revues belges et dans des journaux étrangers. Son dernier
travail a trait à une polémiique au sujet de la gravure des armes
190
de Bourgogne de la Bibliothèque. On y remarque une violence
de style inaccoutumée, elle trouve son explication et son excuse
dans le mal nouveau qui était venu le frapper et dont il est mort
à Tâge de 66 ans.
On n oubliera pas que M. De Brou avait été lun des membres
fondateurs de la Société des Bibliophiles ; Tétat précaire de sa
santé ne lui permettant pas de donner à nos travaux un concours
aussi assidu qu'il Teût voulu, il eut la délicate abilégation de
renoncer à ce modeste honneur pour prendre rang parmi nos
membres correspondants. Dans cette situation plus effacée, il
ne se crut néanmoins pas quitte de ses obligations envers la
Société et nous avons dû à son érudition si sûre plus d une
notice intéressante. Il s'occupait encore de réunir des matériaux
pour nos analeâes, lorsque la maladie vint abattre son infati-
gable adlivité.
Caraftère droit, cœur excellent et pur, esprit loyal, De Brou
est mort considéré et aimé de tous ceux qui l'ont connu. Il était
officier de l'ordre de Léopold. Lors de la levée du corps à l'hôtel
d'Arenberg, Gallait a honoré sa mémoire par quelques paroles
parties du cœur. Au cinffetière d'Héverlé, près de Louvain, j'ai
dit le dernier adieu à celui dont je suis heureux d'avoir été l'ami.
AD. SlRET.
La mort a eu dans ces derniers temps d'implacables rigueurs
pour notre Société : elle nous a ravi à quelques jours d'intervalle
deux autres de nos membres fondateurs les plus distingués.
M. Campan (Charles-LOUIS-ALCÉE), un des vétérans du
journalisme et des lettres de notre pays, est mort à Bruxelles,
1
191
le 5 novembre dernier. M. Campan était né à Bordeaux,
le 25 mars i8oo. Il fut Tun des fondateurs de Vlndépendant, qui
devint plus tard YIndépendance belge, et y publia pendant plu-
sieurs années un grand nombre d articles. Retourné dans sa ville
natale, il fut pendant longtemps secrétaire de la Chambre de
commerce de Bordeaux; mais il revint en Belgique en i85i,
collabora à V Étoile belge et fut secrétaire de M. Tielemans lors
de son passage au ministère de Tintérieur. Des mémoires fort
remarqués sur les rapports commerciaux de la Belgique avec la
France lui valurent la croix de Tordre de Léopold. M. Campan
était un homme d'un esprit élevé et droit, un écrivain poli et
d un goût sûr, une belle âme ornée d'un beau talent, le type de la
loyauté et de Thonneur : tous ceux qui lont connu conserve-
ront pour sa mémoire un affeélueux respe£l.
Membre fondateur de la Société des Bibliophiles, il fut aussi
le créateur de ]a Société de Thistoire de Belgique, dont il resta
Taélif secrétaire et dont il enrichit les publications de travaux
importants. M. Campan laisse, dit-on, des commentaires
curieux sur V Esprit des lois mis en parallèle avec les doélrines
constitutionnelles. Nous connaissons de lui :
Deux coalitions parlementaires, 1783-1839. Bruxelles, i863.
(Tiré à 100 exemplaires.)
La question de Vor en Belgique, Bruxelles, 1860, Decq.
Les mémoires d'Ensinas. Bruxelles, 1862-1863 (coUedion des
mémoires de la Société de Thistoire de Belgique). 2 vol.
La notice annoncée sur la vie et les travaux d'Ensinas n a
jamais paru.
Les œuvres de Fonfrède, Bordeaux, 1844-1846, 10 vol.
Bergues sur-le-Soom assiégé en 1622 (colleélion des
mémoires). 1867, 1 vol.
192
M. VEYDT (Laurent^François-FÉLIX), ancien ministre des
finances» en 1847, membre de la Chambre des représentants
de 1845 à 1859^ direâeur de. la Société générale, officier de
Tordre de Léopold, etc., né à Anvers, le 7 août 1800» est mort à
Bruxelles, le 22 novembre dernier.
M. Veydt fut aussi Tun des membres fondateurs de la Société
des Bibliophiles ; c'était un amateur éclairé du beau dans toutes
ses manifestations, possesseur de véritables joyaux en fait de
livres et d'objets d'art. Sa bibliothèque surtout, choisie et entre-
tenue avec un goût délicat, reflète les prédileâions d un esprit
sérieux et modeste qui aimait à se délasser dans le commerce des
livres du tourbillon des grandes affaires où son génie financier
l'avait porté presque à son insu.
Mentionnons enfin la mort d'un artiste de marque»
M. KUHNEN (P. L.), qui était l'iconophile le plus distingué de
notre pays ; il joignait à un talent éminent une véritable science,
bien rare chez nos artistes.
193
Vente des estampes de M. H. Wolff de Bonn conte-
nant une série presque complète de l'iconographie
de Van Dyck et autres gravures rares.
Le 26 novembre dernier et jours suivants a eu lieu à Franc-
fort s/M., sous la diredlion de M< Prestel, la vente de cette col-
leélion célèbre, qui a fourni presque exclusivement les maté-
riaux de la monographie de H. Weber.
L'achat en bloc de la collection Verstolk avait permis à
M. Wolff d'opérer dans la sienne un triage qui explique com-
ment il a pu réunir un si grand nombre de pièces admirables.
Le fait est quelles sont toutes dans une condition parfaite, à
pleines marges et d'une fraîcheur éblouissante : aussi amateurs et
marchands s'étaient-ils donné rendez-vous à ce tournoi d'en-
chères qui atteignit un total fort respeftable. Nous ne donnons
ici que les prix de 100 marks réduits en francs. Nous
suivons l'ordre du catalogue ; l'abréviation C. renvoie au livre
de Carpenter et le W. à celui de Weber.
I. PORTRAITS GRAVÉS PAR A. VAN DYCK.
Fr c.
1. J. Breughei (C. 1). Superbe épreuve du 2« état, avant la lettre. 83 1 25
5. P. Breughei (C. 2). Du i^'' état, admirablement conservée et
très-rare 1,068 jS
10. il. Cornelissen (C 3). Très-bel ex. du 2^ état, avant le nom
du graveur, mais avec une ligne de titre, nom
du maître et adresse 400 »
14.-4. Van Dyck (C. 4). Epreuve admirable du i«' état : il n'y
a de gravé que la tête et l'indication du collet :
à toutes marges 3,5oo »
194
fr. c.
i5. Erasme (C. 5). Exempl. d'une grande beauté du i®' état,
avant la lettre 1,000 »
19. F. Franck (C. 6). Magnifique épreuve du 2« état, avant la
lettre etle t. c 756 25
23. Ph. Le Roy (C. 11). i«' état à Teau-forte pure, avant la lettre;
il n'y a de gravé que la tête, un morceau du
collet et le haut du manteau. Epreuve remar-
quable par son brillant et sa finesse .... 2,625 »
27. J, de Momper (C. 7). Admirable épr. du i^ état à l'eau-forte
pure, avant la lettre et le t. c, à pleines marges. 1 ,012 5o
3i. J. de Momper, Gravé une seconde fois par Van Dyck (C. 8).
La pièce la plus rare de la coUeâion, dont on ne
connaît d'autre épreuve que celle du Brit.
Muséum, et d'une beauté digne de sa rareté. On
sait que cette estampe fameuse n'est pas termi-
née : la tête seule est gravée, le restant simple-
ment indiqué au trait 5,937 5o
36. A. VanNoort (C. 9). 2« état, avant la lettre, mais avec le
pilastre dans le fond ; très-belle épreuve. . . 656 »
40. P. Pontius (C. 10). Magnifique et rare épreuve du 2« état
(on n'en connaîtque deux du i«'), avant la lettre. 1 ,625 »
43. J. Snellinx (C. i3). i«'état, à toutes marges 887 5o
46. J, Snellinx. Gravé une seconde fois par Van Dyck (C. i5).
Superbe 2« état, le \^^ de la planche terminée
par de Jode, sans nom du graveur, marge pleine. 3 1 7 5o
52. F. Snyders (G. i6). Charmante pièce du i«' état, la tête et le
collet seuls gravés, à l'eau-forte pure, avant la
lettre et le t. c i,388 5o
55. J. Sustermans (G. 17). Epreuve du i<"f état, pleine de firaîcheur. 1,612 5o
59. A . Triest (G. 18). Magnifique épreuve du 2® état 594 5o
63. L. Yorsterman (G. 19). i«' état, eau-forte pure, un des chefs-
d'œuvre du maître, en fort belle épreuve. . . 2,787 5o
64. Le même, 4® état 3i8 75
67. G. de Vos (G. 2), 2® état, avec le fond ; le visage et la partie
droite du personnage au trait seulement. Très-
rare. 562 5o
70. P. de Vos (G. 21). 1®' état, à l'eau-forte pure, la tête et une
partie du fond seuls sont gravés; très-belle
épreuve, mais sans marge et montée sur papier,
ce qui ne l'a pas empêchée de monter à. . . 2,65o »
74. J, de Wael (G. 22). i«' état, sans bras ni main gauches,
avant la lettre 1,412 5o
193
Fr. c.
74. J. de Wael. 2* état, avec le bras et la main gauches (proba-
blement unique), rogné sur l'empreinte de la
planche i25 »
IL PORTRAITS GRAVÉS D'APRÈS A. VAN DYCK.
A. Pour réditeur M. Van den Enden :
PAR BOLSWERT :
85. il /*. if -4 r^nt^r^ (W. 2). i« état, fort rare 256 25
96. A. Brouwer (W. 4). i« état avec le titre, -4 ^r^j/ramfiroiwer,
très-rare i32 5o
loi, Juste-Lipse (W, 5), i*^r état 18875
io5. M. Pepyn (W. 6). i«' état 168 75
109. 5. Vrancx (W. 7). i« état 162 5o
11 3. Marg, de Lorraine (W. 8). i«' état, très-rare 126 25
PAR p. DE JODE (le VIEUX).
140. Jean de Tilly (W. 14). i«' état, très-brillant i38 75
PAR p. DE JODE (le JEUNE).
144. A. de Coster (W. i5). i«' état, extraordinairement beau et rare. 188 75
154. J, Jordaens (W. 16). i«' état 187 5o
162. C. Poelenburg (W. 19). 1" état . . . < 157 5o
167. E, Puteanus (W. 20). i« état 188 75
177. A, de Wallensteiniyj, 2^Ç). i®' état, superbe i5i 25
180. Gen» dUrphé (W. 25). Magnifique i«' état, avec le mot
/f avère», et avant les points. . . . . 363 75
PAR P. PONTIUS.
189. H. Van Balen (W. 27). i«' état, une ligne de titre et adresse,
avant le nom du graveur 187 5o
194. D.'A, Bas^aniy^. 28). Épreuve très-rare du \^^ état, avec
Tadresse, mais, avant les points et avec le mot
Be/^/or au lieu de Regior 162 5o
2o3. D,-Ch. Colonne (W. 3o). Épreuve de la plus grande beauté,
du i^^ état, avec deux lignes de titre , grandes
marges ; très-rare i56 25
21 3. E. Frockas-Perera-Pimentel (W. 32). Épreuve hors ligne
pour sa beauté et sa rareté, avant toute lettre . 72625
196
fr. c.
219. C. Vander Geest (W. 33). Très-beau i«' état 460 »
224. G, Gevartius (W. 34). Superbe épreuve du i«' état, à toutes
marges 188 75
233. Gustave-Adolphe de Suède (W. 36). i*'* état, extrêmement
rare, d'un brillant et d'une vigueur incompa-
rables 401 25
234. Le même, 2« état, très-belle épreuve 176 25
255. Jean de Nassau (W. 41). Épreuve parfaite du i«' état, signée
P. Ponsius, très-rare 126 25
260. Palamedes:('Stevens Palamedes (W. 42). Superbe i«' état . 2i3 75
266. P. PontiusÇW. 43). Magnifique épreuve du i"état .... 488 75
274. Th. PfitnboutsÇW, 4b), 1" état de toute beauté 187 5o
279. P. -P. Rubens (W. 46). Épreuve splendide du 1» état avant le
nom du graveur, bonnes marges 5oi 25
280. Le même, 2« état 25i 25
289. Fr,'Th. de Savoie-Carignan[W. 48). i«' état, fort beau . . 188 75
304. Th. Vijn Loow (W. 52). Magnifique i«' état i25 »
3 1 5. y. W/We«5 (W. 55). i«' état. Épreuve magnifique .... 18875
319. Marie de Médicis (W. 56). Admirable épreuve avant toute
lettre, la seule connue de cet état 375 »
PAR A. Stock :
324. Pierre Snayers (W. 57). Une des quatre épreuves connues
avant toute lettre i63 75
PAR R. Van Voerst.
327. 5. ^en. Z>{^^. Avant toute lettre, extrêmement rare .. . . 25i 25
333. Jtti^o Jbne* (W. 59). i^'état, superbe épreuve 18875
341. Simon Vb«ef (W. 61). Très-rare et belle épreuve du i^'état . i38 75
PAR L. VORSTERMAN.
35 1. J. Ca//or( W. 63). Superbe i« état 18875
36o. D. Delmont. (W. 66). Épreuve superbe du i®' état, dont la
première esquisse est attribuée à Van Dyck. . 188 75
366. A . Van Dyck (W. 67). Magnifique et très-rare épreuve du
icr état 322 5o
375. r. Ga//e (W. 69). iw état superbe 126 5o
38 1. Gaston de France (W. 70). État extrêmement rare, avant les
points et les guillemets 3i2 5o
390. P. de Jode (W.J2). i®' état fort beau i25 25
197
Ir. c.
400. C. de Mallery (W. 74). i*' état de ce chef-d'œuvre dont Van
Dyck a tracé Tesquisse 187 5o
4o5. J. VanMildertÇW. jb). Magnifique i«' état i25 25
412. N.-J.</eP«re5c(W. 77). Épreuve superbe du !«' état ... 17375
417. C. Sachtleven (W. 78). i»' état d'une fraîcheur parfaite. . . 188 75
421. C. 5c/rttf (W. 79). 1*' état, très-beau i25 25
426, A, SpinolaÇW. So), i^f état 16750
429. P. Stevens (W. 81). Admirable i»' état 25o »
440. C.Z)e Fo5 (W. 83). i«' état, épreuve très-fine i5i 25
B. Pour réditeur G. Hendrickx.
PAR BOLSWERT.
449. Ladx M, Ruthven, femme de Van Dyck. i«' état, inconnu à
Weber, extrêmement rare i25 25
PAR P. DE JODE.
452. P.deJodelejeune.i^^étSLt i25 25
458. Bolswert. i" état, très-rare 362 5o
460. A, de ia Faille, i^^ état i5i 25
PAR J. Neefs.
462. M, Ryckaert,!^ état 127 75
464. A, de Tassis. i^' état 162 5o
466. N. Rockox. K' état, très-rare 126 5o
C. Pour l'éditeur J. Meissens.
489. Fer</ma«</ ///. i" état d'une beauté parfaite 18875
492. Henriette de Lorraine, i«' état, magnifique i56 25
493. J, Meissens. 2« état, très-beau 1 62 5o
D. Portraits divers décrits par Weber.
5 12. Henri Liberti, par P. de Jode. r»* état inconnu à Weber . . 176 25
527. Phil. Le Roy, par P. Pontius. r' état, avant toute lettre, avec
le monogramme de L. Vorsterman, extrêmement
rare 247 5o
529. Le même. 3« état, en médiocre condition 1 25 25
533. Ernest de Mansfeld, par R. Van Voerst, avant toute lettre. . 263 75
535. Pembroke. Magnifique épreuve i63 75
198
E^ Portraits non décrits par Webar.
k
Fr.
540. iMCie Percy, par BailUu, diaprés Van Dydc, adresse de
Meissens 126 25
541, Le marquis de Mirabelle. Fort beau 226 2S
Le total de Tœuvre de Van Dyck seulement s'élève à fr. 67,471-25.
Parmi les autres estampes anciennes nous ne citerons que la Pïkce de
100 florins de Rembrandt. 2« état (1" de Bartsch), en épreuve parfiûte,
adjugée à M. Qément pour 9,65o francs.
199
ANECDOTES BIBLIOLOGIQUES
Voici deux petites pièces de vers autographes que j'ai rencon-
trées sur la garde de deux livres liégeois peu communs : la
première, dans le Voyage de la Terre Sainte et du Levant, par
P.-J. Barthélémy Des Champs, récollet de la province de
Flandres, Liège, P. Danthez, etc., s. d., (1678) ; la seconde,
dans la Pérégrination de la Terre Sainte, par LAMBERT
D'ARMONT, Liégeois, Liège, Streel, 1600. Je ne crois pas que
ces vers trouvent jamais place dans aucune chrestomathie; mais
il m'ont paru curieux au point de vue de la bibliologie, et
l'esprit de leurs auteurs digne d'être embaumé dans le cuivre,
comme dit un de nos académiciens.
J. P.
CLoé^ISSI^MO <DOmiV^O 'DVSCO GVILLIELéMO "DE rRE-
GUILÉ 7. F. *DS F. Bo^liTHOLOéMEVS "DES CHo^éMTS
"PliOE FLq^ïTsCDQ{IE FF, €MIV^. 1{EC0LL. SINGVLoÂ-
liisso, QéMico svo ro, «D. C.
Monsieur à qui je suis obligé grandement
Agréez ce livret, je vous en fais présent,
Vous en receverez du goût (comme je croy).
Sçachez qu*il est à vous, et il n'est plus à moy.
Si vous parcourez tout ce qui y est écrit.
Vous verrez les saints lieux des yeux de votre esprit ;
Vous y verrez aussi un long pèlerinage
Et tous les accidens d'un dangereux voyage.
L.
200
S'UTi Lq4 'PERÉG^K/^oériOV^ "DE Lq4 TEI^TiE So/ilU^CTE
ESCrRjTTE ET RECVEILUE TefTt iM . Lq^HM^E^T
"D'Q^TiêMOtXT LIÉGEOIS.
SONET.
Rien (tant fust-il exquis) n*est chéri inconeu.
Ce fil le grand pour-quoy dont le Verbe suprême.
Pour es deux nous ravir tous de misère extrême.
Nous rayonna le cœur, homme estant devenu.
Qu*est-ce que ce soleil de justice venu
N'at dit, fai£l et souffert, s'avilissent soy-mesme
(Afin fiiire chérir le bien digne qu'on ayme)
Et rendant touts lieux sain£ls, où son cours at tenu.
La Palestine donc, de ses pas tracassée.
De ses divins thrésors toutte toutte entassée.
Chérir tous devenons. Mais lasl Qui la conoît ?
Ou qui pour la conoître est en point au voyage ?
Pour à ces deux défe£ls couper broche, eus courage
Lors (D'Armont) qu*à cest œuvre, estre ta main donoît.
Danielis Raymondi, Leod.
1600.
L'ORAISON FUNEBRE
DE QUELQUES
SOUVERAINS DES PAYS-BAS, AU XVI' SIÈCLE
ÉTUDE LITTÉRAIRE ET BIBLIOGRAPHIQUE
Les exeques Et pompe funerale de feu deterneîle et tresglo-
rieuse mémoire Don Fernande roy cathoîicque faiâe et
acomplie en lesglise sainâe Gaule a Bruxelles le vendredi
xiiii^ de Mars quin:^e cent\ et quinze par la serenissime haut-
tesse de tresexcellant trespuissant et tresredoubte prince
Don Charles son héritier Et ores par la grâce de dieu roy
cathoîicque. Rédigée en escripr par maislre REMY DU PUYS
son treshumble Secrétaire Indiciaire et Historiographe. —
21 feuillets non chiffrés. Sans lieu ni date d'impression. La
justification est de o°>,i9 de hauteur sur o'^.ia de largeur. La
marge a o",045.
L'importance de cette brochure nous oblige à donner l'intitulé
des divers paragraphes.
La prébice. — Copie des lettres écrites par feu d'éternelle mémoire don
ToHB m. 14
202
Ferdinand, Roi Catholique, à monseigneur le prince son fils et héritier. —
L'exhortation du très-redouté Roi Catholique faite à ses princes et barons sur
le dernier moment de sa vie. — Comment vinrent les nouvelles du trépas du
Roi Catholique à monseigneur le prince. Et des ordonnances qu'il fit pour
son acquit envers lui. — Du très-somptueux et riche parement de Téglise de
Sainte-Gudule à Bruxelles, pour célébrer les exèques. — Le parement de la
nef en particulier, et premièrement du grand autel et de tout ce qui pouvait
être à Tentour de celui-ci. — La description de la chapelle royale et des
appartenances et adjacences. — Comment, de qui et en quels lieux fut faite
rassemblée du deuil pour mettre l'ordre de marche aux dites funérailles. —
De Tordre de marche qui fut tenue à Taller aux vigiles d'icelle pompe fiinérale.
— Des noms et ordre de ceux qui marchaient en la seconde troupe. — La
troisième partie d'icelle pompe qui fut en l'ordonnance et conduite des
mystères. — Un exorde recueilli au court des anciens triomphes pour éclaircir
le pourprys du chariot qui tint lieu en cette pompe fiinérale après ce qui dit
est. — La description du chariot triomphal compris en icelle pompe. Et de
toutes les parties d'icelui. — La rédu6lion et concorde des deux chapitres
précédents. — L'ordre quatrième et final de la pompe funérale qui fut le rang
des princes et des plus grands maîtres et de l'assiette faite en la dite église. —
L'ordonnance de la pompe funérale pour le second jour qui fut le vendredi
xiiii® de mars. — L'entrée faite en l'église. Et l'ordonnance tant du service que
de l'offrande. — De l'origine des louanges fîinérales. Et du sermon fait par
révérende et vénérable personne maître Michel Pavye, do£leur aux lettres
sacrées, doyen de Cambray, confesseur et conseiller de monseigneur le
prince.
L'indiciaire de Charles fait remonter cet usage aux lois du
très-sage Solon, qui ordonna d'honorer la vertu des morts par
une prédication publique. A Rome, Valérius Publicola proposa
réloge de Brutus. De là vint ce commun usage qui s'étendit à
la louange des dames. Julia fut célébrée à ses funérailles par
son neveu César. La même loi s observe partout.
Après que l'offrande fut terminée, on plaça devant le cata-
falque une chaire tendue d'une draperie noire et recouverte par
dessus d'un drap d'or. Maître Michel Pavye « deduysit moult
203
honorablement en la forme et manière que sensuyt sans que icy
aye adioute diminue ne changie (i). »
L'oraison funèbre de Ferdinand le Catholique est, selon toute
probabilité, le premier exemple d'un discours funèbre imprimé
en Belgique comme brochure séparée. Ce motif nous détermine
à la transcrire tout entière, quoique Ferdinand d'Aragon n'ait
jamais régné en Belgique. Nous avons eu à notre disposition
l'exemplaire appartenant à la riche bibliothèque de notre hono-
rable et savant confrère, M. le comte de Sauvage. Van Hulthem
(no 261 32 de son catalogue) mettait cette note à son exemplaire :
« Cet ouvrage est d'une grande rareté et manque dans les plus
riches bibliothèques de nos antiquités nationales. Ermens ne
l'avait jamais vu et marque seulement qu'il se trouvait dans la
bibliothèque du maréchal d'Estrées, vendue à Paris en 1740. »
« Homo quidam nobilis abiit in regionem longinquam acci-
père sibi regnum. Luc. XIX. Afin que en ce présent sermon
nous puissions dire aucune chose à l'honneur de Dieu. Salut et
recommandation de l'âme de très-noble mémoire le roi catho-
lique que Dieu de sa miséricorde et bonté infinie absolve. Pareil-
lement faire aucune déclaration de ses très-hauts et glorieux
faits et par iceux le conduire jusques en la prise du royaume
éternel. Nous nous retournerons à la glorieuse mère de Dieu,
trésorière de grâce et lui présenterons la salutation angélique en
disant : Ave gratia plena, tic, Homo quidam nobilis, etc. Pre-
sens sermo trifarium dividetur. Primo declarabiturfragilitatis
humane miseranda conditio : quia HOMO. Secundo Régis nostri
catholici preclara celsitudo : quia NOBILIS. Et tertio anime
(1) Le leâeur voudra bien nous permettre des changements dans l*ortho-
^aphe des mots, à Tefiet dis rester intelligibles à d^autres qu'aux bibliophiles.
204
eitis ad regnum gloriosa exaltatio : quia ABIIT ACCIPERE SIBI
REGNUM. En la première partie nous déclarerons la pauvre et
lamentable condition de Fhumaine nature. Et pour descendre
au premier terme de notre thème où nous disons Homo : je
trouve combien que selon les dignités extérieures et séculières le
très-noble roi catholique pour lequel aujourd'hui ce notable
service en dévotes cérémonies est fait et célébré, ait été le plus
excellent et par ses glorieux faits et pluralité de royaumes comme
le principal monarque et le premier entre les rois, non pas seu-
lement de chrétienté, mais universellement de tout le monde.
Et qu'en parlant de lui Ton puisse user de noms de singulière
prérogative d'honneur : néanmoins pour démontrer sa nature
avoir été de pareille étoffe et de pareille fragilité avec les autres
hommes. En proposant le fondement de notre sermon : j'ai usé
du nom commun en l'appelant homme, comme si l'on voulait
dire par étymologie homo, humus, un homme : si n'est que
poudre : ce n'est que terre et cendre : ainsi qu'il est écrit en la
Genèse, II !« chapitre. Tu cinis es et in cinerem reverteris. Et
pour démontrer dont procède que la nature de tout homme ou
femme est irrévocablement sujette à résolution finale et à mort.
Monseigneur saint Augustin I libro questionum veteris et novi
testamenti. Conformément à ce qui est écrit au second chapitre
du livre de Sapience dit ainsi : Deus hominem fecit qui quandiu
non peccaret immortalitate vigeret : ut ipse sibi autor essetsive
ad vitam sive ad mortem. Voulez-vous entendre la prérogative
de l'homme pour le temps de sa création, dit monseigneur saint
Augustin au livre dessus allégué, que Dieu le Créateur a fait,
créé et formé l'homme en sa première condition, comme inex-
terminable et immortel : non pas que le corps, de sa nature, fût
indissoluble par aucune chose qui ait été en lui. Mais parce que
l'âme était douée surnaturellement d'une qualité et vertu par
205
laquelle elle pouvait préserver le corps de toute corruption, si
longtemps qu'elle demeurerait sujette à Dieu. Et combien que
rhomme fut tant noblement créé, il s'est délaissé. In manibus
sui consilii. C'est-à-dire en son franc arbitre. Et pour ce le
diable ennemi mortel de notre salut, le voyant capable de béati-
tude éternelle, par envie le tenta et lui fit transgresser le com-
mandement du Créateur, dont perdit cette très-noble condition,
et fut fait mortel et corruptible, non pas seulement lui, mais
entièrement toute sa postérité. Crudeles parentes qui nesibinec
filiis pepercerunt. Hélas, nos premiers parents étaient bien cruels,
quand ils n'eurent pitié ni d'eux ni de leur postérité. Et pour-
tant Pierre de Ravenne (i), solennel dofleur, en l'une de ses
épîtres déplorant cette misérable condition qui est tant générale,
dit en cette manière : O mortalium miranda conditio. Etsiphas
est dicere conditio deploranda : dum tnortis imperio curvantur
imperia : Et ejus jugo colla nobilium subiugantur : Et sequi-
tur de morte. Hec est que nec summas dignitates : nec summos
potestatus excipit Sed sceptra legionibus equans : omnibus equa:
omnes efficit coequales. Hélas, dit ce doôeur, c'est une dure et
merveilleuse condition des humains, quand par la prévarication
d'un seul homme il faut ainsi mourir, et ni roi ni prince ni sei-
gneur tant grand qu'il soit qu'il ne faille tirer à cette danse. C'est
la règle, c'est la loi qui ne reçoit aucune exception, mais plutôt
parifie les souveraines dignités avec le populaire et les gens de
basse condition, abat et rejette sceptres et rois et les rend sem-
blables aux humbles légions. Exemple de notre grand roi catho-
lique, de très-dignè mémoire, qui le xxiii® jour de janvier dernier
passé rendit son corps à la terre et son âme au Créateur.
(i) Connu sous le nom de S. Pierre Damien, mort en 1071.
206
Ainsi qu'il est écrit Ecciesiastes capite ultimo : Revertatur pul-
vis in terram suam et spiritus ad Domtnum qui creavit illum.
Hélas, notre grand roi catholique abiitin regionem longinquam,
est allé en une contrée bien étrangère et en une région bien
lointaine : il est mort, il est mort. Occubuit leo fortissimus :
cuius fades inclita : enim prepotens dextera. C'était un lion,
voire de tribu luda, le plus fort des autres, en la face duquel
reluisait toute noblesse. Et en sa dextre force et puissance non
pareille : il était glorieux resplendissait en fortune et honneurs
et le plus haut en renommée qui fût depuis longtemps. Et tout
lui procédait [réussissait] pour la grande chaleur et zèle de foi
qu'il portait en son cœur. Hélas, nous nous devons bien lamen-
ter : et dire ce qui est écrit trenorum [Lamentations de Jérémie]
ultimo capitulo. Cecidit corona capitis nostri ve nobis, La cou-
ronne de notre chef, laquelle portait les fleurons principaux de
trois vertus théologales foi, charité et espoir, et qui était ornée
de toutes les autres vertus est chute par mort : Ve nobis : pen-
sons, pensons ce qu'il nous en peut advenir, pleurons et gémis-
sons. Quia versus est in luâum chorus noster : nos joies et
ébats, danses et caroles du tout sont tournées en deuil et tris-
tesse. Mais tant il y a selon Valère [Maxime], quod laudabilis
sitpietas que mansuetis parentibus prestatur. Néanmoins pleurs
et gémissements ne peuvent changer ni muer [transformer] la
volonté du Créateur, les décrets de sa sapience infaillible, ni la
disposition inévitable de nature. Par quoi un chacun se doit
apaiser et trouver la consolation, même en considérant que son
très-aimé fils, notre très-redouté prince et seigneur vit : vivit :
lequel par le vouloir de Dieu. Sedebit super solium régis et
super tronum patris sui, comme son légitime successeur, non
pas seulement de ses royaumes et pays, mais de ses vertus, gloire
et renommée. Mortuus est pater illius et quasi non est mortuus,
207
vivit enimfilius eius. Ecclesiastici tercio capitula . Un père qui
à la mort, laisse son fils vertueux et sage, se console et tient que
sa vie est continuée et continue en celle de son fils. Pourquoi?
Quia infruâu rami bonitas apparet radicis. Et ce qui nous doit
plus outre consoler à modestement porter la mort de ce grand
roi, c'est qu'il a vécu catholique et, comme je dirai tantôt, est
mort glorieusement. Quid enim illustrius quant vitam tryum-
pho claudere. Quelle chose est-il plus noble et plus illustre que
terminer ses jours en gloire et triomphe? Certes rien. Luâui
propterea succédât çythara. Laissons donc pleurs et gémisse-
ments, prenons la harpe et venons à ses hauts et glorieux faits.
Qiiia homo noster evangelicus non erat popularis sed nobilis :
m
iuxta verbapro themate sumpta HOMO QUIDAM NOBILIS, etc.
« La seconde partie dlcelui sermon. En laquelle sont déduits
sommairement les hauts et vertueux faits du feu roi catholique.
« Nous aurons en cette seconde partie à recenser et faire
déclaration des hautes entreprises, viftoires et triomphes de
notre grand roi catholique, en démontrant premièrement sa
noblesse avoir été non-seulement ombratile et de sang, mais
héroïque et élevée par glorieux faits par dessus celle des princes
de son temps. Et le peut-on choisir et prendre comme le paran-
gon entre les autres pour se faire miroir et donner exemple à
tous gentilshommes, de quelque état ou degré qu'ils soient, à les
inciter et émouvoir à entreprendre chose digne de leur noblesse,
chacun en son endroit. Et pour ouvrir et entrer en son extrac-
tion, se trouve qu'il est descendu de la royale maison de Castille,
cousin issu de germain adonna Isabelle de Castille, dive Auguste,
sa compagne, lui appartenant au troisième degré de consangui-
nité. Leurs pères, à savoir don Juan, roi de Castille, et don Juan,
roi d'Aragon, étaient cousins germains. Et leurs grands pères,
à savoir, don Henri, troisième de ce nom roi de Castille et don
208
Ferdinand, roi d'Aragon frères, fils et enfants de don Juan, roi
de Castille, premier de ce nom. Ce Juan ci fut celui qui entre-
prit la journée d'Aljubarata (i) en Portugal à rencontre de don
Juan qui se portait pour roi de Portugal et qui fut père de
madame Isabelle, femme de très-claire mémoire le bon duc
Philippe de Bourgogne. Ce Juan I épousa en son second mariage
donna Eléonore, fille de don Pedro, roi d'Aragon, de laquelle il
eut deux fils, à savoir don Henri et don Ferdinand. Don Henry,
son premier fils, lui succéda au royaume de Castille et épousa
dame Catherine de Lancastre, de laquelle il eut don Juan, par
après roi de Castille, second de ce nom, qui fut père de don
Henri, dernier de ce nom et de dame Isabelle, sa sœur. Don
Ferdinand, second fils de don Juan I, roi de Castille, succéda
au royaume d'Aragon, à cause de la reine sa mère et par la mort
de son premier frère, don Alphonse, et épousa la fille du comte
d'Albuquerque, de laquelle il eut don Juan, qui lui succéda et
fut père de notre grand roi catholique. Par la mort de don
Henri, roi de Castille, le frère de donna Isabelle, elle succéda
aux royaumes de Castille, Léon, Tolède, Galice, Séville et Cor-
doue, aux seigneuries de Biscaye et de Guipuzcoa et aux appar-
tenances et appendances d'iceux royaumes. Don Ferdinand,
notre grand roi catholique, après la mort du roi don Juan son
père, succéda aux royaumes d'Aragon, de Sicile, Sardaigne,
Majorque, Valence et Minorque et en la principauté de Cata-
logne : le roi don Ferdinand. Et la reine donna Isabelle, venue
par la grâce de Dieu à si grandes et nobles successions, voyant
la plupart de leurs royaumes et pays tant de Castille que d'Ara-
gon en discorde, rébellion et guerres intestines, par mûr avis et
(i) 14 août i385 Foi r AscHBACH, Histoire d'Espagne, II, 181. (Trad. fr.)
209
bon conseil s'allièrent par mariage et pour venir à la jouissance
et paisible possession , moult grandement employèrent leur
prudence et vertu à les réduire en bon ordre et pacifique union.
Et pour dresser cette affaire le roi prit pour son enseigne celle
d'Alexandre le Grand, à savoir, un joug qui n'était pas sans
claire signification de magnanime cœur pour après entreprendre
grandes et hautes choses, ainsi qu'il en est advenu. Il prit donc
un joug, en latin iugum, iugi, qui est la pièce de bois en
laquelle sont liés et attachés les bœufs par les cornes à la char-
rue ou à un chariot. Et pour mieux prendre l'histoire, il faut
noter que, le royaume de Phrygie vacant, fut conseillé Apollon
qui serait roi; et par son oracle répondit que celui qui pre-
mier entrerait dans le temple le serait. Il advint que Gordien,
homme de labour et de charrue, fut celui qui premier entra;
par quoi en suivant l'oracle fut fait roi. Et pour rendre grâces
aux dieux de son exaltation à la couronne, prit son joug et ses
traits et rênes et les y a tant subtilement et artificieusement
mis à l'entour du dit joug que depuis, jamais homme ne
les sût délier. En sorte que l'oracle portait que celui qui les
délierait serait roi de toute Asie. Laquelle chose entendant
Alexandre a tout son gros cœur désirant bien d'être grand roi,
s'avança les délier et quand il vit qu'il n'y pouvait réussir, prit
son épée et au tranchant les délia en disant : Autant vaut-il. En
espagnol : Tanto monta : comme s'il voulait dire que c'était tout
un de les délier à la main ou les découper au tranchant de l'épée.
Je crois bien que notre grand roi catholique au commencement
de son règne, trouva un merveilleux nœud à délier. Et que en pre-
nant cette enseigne et ce mot, il leur pouvait donner à connaître
que s'il ne le pouvait délier à la main et par douce voie, qu'il y
procéderait au . tranchant de l'épée. Néanmoins plus doucement
l'exposant je dis qu'il n'est pas à penser qu'il le voulût prendre
210
par signification de perpétuelle servitude ou dur traitement qu'il
voulût proposer à ceux de CastiUe et autres. Car il en prit trop
mal au roi Roboam, fils de Salomon, lequel pour parler trop
durement à son peuple et le vouloir trop charger, de douze
lignées en perdit les dix. Mais le portait non selon Thistoire,
mais selon la moralité. Pour démontrer lentier amour que lui
et la reine avaient ensemble, lequel était si grand qu'il semblait
qu'en deux corps Dieu eût mis seulement une âme et un vouloir.
Et pour ce démontrer écrivaient en leur monnaie Quod Deus
coniunxit homo non separet : comme s'ils voulaient dire l'un à
l'autre : Si je veux croire mes gens et vous les vôtres nous ne
demeurerons guère en paix. Pourquoi? Quia homo perversus
suscitât lites et verbosus séparât principes : par iniques rappor-
teurs et dangereux flatteurs, rois et reines, princes et princesses
sont souvent séparés et divisés. Le roi donc armé et muni d'en-
seigne et de mot bien conjoint et uni avec la reine voulut mar-
cher. Et pour entrer en matière, et par bon ordre déduire les
glorieux faits, je trouve qu'en faisant quatre choses, il est venu à
gloire et renommée et non autrement que le bon roi David.
Primo expellendo inimicos interiores. Secundo confederando
amicos exteriores. Tertio multiplicando amicos interiores.
Quarto debellando inimicos exteriores. Où prudence règne rien
ne faut. Nuilum numenabest si sit prudentia, inquit Juvenalis,
O la prudence de notre roi qui par bien pourvoir et ordonner
son fait, est venu à la gloire immortelle ! En quoi faisant Primo
debellando inimicos interiores. Sa première entreprise fut en
déboutant et chassant ses ennemis qui étaient en ses royaumes.
Premièrement le roi Alphonse de Portugal qui sous ombre de
son mariage querelait la couronne de CastiUe, ne fût-il pas en
bataille rangée par notre grand roi catholique viélorieusement
vaincu et chassé? Par après, les juifs, maures, mahométans, enne-
211
mis de Dieu et de la chrétienté, lesquels par la grande autorité
et administration des finances et offices du royaume qui leur
étaient permises, même que au grand péril et esclandre des
chrétiens en toutes villes et villages, avaient leurs synagogues et
mosquées, voir jusques au danger de perdre royaumes et pays,
ne furent-ils pas en chaleur de foi par notre grand roi chassés
hors des royaumes, nonobstant la grande rançon des ducats
qu'ils offraient et présentaient, réservés seulement ceux qui vou-
lurent être chrétiens? Je me tais de la recouvrance qu'il fit dç
tant de villes et châteaux que les grands maîtres et seigneurs
tenaient usurpés de la couronne. Pareillement de la réduélion
des dites seigneuries. Seulement je dis qu'il vint à renommée
confederando amicos exteriores, en confédérant rois et princes
étrangers. Comment notre Saint Père le pape Jules [II], la
sacrée majesté impériale et lui étaient confédérés. Les hautes
entreprises lesquelles heureusement a menées pour l'Eglise et
pour l'Empire. Et de notre temps clairement le démontrent et
enseignent les alliances par mariage faites de mesdames ses filles
aux rois et princes, chacun les connaît. Dont pour la seconde
donna Jeanne très-sérénissime reine, mère de notre très-redouté
prince, laquelle Dieu de sa bonté veuille tenir en bonne conva-
lescence. Tant de beaux et nobles royaumes lui sont venus et
échus. Son trône n'en a-t-il pas été élevé et son seuil royal orné
de gloire et force insurpassable? Je dis donc que par de telles
confédérations et amitiés les rois demeurent en honneur et leurs
royaumes en leur entier. Troisièmement, il est venu à renom-
mée multiplicando amicos interiores. En gagnant les cœurs de
ses sujets, ce qu'il a fait par une singulière prudence, par laquelle
toujours a conduit ses affaires. Pareillement en faisant justice au
grand et au petit. Et par toutes bonnes voies exaltant son peuple
et ses sujets. Exquisivit omni modo exaltare populum suum.
212
Machab. XI III. Et si nous voulons descendre aux particulières
opérations, il mit en son temps Tinquisition contre les hérétiques,
réforma les religions [c'est-à-dire les ordres religieux]^ assura
les chemins par tous les royaumes, administra les trois grandes
maîtrises, à savoir : de Saint-Jacques, de Calatrava et Alcantara,
et finalement pour bonne raison et cause très-légitime les a fait
incorporer et unir à la couronne de Castille, dont grandement
[celle-ci] en est augmentée, renforcée et exaltée. Et quant à la
dextérité de sa personne, il était prévoyant et résolu en conseil
singulièrement entre plusieurs délibérant à choisir la plus saine
et meilleure opinion. Le plus secret des autres en toutes ses
affaires, et par ce moyen redouté des grands et des petits ; et par
telles pièces et autres innombrables a mérité d être renommé et
de ses sujets aimé et redouté. Finalement je dis notre roi avoir
été renommé debellando inimicos exteriores, par les conquêtes
et viftoires que toujours a rapportées de ses ennemis. Exemple
de ce puissant royaume de Grenade, lequel par les Maures,
ennemis de notre foi, avait été occupé et détenu environ huit
cents ans. Ne Ta-t-il point en six ans par force d'armes conquis,
joint et uni à la chrétienté? Dont par notre Saint Père le pape
Alexandre [Vï] a été de ce titre céleste Catholique, pour lui et
ses successeurs, noblement à jamais exalté et glorifié. Je me tais
de ses armées passées en Afrique, où il a conquis plusieurs cités.
Pareillement conquis les cités d'Oran et de Tripoli, puissantes
cités et havres de mer. En tous lesquels lieux pour augmenter
la sainte foi catholique, il a érigé évêchés, cloîtres, religions et
en plusieurs lieux fondé collèges et universités, et tout repeuplé
de chrétiens. Je me tais de la recouvrance ou conquête des
royaumes de Naples et de Navarre. Pareillement de Perpignan
et Roussillon. Mais une chose veux-je bien dire que de ses con-
quêtes jamais ne perdit rien. Et s'il en est advenu quelque dis-
2l3
traftion tantôt après a été réparée. Et pour tout conclure en un
mot, notre grand roi catholique a tant fait de grandes choses à
l'exaltation et augmentation de la chrétienté, au bien tant spiri-
tuel que temporel de ses royaumes et sujets, qu'en moi ne serait
pas en un jour de les pouvoir développer. Une chose je répéterai,
c'est que s'il a heureusement son règne encommencé, encore plus
glorieusement entretenu et continué, et davantage plus catholi-
quement fini et terminé. Par son testament, il a ordonné pour
le salut de son âme, a institué notre très-redouté prince son
héritier universel en tous ses royaumes et pour la pacification
et assurance d'iceux en attendant sa venue, a voulu partout
ordonner de bons et loyaux gouverneurs. Finalement voyant sa
mort de près approcher, lui écrivit une lettre pleine de charitable
affe£lion, en lui signifiant aucuns pitoyables regrets qu'il délais-
sait en ce monde. Et après autres choses, lui donnait sa pater-
nelle bénédiftion. Et post pusillum, après avoir reçu en toute
révérence et dévotion les sacrements de l'Église, entre salutaires
paroles pleines de foi, charité et espoir ; entre pleurs, gémissements
et abondance de larmes de ceux qui étaients présents, rendit
son âme au Créateur. Et mortuus est. Il est mort, il est mort.
O très-excellent roi catholique, tes glorieux faits et tes triomphes
aujourd'hui te rendent immortel ! Et combien que corporelle-
ment tu sois mort, néanmoins ta renommée et ta gloire ne
s'éteindra. Car la mémoire de tous les siècles la nourrira et
l'éternité en béatitude la défendra. Mon très-redouté prince, vous
avez devant les yeux de votre clair entendement un grand miroir,
auquel comme au grand livre d'expérience, [vous] pouvez con-
naître par quelles vertus l'on doit régner. Vous êtes l'héritier de
ce grand roi catholique, votre grand'père ; et par le vouloir de
Dieu son légitime successeur avec tant de royaumes, lesquels
par lui vous sont échus. Il vous a laissé ce grand, noble et céleste
214
titre de Catholique, comme s'il voulût vous dire : Mon très-aimé
fils, aimez et craignez Dieu et le servez de tout votre cœur.
Soyez zélateur de son honneur et de la sainte foi catholique.
Et au sûr plus gouvernez en justice votre peuple, et par prudence
et bon conseil adressez toujours vos affaires, car il n'est rien qui
tant élève le trône d'un roi que d être sage et prudent. Videns
autem Saul quod David prudens esset cepit eum rimere. Le roi
Saûl lequel par sentence divine était rejeté de son royaume, ne
craignait en son adversaire successeur le roi David que sa pru-
dence. Où la Glose (i) dit : Nota quod prudentiafacit homines
timeri. Regardez comment prudence fait un prince redouter.
Notre très-redouté seigneur, je prie Dieu qu'il vous donne la
grâce d'être bon catholique, et entre les rois tout le meilleur.
Amen,
« La tierce et finale partie d'icelui sermon.
« Resterait à démontrer, si le temps le portait. Mais non par
quels suffrages et aides notre grand roi pourrait venir à la jouis-
sance du royaume qu'il a mérité. Et combien que pour la grande
chaleur et ardeur de charité qui était en lui, l'on ne puisse pré-
sumer son âme avoir été bien purgée en ce monde. Néanmoins
attendu que n'en avons autre certification par évidence ou révé-
lation. En nous conformant à la coutume de l'Eglise qui prie
généralement pour tous ceux qui notoirement ne sont morts en
péché mortel. Un chacun se doit préparer à prier Dieu pour son
âme. Quelle chose vous peut et doit inciter à ce faire, vous le
pouvez assez entendre. Et j'espère que moyennant vos bonnes
prières et d'autres ses bons sujets, son âme sera allégée des
(i) La Glose ordinaire, faite par Nicolas de Lyra. — C'est un commentaire
de l'Écriture Sainte.
2l5
angoisseuses peines de purgatoire et viendra à la jouissance du
royaume éterjiel. Quod nobis concedere dignetur qui in trinitate
perfeâa vivit et régnât Deus. AMEN. »
Les finales cérémonies d'icelle tant pompeuse solennité et de
tout le service funéraL
Oratio \ funebris in illustris \ simae Dnae, Dnae Margarethae
Archiducissae Austriae, \ Ducissae Burgundiae, etc. exe-
quijs, coram inviâissimo \ CarOLO V. Romanor, Imperatore
Augustissimo, \ et Ferdinando Hungariae, Bohemiaeq,, etc.
Rege pien \ tissimo, Sacriq, Romani imperij Eleâoribus, et
Principibus, etc. per Dodore lOHANNE Fabri, Eleaù |
EpiscopOViennen. habita Coloniae | Agrippinae Pridie Calen.
I lanuarij. | Anno à nato Christo M. D. XXXI. | i AD
TiMOTH. 3 I Ecclesia est columna et firmamentû veritatis.
Au verso du titre une gravure sur bois reproduit Fimage de
Charles-Quint, assis sur son trône, tenant le glaive de la main
droite et le globe, surmonté d'une croix, de la main gauche. La
légende porte au bas: Carolvs. ROMA. IMPE. QVINTVS. L'en-
cadrement est entièrement puisé dans des motifs d'architeéhire
de la Renaissance.
Il y a vingt et un feuillets non chiffrés. La justification est de
o™,i4 en hauteur, de o™,o85 en largeur.
Cet exemplaire appartenant à la Bibliothèque royale, fonds
Van Hulthem, n^ 26154, poî'te sur sa cpuverture une vignette
avec la devise Pietas homini tvtissima virtvs, ce qui semblerait
indiquer d'après le Diâionnaire des devises des hommes de let-
tres, publié naguère dans le Bulletin du bibliophile belge, qu'il
provient de Martin Nutius, imprimeur à Anvers.
La dédicace de l'orateur à Erard de la Marck, cardinal-prêtre
2l6
de la Sainte Eglise Romaine du titre de Saint-Chrysogone,
archevêque de Valence, évêque de Liège, duc de Bouillon, comte
de Looz occupe deux pages environ.
Nous relevons dans cette épître dédicatoire les détails
suivants :
L'orateur revient à deux reprises sur ce fait que le discours lui
a été demandé par Nicolas de Granvelle, conseiller de l'Empe-
reur, ami éclairé des gens de lettres, studiosorum patronutn
unicum, et qu'il n'a eu qu'un délai de trois jours pour se préparer.
Il se trouvait pris à l'improviste, à Cologne même, lui étranger,
loin de ses livres, in hac urbe peregrinum^ supelleâilem libra-
riam in promptu non habere.
Il loue surtout dans le cardinal-évêque de Liège son zèle
pour les études sérieuses, son dévouement inaltérable aux inté-
rêts de la religion catholique, sa vigilance pastorale pour
procurer de bons prédicateurs à ses diocésains. .
Nous empruntons quelques détails sur l'orateur au Diâion-
naire encyclopédique de la théologie catholique des Doâeurs
Welte et Wetzer.
Jean Heigerlein, surnommé Fabri, de la profession de son
père qui était forgeron, naquit à Leutkirch, en Souabe, Tan 1478.
Fort jeune encore, il entra dans l'ordre des Frères Prêcheurs.
Il fut successivement chanoine de la cathédrale de Bâle et offi-
ciai de l'évêque, vicaire général in spiritualibus de Constance,
protonotaire apostolique, confesseur de Ferdinand I, coadjuteur
de l'évêque de Neustadt en Autriche, évêque de Vienne (il n'y a
un archevêque que depuis 1722) ; il mourut le 21 mai 1541.
Erasme dont il avait fait la connaissance à Bâle, lui avait
conseillé de s'adonner à l'étude sérieuse des Pères de l'Eglise.
Fabri fut en effet un humaniste distingué, un polémiste habile,
un solide théologien, un prêtre exemplaire par l'austérité de sa
217
vie et par sa charité envers les indigents, un prédicateur éloquent
dont la parole était avidement recueillie par ses ouailles dans la
capitale de F Autriche.
Fabri avait donné pour texte à son oraison funèbre ces
paroles du Deutéronome, chapitre XXXII : « Concrescat in
pluviam doârina mea, Fluat ut ros eloquium tneum. — Que
ma dodrine croisse comme la pluie, que ma parole se répande
comme la rosée. »
« L'apôtre saint Paul dans sa première épître aux Thessaloni-
ciens rappelle que les chrétiens, différant en cela des païens et
des Sadducéens chez les Juifs, ont Tespérance de l'immortalité.
Le même apôtre nous dit ailleurs : « La résurrection du Christ,
voilà les prémices de la résurreftion générale. » Appuyés sur la
doctrine consolante des divines Ecritures, nous vous dirons,
Charles et Ferdinand, qu'il convient à des princes chrétiens de
s'abandonner à une douleur modérée que les uns appellent
fVRtthttty et les autres /tttrpovtcBuuv, Un poëte païen, Ennius, avait
dit déjà auparavant que s'il est permis au peuple de verser des
larmes, cela n'est pas toléré chez un roi en tant que roi. Sans
doute vous avez perdu une femme hors ligne, votre tante chérie,
une illustre princesse ; mais il vous reste une meilleure espé-
rance, celle de la glorieuse résurreftion. « Prions Dieu très-bon
et très-grand, afin qu'il ordonne que la princesse Marguerite soit
délivrée promptement des flammes du purgatoire où elle aura
achevé de se purifier de quelques légères souillures contraâées
en ce monde. Le Seigneur, dans son immense et ineffable misé
ricorde, commandera à ses anges de la porter dans le sein d'Abra-
ham. Tombons donc aux pieds de celui dont le nom fait fléchir
tout genou au ciel, sur la terre et jusque dans les enfers.
Disons-lui, à la façon catholique : Notre Père, Je vous salue,
Marie. »
Tome xii. i5
r
218
« Il ne manque pas de gens aujourd'hui qui condamnent les
pompes funèbres ; qui prétendent, à Tinstar de Diogéne le Cyni -
que, que les corps des chrétiens ne doivent pas être déposés
dans une terre bénite, mais livrés aux bêtes et déchirés par
celles-ci ; il en est d'autres enfin qui nient les peines du purga-
toire. Nous allons combattre cette triple erreur des Philistins
tant anciens que modernes, non au moyen de la massue d'Her-
cule, mais par le glaive de la parole divine ; nous emploierons
la fronde de David et choisirons dans le torrent quelques pierres
bien aiguisées. »
I. Plusieurs textes de l'Ecriture sainte nous prouvent qu'il
faut pleurer les défunts. Sara fiit pleurée par Abraham. Jacob
pleura son fils Joseph, dont on lui annonçait faussement la mort.
Les funérailles de Jacob furent célébrées au delà du Jourdain
non pas seulement par ses douze fils, mais encore par les officiers
de Pharaon qui s'étaient joints au cortège. Moise fut pleuré par
son peuple durant trente jours. David pleura son fils Amon.
Le même David déchira ses vêtements en apprenant la mort de
Saûl. Passons maintenant au Nouveau Testament. On fit de
belles funérailles au premier martyr saint Etienne. Il se faisait
un grand tapage dans la maison de Jaire dont la fille venait de
rendre l'âme. Lazare n'a pas été seulement pleuré par Madeleine,
sa sœur, mais par le Christ lui-même, son ami. Qu'on ne soit donc
pas surpris que Charles, très-grand et très-clément empereur,
et Ferdinand, le meilleur des rois, aient pris les habits de deuil
pour pleurer la mort de cette tante qui fut presque leur mère.
« Elle était en effet une perle très-précieuse (i), d'un prix ines-
(1) La langue latine a ici un jeu de mots intraduisible. Margarita signifie
perle.
219
timable, dont les incomparables vertus ont relevé les qualités
de la femme à tel point qu'une si grande abondance de matières
réduit Torateur à l'impuissance. » Pour célébrer la gloire des
ancêtres de Marguerite, Fabri vante dans son père Maximilien
« la valeur guerrière, la clémence, la bonté exquise, l'amour
de la justice, la générosité, la prudence, le zèle pour la religion
chrétienne. »
Née avec un esprit élevé, Marguerite eut soin de l'orner de
vertus et de tout genre de connaissances. Animée d'une grande
ardeur pour l'étude, elle s'efforçait de devenir plus savante de
jour en jour. Elle se forma une bibliothèque composée des meil-
leurs auteurs ; cette généreuse femme, nouvelle Sempronia, fit
de tels progrès dans les lettres qu'on doit la proclamer n'ayant
pas été inférieure à cette Aspasie, dont Socrate, le plus sage des
Grecs, célébra l'éloge, et à cette Nicaula, que d'autres appellent
Candace, reine de Saba, laquelle arriva de Méroé, une île du
Nil, pour proposer des énigmes à Salomon, le plus sage des
rois. Par sa parole facile et sa phrase élégante, elle rappelait
Cornélie, fille de Scipion l'Africain. Ce que les historiens rappor-
tent d'Isis, fille du premier roi des Argiens, qui réussit à sou-
mettre à ses lois des guerriers sauvages, on peut l'appliquer à
elle-même. Pacifique par nature, elle ne poussa à la guerre qu'à
toute extrémité ; alors qu'autour d'elle les contrées étaient en
flammes, elle gouverna au milieu d'une tranquillité surprenante
les territoires commis à sa garde. Quelle partie de l'Allemagne
ne s'est pas ressentie de la guerre des paysans? Quelle contrée
n'a pas été souillée par le monstre de l'hérésie? Quel coin du
monde chrétien n'a pas été arrosé du sang de la guerre civile?
Votre tante, très-auguste Empereur Charles et illustre roi Fer-
dinand, est parvenue par sa très-grande prudence à préserver de
ces maux et fléaux les terres des Pays-Bas ; sa douceur, sa clé-
220
mence, son indulgence admirable ont maintenu ses sujets dans
le devoir. Elle ne permit aux novateurs, ennemis pernicieux et
perturbateurs de la paix publique de poser nulle part le pied sur
ses domaines. Sa sagacité lui fit comprendre que Funité reli-
gieuse dans le catholicisme était le seul remède contre les maux
mortels que la réïbrme veut présentement apporter. Ce bienfait
de Funité religieuse dont jouissaient la Bourgogne, la Flandre,
le Brabant, la Hollande, la Zélande, FArtois, contrées pures de
tout venin de Fhérésie, où Fon suit d une pratique unanime
les antiques rites et cérémonies, c'est à sa vigilance qu'on le doit.
Cet amour de la paix, elle Fétend à 1 étranger. Comme une
autre Véturie, elle apaise Coriolan. Grâce à elle, la France
respire ; Fltalie, qui était perdue, revient à la vie.
Le prédicateur vante également la charité de Marguerite pour
les indigents. « Combien de pauvres n'a-t-elle pas vêtus qui gre-
lottaient de froid ? Quelles sont les veuves et les orphelins qu'elle
n'a point pris en pitié ? Tous les malheureux s'en vont répétant
qu'ils ont perdu leur mère. » Il parle aussi de sa libéralité à
l'égard des institutions religieuses : elle fonda, sans même parler
des subsides donnés ailleurs, deux monastères qu'elle dota entiè-
rement. Vingt ans avant son décès, elle se fit construire deux
caveaux funéraires pour déposer dans chacun d'eux une partie
de sa dépouille mortelle. Elle n'eut pas de plus grande préoccu-
pation dans son testament que de faire distribuer aux pauvres
d'abondantes aumônes. Elle vit avec calme venir la mort et reçut
en parfaite connaissance les sacrements de Pénitence, du Saint-
Viatique et d'Extrême-Onftion. Elle fut vraiment la femme forte
dont parlent les Proverbes. Il ne vous reste, Charles et Ferdi-
nand, qu'à rendre à Dieu des aâions de grâces et à dire dans
votre légitime afflidion : Bienheureux ceux qui meurent dans le
Seigneur,
221
II. Ceux qui refusent la sépulture aux morts se trompent du
tout au tout. Il serait fastidieux de rappeler ici les noms d'Abra-
ham, de Jacob, de Samuel, de Tobie dont les charitables pro-
cédés ont été loués par l'archange Raphaël, de Moïse mort sur
la terre moabite et enseveli par Dieu lui-même. C'est donc en
vain qu'à notre honte et à notre douleur, il se rencontre aujour-
d'hui des gens qui méprisent les usages orthodoxes, ne veulent
ni ensevelir les morts, ni tolérer que d'autres le fassent. Tous
ces impies qui ne font cas de la sépulture chrétienne, qui foulent
aux pieds et réduisent en cendres les ossements des saints et
leurs reliques, n'échapperont pas à la malédiftion divine. Qui
ignorerait donc que ce sont ces forfaits d'une impiété inouïe jus-
qu'à notre époque qui ont attiré sur la Chrétienté presque
entière, et particulièrement sur la noble Germanie, naguère si
religieuse, si fidèle à Dieu, ces trois fléaux de la peste, de la
guerre et de la famine qui la ravagent, la ruinent et la pressurent
chaque jour davantage? Qu'on ne vienne pas nous objefter que
cet argent serait mieux employé au service des pauvres. C'est le
raisonnement de Judas, quand la Madeleine versa un baume
précieux sur les pieds du Sauveur. A moins de mentir à l'Ecri-
ture Sainte, les novateurs oseraient-ils prétendre que l'achat fait
par Joseph d'Arimathie d'un sépulcre neuf, de suaires, de myrrhe
et d'aloès ait été une offense faite à Dieu ? Tous les princes qui se
montreront généreux vis à vis de la Divinité auront l'abondance
des biens de la terre ; le vin et l'huile ne manqueront jamais
dans leurs celliers. Nous n'invoquerons à l'appui de notre dire
que le seul Salomon. La construftion du temple et la confedion
de tous les instruments du culte dans l'or le plus pur appauvri-
rent-elles son peuple ? Y eut-il jamais un autre règne que le sien
durant lequel on ne fit aucun cas de métal d'argent?
Après cette digression, revenons à la sépulture. Presque tous
- »t
322
les rois de Juda, au témoignage des Livres saints, ont reçu
les honneurs de la sépulture. Il faut donc admettre, comme un
gage peu vulgaire du salut assuré de la duchesse, que bien long-
temps avant sa mort, elle se soit construit de ses deniers, à la
gloire de Dieu, che^ les Brabançons et les Allobroges, c'est-à-
dire en Savoie (sic), un double tombeau.
III. Il nous reste en troisième lieu à prouver l'existence du pur-
gatoire. Nous citerons en témoignage le chapitre 1 1 de Tépître de
saint Paul aux Philippiens. Le psaume ii3 dit: Tous les morts
ne vous loueront pas. Seigneur; Isaïe écrit: Venfer, ni la mort
ne vous loueront^ Seigneur, Il ne reste donc que le purgatoire.
L'orateur allègue d'autres textes de l'Ecriture : l'Evangile selon
St-Matthieu, chapitre V, selon S. Luc, chapitre XII, la pre-
mière épître de saint Jean, chapitre V, ï Apocalypse, cha-
pitre XXI, et les Machabëes. La croyance au purgatoire est
admise par le Talmud, Flave Josèphe et les ouvrages des Juifs.
A quoi bon parler de la Synagogue, alors que nous avons le
témoignage de la Sainte-Eglise et celui de ses dofteurs les plus
illustres, Jérôme, Augustin, Ambroise? « C'est là cette Eglise
en qui tous les princes de la terre ont cru jusqu'à présent
en toute raison; c'est à elle-même. Empereur très-chrétien et
très-clément, vous son principal et meilleur avoué, son défen-
seur et son tuteur, que vous devez et pouvez vous remettre en
toute sécurité. Elle est la colonne et le fondement de la vérité,
comme parle S. Paul dans son épître à Timothée. Elle sera gou-
vernée à jamais par l'Esprit-Saint, l'esprit de vérité. C'est à
elle que le Christ a dit dans un suprême adieu : Je suis avec
vous jusqu'à la consommation des siècles. Elle ne se trompe
donc pas, contrairement à l'opinion de quelques hérétiques de
notre âge, cette Église catholique et universelle, qui pleure ses
enfants morts par des rites et des cérémonies touchantes, qui
223
donne la sépulture aux défunts et qui célèbre les funérailles de
ceux de ses adeptes qui disparaissent de ce monde. C est là
renseignement de TertuUien, qui publiait, il y a quatorze siècles,
sous les empereurs Sévère et Caracalla, son opuscule sur la
Couronne du soldat. Cest l'enseignement de S. Ambroise dans
ses discours sur la mort de Gratien, de Valentinien et de Théo-
dose. Cest l'enseignement de S. Augustin lors du décès de
Monique, sa mère chérie. Cest la doftrine des plus illustres
Pères grecs. Continez donc comme vous avez commencé,
Charles très-pieux et Ferdinand très-bon, à honorer Dieu, à sou-
tenir sa sainte religion avec courage et vigueur. Le Seigneur
vous comblera de ses miséricordes. Il donne la nourriture à tous
ceux qui le craignent ; il n'abandonne pas ceux qui se confient à
lui. Le Roi qui règne au plus haut des cieux, qui au ciel comme
sur la terre a un regard d afifedion pour les petits et les humbles,
sera un jour votre trop grande récompense. »
Suivent deux lignes d'errata :
Enfin : Coloniae Agrippinae ex aedibus Quenteleanis, Anno
M. D. XXXI V. lanuarij Qua die ibidè ferenijf. ac pientif.
Hungariae et Bohoemiae etc. Rex Ferdinandus in Romanorum
Regem eleâus eft.
Le sermon funèbre fait devant le rqy, par messire FRANÇOIS
RiCHARDOT, Euesque de Nicopole, et suflFragant d'Arras :
Aus Obsèques et Funérailles du Très grand, et Tresuiâo-
rieus Empereur Charles cinquième. Célébrées à Bruxelles
en la grande Eglise ditte Sainte Gudle, Par lequel est faite,
non moins eloquemment, que pieusement, et doâement, ample,
et vraie deduâion des grandes vertus, magnanimité^, hautes
entreprinses, faits heroiques, vivefqy Catholique, chrestienne
vie, et sainte fin dudit Seigneur Empereur.
224
Autre sermon funèbre fait devant le rqy, par icelluy RlCHAR-
DOT, aus obsèques de la Serenissime Rqyne Marie douai-
riere de Hongrie, Bohême, etc. Célébrées audit Bruxelles
en la chappelle du Palais,
Encores, un autre sermon, fait par le susdit RiCHARDOT,
devant Monseigneur le Duc de Savoy e : Aus obsèques de la
Roy ne Marie d* Angleterre. Célébrées audit Bruxelles en
ladite Eglise Sainte Gudle.
A Anvers, de rimprimerie de Christophle Plantin : —
M.D.LIX. Avec privilège.
Cet exemplaire appartenait à Anne Thérèse Ph. d'Yve, 1787;
il passa en 18 19 dans la bibliothèque de Van Hulthem. Le feuillet
de garde porte la note suivante de la main du savant bibliophile :
« Lessermons funèbres de l'Empereur Charles-Quint et de sa sœur
Marie reine de Hongrie, Gouvernante des Pays-Bas, prêches à
Bruxelles en 1 558, en présence de Philippe //, et celui de Marie
reine d'Angleterre, seconde épouse du même roi Philippe H,
par François Richardot, évêque de Nicopole, faisant alors les
fonftions d'évêque dans le diocèse d'Arras, pour Antoine Per-
renot de Granvelle, évêque titulaire de cette ville, premier
ministre du roi à Bruxelles, sont très-rares, et méritent néan-
moins d être conservés, parce qu'on y trouve quelques traits sur
les vertus et les bonnes qualités de ces princes, et parce qu'ils
donnent une idée de 1 éloquence de la chaire à cette époque. »
Van Hulthem possédait un deuxième exemplaire de la même
édition, beaucoup mieux conservé que l'autre dont le titre est
maculé de taches d'encre. Le feuillet de garde porte la note sui-
vante : « Ces trois discours funèbres de l'Empereur Charles-
Quint, de Marie, Reine de Hongrie, Gouvernante des Pays-Bas
225
et de Marie, Reine d'Angleterre et seconde épouse de Philippe 1 1 ,
sont devenus fort rares. »
I
Le prédicateur n a pas de texte de l'Écriture Sainte au début
de son oraison funèbre. Il entre immédiatement en matière, en
disant qu'il faut invoquer le Saint Nom de Dieu. « Pour ce que
je prétends tout ce que je veux présentement déduire, devoir
ressortir à la gloire de Dieu, et à l'édification de nous autres ;
pour non être frustrés de notre intention, il fera bien, que nous
commençons par l'imploration de l'assistance divine. Donc, en
suivant la bonne et louable coutume de l'Eglise, nous saluerons
la sacrée et glorieuse Vierge, mère de notre Seigneur et Rédemp-
teur Jésus-Christ. Et dirons, élevés nos esprits en haut, Ave
gratia plena, »
Si les anciens. Grecs, Barbares, Latins, Romains, Hébreux,
ont eu soin de perpétuer la renommée de leurs grands hommes
par des monuments somptueux, par des panégyriques, par de
pompeuses funérailles, il faut que « présentement ce devoir et
office soit dévotement rendu à l'heureuse mémoire de ce grand
Prince, de ce grand Empereur, de ce grand Monarque. Je dis
grand, car si Cyrus entre les Perses, Alexandre entre les Grecs,
si Pompée entre les Latins, Charlemagne entre les chrétiens,
ont mérité le nom de grand ; tel titre convient bien à celui, de
qui les hauts faits, les héroïques entreprises, les heureux progrès
et succès, ont mis en admiration, non seulement les provinces
de l'Europe, mais quand et quand, toute la rondeur de la terre.
J'entends ce très-puissant, très-vidorieux , toujours auguste
Empereur Charles cinquième. Lequel étant issu du côté pater-
nel, des très-hautes maisons d'Autriche et de Bourgogne, du
226
maternel, des royales races de Castille et d* Aragon, toutes renom-
mées de tant de bienfaits, accrues de tant de couronnes, célébrées
de tant de vertus héroïques, prit nourriture conforme à son
extraction; et telle en effet qu'il convenait à personnage, à
qui Dieu, en temps si périlleux et difficile, avait remis et réservé
la défense de son honneur, la tutelle de son Église, la proteélion
de ses enfants et répouvante des mécréants. Ce qu'ayant bien et
constamment exploité, après avoir fait ce qui peut rendre
l'homme immortel devant Dieu et devant le monde, a rendu à
la nature le commun tribut, et mourant pour toujours vivre, a
perçu et reçu le fruit, le salaire et la couronne de ses labeurs. »
Pour déclarer comment Charles-Quint « a conduit le train de
son Empire », le sufifragant d'Arras remarque d après le pro-
phète Ézéchiel et Fapôtre Saint-Jean, qu'il y a quatre animaux
autour du trône de Dieu, « Fun semblable à Thomme, Fautre à
un bœuf, le troisième à un lion, le quatrième à un aigle. » Ces
quatre animaux, dit Forateur, signifient sans doute les quatre
principaux mystères du royaume éternel de Jésus-Christ. Il est
permis toutefois de donner à ces emblèmes un autre sens, un
sens accommodatice, comme on dit dans les manuels de théolo-
gie. On peut entendre par là les quatre grandes qualités requises
pour gouverner les peuples : la prudence, le travail, la magnani-
mité, la diligence.
Charles-Quint a montré une prudence exquise dès le début de
son règne. A peine âgé de seize ans, il parvint à apaiser FEspagne
irritée et troublée. Il a fait preuve également de beaucoup de
prudence dans ses rapports avec François I«r.
Son travail. L'empereur n'a fait que voyager pour se rendre
compte par lui-même des besoins de ses sujets. « Quels sont les
ports et les rivages de ses mers qu'il n'ait vus? Quels cantons de
ses royaumes n'a-t-il visités? La postérité s'ébahira, quand elle
227
lira tant de choses avoir été par lui, en si peu de temps, faites :
à quoi à peine suffirait non un, non deux, mais ni trois âges
Toutefois il n'a jamais épargné peine bien sachant que la
divine ordonnance, qui est de manger le pain en sueur et labeur,
s adresse au grand comme au menu, si que je ne sais, de tant de
serviteurs qui Font suivi, s'il s'en trouverait un seul, qui dût se
vanter d'avoir plus souffert ni enduré que lui. »
Le courage est symbolisé par le lion. Charles-Quint a prouvé
sa valeur guerrière lors du siège de Vienne, à la Goulette, à
Ingolstadt; traversant la France, il s'est confié à la loyauté de
François 1er. u a su vaincre, sans souiller sa viftoire par l'effusion
du sang humain, même après l'éclatant triomphe de Mûhlberg :
« en tant de viftoires qu'il a eues, chaque fois que l'ennemi s'est
rendu, il n'a jamais laissé, jamais oublié aucun devoir ni office
de l'humanité et chrétienne bénignité. Xénophon attribue en
lieu de première louange à Cyrus, homme tant célébré par les
saintes Écritures, que de l'ennemi vaincu il tâchait faire un ami.
Mais de cette gloire, ce grand César ne sera pas exclu ; comme
il a très-bien montré par le traitement qu'il fit au puissant roi
François. Lequel pris à la déroute et journée de Pavie, et de là
conduit en Espagne prisonnier, il traita si doucement, visita si
courtoisement, relâcha et allia à conditions si équitables, que
l'on ne saurait sinon attribuer tel afte à singulière bénignité. Ce
qu'il a fait semblablement à l'endroit d'autres. En quoi il a donné
clairement à entendre que pour lui, toujours la religion, la piété
et la bonté ont plus pesé que ses profits et intérêts. »
Tout le monde connaît cet émouvant passage du discours
prononcé par Charles-Quint, lors de son abdication à Bruxelles,
le 25 oflobre i555, où l'impérial orateur se défendit d'avoir
jamais fait des guerres d agression. L'évêque de Nicopole, com-
parant son héros à l'aigle dont il eut la diligence et la célérité, lui
228
rend ce précieux témoignage : « Il a été vraiment tardif, ce
semble, à prendre le glaive de la guerre. Auquel jamais il n a mis
la main, sinon forcé et durement offensé, qui est certes Tune des
premières louanges qu'il puisse avoir, parce que toujours il a
abhorré Teffusion du sang humain et la dissipation des familles,
la confusion des choses sacrées et profanes, la misérable viduité
et pupillarité de tant de pauvres âmes, la licence et abandon de
tant de maux, les brigandages et pillages, les sacrilèges et blas-
phèmes, le mépris des lois et de la justice, et de tant de maux
pour le faire court, qui suivent ordinairement la guerre. A quoi
si les auteurs et promoteurs d'icelle auraient regard, quel terri-
ble jugement de Dieu attendraient-ils contre eux?.. Mais où
besoin a été toutefois de faire diligence, Taigle n est de rien
plus soudain en son vol qu il a été en ses exploits, De quoi la
guerre de Saxe donne prompt témoignage, quand, de si loin,
marchant par quatorze jours à longues journées et sans cesse, il
arriva et se fit voir à l'ennemi avant qu'il en fût bruit, et le vain-
quit incontinent qu il Fassaillit, tellement que lors il pouvait dire
ce qu'autrefois César diftateur avait dit : Veni, vidi, vici. Je vis,
je vins et je vainquis. De quelle diligence usa-t-il, bien qu'il fût
fort mal dispos de sa personne, à Namur, à Valenciennes et
devant Renty ? quand l'ennemi fut plus content de se retirer, que
de jouer alors avec la fortune à tout risque ? »
A ces quatre vertus, il en joignit une autre qui couronna son
immortalité, la piété. « Piété, dis-je, envers ses pays qu'il a plus
aimé que ses profits. Envers l'Église qu'il a honorée comme une
mère. Envers Dieu qu'il a adoré comme Créateur, aimé comme
Rédempteur, redouté comme Rétributeur. »
« Qu'en dites-vous, ses royaumes et pays? et nommément,
vous, province Belgique? Combien de fois vous a-t-il fait un
rempart de sa personne ? Combien de fois a-t-il cherché votre
229
repos jusques aux portes de la mort? De quel zèle et affeftion
envers vous a-t-il fait la destruftion de Térouanne et d'Hesdin
et bordé votre frontière de ses nouveaux forts, Hesdin-fort,
Charlemont et Philippeville ? Qu'en dites-vous , le clergé !
Quels désastres, quels malheurs, quels calamiteux naufrages
eussions-nous eus en notre état, neût été sa piété et religion?
Oftroyons à Constantin cette gloire d avoir été fondateur de la
paix en l'Église ; soit cet honneur entier à Théodose d'avoir pris
les armes pour exterminer le reste du paganisme; donnons cette
louange à Charlemagne, d'avoir mis ses forces pour maintenir
l'autorité du Saint-Siège apostolique. Certes aussi longtemps
que le ciel sera et que le soleil le parcourra, à ce grand Empe-
reur sera l'honneur rendu, d'avoir été défenseur, protefteur,
propagateur de vous,ô Sainte Mère Eglise, de vous, ô Sainte
Mère Eglise, on peut bien le dire, une, deux et trois fois. »
En étudiant les divers règnes des princes, Richardot le
déclare, c'est à celui de David que le règne de Charles-Quint
ressemble le plus. Son héros semble avoir hérité du roi de Juda
son zèle, son affeftion, sa magnanimité. Comme David, Charles-
Quint fit reconnaître son successeur dès avant son décès. « Il
remit la charge de ses royaumes et pays aux mains. Sire, de
Votre Majesté son fils, lui ayant reconnu la prudence, diligence
et les vertus requises pour bien porter un si grand faix. En quoi
tant s'en faut qu'il n'a point été déçu dans ses espérances pour
avoir vu, avant son trépas, par les exploits de la journée de Saint-
Laurent, par la prise de Saint-Quentin, du Câtelet et de Han,
et par la viéloire de Gravelines, que telle charge n'était sinon
très-sagement laissée à un tel prince, qui d'emblée a donné telle
preuve de sa vertu. »
Avouons que le compliment n'est pas mal tourné.
Le prédicateur consacre la fin de son oraison funèbre à nous
23o
décrire Charles-Quint, ayant pris du repos pour le reste de ses
jours, se préparant sérieusement à la mort. Le passage relatif aux
derniers jours de la carrière terrestre du grand empereur, mérite
d'être reproduit ici textuellement. Nous n'avons ni Tenvie ni
le loisir de reprendre à nouveau le problème discuté avec tant de
compétence par MM. Mignet, Arendt et Gachard, si l'empereur a
fait célébrer, de son vivant, un service funèbre pour le repos de
son âme. En tous cas, Richardot ne parle pas de ce trait de piété.
Il dit: « Et puis se munit des Saints Sacrements de l'Église. Les-
quels il demanda tant révéremment, il reçut tant dévotement,
avec un esprit tant prompt et attentif, qu'il donnait admiration
aux assistants. Et enfin, requérant la faveur des anges, et des
saints, speftateurs de ce combat [de son agonie], et principale-
ment l'aide du parrain et patron de ce duel, Jésus-Christ notre
Sauveur, entra en ce champ clos : et comme nous pouvons le
croire, y remporta la viftoire et la palitie, passant heureusement
le détroit de la mort : laissant à la terre son corps, au monde sa
renommée, aux siens la bonne odeur de ses vertus, et à Dieu son
esprit. Je dis, le corps à la terre, lequel dormira et prendra son
repos en paix, jusques au grand réveil général que la trompette
archangélique sonnera. Et alors, s'il plaît à Dieu, il prendra la
luisante livrée du grand Roi sous lequel il a fidèlement guer-
royé, quand il sera reformé à la ressemblance et image du fils de
Dieu et orné des dotations de la gloire. Il a, dis-je, laissé au
monde sa renommée, laquelle croîtra et se répandra par tous les
cantons de la terre et fleurira et même durera aussi longtemps
qu il y aura des hommes. Aux siens et à sa postérité, il a laissé
la bonne odeur de son nom, qui leur vaudra et leur tiendra lieu
de bénédiélion, comme la mémoire d'Abraham à ses enfants,
comme l'intégrité de Jacob aux douze duchés d'Israël, comme
la sainteté de David à ses descendants et successeurs. Et n'ayant.
23l
ce grand prince et vrai chrétien, plus autre chose que donner,
rendit, par la dernière voix qu'il proféra, son esprit à celui dont
il était venu. »
Citons, en terminant, ce passage de la péroraison :
« Que l'esprit de votre serviteur soit près de vous, en
gloire couronné, recueilli au sein d'Abraham, gardé au récep-
tacle des justes. Là nous savons très-bien, que pour arriver vers
vous, il faut entrer, non par le haut et sublime portail de la jus-
tice, mais par la basse poterne de l'humilité, baissant la tête en
disant humblement ce que disait le prophète Daniel : Peccavi-
mus nos, etProphetaenostri etSacerdotes etReges. Pourtant ne
voulons-nous pas ôter celui pour qui nous vous prions du rang de
ceux qui connaissent avoir besoin du mérite de votre Fils, et de
passer par la chancellerie de votre grâce, plutôt que par le striél
et sévère jugement de votre justice. »
II
Philippe II assista également aux funérailles de sa tante, la
reine Marie de Hongrie.
Le prédicateur venait de rappeler dans son exorde qu'il avait
prononcé récemment l'oraison funèbre de l'empereur Charles-
Quint. « Présentement, dit-il, ce dévot et honorable service se
fait pour cette tant vertueuse Princesse ; je mettrai semblable-
ment ici quelque chose en avant de ses mérites et bienfaits. Non
que je prétende pouvoir en si peu de temps, par mon dire,
atteindre à la hauteur et grandeur de ses excellentes aftions :
mais seulement j'ébaucherai avec le pinceau en ma langue les
premiers linéaments, comme les peintres font, pour donner
matière à qui sera plus expert et disert de peindre au vif pour
exemple à la postérité toutes ses rares perfeâions. »
232
Voici maintenant la proposition du discours :
« Et pour donner quelque fondement à ce que j'entends
déduire, je supposerai ce que les Saintes Lettres nous témoi-
gnent : Que Salomon, ce grand prince, entre autres œuvres de
sa grandesse, édifia trois somptueuses maisons. L'une, pour les
choses domestiques et privées, où il logea sa femme, fille de
Pharaon, comme premier instrument de l'économie. La seconde,
pour les choses publiques. La troisième pour les divines. Par
cela donnant à entendre que tous princes et refteurs de provinces
doivent, non pas confondre, mais séparer les choses privées des
publiques, les publiques des sacrées et divines, et en toutes trois
garder le devoir et office requis.
« Or je veux, s'il plaît à Dieu, démontrer comment cette ver-
tueuse princesse s'est tellement comportée en toutes ces trois
maisons de Salomon (j'entends aux choses privées, publiques et
divines) que les plus sévères censeurs de ce monde n'y sauront,
sinon trouver matière de singulière louange, tant s'en faut qu'il
y ait du mécompte. »
Le prédicateur célèbre parmi les vertus privées de Marie de
Hongrie, sa chasteté, son amour du travail, son horreur pour
l'oisiveté, l'affeftion sincère qu'elle garda toujours à son époux,
le roi Louis, tant durant la vie de ce dernier, qu'après sa mort
prématurée à la bataille de Mohacz. On sait assez que la sœur
de Charles-Quint s'était bien décidée à ne jamais contrafter de
nouveaux liens, quelque brillant que pût être le parti qu'on lui
présenterait, différente en cela de sa sœur Eléonore, qui, veuve
d'Emmanuel le Fortuné, s'unit à François I. « Cette vertueuse
princesse, dit Richardot, dès l'heure de son veuvage, rejetant
toutes parures, dorures, brodures, recamures, voulut pour le
surplus de sa vie retenir le simple vêtement des femmes veuves,
étant contente de l'ornement intérieur convenable aux saintes
femmes, selon ce que dit saint Pierre. »
2 33
L'orateur va maintenant vous entretenir de la part que prit
Marie de Hongrie à la direftion des affaires publiques comme
gouvernante des Pays-Bas. Elle occupa avec distinétion ce poste
difficile durant un quart de siècle.
Le pouvoir dans tout gouvernement a trois préoccupations
principales ; « Tadministration de la justice, le recouvrement des
impôts et la défense du pays. » Marie de Hongrie, à peine appe-
lée au poste de gouvernante des Pays-Bas, fit preuve d*une apti-
tude étonnante pour les affaires. Écoutons Richardot :
« Qui fut certainement chose en elle des plus admirables :
que de tant de divers négoces, soit des finances, provisions,
gages, tributs, coutumes, privilèges de lois, de justice, d'offices,
de traités, et infinies autres choses, il n'y a points, ni articles qu'elle
n'ait sus et retenus, comme si elle eût fait l'anatomie de toutes
les parties de la République, et que jamais elle n'eût autre chose
fait que de .feuilleter et visiter les archives, les chartes et les
papiers de cette province. Dont elle a acquis telle promptitude
et expérience de toutes difficultés mises sur le bureau, quelles
qu'elles fussent, qu'il ne s'est trouvé homme en conseil avec elle
qui mieux ait su toucher et débattre tous les points du pro et
du contra^ ni conséquemment en tirer plus sûre résolution
qu'elle, par quoi elle gagna cette réputation par toute l'Europe,
d'avoir eu l'esprit autant présent, la connaissance des choses
d'Etat aussi grande que personne qui vécut de son temps. Je
dirai davantage, que comme Judith servit de conseil aux reâeurs
de sa patrie et d'oracle à sa nation, ainsi cette vertueuse prin-
cesse souvent a été la conseillère de son conseil, et comme
l'oracle de la République pour pourvoir de loin à ce que le temps
et la saison pourraient apporter Outre le particulier gou-
vernement de ses pays, elle a tenu correspondance à l'empereur
en toutes entreprises et démêlé une infinité d'affaires particulières
Tome xn. 16
234
de la maison d'Autriche, de ses amis et serviteurs, voire a eu
part en toutes notables et importantes affaires de la chrétienté. »
Voici le témoignage rendu par Richardot aux aptitudes intel-
leftuelles de la reine Marie de Hongrie.
« ... Son esprit était universel à comprendre toutes choses
bonnes, de façon qu'elle s'est déleétée et semblablement appli-
quée à l'architeflure, à l'agriculture, à la musique, à la peinture,
à la connaissance et émulation des choses de l'antiquité avec tel
jugement et intelligence, qu'en toutes choses de plaisir honnête,
elle s'est toujours montrée grandement ingénieuse, aimant et
favorisant les bonnes lettres et avançant les hommes savants
et lettrés, qui est la partie vraiment entre autres qui donne sin-
gulier lustre à la vertu et splendeur des princes, et grand orne-
ment et plus grande utilité à leurs États et pays. »
L'évêque suffragant d'Arras parle en ces termes des sentiments
religieux de son héroïne :
« Cette vertueuse princesse s'est toujours montrée, non point
ignoramment superstitieuse, mais doflement religieuse. Car elle
a en premier lieu toujours aimé, embrassé et suivi la vraie et
sincère doftrine, telle qu'elle a été donnée par Jésus-Christ, notre
grand Prophète et Doéleur, publiée par les Apôtres, confirmée
par le sang des saints Martyrs, illustrée par les saints Dofteurs,
limitée et déclarée par les saints Conciles, aimant mieux boire
de la claire fontaine de cette vraie doélrine ecclésiastique, que
des boueuses et bourbeuses citernes des hérétiques. »
Au résumé, dit l'orateur sacré,
« Nous trouverons que, si son siècle a porté femme, dame ou
princesse, en qui l'on sût ainsi reconnaître les perfedlions des
grandes héroïnes du passé, comme en l'image de Zeuxis l'on
reconnut les beautés des plus excellentes vierges de Crotone,
certes elle est du nombre. Si quelques-unes peuvent à bon droit
235
être mises au catalogue de celles dont Plutarque et autres font
tant de compte, vraiment elle ne sera des dernières, s'il s'en
trouve entre toutes qui puissent justement être nommées du
premier nom que les saintes Lettres donnent à la femme, qui
est Issa en langue hébraïque, Andris, en la grecque. Virago en
la nôtre latine, c'est elle, voire mieux que la Minerve d'Athènes. »
Voici encore un passage, assez curieux comme littérature ; il
rappelle le récit des derniers moments de l'empereur Auguste,
tels qu'on les trouve consignés dans Suétone.
« Finalement la bonne et vertueuse princesse, après avoir
dextrement joué et achevé le personnage que le grand maître de
la scène et comédie de cette vie présente lui avait donné, elle
sortit du théâtre de ce monde, et dépouillant la vieille robe
de notre mortalité, et quant et quant les habits de la luftueuse
tragédie de ce mortel siècle, elle a été (comme nous pouvons
conjefturer et croire) revêtue du nouvel habillement de l'immor-
talité, laissant de son trépas à tous les bons qui ont eu connais-
sance de ses vertus un regret et un confort. »
III
Nous n'aurons pas à insister longuement sur cette troisième
oraison funèbre, composée par le même auteur que les deux
précédentes. Au point de vue historique, il n'y a guère de détails
à glaner pour la biographie de Marie Tudor ; on dirait l'évêque
de Nicopolis à peu près étranger à ce qui se passait alors en
Angleterre. Au point de vue littéraire, nous serons également
sobre de citations; nos confrères ont pu suffisamment juger du
talent de l'écrivain par les extraits précédents.
Richardot débute par de longues considérations sur la mort
et sur ses effets. Nous lui emprunterons ce passage : « Par elle
236
nous venons en la jouissance des vraies voluptés sans amertume
et laissons celles qui portent plus de fiel que de miel; quand la
mort, dis-je, au lieu des amis mortels et caducs nous venons à la
compagnie des vrais amis immortels, qui sont régnants avec
Jésus-Christ, leur chef et le nôtre. Que si Socrate but gaiement
le mortel breuvage de la cicute, pour Fespoir qu'il avait se trouver
avec les grands personnages, Solon, Lycurgue et autres tels ;
quel courage doit avoir le chrétien, quand par la mort, il trouve
entrée au noble sénat et divin consistoire des princes de l'éter-
nelle cour, du grand Roi des cieux et de la terre ? »
Richardot louera Marie Tudor pour ses mœurs. Il trouve en
elle les trois perfe£lions, auxquelles tendent tous les hommes
vertueux : la civile, selon laquelle nous sommes hommes; la
chrétienne, et la céleste ou divine.
Dans sa vie civile^ elle a fait preuve de prudence, de force et
de continence. Recueillons en passant ces détails sur l'éducation
de la fille de Henri VIII : « Par le soin et diligence des père et
mère, et spécialement par la prudence de très-haute princesse.
Madame Catherine de Castille, sa mère, elle a été si bien instituée
et façonnée, qu'il semble que l'on ait pris le formulaire de son
éducation et institution sur ce que saint Jérôme écrit à la sainte
matrone Laeta pour l'institution de sa fille Marcelle. Mais l'éru-
dition qu'elle prit dès son enfance lui a grandement accommodé
et poli l'esprit, pour assister la félicité de sa nature et diligence
de sa nourriture. Laquelle érudition elle puisa, non des bour-
beux ruisseaux des hommes lourdement ignorants, mais de la
claire et belle fontaine de son précepteur Louis Vives, homme
très-dofte, qui, à vrai dire, a apporté très-grand honneur aux
lettres et à sa nation d'Espagne. Sous la discipline duquel, elle
s'enrichit du trésor des bonnes lettres : duquel, comme d'un
promptuaire, elle a bien su trier les dits et exemples des person-
237
nages sages et savants, pour se munir contre les flatteurs de la
fortune, quand elle lèche, et contre ses mutinements, quand elle
se courrouce. »
Dans sa vie chrétienne, elle a montré une foi vive, une espé-
vdiïict ferme, et une charité officieuse et ardente.
« Par lesquelles [les trois vertus citées à Tinstant], elle a laissé
bonne confiance aux survivants que par delà, devant Dieu, elle
a reçu la troisième perfeftion divine, comme salaire et ornement
des deux premières. Tellement que nous pouvons raisonnable-
ment croire et confier : qu'au lieu de la foi qu'ici-bas elle avait,
là-haut aux cieux, elle a pleine connaissance de Dieu, contem-
plant sa parfaite beauté, non adunbrée, face à face et en sa
propre nature... En échange d'espérance qu'ici la soutenait, elle
a plein et entier contentement de tous désirs, de toutes attentes
et de toutes affedions... Et pour perfection totale de sa charité,...
elle se trouve, comme j'espère totalement unie à Dieu... et ainsi
en pleine jouissance et possession de la troisième perfeâion, de
gloire non caduque ni défaillante, mais perdurable et éternelle :
obtenant de Dieu le prix et le but de sa course, qui est la fin, à
quoi tous nous prétendons. »
238
Oraison funèbre, sur le trespas de treshault, très-
grand, ET TRESPUISSANT MONARQUE DOM PHILIPPE
SECOND; ROY D'ESPAIGNE, ETC. Prononcée aux obsèques
de sa Majesté, en V Eglise de Notre-Dame de Tournqy, le
lundjr XXVI Oâobre M. D, XDVIIL Par M. lEHAN
BOVCHER Dofteur en Théologie en l'université de Paris, et
Chanoine de ladi£le église. Seconde édition revue et enrichie.
A ANVERS, EN L'IMPRIMERIE PLANTINIENNE, chez Jean
Moretus. CID* ^OC. — Petit in-S® de cent cinquante pages
chifiFrées et quatorze pages non chiffrées contenant la dédicace
aux archiducs Albert et Isabelle et un avertissement au leéleur
sur cette deuxième édition. — L'approbation ecclésiastique a
été donnée par Pierre Pantinus, Doyen de Sainte-Gudule
qui en loue la dodrine et la piété : « ob singularem doâri-
nam, cum pari pietate copulatam. »
Notre exemplaire provenant du fonds Van Hulthem à la
Bibliothèque royale, appartint jadis au couvent des Minimes à
Bruxelles.
Dans la dédicace aux Archiducs nous notons le passage
suivant : ^
« Et pour n'obmettre les modernes, c'est la louange parti-
culière de deux des Ancêtres de Vos AA. et tous deux du sang
de France : dont l'un fut le roi Louis XII, trisaïeul de vous
Madame : et l'autre le bon Duc Philippe, souche commune de
Vos AA. qui tous deux ont eu cet honneur d'être dits Pères du
peuple, »
Quelques lignes plus loin, l'orateur explique comment lui,
Français, a été amené à prononcer l'éloge de Philippe II :
« ... toutes nations demeurant obligées à ce monarque; toutes
aussi lui doivent cet honneur, que de le louer en leur langue,
un François osât pour sa part, et pour l'acquit tant de sa patrie.
239
où les mérites du défunt se sont si largement entendus, que de
lui en particulier, qui depuis six ans en deçà, que la défense de
TEglise et religion catholique lui a fait quitter son lieu naturel,
et tout ce qu'il avoit au monde, respire Tair en cet Etat, après
rheureux travail de tant de doftes langues et plumes , que
d'Espagne que de ce pays, qui se sont égayés sur ce riche et
ample sujet, faire voir au public et en sa langue, sous Fautorité
de Vos AA. ce qu'il en auroit dit et prononcé une fois. »
V Avertissement au leâeur sur cette édition dernière nous
prévient que Fauteur n a pas été satisfait de la première édition,
tant pour les fautes typographiques qui s'y glissèrent qu'à cause
du manque de renseignements sur Philippe II. Son premier
travail n'ayant pas été désagréable, il sl jugé que le reste de la
manufadurej comme aussi de la peine et des dépens, n'y seroit
mal employé. Il en a usé à l'égard de son héros, comme les
Lysias, les Démosthène, les Isocrate, les Cicéron, et pour
n'omettre les saints Pères, les Chrysostome, les Nazianze, les
Ambroise, qui ne faisaient point de difficulté de suppléer par la
plume à ce qui leur avait manqué dans leur discours parlé. Le
leâeur trouvera donc dans Fœuvre renommée du chanoine
tournaisien « FIdée entière, non feinte ou imaginaire, comme
de Cyrus etXénophon, mais vive et expresse, d'un Roi vraiment
catholique, et accompli en vertu, tant en la vie qu'en la mort :
c'est à quoi te devant arrêter, pour repaître ton esprit, et profiter
en ce beau miroir, plutôt qu'à de simples fleurettes, et couleurs
de Rhétorique, d'autant plus facilement tu excuseras ce qui
défaudroit pour cet égard. »
Boucher a pris pour texte ces paroles du psaume XX : Domine
in virtute tuâ laetabitur Rex, et super salutare tuum exultabit
vehementer, Quoniam praevenisti eum in benediâionibus dulce-
dinis, posuisti in capite ejus coronam de lapide pretioso.
240
« Le grand Philippe est mort.... Je dis un grand en toutes
choses, et par dessus tous les plus grands, qui oncques furent
sur la terre, grand selon le monde, grand selon Dieu. Je dis
Philippe le grand monarque, le rempart de la chrétienté, le fort
et le boulevard de FEglise, le propagateur de la Foi, le porte-
bannière du Crucifix, le secours des CathoUques, l'ennemi des
hérétiques, la terreur des infidèles, le support des affligés,
l'exemple de charité, bref, la bénédiélion de son siècle. Et
quand je dis que Philippe est mort, je dis que tout cela est mort.
O mort, comme ton deuil est grand! et comme en un seul
instant, tu nous prives de grandes choses ! »
Arrivons à la proposition du discours.
« Voyons quelles sont ses bénédiftions, voyons quelle est
cette fin heureuse, qui les a ainsi couronnées ; voyons aussi quel
fruit de ses mérites, dont le fruit se ressent et le bonheur nous
demeure. Et puisons de là cette joie et bénédi£tion de Dieu,
à laquelle il nous faut conclure. Car voilà tout ce que j'ai à
dire. »
Quelles sont donc ces bénédiftions, et bénédi&ions de dou-
ceur ? Qui y tiendra le premier rang ? Sont-ce les trésors et les
richesses? La noblesse et l'antiquité du sang? Non. Sans doute
la maison d'Autriche a été bénie de Dieu : S. Ulric, évêque
d'Augsbourg, S. Gebhard, évêque de Constance, S. Léon IX,
Pape, Charles-Quint en fournissent la preuve. Le Roi Philippe
a reçu de Dieu d'abondantes grâces ; il a eu des vertus privées et
publiques et comme par elles il s'est montré bon prud'homme et
bon roi ensemble, rien n'a manqué au mérite, qu'il ne fût
accompli en toutes sortes et manières,
I.
Ses vertus privées. Son zèle envers la religion. Sa dévotion
241
envers Dieu. Sa révérence envers les saints. Sa piété envers les
morts. Son respeft envers TEglise. Sa charité envers les pau-
vres « pour les aumônes secrètes qu il faisoit, et par personnes
signalées, choisies à cet effet, pour secourir les veuves et marier
les orphelins et autres œuvres de pitié. » Sa justice envers le
prochain. « ... Comme il s'est vu en la poursuite du Royaume
de Portugal, par le soin qu'il a eu de faire examiner et résoudre
la matière en plusieurs universités, avant que d'user de main
mise. » Sa continence envers soi-même. Sa frugalité en sa vie
« pour la simplicité de son vivre, de ses habits et compagnie :
se contentant d'une ou de deux sortes de viande pour tout
mets : de deux accoutrements par an, sans qu'aucune soie fût
sur son corps : et sans user d'autre couleur, ni permettre d'être
usé en cour, tant à ceux du pays qu'aux étrangers, même aux
ambassadeurs, sinon de noire, qui pour tant étoit appelée Color
de corte, couleur de cour. Et sans qu'il y eût en sa chambre
aucun tapis, sinon celui de sa table, avec les courtines de son
lit et le dossier de sa chaise, qui étoient de simple drap gris. Ce
qui étoit l'ordinaire en tous les lieux où il alloit. Et de deux ou
trois assistants, quand il prenoit son repas. Et de petit nombre
d'officiers, qu'il choisissoit entre les plus vertueux. »
« Sa modération au maintien, pour la douce gravité et
modestie de son geste, bien séante à la beauté et proportion de
son corps, qu'il tenoit en ses audiences. Estant debout, sans
vaciller çà ni là, sans tousser ni cracher, et sans remuer l'œil, la
bouche, ni le bras ou le pied, ni aucune partie de son corps.
Ecoutant attentivement et avec patience, quelque grand que fût
le nombre de ceux qui demandoient audience, qui n'étoit refusée
à personne, lorsqu'il retournoit de la messe : et dût cela retarder
son repos d'une ou de deux heures entières. Répondant promp-
tement et de point en point, quelque long que fût le discours.
242
avec autant de grâce et de facilité que si c*eût été chose prémé-
ditée^ 1»
Sa sollicitude envers ses enfants. Sa conduite au règlement de
sa maison. Sa magnanimité aux entreprises. Sa sagesse en la
conduite pour tenir les résolutions secrètes. Sa vérité aux paroles.
Sa patience aux adversités : telle la perte successive de ses
quatre femmes. Sa douceur à Fégard de tous, même de ses
domestiques. « Un sien domestique, qui comme sa Majesté une
fois eût écrit de nuit de sa main une longue lettre au Pape, et
icelui appelé pour y mettre de la poudre, eut par mégarde, demi
endormi qu'il étoit, au lieu de poudre, renversé lencrier sur la
lettre, sans s'émouvoir aucunement, ni lui dire aucune rudesse,
recommença doucement la lettre, qu'il récrivit toute la nuit. »
Voilà ses vertus privées, c'est-à-dire personnelles. » L'ora-
teur va parler maintenant des « vertus publiques et royales »> de
Philippe II, « mais qui sont bâties néanmoins sur le fondement
des premières. »
Je comprendrai tout en un mot, dit le chanoine Boucher, c'est
que comme il était un grand roi, il a aussi servi Dieu en roi.
Les vertus propres aux rois sont les trois suivantes, rappelées
par l'Ecriture Sainte au psaume 44® : propter veritatem et man-
suetudinem etjustitiam, VÉRITÉ, DÉBONNAIRETÉ ET JUSTICE.
La vérité, c'est-à-dire d'être véritable en soi, envers Dieu et
envers les hommes ; faire croire la vérité aux autres, tant par
exemple que par autorité, la publier, l'annoncer, la soutenir, la
défendre.
La débonnaireté : soulager les humains, soit sujets, soit
étrangers, supporter leurs infirmités; les garantir de toute
oppression et injure.
La justice : rendre à chacun ce qui lui appartient, sans
acception de personnes.
243
La plus importante de ces trois vertus est la vérité. Jésus-
Christ est ici le vrai modèle des rois.
Il nous faut montrer comment Philippe a pratiqué ces trois
vertus.
La vérité.
Il a réconcilié le royaume d'Angleterre à l'Eglise Romaine.
Il n'a jamais toléré en ses domaines deux religions différentes.
Il a promptement obéi à l'Eglise en publiant aux Pays-Bas,
dès i565, les décrets du concile de Trente. Il fit publier un cata-
logue des livres défendus. Il envoya de bons missionnaires au
Pérou, au Mexique, en Floride, aux Indes tant dans les îles
que sur la terre ferme. En iSSp, il érigea aux Pays-Bas quatorze
nouveaux évêchés. Il fonda l'université de Douai et y adjoignit
sa maison, qu'il convertit en institut scientifique se nommant le
Collège du Roi.
Les bibliophiles seront sans doute charmés de lire le passage
suivant ; il est relatif à la Polyglotte de Plantin, l'une des mer-
veilles de l'art typographique en Belgique.
(( Je n'omettrai pour le sixième, cette célèbre édition de la
grande Bible Hébraïque, Chaldaïque, Syriaque, Grecque et
Latine faite à Anvers, chez Christophe Plantin, par le comman-
dement de sa Majesté, et à la diligence des gens doâes de
toutes nations, qui y ont été employés. Œuvre autant digne de
Roi, que le fruit et l'ornement en a été grand par tous les
endroits du monde, où en ont été portés les exemplaires. Dont
ce grand roi de Mogor (qui commande entre les fleuves Indus et
Gange) sera pour témoin entre les autres : qui l'ayant en sa
Bibliothèque, et l'y gardant précieusement, en fit montre avec
allégresse, aux pères de la Société de Jésus, comme il se voit par
leurs lettres écrites l'an iSgS. »
L'orateur va maintenant parler de la débonnaireté et justice
du roi.
244
Il n'épargnait rien, quand il s'agissait du bien de la vérité,
pour le soulagement de ceux qui souffraient à son occasion et
qui se rendaient utiles en la propageant. Témoin les sémi-
naires fondés pour les Anglais persécutés, à Louvain, à Saint-
Omer, à Valladolid, à Séville. Témoin la fondation de 1 école
de TEscuriaL
Dans les charges d'Etat et d'Eglise, il recherchait les hommes
les plus capables. Il prévenait par ses avances courtoises ceux
qui se seraient éloignés de la vérité par hérésie ou rébellion, leur
offrant amitié et grâce, s'ils revenaient à la vérité.
Quant à la justice elle se peut pratiquer en paix comme en
guerre. C'est par un effet de sa justice que l'Inquisition espa-
gnole a assuré à ce pays la paix en le préservant du venin de
l'hérésie. Boucher invoque en faveur de son assertion Hippoma-
nus, Italien, Vasaeres, Flamand de nation dans ses chroniques
d'Espagne et le grand cardinal polonais Hosius et ce témoignage
oui plus d'une fois de la bouche du pape Paul IV, que le saint-
office avait été établi par l'inspiration du Saint-Esprit.
Le roi fit preuve de ses sentiments de justice, quand il publia
son édit d'oflobre 1 586 pour réformer l'abus des titres et qua-
lités et pour réprimer l'excès et la superfluité de la toilette.
Boucher ajoute que le roi faisait à lui seul plus de besogne dans
l'expédition de ses dépêches que pas un de ses secrétaires.
Philippe a fait la guerre saintement et courageusement contre
les infidèles et les hérétiques. Rappelons la prise de l'île de
Gerbi, la défense de Malte en i565, la vidoire de Lépante
en iSyi. La France, à son tour, ne lui doit-elle pas de n'avoir
pas succombé sous les armes de l'hérésie? Les journées de
Dreux, de Saint-Denis et de Moncontour sont dues à son inter-
vention. Les injures vomies par les hérétiques n'ont d'autre
raison que le ressentiment que ces échecs leur ont fait éprouver.
245
Vérité, débonnaireté, justice ; voilà les moyens qui font pros-
pérer les rois, selon quil est écrit : Prospéré procède et régna.
Il était donc nécessaire que les prospérités suivissent Philippe II.
C'est ce que nous considérerons « par le discours des histoires,
s*il en fût jamais de pareilles en un même personnage. »
Six prospérités semblent à Boucher devoir être principale-
ment admirées dans le roi Philippe. La première d'avoir eu à
un titre éminent les mêmes amis et ennemis que Dieu et son
Eglise. La seconde, d'avoir été en butte à toutes sortes d'attentats
à sa vie de la part de tous les mécréants de la terre, « jusqu'au
poison mis sur le pied du crucifix qu'il avoit coutume de baiser
en sa chambre. » La troisième, d'avoir vu, comme dans un
champ plantureux et fertile, lui germer les couronnes et multi-
plier les États. La quatrième d'avoir entretenu tant d'États
séparés et si divisés. La cinquième, d'avoir dépassé l'âge de
soixante-dix ans ; Philippe mourut en la soixante-douzième
année de son âge et la quarante-troisième de son règne, dépas-
sant ainsi en l'une et l'autre le temps de David.
Ce nombre 72 est mystérieux. Il est composé du 12 et du 6,
dont le premier est un nombre universel et qui nombre les
choses universelles. Nous avons les douze signes du Zodiaque,
les douze mois de l'année, les douze heures du jour, les douze
lignées d'Israël, les douze pains de proposition, les douze pierres
du rational [dou^e pierres précieuses enchâssées dans une
plaque que le grand' prêtre juif portait sur la poitrine en cos-
tume de cérémonie], les douze Apôtres, les douze fondements de
la Jérusalem céleste, les douze étoiles formant la couronne de
la femme environnée de soleil, laquelle femme est l'Eglise.
Moise établit soixante-douze anciens d'Israël. Il y a eu
soixante-douze interprètes [les septante traduâeurs grecs de la
Bible], et soixante-douze disciples de Jésus-Christ. « J'ajoute
246
que c*est à quoi les Egyptiens, qui sur tout observoient les nom-
bres, pourroient bien avoir eu égard, pleurant leurs rois
72 jours... comme si ce nombre fût propre aux rois. » Si nous en
croyons saint Jean Damascène, Michel de Crète, Métaphraste,
la Vierge Marie a vécu soixante-douze ans, ainsi que Charle-
magne
La sixième prospérité de Philippe fut sa nombreuse descen-
dance.
Toutes ces bénédiflîons spirituelles et temporelles ont eu pour
comble une heureuse fin. Il a été donné à Philippe d'endurer et
de souffrir en Jésus-Christ; le roi a eu ici une part incomparable
de souffrances. « Que nul n'attende ici de moy que je dissimule
ses douleurs. » Boucher emploie huit pages à décrire la patience
du roi ; deux autres pages donnent une description par trop
détaillée des souffrances de Philippe; il demande au livre de Job
le complément de cette partie de son oraison funèbre.
La piété du roi ne se démentit pas dans cette redoutable
épreuve. Il prolongea durant trois jours la confession générale
de toute sa vie ; en l'espace de cinquante-trois jours. que dura
sa dernière maladie, il reçut quatorze fois la Sainte-Commu-
nion ; il demanda en temps et heure TExtrême-Onâion et elle
lui fut administrée en présence du roi, son fils. Voilà le dernier
mot « qu'il a prononcé en sa vie et deux ou trois heures avant la
mort : Qu'il mouroit catholique, en la foy et obéissance de la
sainte Eglise romaine. »
Voici les vertus qui redoublèrent alors de lustre : sa profonde
humilité, son entière abnégation, son obéissance parfaite, sa
résignation et conformité à la volonté de Dieu, sa charité et
bonté, sa magnanimité et constance, son assurance et confiance
en Dieu.
Tel fut l'homme, tel fut le chrétien. Il nous reste à considérer
247
les vertus du roi mourant. D*abord il fit lire un testament qu*il
gardait sous son chevet par lequel il remet son royaume et son
âme à Dieu. Puis il rendit à ses ennemis, c'est-à-dire à ceux qui
l'auraient offensé soit leurs biens, soit l'honneur, soit la vie, soit
la liberté. Enfin, il donna des instrudions particulières à son
fils.
De vive voix il instruisit son héritier aux trois vertus de
vérité, débonnaireté et justice. Il fit ensuite tirer d'une riche cas-
sette un extrait de l'exhortation de saint Louis mourant à son
fils ; le texte qui s'en lit au chapitre nonante-troisième de la vie du
roi de France par le sire de Joinville, Philippe l'avait fait tra-.
duire en langue espagnole, avec charge expresse à l'un de ses
principaux conseillers de le lui lire après sa mort.
Enfin, il fit sortiç de cette même cassette la discipline de l'em-
pereur Charles-Quint, encore teinte de son sang ; on lui apporta
également son cercueil, afin qu'il pût faire des réflexions sur sa
dernière demeure, comme il s'exprimait.
Cette mort fut heureuse. Elle fut heureuse par le concours de
toutes ces vertus antérieurement énumérées, heureuse par l'expia-
tion de ses douleurs dernières, heureuse eu égard à la récom-
pense qui attendait Philippe dans le ciel. Mais elle est surtout
heureuse pour le fruit de cette même récompense qui en revient
à l'État et à la chrétienté. A l'Etat, il laisse un successeur de son
nom et de sa majesté et grandeur. A la Chrétienté, il a appris
comment on sert son Dieu en roi. Enfin, nous avons au ciel un
puissant prote£leur qui priera pour nous. Cette pensée nous
console, elle sèche et tarit nos larmes.
« Heureux Prince et heureux Monarque... qui ayant fiché
ses désirs et souhaits en Dieu, et rapporté à sa gloire ses entre-
prises et ses œuvres, jouit de ce qu'il a aimé le plus, et de l'eflFet
de ses prières. Entré qu'il est en la joie de son Seigneur, et
248
absorbé dans la gloire de sa divinité, et de cette mer de douceur,
qui réjouit la cité de Dieu.
« C'est aussi à vous, Seigneur Dieu, que nous en rendrons la
gloire. Et comme cela est dû à vous seul, qui avez prévenu ce
prince des vertus que vous couronnez, et lesquelles couronnant,
vous couronnez vos œuvres, même qui êtes celui, en qui il a
espéré de son temps, et en votre miséricorde il n'a trébuché
jamais, pour abandonner votre foi, qui Tavez mis en grand hon-
neur et en votre salut, faites que sa gloire est grande, ainsi
tous nous protestons par ces saintes cérémonies , par ces
flambeaux et luminaires, par ces prières et cantiques, par cet
auguste sacrifice du corps et sang de votre Fils, et de celui
qui un jour jugera les vifs et les morts, et par tout ce qui
est en nous, de vous en donner seul la gloire, de vous en
louer et bénir, comme nous faisons et ferons par tous les siècles
des siècles.
« Suppliant votre bonté, que continuant en la postérité de
celui, dont nous honorons la mémoire, Teffet de vos saintes
promesses, par la réunion de TEglise, par la rénovation dlcelle,
que de si longtemps on attend, par la sanâification de votre
nom, établissement de votre règne et exécution de votre sainte
volonté, et surtout, par la paix entre vous et nous, nous puis-
sions sous leur autorité, tellement vivre en votre crainte, que
vous soyez à jamais notre Dieu, et nous à jamais votre peuple.
Amen. »
Il y a ensuite en guise d'appendice six pages de texte repro-
duisant, d'après Joinville, les instruâions de saint Louis mourant
à son fils Philippe le Hardi.
Dans certaine relation des obsèques faits à Philippe II, de ce
nom^ brochure de dix pages non chiffrées, imprimée chez Rutger
Velpius, à Bruxelles, en 1599, on lit :
249
« Les Maîtres des cérémonies allèrent semondre le Seigneur
Révérendissime Evêque de Namur, et le conduisirent à la chaire
pour faire la Harangue funèbre : auquel devoir il s'est acquitté
fort honorablement, pour être prélat fort religieux, dofte, pru-
dent, discret et éloquent : lequel a discouru gravement et avec
bon ordre et suite des vertus et faits plus signalés de ce grand
Monarque... » — « De ceci, je n'en dirai davantage, car j'espère
que de bref le dit Seigneur sera induit, selon la coutume, de
mettre cette belle harangue en lumière, pour satisfaire au souhait
de plusieurs, et pour perpétuer la mémoire et les louanges de ce
grand Roy, votre Prince et Seigneur, lequel comme tout le cours
de sa vie a donné grande preuve de ses Royales et Chrétiennes
vertus, aussi a-t-il fait fort évidemment le même, à la dernière
période et issue d'icelle, lorsqu'il a voulu montrer à tous, qu'il
voulait mourir très-saintement, et en Prince vraiment Chrétien
et Catholique. »
On voudra bien noter ces mots selon la coutume. L*Evêque
de Namur se conforma donc à l'usage en livrant son discours à
rimpression.
Sermon funèbre faiâ par le révérendissime evesque de Namur ^
Messire JACQUES Blasaeus, aux funérailles du très catho-
tique, très haut et très puissât Prince et Monarque Phi-
lippe 2. Rojr des Espaignes etc., célèbre^ en Brusselles en
VEglise de Sainte-Goedele, le dernier iour de Decèbre, de
Van 1 598. En la presece du Sere^^ Prince André Cardinal
d'Autriche, Gouverneur des Pays bas^ Cap. Gen. etc. •—
A Bruxelles. Par Rutger Velpius, Libraire et Imprimeur
iuré â r Aigle d'or près la court, l'An i5gg. Avec privilège.
Brochure in-40. Trente-huit pages chiffrées, vignette aux
armoiries d'Espagne sur le titre, marque de l'imprimeur à la
Tome xii. ' 17
25o
dernière page et sa devise : Sub umbra alarum tuarum pro-
tège nos.
L'Evêque Ae Namur débute sans texte de l'Ecriture Sainte.
Il va traiter et discourir des faits très-hauts, très-chrétiens, très-
catholiques de Philippe IL Pour réussir dans ce dessein il
compte sur la faveur, attention et patience du Cardinal André
d'Autriche, présidant à la cérémonie, ensuite sur l'aide du ciel.
Les anciens, païens aussi bien que chrétiens, ont toujours res-
peâé la mémoire de leurs morts. Ils voulaient, par ces honneurs,
récompenser leur vertu en quelque manière, honorer ces corps
qui avaient été le temple de Dieu, le réceptacle de l'âme, les
instruments du Saint-Esprit. David prononça l'oraison funèbre
de Saûl et de Jonathas ; S^ Ambroise, celle de Théodose et de
Valentinien; S. Grégoire de Nazianze celles de son père, de
S. Basile et de S. Cyprien ; S. Grégoire de Nysse, celles de Pul-
chérieet de Placilla; S. Jérôme, celle de Paula. Incapable de
s'élever à la hauteur de tels modèles, le prédicateur se conten-
tera, dit-il, de placer auprès de la tombe du Roi, non une statue
d'or ou d'argent ou de bronze, ou de cèdre, marque d'immorta-
lité, mais une statue choisie et tirée de V Ecriture Sainte. Ce
sera celle de David. Le discours aura trois parties. Les deux
premières traiteront de son extraflion, des choses grandes,
admirables qu'il a faites et endurées en paix comme en guerre ;
la dernière sera consacrée au récit de sa mort.
Blasaeus décrit d'abord longuement l'illustration de la famille
d'où sortit David. Toutes les excellentes prérogatives, grandeurs
et noblesses de cette famille de Juda peuvent s'appliquer à la
maison d'Autriche, la plus noble de toute l'Europe, la seule
défense invincible, la seule muraille insupérable, et le boulevard
terrible de la chrétienté contre les infidèles, Turcs et hérétiques.
De cette illustre maison sont issus huit empereurs, dix rois,
deux impératrices, seize reines, ce qui ne se trouvera en aucune
autre Êunille quelconque. De cette sainte maison sont descendus
S. Georges, martyr en Cappadoce, S. Benott, S. Grégoire le
Grand, S. Thomas d'Aquin, Boèce, Symmaque, les Albert, les
Léopold, les Ernest, les. Frédéric,, les Maximilien, les. Phi-
lippe de ces derniers siècles, et ceux qui les surpassent tous en
grandeur, en puissance, en hauts faits, ce grand Charies-Quint,
de mémoire immortelle, et Philippe, digne fils d'un te} père.
Suivons le parallèle. David ne fut pas plutôt appelé au trône,
qu'il se vit aussitôt environné d'ennemis^ de persécutions et de
guerres de toutes parts. Ainsi Philippe a eu un règne qui fut une
guerre continuelle contre les ennemis de Dieu, Turcs, Maures
et hérétiques. Après avoir raconté les triomphes de Philippe sur
rislamisme à Lépante et ailleurs, Blasaeus remarque que les
rois très-chrétiens eussent succombé depuis longtemps sous le
joug des Huguenots sans l'aide des rois d'Espagne. Pourquoi
l'a-t-il fait ? Voulait-il être roi de France et envahir les États
d'autrui, comme calomnient très-impudemment et très-impru-
demment ceux qui ne savent rien mieux que mentir et calom-
nier! Non vraiment... Pourquoi donc l'a-t-il fait? Parce qu'il
était prince très-chrétien, il n'a jamais voulu abandonner la
querelle de Jésus-Christ, qudque part que ce fût.
David a fait la guerre aux Philistins, Ammonites, Moabites ;
mais sa guerre la plus cruelle fiit celle qu'il dirigea contre son
propre fils Absalon. La plus longue, la plus cruelle guerre
que notre roi a eue en sa vie, c'est cette guerre intestine que lui
ont faite ses propres sujets pendant plus de trente années et qui
dure encore.
Comme David, Philippe fiit dément. Il pratiqua la clémence
aussi longtemps qu'il fut roi et avant de mourir pa^-donna à tous
ceux qui l'avaient gravement offensé.
252
Pour attirer sur ses États les faveurs divines, Philippe savait
qu'il fallait être un homme religieux. Comme David, il se levait
la nuit, pour assister au chant des louanges du Seigneur. Le roi
de Juda honorait singulièrement la personne des prophètes
Samyël, Nathan, Gad ; Philippe se montra tous les jours de sa
vie obéissant au Pape, aux prélats, aux do£leurs de TEglise
catholique. Les ordonnances du Concile de Trente n'ont été
nulle part mieux observées que dans ses États. Il a envoyé des
missionnaires aux Indes, au Mexique, en Floride, au Pérou.
Il a érigé aux Pays-Bas quatorze nouveaux évêchés et y a placé
« des pasteurs vigilants, personnages excellents en do£lrine, et
de vie religieuse et exemplaire, pour surveiller sur le parc de
Jésus-Christ, en déchasser les loups, ramener au troupeau les
égarés, et paître les ouailles de la vraie do£lrine catholique, et
les animer à bien vivre, par les exemples de leur bonne vie. »
Il a fondé des écoles et universités, notamment à Douai, Lou-
vain, Valladolid et Saint-Omer.
Sans doute Philippe n'a point imité David dans la composi-
tion de ses psaumes et cantiques, mais il nous a fait avoir une
Bible purgée des erreurs que le diable y avait semées par ses
ministres. « Il a semblablement fait repurger l'imprimerie, mère
nourrice des bonnes lettres et sciences, et pour cette cause fai-
sait-il tant de cas de ce Maître Imprimeur de notre siècle Plantin,
duquel il s'est servi, pour derechef faire venir en lumière cette
merveilleuse Bible, de Complutum, ou Alcala, invention première
de ce grand Cardinal de Tolède, Ximenès, mais de notre temps
beaucoup augmentée et amplifiée, par la diligence de ce très-
dofte personnage Arias Montanus, et d'autres théologiens très-
savants, à ce appelés et employés par son commandement. »
En récompense de ses œuvres, Dieu a fait goûter à Philippe
dès ce monde un avant-goût des biens futurs. Il est notoire que
253
depuis qu'il eut recueilli la succession de Portugal, il a commandé
à plus du tiers du monde habité ; cette faveur n est échue à nul
autre roi chrétien, ni même à Auguste, Alexandre le Grand,
Nabuchodonosor, Assuérus. Cette félicité toutefois n*a été ni
générale, ni continuelle, pas plus pour Philippe que pour
David. Le roi d'Espagne a bu le calice des tribulations par
perte d'armées, par des séditions et rébellions, par la mort de
ses enfants, femmes, parents et amis ; il a été visité plus d'une
fois par les ilnaladies et surtout dans la maladie qui la emporté,
il a montré une constance admirable et vraiment chrétienne.
Imitateur du saint roi David durant toute sa vie par sa reli-
gion, piété, magnanimité, clémence, libéralité et patience, il l'a
imité également dans son trépas. Il mourut en bonne vieillesse,
plein de jours, de richesse et de gloire. Il mourut à l'âge de
s6ixante-douze ans, en bonne vieillesse, non fâcheuse, difficile,
soupçonneuse, avare ou colère, mais douce, tempérée, prudente,
grave et mûre, sainte et vertueuse. Il est décédé en telle vieil-
lesse qu'elle ne l'a détourné ni empêché de recevoir dévotement
les saints Sacrements de l'Eglise. Il a laissé, comme ses pères^
une bonne et très-glorieuse renommée et une postérité d'enfants
semblables à lui.
Transcrivons la péroraison du discours funèbre de Blasaeus.
((Je crains certes (et plaise à Dieu que ma crainte soit vaine)
que cette mort causera de graves inconvénients à la République
chrétienne. Car lorsque les soubassements d'un édifice sont
élocés et croules, que doit-on attendre? Quand les colonnes d'une
maison sont ébranlées ou tombées, que doit- il s'en suivre ? Et
lorsque les murailles, boulevards et plateformes d'une forteresse
sont atterries, que doit-on craindre ? Et que devons-nous craindre
et redouter, puisque nous voyons la terreur des Turcs et infi-
dèles, l'épouvantement des hérétiques, la crainte et le fléau des
254
méchants être par terre et enfermé eh terre? Mais les regrets
n'ont pas de lieu contre Fordonnance et volonté immuable de
Dieu. C'est pourquoi retournons-nous aux devoirs de charité,
que lui devons par toutes obligations. Et comme les membres
au chef, les sujets au supérieur, les vassaux à leur Prince, et les
enfants à leur père, rendons peine de Taider par nos ferventes et
dévotes prières. Joignons-les à celles de TEglise, et à ce grand
sacrifice propitiatoire, que Ton va offrir pour lui. Et si son âme
était encore souillée de quelques restances de péchés, prenons
notre refuge au bain tout chaud du sang de notre Seigneur. Et
s'il était demeuré reliquateur de la divine justice, pour quelques
dettes non payées par condigne pénitence et satisfaâion, êmpres-
sons-iious à ce trésor infiniment riche et précieux, le corps dé
Jésus-Christ. Oflfrons-le, présentons-le à Dieti son Père, pour
pleine rançon de ses oubliances, infirmités et imperfeâions, afin
que par ce moyen, après tant de labeurs, peines et travaux, il
soit reçu par la miséricorde de Dieu au repos étemel. Amen. »
Sermon funèbre, que predico el maestre fray Matheo de
Olando, de la Orden de los Predicadores, en las onras de
la Magestad Catholica de Don Felipe Segundo Rejr de las
Espanas, quefueron celebradas por la nacion Espàhola, en
la villa de Brussellas, en el Monasterio de Santo Domingo,
y en la Capilla de nuestra Senora del Rosario. A i5. de
Di^iébre del àho de 1 598. — En Brussellas, En casa de Rut-
gero Velpio, junto al Palacio, en el Aguila de oro. — Bro-
chure in-40. Vingt-huit pages non chiffrées. Avec approbation
ecclésiastique, donnée par Sylvestre Pardo, S. T. L. Chanoine
de la cathédrale d'Anvers et censeur des livres.
Les historiens n'ont rien à recueillir, nous a-t-il paru, dans le
discours funèbre prononcé à l't^lise diss Pères Dominicftins, en
2i)5
la chapelle de N.-D. du Rosaire, chapelle appelée de la nation
espagnole. Il était juste, dit Torateur, que la nation espagnole
fît à Philippe, son roi de très-heureuse et éternelle mémoire, des
obsèques dignes de son amour et de sa fidélité habituels.
Le P. d'Olando a conçu son oraison funèbre comme un dis-
cours de morale, destiné à faire naître des réflexions pieuses
dans rame de ses auditeurs. Il a pris pour texte ces paroles de
V Ecclésiastique y chap. XXXVIII: Souviens-toi de mon juge^
ment, car le tien viendra de même aussi : à moi hier et à toi
atyourd'hui. Il va faire penser à ces grands enseignements de la
mort.
A cet effet, le prédicateur suppose que le cadavre de Philippe,
devenu un squelette décharné, se dresse dans sa tombe et
adresse aux auditeurs les graves enseignements contenus dans
l'Ecriture Sainte.
Tel Alexandre le Grand qui, couché sur son lit de douleur,
divise son empire avant de mourir.... Ego ille quondam opu-
lentus, repente contritus sum. Moi opulent, disait Job, j'ai été
brisé tout d'un coup. Voici comment d*01ando commente ce
passage:
« Rien n'a pu me préserver de la mort : ni l'or de mes
Indes, ni les carrières de pierres précieuses, ni les pêcheries de
perles, ni les montagnes de métal, ni les collines de Potosi, ni
les innombrables vassaux de mes royaumes, ni les nombreux
officiers de ma maison, ni les jardins et les maisons de plai-
sance, ni les grands médecins ; rien n'a pu me protéger contre
ses coups. »
Nous trouvons dans le fonds Van Hulthem, n^ 26668, à la
Bibliothèque royale, un Recueil de seize oraisons funèbres de
Philippe II, roi d'Espagne. Malheureusement le titre manque;
de plus nous n'avons ni approbation, ni privilège. Il nous est donc
256
impossible de fixer exaâement la date de ce travail. Le traduc-
teur français, F. I. Suarez de Sainte-Marie, offre son œuvre à
Villeroy, secrétaire d'Etat de Henri IV, vraie image et portrait
animé pour tous les rois du monde (dans Tépître dédicatoire).
Nous ne risquons guère de nous tromper beaucoup en donnant
Tannée 1600 comme millésime à cette anthologie funèbre.
Il va sans dire que l'analyse détaillée de ces discours est
étrangère au but que nous poursuivons, n'entendant nous
occuper que d'œuvres prononcées en Belgique. Nos leâeurs
seront toutefois heureux de trouver çà et là quelques renseigne-
ments utiles ou curieux. Ces Harangues funèbres comptent
328 pages in- 12, plus une ample table des matières, par ordre
alphabétique.
Le 29 oftobre iSgS, Don Bernard de Roxas et Sandoval,
cardinal archevêque de Tolède, peu après, en 1599, mais alors
évêque de Jaen, prononça Toraison funèbre de Philippe II, en la
cathédrale de Baeça. ■
Le 19 oftobre 1598, le doéleur Aquilar de Terrones, prédica-
teur du roi, prononça le discours aux obsèques que Philippe III
fit faire à son père en l'église de S. Jérôme de Madrid.
S. Philippe, dit Aquilar, fut le premier apôtre que Jésus-
Christ fit parler aux Gentils. Les premiers empereurs catholi-
ques du monde furent les deux Philippe, père et fils, longtemps
avant Constantin. Ces deux présagèrent les deux Philippe de
Castille, aïeul et petit-fils.
Le 3i o£lobre 1598, Alonso Cabrera, prédicateur de Sa
Majesté, prêcha aux obsèques solennelles faites par la ville de
Madrid à Saint- Dominique le Royal.
Quand l'empereur Charles - Quint récompensait un aâe
signalé, il avait coutume de donner dix ducats. Philippe en
donnait plusieurs centaines, dit Cabrera. L*orateur fait un long
257
iparalléle entre Philippe et Salomon. La bâtisse de TEscurial,
la huitième merveille du monde, est comparée à celle du temple
de Jérusalem.
Le 8 novembre iSgS, le P. Augustin d'Avila, dominicain,
prêcha en Téglise métropolitaine de Valladolid. La première
phrase de Fexorde rappelle aux auditeurs que Philippe naquit en
leur ville.
Le R. P. Laurent de Ayala, prédicateur de Saint-Benoît le
Royal de Valladolid, prêcha aux obsèques que fit à la mort de
don Philippe II, roi d'Espagne, ce royal monastère, le dimanche
i5 novembre iSpS, en acquit des grandes obligations que
cette sainte et royale maison avait aux catholiques rois
d'Espagne, C'est la première phrase de Fexorde. Citons cet
éloge de Tinfante Isabelle : « Il (Philippe) nous a laissé la Séré-
nissime Infante Madame Isabelle, un naturel portrait du
courage viril et de Tardent zèle de la reine Isabelle sa troisième
aïeule, la gloire de toutes les femmes du monde : de laquelle nous
attendons des fruits de bénédiâion de son futur mariage....»
Nous trouvons ensuite le sermon du dofteur Louis Montesin
aux obsèques faites à Philippe, en Téglise collégiale de Saint-
Just.
Le 9 oâobre 1598, Alonso des Anges, prieur des Carmes
Déchaussés au couvent de Saint-Joseph, prononça Toraison
funèbre de Philippe en la cathédrale de Barcelone.
Il fait ce discours funèbre, parce que selon Platon et saint
Jérôme, il faut apprendre aux vivants à bien vivre. Les regrets
que montra la cité de Barcelone à la nouvelle de la mort du roi
sont beaucoup plus grands que la douleur témoignée par
Alexandre le Grand à la mort d'Ephestion.
Pages 157-171. Conceptions sur les paroles du fondement de
ce sermon, c est-à-dire sur ce texte du livre de la Sagesse^ cha-
258
pitre Wll: Je suis un homme mortel semblable à tous et de la
race de cet homme de terre qui fut créé le premier. C'est une
série de pieuses méditations.
Pages 172-198. Recueil des vertus héroïques et des excel-
lents faits de notre très-catholique roi don Philippe IL Sans
nom d*auteur.
L'an 1598 (sans date plus précise), le P. Feraand de San-
tiago, de l'ordre de N. D. de la Merci, prononça une oraison
funèbre aux obsèques ordonnées par les chapitres et la ville de
Malaga. Ce discours est en cinq points.
Egalement en 1598, en la ville dé Logrogne, Le P. Jean
Lopez Salmeron, commandeur du monastère de N. D. de la
Merci, s'acquitta de cet office en l'église de St-Jacques. En pre-
nant la parole dans cette circonstance douloureuse, l'orateur s'est
souvenu des deuils tant profanes que sacrés d'Artémise, d*Enée,
de Pompée, de Nicoclès, d'Abraham, de Joseph, de Marie, sœur
de Moïse, d'Aaron, et de Moïse lui-même. Et depuis la venue
de Jésus-Christ, il invoque les exemples de S. Clément, de Denys
l'Aréopagite, d'Origène, de S. Cyprien, de S. Ambroise, auteur
de l'oraison funèbre de Théodose, de S. Jérôme, qui fit l'oraison
funèbre de Paula, de S. Epiphane, réfutant Arius qui niait les
obsèques, de S. Jean Chrysostome, de S. Augustin, de
S. Isidore^ de S. Jean Damascène, de S. Grégoire de Nazianze,
composant l'oraison funèbre de son frère Césaire et du deuxième
concile de Cologne commandant des obsèques universelles pour
tous les fidèles trépassés.
L'université de Salamanque ordonna des obsèques solen-
nelles à la mémoire de Philippe II. Manuel Sarmiento y pro-
nonça un discours funèbre, bourré de citations en vers latins.
Il y eut à la chapelle royale de Grenade une oraison funèbre
prononcée par le doâeur Martin de Castro. Il en fut de même
259
à réglise collégiale de Belmont ; le doSéur François d*Âvila fit
le discours. Platon et Philon appellent les rois de& tuteurs;
Plutarque les nomme des pilotes fermes au gouvernail de leur
navire; Homère, Philon et Platon les appellent pasteurs des
peuples; eh bien, Philippe a été tout cela.
Le 21 décembre, l'université de Valladolid célébra les obsè-
ques du roi. Le dpâeur Sobrino y fit le discours. Il lui applique
cette parole de Job \Je mourrai dans mon nid. Philippe se bâtit
le nid de TEscurial et y mourut. « Ceci est nommé nid, parce
que tout est petit vis-à-vis de Dieu, pour la gloire duquel ce
bâtiment a été construit. »
POST-SCRIPTUM.
Dans son Mémoire historique et critique Sur Aubert Le Mire,
le chanoine De Ridder raconte la mission dont le savant poly^
graphe fut chargé auprès du roi de France, en 1609^ à là suite
dt la signature de la trêve de douze ans. Cette détasircbt ne fut
pas couronnée de succès. « Henri IV, dit le lauréat de TAcadémie
de Belgique, se souciait médiocrement d*aider au rétablissement
de rinâuence de la maison d'Autriche. Aussi^ en dépit même du
discours que Jeannin prononça dans l'enceinte des États géné-
raux de Hollande en faveur des catholiques, il nous semble
qu'il y a manque de sincérité de la part des représentants du Roi
Très-Chrétien : triste nécessité que leur imposait l'égoisme d'une
politique implacable ! Dans de telles conjonâures , Miraeus
n'avait aucune chance de réussite. Il dut se contenter 4e quel-
ques promesses, à l'efficacité desquelles le président Jeaanin
lui-même ne semblait ajouter aucune foi. »
26o
Ces paroles graves d'un érudit justement regretté nous sont
revenues à la mémoire en lisant, entre autres, l*oraison funèbre
de Philippe II, composée par Boucher, et celle de Tarchiduc
Albert, prononcée à Téglise des SS. Michel et Gudule par Tabbé
de Montgaillard.
Nous savons bien qu*un effet ne saurait être plus grand que
la cause qui Ta produit ; cela est vrai en philosophie. Mais la
politique est souvent peu raisonnable ; et, plus d'une fois, une
cause insignifiante en elle-même a eu des conséquences incalcu-
lables.
Il faut Tavouer en toute franchise, Henri IV, auquel nous
reconnaissons de grandes capacités de gouvernement, ne poussa
jamais, que nous sachions, la vertu jusqu'à l'héroïsme. On com-
prend, même après la signature de la paix de Vervins, qu'il ne
fût guère favorablement disposé à l'égard de l'Espagne. Mais
encore, on doit le remarquer, les archiducs mettaient un peu
les torts de leur côté en couvrant d'une faveur éclatante quelques-
uns des personnages les plus compromis dans le soulèvement
de la Ligue.
Prenons Jean Boucher, par exemple. Entré dans Paris,
en 1594, Henri se fit dresser une liste de tous ceux qui passaient
pour lui être le plus hostiles; ces habitants, au nombre de
cent vingt, reçurent l'ordre de quitter la capitale sans désem-
parer. Notre dofteur de Sorbônne avait même pris les devants ;
il s'était déjà retiré à Beauvais, où il continuait à prêcher contre
le roi, dit M. de Chalambert dans son Histoire de la Ligue.
Une notice publiée par feu M«^ Voisin dans les Mémoires de
la Société historique et littéraire de Tournai sur ce turbulent
personnage, bon prêtre du reste, nous donne le sujet de quel-
ques ouvrages dont le titre devait mal sonner aux oreilles du
roi de France.
26 1
Apologie pour Jehan Chastel, parisien^ exécuté à mort ...
divisée en cinq parties. Paris, iSgS. Réimprimée en 1610.
Semions de la simulée conversion et nullité de la prétendue
absolution de Henry de Bourbon^ prince de Béarn, à Saint-
Denys en France^ le 25 juillet iSpS. Ces sermons, au nombre
de neuf, prononcés à la paroisse de Saint-Merry, parurent Tannée
suivante à Paris et furent reproduits immédiatement après à
Douai.
Le mercredi 25 septembre iSpô, Boucher prononçait à Féglise
de Sainte-Gudule Voraison funèbre de Chrétien de Savigny,
seigneur de Rosne. Ce discours fut imprimé la même année chez
Jean Moemmaert, dans le format in-S^. Le leéleur voudra bien
se rappeler que Savigny, obligé également de quitter la France,
avait été admis, dés le printemps de iSgS, au service d'Espagne.
Le comte de Fuentès Favait nommé maître de camp général de
Tarmée et Tarchiduc Albert Tavait confirmé dans cette charge. 11
fut tué au siège de Hulst, le 20 août 1 596. (Voir Histoire de
Varchiduc Albert, de Montpleinchamp , annotée par M, de
Robaulx de Soumoy).
L année même de la mort de Henri IV, en 1610, Jean Boucher
prêcha la station de carême à la cathédrale de Tournai. Une
délibération des Consaulx gratifia d'une pièce de vin Fancien
curé de Saint-Benoit à Paris, ci-devant prieur de Sorbonne et
refteur de FUniversité.
Bernard de Môntgaillard se trouvait à peu près dans la même
situation que Boucher. Il s'était jeté avec ardeur dans la Ligue ;
après la chute du parti, il s'était rendu à Rome. Clément VIII
envoya le Petit Feuillant aux Pays-Bas. Les archiducs s'atta-
chèrent cet orateur renommé en qualité de prédicateur ordinaire;
ce n'est pas tout, en 1606, il fut pourvu de l'opulente abbaye
d'Orval. Encore une fois, nous admettrons que Môntgaillard
262
fut le Chrysostftme belge du xvn« siècle, Belgicam aureo ore
in admirationem sui traxit, dit son épitaphe ; nous proclame-
rons la modestie qui le porta à refuser les évéchés de Pamiers et
d*Angers et l'abbaye cistercienne de Morimont ; durant les vingt-
trois années qu'il gouverna Orval, il procura à son monastère un
éclat nouveau ; les personnages les plus éminents en piété étaient
sous sa direâion ; citons, entre autres, la mère Anne de Saint-
Barthélémy, disciple de sainte Thérèse.
Au résumé, Boucher et Montgaillard étaient des ecclésias-
tiques vertueux, instruits; on n'a, de ce côté-là, aucun reproche
à articuler contre eux. En cherchant quelque peu, on trouverait
probablement d autres hommes encore, compromis dans les
troubles de la Ligue et qui avaient trouvé aux Pays-Bas, non une
retraite obscure où ils se faisaient oublier, mais des positions
recherchées qui les mettaient en évidence. On conçoit que le
roi de France s'offusquât de cette espèce de prime accordée au
mépris de ses droits et que ses rapports avec la cour de Bruxelles
ftissent «mpreints d'une froideur, résultat de rancunes tout au
plus assoupies, mais non éteintes.
AD. DELVIGNE.
263
ANECDOTES BIBLIOLOGIQUES.
N(His relevons dans les Annaes da Biblioteca nacional de
Rio de Janeiro, publiées sous la direâion de M. Ramiz Galvâo,
les Belgica suivants qui pourront intéresser quelques-uns de nos
lecteurs, avec d'autant plus de raison que nous les croyons tout
à fait inconnus chez nous. Ils font partie de la Colleâion dEpi-
thalamesderois, reines, princes de Portugal, recueillis et légués
à la Bibliothèque nationale de Rio de Janeiro, par Diogo Bar-
bosa Machado, abbé de Féglise paroissiale de S. Adrien de Sever,
membre de l'Académie royale de Lisbonne.
28) T. II. Inaugustas nuptias | Pétri II. | Serenissimi Portugalliae, et Algar-
biorum | Régis, | Cum Serenissima | Maria Sophia | Elisabetha | Neobur-
gensi Palatina | Epithalamium. | Canebat | Carolus Josephus | de Ligne
Princeps S. R. T. Senescallus | Hannoniae. Marchio de Arronchez | Régi à
Concilijs. | (Armes du Portugal). Utissipone, \ Ex Typographia Michaelis
Deslandes, | M. DC. LXXXVU. | Cum facultate superionim. | In f^ de
10 ff(i).
Emblema | Hostibus horribiiis, placidum fert lumen amicis | Serenissimo ac
Potentissimo Domtno ] D. Petro | Régi | Portugaliae, et Algarbionna... |
Festivum Diem Nuptialem Suum Cdebranti | Cum Serenissima i| Maxia
Sophia Elisabetha I .... J Sub direâione Illustrissimi ac £xcellentis3tixû
Domini | D. Emanuelis Tellesy Sylvy | ... ad altè memtum | Serenissimum
Ele£lorem Palatinvm | Legati Extraordinarii, etc. | 2* julii 1687. | (Carmen)
I ... sic precatur et optât, | Regiarum Majestatum Suarum devotissimus
servus ac cliens | L. I. vande Wiele Flandro-gandavensis. | Heidelbergae
(1) Charies-Joseph Procope, jnarquis d'AronChes, troisième fiito de Claude
Lamoral et de Marie-Clûre de Nassau.
264
' TjTpis Philippi Delbornii. Anno 1687, ^ ^ ^^'^ coUés dans le sens de la
hauteur.
65) T. IV. Estampe allégorique en llionneur du double mariage de José I avec
Marie-Anne- Vidoire de Bourbon, et de d. Fernand, prince des Asturies,
avecd. Marie-Barbe, infante de Portugal.
Sous les seize vers latins disposés sur deux colonnes au pied de cette estampe,
commençant par Ut junâos animos quatuor sic cemite dextras, etc.,
on lit ces mots : Clientissimus subditus et sculptor, sacrae suae cesareae
catholicae Majestatis, Fran* : Harrewijn 1729. H. 0,341. L om.2o3.
70) Componimento | per musica | da cantarsi in Brusselle nel Palazzo |
d'Egmont | gli 14 Aprile 1728. | Per la Festa che darà TEccellentissimo |
Signor Ambasciadore di Portogallo, | in occasione | degli Sponsali di
S. A. R. il I Principe del Brasile | con | Tlnfanta di Spagna | .s. 1. n. d.,
in-40 de 3i ff., aux armes du Portugal en tête. Texte italien (en vefs) et
français (en prose) ; poésie de Gio. Sebast. Brillandi, musique d*Ant.
Cortona.
VERS INÉDITS ET AUTOGRAPHES
DE CONRAD DINNER.
Dans le fonds dit de la Ville de la Bibliothèque royale de
Bruxelles, sub n© 6487, se trouve un exemplaire de Pétrarque
( Venise, Bevilacqua, 1 564, in- 18) ayant appartenu à C. Dinner (1),
(1) C. Dinner, philologue, historien, jurisconsulte, né à Akkrum, en Frise,
en 1540, était professeur de poésie, à Fribourg, à Tâge de vingt ans, et, après
avoir exercé cet emploi pendant quatre ans, il alla voyager en Italie : à son
retour il fut nommé conseiller près Tévêque de Wurzbourg et professeur de
langue grecque à Tuniversité de cette ville ; il mourut au commencement du
xvii« siècle.
265
comme le marque cette inscription écrite sous le titre : E di
Corrado Dinnero. Comparai in Bologna alli X, di settem-
bre MDLXIIII. — Sur la garde du même volume Dinner a écrit
ces vers charmants qui nont point été recueillis dans les Delitiae
poet gertn. de Gr utérus :
In Lq4V^K^SM: Petrarchae
Conrad. Dinneri
Postera dum dulceis aetas memorabit amores ;
Dum feret alatus tela facesque puer :
LoâV^J^^y tuum nomen niveis super aethera pennis
Musa vehet, Thusci candida Virgilij.
Liliaque laurosque et suave rubentem hyacinthum
Laurigerae spargent ad tua busta Deae.
Quin etiam Manesque tuos geniumque beatum
Almus in Elysijs neftare pascet Amor.
LoâV^Bp^y vale salveque, tuus postfata peraâa
Dat tibi perpétua luce Petrarcha firui.
III. Id. Vllbr. AP m. D. L. XIIII
BONONIAE.
VARIETES.
Il s'est vendu ces jours derniers chez MM. Sotheby & C®, de
Londres, une édition de Zainer, de Imitatione Ckristi, qui s'est
élevée à 3^ 6<i, à cause de cette annotation manuscrite que portait
Tome xn. 18
266
Fexemplaire : Isti quatuor libri dicuntur cotnpilatiper Fratrem
David de Augusta qui fuit socius Fratris Berchtoldi de Ratis-
porta. Ce David de Augusta Vindelicorum (Augsbourg) était
un frère mineur qui mourut en 1272 et écrivit différents traités
religieux dont le plus connu est le Spéculum de septetn proces-
sibus religiosi status. Avis aux profonds érudits qui ont fait un
serment d*Annibal contre Thomas à Kempis.
Le premier numéro des Bibliographische Adversaria, de
M. Nijhofif, contient entre autres une fort curieuse notice de
livres danois imprimés à Anvers de i520 à i526, par un impri-
meur inconnu^ qui paraît n*être autre que le célèbre réformé
danois, Chr. Pedersen.
Nous signalerons à Fauteur de la bibliographie du Chant de
la Cloche, de Schiller, publiée dans VAn:{eiger, de M. Petzhold,
la traduction suivante, en vers français, qui lui a échappé :
La Cloche [par F. de Schiller] suivie de poèmes et de ballades, traduits de
l'allemand et de V anglais, par Mlle Julie Miéville, auteur d^Âbraham ou
les Patriarches. In-40. Vignettes. Lausanne^ Ducloux, iSSg.
M. H. Tross, après avoir eu Fintention de se retirer complè-
tement des affaires, sollicité par ses anciens clients de continuer
la publication de catalogues de livres rares et précieux, vient de
déférer à ce désir en produisant un premier catalogue pour 1878 :
il en annoncé un autre qui donnera prochainement une grande
liste de manuscrits et de raretés hors ligne.
267
BIBLIOGRAPHIE.
Inventaire alphabétique des livres imprimés sur vélin de la
Bibliothèque nationale. Complément du catalogue publié par
M Van Praet, Paris, Champion, 1877, in-S^. 174 pp.
M. Van Praet avait fait imprimer dès i8o5 un Essai d'inven-
taire des livres sur vélin, in-f», qu'il supprima pour le remplacer
par un catalogue publié en 181 3, dont les exemplaires furent
encore détruits à l'exception de neuf, dont deux sur vélin. Enfin,
reprenant son œuvre, il fit paraître de 1822 à 1828, le catalogue
de tous les vélins conservés à la Bibliothèque de la rue Richelieu.
La composition de cet ouvrage, la prolixité des détails et la
complication des recherches le rendent d'un usage peu commode.
Le nouvel inventaire se réduit à une simple énumération alpha-
bétique, où l'on a pris soin de reftifier les inexactitudes et de
compléter la liste des entrées nouvelles.
Il remédie ainsi à une nécessité reconnue par tous les travail-
leurs et se présente dans les conditions les plus satisfaisantes. Il
nous manque maintenant un catalogue de tous les livres en vélin
dont on connaît l'existence. M. Van Praet avait entrepris cette
liste,, qui remplit quatre volumes publiés de 1824 à 1828; mais
son travail est fort incomplet. Ce serait une tâche digne de tenter
quelque bibliophile laborieux, que de dépouiller tous les cata-
logues des dépôts publics, des libraires, des bibliothèques privées
et des ventes aux enchères, pour y relever les livres de ce genre.
268
Le Conseiller du bibliophile, voué à une consomption lente
bien avant la mort inopinée. de son direfteur, M. C. Grellet,
était parvenu à prolonger son existence depuis le i^' avril 1876
jusqu'au mois de juin 1877. Sa succession tente de nouveaux
Amadis : le Moniteur du bibliophiley Galette littéraire, anec-
dotique et curieuse, paraissant le i^^^* de chaque mois, gr.
in-80, double couronne, format carré, a fait son apparition le
i«r mars 1878. De dire qu'il sort de chez Alcan-Lévy, c'est assez
signaler son élégance matérielle. Son programme est tout tracé
dans l'avertissement : « Nous inclinons, dit-il, et visiblement
vers la bibliographie contemporaine. » Il se publie par livrai-
son de 64 pages, dont 32 pour la ga:(ette et 32 consacrées à
l'édition ou à la réédition de publications spéciales avec une
pagination distinéle. Le Moniteur se présente sous le patronage
de deux écrivains dont le nom n*a point encore brillé, que je
sache, dans le firmament bibliographique : M. Cl. A. Noriac
[Jules Cairon], romancier, successivement collaborateur du
Figaro, de la Revue fantaisiste, de la Revue des beaux-arts, des
Nouvelles et direfteur des Bouffes- Parisiens, et M. A. Heulhard,
qui ne nous est connu que pour avoir déjà tué sous lui, entre
autres, la Chronique musicale en son 63« numéro d'âge : Moni-
teur, comme on voit, peu grave et bibliophiles sans prémédi-
tation.
TABLE ALPHABETIQUE
DES MATIERES ET DES NOMS CITES
Abd-ul-Hamid, 40.
Abry(L.), héraut d'armes, à Liège, 1,
2,9-
Abry (S.-J.)» 3 n.
Aesopus de Schoeffer, 1497, 46.
Aigar et MauHn, geste provençale,
89.
Aix-la-Chapelle, 49, 5o.
ALBE(ducd\ 88.
ÂLBEMARLE (le C^^ d*), 86.
Albert (l'archiduc), 260, 261.
Alexandre le Grand, sa devise, 209.
Aile, vue, 32.
A Imanachs belges, 76 .
Almanach royal, etc., de France,
Alonso des Anges, 267.
Altenaar, 21.
Altmeyer, 84.
AmbleveCC), vue, 63, 65.
Analeaes typographiques,
87.
André (cardin.) d'Autriche, évêque de
Namur, 25o.
Anecdotes bibliologiques,
199, 263. .
Annaes da Bibl. nacional de Rio de
Janeiro, 263.
Anne de St-Barthélemy, 262.
Anniversaire (400*) de Caxton,
47-
Anvers^ vues, 61, 64, 66, 69, 71.
Afiverji (almanachs d'), 81.
Aquilar de Terrones, 256.
Ardennes (les), par Joly, 3o; vues,
64, 65.
Tome xii.
Ardennes (château d'), vue, 35 .
Arenberg (d'), 189.
Arenberg (A. d'), 195.
Arias hontanus, 252.
Amhem, 24.
Aronchez (marquis d'), 263. Voy.
Ligne,
Asselyn(J.), 176.
Attavantt, 40, 42.
AviLA (Aug. d'), 257.
AviLA (Fr. d'J, 259.
Ayala (L. de), 257.
Baartz (W.), 59.
Backhuizen, 160, 169.
Baeça, 256.
Bàilliu, 198.
Barcelone, 257.
Bazan (D.-H.), 195.
Beaufort (chat, de), vue, 36.
Becdelièvre, 49.
Belgica de Rio de Janeiro, 263.
Bellangé, 70.
Belmont, 239.
BÉRioT (Ch. de), 83.
Besançon (MS. de Corvin à), 41.
Bible polyglotte de Plantin, 243.
Bibliographie, i, 40, 44, 46,
47, 85,87, 267, 268. — Voy. aussi
Almanachs. Anecdotes. Impri-
meurs, Incunables.
Bibliographie moliéresque, 85.
Bibliothèque de Math. Corvin,
40.
Bibliothèques citées. — Univ.
de Liège, 7n, — de Mathias Corvin,
40, — de rUniv. de Pesth, 40, 41.
»9
270
— B. R. de Bruxelles, 40, 41, 85,
89, — B. I. de Vienne, 41, — du
Sérail, 41, — de Londres, 41, —
B. N. de Paris, 41, — de Wolfcn-
buttel, 41, — de Florence, 41, —
de Venise, 41, — de Rome, 41, —
de Besançon, 41, — Académie des
sciences à Pesth, 41. — Chapitre
de Raab, 41, — Univ. de Leipzig,
44., — La Haye, 46, — Aix-la-
Chapelle, 5o, — A.-F. Didot, 43,
— Em. Martin, 44, — Free church
collège, à Glasgow, 44.
Blades (W.), 48.
Blasaeus (J.), 249, 25o, 25i, 253.
BoissT (de), 06.
BoissY (L. de), 86.
BOLSWERT, 195, 197.
BOUCHARDON, 157.
Boucher (F.)» i57.
Boucher (J.), 238, 260.
Bouillon, vues, 3o, 3i, 32.
Bourbon (Marie-Anne-Vidoire de),
264.
Bourguignon, impr. liégeois, i3, 14.
Bourscheid (château de), vues, 35.
Brandebourg (château de), vue, 37.
Brant (Séb.y, 46.
Breughel (J.), 193.
Breughel (P.), 193.
Brillandi (G. -S.}, 284.
Brouwer (A.), 195.
Bruhezius ou van Bruhexen, 49.
Bruxelles (MS. de Corvin à), 41.
— (vues), 72.
— (almanachs de), 76, seq.
— (cercle art. et lit.), 83.
— (fête à l'ambassade de
Portugal), 264.
BuRBURE (de), 189.
Busbecq., 41.
Cabrera (Al.), 256.
Cairon (J.), 268.
Callo t, iq6.
Campa N (G. -L.- A.), 190.
Campi ne, vues, 63.
Capitaine (Ul.), 49.
Carmane, impr. liégeois, 16.
Castille (roi de), 207.
Castro (M. de), 258.
Caxt on (W.), son anniversaire, 47.
Cercle artistique et littéraire
de Bruxelles, 83.
Chalambert (de), 260.
Charles-Quint, 88, 223, 25 1.
Chastel (Jean), 261.
Cherière, vue, 33.
Chevaux (noms des) dans Aigar et
Maurin, 147.
Chronique, 43.
Chronogrammes, 2, 88.
Cloche (la) de Schiller, 286.
CoLLiN, calligraphe liégeois, 5.
Colonne (D.-Ch.), 195.
CoNRADiNus Henning. Poésies sur des
événements belges du xvi« siècle,
88.
Conseiller du bibliophile, 268.
C0Q.UEREAU, i65.
C0RNELISSEN (A.), 193.
CoRTONA (A.), 264.
Danel (L.), 78.
Dante, 42.
D*Armont (T-.), 199, 200.
David de Augusta, 286.
Deblock (E.), 71. '
De Braeckeleer, 69.
De Braeckenier, 79.
De Brou (Ch.), 187.
Decaisne (H.), 74.
Decoster (A.), 195.
Decoster (Ch.), 73.
Degrave (J.), 168.
De Jode, 195, 196, 197.
Delafaille (A.), 197.
Delille (fabbé), i56.
Delhont (D.), 196.
Denobele (H.), 69.
Deridder, 259.
Deschamps (Bart.), 199.
Descheppere, i65.
Devises, 209.
Devos (C), 157.
Devos (G.), 194.
Devos (P.), 194.
Dewael (J.), 194, 195.
Dewailly, 159.
Didot (vente de gravures), 43.
DiGBY (S.-K.), 196.
Dillenburg, 47.
Dinant, vues, 65.
Dinne(E.-J.), 79.
Dinner (Conr.), 264.
Divina Commedia, MS. d'Attavanti,
42.
Dohan, vue, 33.
271
Douai, 252.
DOURET, 76.
DupuYS (Rémi), 201.
Durer (les) du cabinet Didot, 43.
DuviviER (G.), graveur liégeois, 2 n.,
10 n.
Egmont (c*« d*), 68.
Elst, 21.
Erasme, 194, 216.
ËRMENS, 2o3.
Errata, p. 193, l. i5. Dans quelques
exemplaires il existe un blanc à
Tendroit où sont tombés de la
forme les mots : au-dessus. On
doit les suppléer et lire : Au-dessus
de 100 marks, — P. 196. Reporter
le chiffre de la page a gauche. —
P. 196, n9 333, lire Inigo au lieu de
luigo.
Esch sur la Sûre, vue, 35.
Escurial, 257.
Estampes, ventes Didot (43) et
Wol£f(iq3).
ESTRÉES (d^), 203.
Fabri (J.), 21 5.
Falkenstein, vue, 37.
Felt\ (château de), vue, 37.
Ferdinand le Catholique, 201 et s.
Ferdinand III, 197.
Ferdinand (prince des Âsturîes), 264.
Flamand (T.), i58. *
Flandre (vues en), 60, 62.
Florence (MS. de Corvin à), 41.
Fontaine (J.), impr. liégeois, 10 n.
Fontainebleau, vues, 60.
Franck (F.), 104.
François (J0S.I, 157, i58.
FuENTES (c*« de), 261.
Galle (T.), 196.
Galvao (R.), 263.
Gaston de France, 196.
Gérard, peintre liégeois, 3 n.
Gereb (Lad.), 40.
Gernsheim. Voy. Schœfer,
Gertrude (s^), statue, i58.
Gevartius (G.), iq6.
Glasgow (Free church collège), 44.
Goethe (man. de), 44.
Gormond (le roy), 89.
Gramme, impr. liégeois, 10 n.
Granvelle (N. de), 216, 224.
Grebbendyk, 20.
Grellet (C), 268.
Grenade, 258.
Gruterus, 265.
Gustave-Adolphe de Suède, 196.
Han (grotte de), vues, 38, 39.
Hanson, peintre liégeois, 8.
Harrewyn (Fr.), 204.
Hastieres, vue, 64.
Heigerlein (Jean). Voy. Fabri (J.).
Helbig (A.), 46.
Hendrickx (G.), 197.
Henning. Voy. Conradinus.
Henri IV, 256, 25q.
Heulhard (A.), 268.
Hillemacher (F.), i52. 1
Hirzel (Sal.), 44.
Hogenberg (F.), 188.
Hokoy, vue, 67.
H0LBEIN, 43.
Hollerfelt^ (château de), vue, 37.
HoLTROP (J.-G.), 46, 47.
Huigens, i58.
Hulst, 261.
Huyghe (G.), 80.
HUYSMANS, 71.
Hymans (L.), 83.
Imitatio Christi, 265.
Imprimeurs. — Caxton, 47.
— Schoefer, 46. — Velpius, 249,
254. — Plantin, 243, 252. — Zainer,
265.
Incunables. — Aesopus de
Schoefer (1497), 46. — Hortus sani-
tatis, du même (1485), 46. — Orde-
ningen van Siegen und Dillenburch
(14^), 47. — The dide of Philoso-
phers, de Caxton (1477)1 47 n. —
Ordonnance de 1499, 07.
Inventaire des livres imprimés sur
vélin, etc., 267.
Isabelle de Castille, 207, 257.
Jeannin, 259.
joinville, 247, 248.
JoLY (Via.), 3ô.
Jones (Inigo), 196.
JoRDAENs(J.), 195.
José I, 264.
Joseph II, 154.
JusTE-LiPSE, 195.
Kaiser (J.-W.), 19.
Kepel (Anne), 86.
Kiers (P.), 24.
Kruseman ^C), 25.
Kuhnen(L.), 26, 192.
2^2
KuYTENBROuwER (M.)» dit Martûius,
38.
Lamarck (Er. de), 2i3.
Lambert (Gerrit), Sy.
LAHBRICHâr(E.)f 58.
Lamme (P.-J.), 59.
Lamorinière (F.J, 60.
Langendyck, i58.
Laroche, vues, 62.
Laure, 264, 265.
Laus de Boissy, 86.
Lautenberger (F.)j 67.
Lauters (P.), 68.
^ Lauwers (F.), 74.
Lavaerts (A.), 73.
Lebret, 86.
Legros (Em.),i54.
Legros (Sauv.), 1 52 et seq.
Leif^ig (Université de), 44.
Lemay (O.), i56, 164, 107, 168, 175.
Lemercier, 84.
LÉONARD, graveur liégeois, 10 n.
LÉONARD (Jean), 76, 77, 78,
Le Roy (Ph.), 194, 197.
Lersch, 49, 5o, 5i.
Lesueur (P.), 78.
Lettre de Bruhezius, 49.
Leys, 70.
Liberti (H.), 197.
lÀége : Recueil herald, des bourg-
mestres, 1.
Liège : Almanachs, 81.
LienneQai)j vue, 62.
Ligne (Fr. de), i55 et seq.
Ligne (Ch.-J.-P. de), 26S.
Lincoln (Abr.), y5.
Lions (noms de) dans Aigar et Mau-
rin, 148.
Logrogne, 258.
Londres (MS. de Corvin à), 41.
Lorraine (Henriette de), 197.
LoRRAiNiE^ (Marguerite de), 195.
Louis II, 40.
LOUKYER, l52.
Louvain, 70, 252.
LOYENS, 1, 2, 3, 9.
Lucas de Leide, 43.
Machado (D.-B.), 263.
Malaga, 258.
Malaise, 68^
Mallery (de), 197.
Mansfeld (E. de), 107.
Mansvelt (J . -J.), 170.
Manuscrits de M. Corvin dans
diverses bibliothèques de
TEurope, 41 ; restitués à
Pesth, 42.
Marguerite d* Autriche, 21^ et seq.
Marie de Hongrie, 40, 224, 23i, seq.
Marie-Barbe de Portugal, 264.
Marie d'Angleterre (Tudor), 224, 235.
Martin (Emm.), vente, 44.
Martinus, voy. Kuytenbrouwer.
Mathias Corvin, sa bibliothèque, 40.
Maurin, Voy. Aigar et Maurin.
Mayence, 46.
MÉDicis (Marie de), 196.
Meissens (J.), 197, 190.
Meuse, vues, 61.
Meyer (N.), 168, 175.
MiéviLLE (Julie), 266.
Mirabelle (marquis de), 198.
MiRjEus, 259.
Missel de Mathias Corvin, 40.
Molière : V Avare, 85.
MoLiTOR, 172, 174.
Molyn, i85.
MoMPER (J. de), 194.
Moniteur du bibliophile, 268.
Montaigle (château de), vue, 39.
MoNTEsiN (L. de), 257.
Montgaillard (Fabbé de), 260, 261.
Montplaisir (château de), vue, 65.
MONTPLEINCHAMP, 261.
MOREAU, l85.
Mortehan, vue, 34.
Mo![ève, vue, 33.
Namur (évéque de), 25o.
Nassau (Jean de), 196.
Nécrologie. — De Brou, Ch.,
187. — Campan (C.-L.-A.), 190.
— Veydt (L.-F.-F.), 192. — Kûh-
nen (P.-L.), 192.
Neefs(J.), 197.
Neubourg (Marie-Sophie-Élisabeth
de), 263.
Noms ethniques dans Aigar et Mau-
rin, 148.
NoRiAC (Cl.-A.), 268.
NuTius (M.), 2i5.
Nyhoff, 260.
Olando (Math, de), 254.
Ommeganck, 166.
Opheusden, 20.
273
Ophoyen, 6 n, 8, 9, 11, 12, r3, 14, i5,
16, 17.
Ophoven (Henri), 9, 11, 17, 18.
Oraisons funèbres des souve-
rains des Pays-Bas au xvi* siècle,
201.
Orval, vue, 84, l*abbaye, 261.
OsTADE, 161, 162.
Our, vue, 32.
Palahedesz-Stevers, 196.
Pantinus (P), 238.
Pardo (Sylv.), 254.
Paris (MS. de Corvin à), 41.
Pavye (Mich.), 202.
Pazmann, 41.
Pedersen (Ch.)t 366.
Pelgrom (J.), 19.
Pembroke, 197.
Pepyn (M.), 195.
Percy (Lucie), 198.
Péril (R.), 189.
Personnes (noms de) dans Aigar et
Maurin, 146.
Pesth (MS. de Corvin à), 40, 41.
PÉTRAR<iUE, 264, 265.
Peyresc (N.-J. de), 197.
Philippe II, 224, 23i, 238, 249, 25i,
254, 257, 260.
Philippe III, 256.
Pierre II de Portugal, 263.
PiLLEMENT, l6g, l8o.
Pimentel (F.-P.), 195.
Plantin, 243, 252.
Poederoyen, 20.
Poelenburg (C), 195.
PONTIUS (P.), 194, 195, 196, 197.
Prestel, i9£.
Puteanus (E.), 195.
Raab (MS. de Corvin à), 41.
Racle, peintre liégeois, 4, 8, 17.
Rahier, vue, 62.
Raoul, 83.
Raymond (Dan.), 200.
Rechtberger, 178.
Recueil héraldique des bourgmestres
de Lzé^e (continuation du), 1 et seq.
Réguilé (G. de), 199.
Reiffenberg (de), 89.
Rembrandt (les) du cabinet Didot, 43 ;
cité, 59, 160, 161, 198.
RlÇHARDOT (F.), 223, 224.
RoBAULT (de^ ae Soumoy, 261.
Rochette (la), vue, 37.
^ocKOx(N.), 197.
KoMBouTs (Th.), 196.
Rome (MS. de Corvin à), 41.
Roos (H.), i65, 171.
RbxAS Y Sandoval (B. de), 256.
RuBENs (P.-P.), 196.
RuTHVEN (Lady), 197.
Ryckaert (M.), 197.
Sachtleven (C.), 197.
Saftleven, 162.
Saint-Juste, aSj,
Saint-Omer, 252.
Saint-Remacle fgrotte), 34.
Sainte-Gertrudeié^iist de), àUtrecht,
Salamanque, 258.
Salmeron (J.-L.), 258.
Santiago (F. de), 258.
Sarmiento (S.), 258.
Sarto, ingénieur liégeois, 10 n.
Sauvage (c»« de), 2o3.
Sauvagius, 5o.
Savigny (Ch. de), 261.
Savoie- Carignan(F.-T. de), 196.
SCHELER (A.), 84.
Schilde, vue, 61.
Schiller, 266.
ScHOEFER (Pierre), 46.
Schoen (Martin), 43.
Schut(C.j, 197.
Semoy (la), vues, 34.
Siegen, 47.
SiMONis (E.), 83.
Smits (Ed.), 84.
Snayers (P.), 196.
Sneessens (M"»«), 159.
Snellinx (J.), 194.
Snyders (F.), 194.
SOBRINO, 259.
Soliman le Magnifique, 40.
SoNTAG (Henriette), 26.
Sotheby, 205.
Sp^» 49» 5i, 52.
Speety 20.
Spinola (A.), 197.
Stapleaux (Ad.), 80.
Stevens (P.), 197.
Stock (A.), 190.
Stoumont, vue, 66.
Strater, 49.
SuAREZ DE Sainte- Marie, 256.
SUSTERMANS (J.), I94.
Sylvius (Tellesius Emm.), 263.
Tack(J.-F.),25.
274
Targnon, vue, 63. ^
Tassis (A. de), 197.
Tenxate (Mari), 20.
Théaulon fA.), i65.
Theux (X. de), cont. du Rec, herald.,
16.
Tilly(J. de), igS.
TiscHEMDORF (sE bibUothèque), 44.
Trie8t(A.), lai.
Tross (H.), 2bb.
Urphé (gén. d*), igS.
Utrecht, 24.
Valladolid, 262, 267, 259.
Van Balen (H.), iqS.
Van Bloerner, 164.
Vanden Enden, 195.
Vander Geest (G.), 196.
Vander Haeghen (F.), 90.
Vanderkeelen, 21.
Vanderkellen Senior (David), 22.
Vanderkellen Junior (David), 24.
Vandernoot (H.-J.), i56.
Vandevelde, 162, 166.
Vande Wiele (L.-J.), 263.
Van Dyck (A.), 193, 196, 198.
Van Goyen, 169.
Van Heil, 172.
Van Hulthem, 2o3, 21 5, 224.
Van Kuyck (L.), 27, 67.
Van Loon (Th.), 196.
Van Mildert, 197.
Van Noort, 1^4.
Van Praet, 267.
Van Rooy, 68.
Van Rykelykhuizen, 22.
Van Voerst, 196, 197.
Variétés, 265.
Velpius, 249, 254.
Venise (MS. de Corvin à), 41.
Ventes. — Didot (estampes), 43.
— Emm. Martin, 44. — Wolff, de
Bonn (estampes), 193. — Sotheby,
265.
Verboekhoven (E.), 71.
Verhaes, i65.
Vers inédits de Dinner, 264.
Verstolck, 43, 193.
Vervins (paix de), 260.
Verwée (L.-P.), 70.
Veydt (L.-F.-F.), 192.
Vianden (château de), vue, 36.
ViLLERAY, 256.
VivRoux, sculpteur liégeois, 3 n.
Voisin, 260.
Vorsterman (L.), 194, 196, 197.
VouET (Simon), 196.
Vrancx (S.), 195.
Wagner, 172.
Walckiers, 160, 175.
Wallenstein IX* de), 195.
Wartbourg (château dé la), vue, 26.
Weber (H.), 193, 197, 198.
WiLDENs (J.), 196.
Wolff (H.), vente de ses estampes,
193.
WOUWERMANS, 164.
XiMENEs, card. de Tolède, 252.
YvE (A.-T. d*), 224.
Zainer, 265.
TABLE DES AUTEURS
Anonyme.
BODY (A.).
bormans (s.).
Campbell.
Delvigne (Ad.).
Heuschling (X.)*
Hippert.
HoFFMANS (feu F.-L.).
SCHELER (A.).
SiRET.
ViNCK d^Orp (bon de).
La bibliothèque de Mathias Corvin 40
Chroniques et variétés 43, 205
Le 400* anniversaire de Caxton 47
Contribution à la bibliographie moliéresque . . 85
Nécrologie 190 et suiv.
Vente des estampes de M. Wolff 193
Anecdotes bibliologiques 200, 263
Bibliographie 267
Un écrit inconnu de Bruhezius 49
La continuation du recueil héraldique des bourg-
mestres de Liège 1
P. Schoefifer de Gernsheim 46
L'Oraison funèbre de quelques souverains des
Pays-Bas au XVI* siècle 201
Sur le cercle artistique et littéraire de Bruxelles. 83
Le peintre-graveur des Pays-Bas . . . 19, 67, i52
Analedes typographiques 87
Aigar et Maurin 89
Nécrologie : De Brou 187
Almanachs belges 76
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3 2044 025 666 132
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